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Survie Midi Pyrénées

29 février 2008. FRANCE-TCHAD. Le masque est tombé. Communiqué de Survie

29 Février 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

29 février 2008: communiqué de Survie


France-Tchad

Le masque est tombé


Le voyage du président français Nicolas Sarkozy au Tchad ce 28 février n’aura servi à rien sauf à cautionner l’enlèvement et la probable élimination physique de représentants de l’opposition démocratique par le régime Déby. La France, qui essaie de faire croire le contraire (mais n’y arrive pas), se rend ainsi une nouvelle fois complice de la dictature tchadienne et fait déjà voler en éclat les promesses du discours du Cap prononcé par le président français ce même 28 février.

Tout un chacun sait (et Nicolas Sarkozy en premier lieu) que les autorités tchadiennes manient le mensonge au sujet des opposants tchadiens disparus depuis le 3 février dernier. Il n’y a plus de doute depuis plusieurs jours : ce sont bien des militaires du régime qui ont enlevé les deux opposants Ibni Oumar Mahamat Saleh, secrétaire général du Parti pour les Libertés et la Démocratie (PLD) et Ngarlejy Yorongar, dirigeant du Front d’Action pour le Renouveau (FAR).
Si Lol Mahamat Choua, président du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP), également enlevé, a finalement été « retrouvé vivant », il apparaît de plus en plus clair aujourd’hui que les deux autres opposants ont probablement été éliminés.
L’allocution d’Idriss Deby ce jeudi 28 février, affirmant que le bilan de la bataille de N'Djamena (des 2 et 3 février derniers) s'élevait finalement à « 400 morts ou disparus parmi lesquels des chefs de partis politiques », sonne comme un aveu.

La veille de l'arrivée du président français à N'Djamena, la primature tchadienne avait annoncé que le député Ngarlejy Yorongar, lui aussi « retrouvé vivant », allait prendre la parole publiquement à l'occasion de cette visite. Une annonce grotesque reprise par les autorités françaises qui sont depuis restées sourdes aux témoignages des proches des opposants disparus, que le président français a refusé d’entendre à l’occasion de sa visite.

C’est ainsi que l’annonce faite hier par le président français d’avoir obtenu « la création d'une commission d'enquête internationale sur la disparition des opposants et […] plaidé pour une reprise du dialogue inter-tchadien » est plus qu’indécente. Elle est purement scandaleuse.
Faut-il d’ailleurs préciser que cette commission d’enquête sera présidée par un dignitaire du régime, Nassour Ouaïdou, président de l'Assemblée nationale, ancien Premier ministre et membre de la majorité présidentielle ?

Comment ensuite interpréter les propos du président français tenus hier devant le Comité de suivi de l'accord du 13 août 2007 (1) auquel l'opposition refuse de participer dans l'attente que le sort des disparus soit clarifié ? Arguant que les membres de l’opposition « ne peuvent pas pratiquer la politique de la chaise vide », puisque « pour se réconcilier, il faut être deux », le président français fait ici preuve d’un cynisme et d’un dédain qui dépassent l’entendement.

Depuis plusieurs années, la France est priée d'encourager et soutenir les demandes de la société civile tchadienne pour l'organisation d'un dialogue inclusif  (comprenant l'opposition armée et l’opposition non-armée) destiné à prendre le (long, difficile mais indispensable) chemin vers la paix et la réconciliation, suivi d'élections incontestables. Le drame que subit aujourd'hui le peuple tchadien est une conséquence de l'inconséquence française qui s'est constamment abstenue d’apporter une quelconque contribution à ce dialogue. Dans ces conditions, on ne pouvait que craindre le pire. On ne pouvait que craindre que Paris soutiendrait, quoiqu'il arrive, son dictateur préféré. Ainsi fut-il. Déby a bénéficié du soutien français (en renseignements, en armes, en munitions) nécessaire pour se maintenir au pouvoir, et entamer la chasse aux opposants et aux dirigeants des organisations de la société civile.

Qui va maintenant empêcher le régime criminel et corrompu d'Idriss Déby de poursuivre ses frasques ? Qui va protéger la population, le temps et l'espace nécessaires pour l’établissement d’un dialogue inclusif ? Qui va permettre le retour des dirigeants de la société civile et leur rétablissement dans leurs droits ? Certainement pas la France, qui s'est totalement disqualifiée pour une telle tâche et qui continue de disqualifier l’Eufor dont l’impartialité ne peut être que remise en cause du fait de la participation de plus de 500 soldats français détachés du dispositif Epervier, pierre angulaire du régime Déby.

C’est un appel à la Communauté internationale que nous lançons à nouveau aujourd’hui. L'ONU doit en effet prendre ses responsabilités. L’ONU doit intervenir afin que la France, juge et partie, cesse d’être un interlocuteur pour le « règlement » de la crise tchadienne.

En marge de cet engagement éhonté de la France au Tchad, les promesses de rupture à nouveau prononcées au Cap en Afrique du Sud par le président français ne font pas illusion. La France, et son tout nouveau président Nicolas Sarkozy, perpétuent une politique qui, sous couvert de « stabilité », n’en finit pas de contribuer à plonger le Tchad dans le chaos.

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Document PDF - 59.9 ko
(1) Accord signé entre la majorité présidentielle et l'opposition politique, prévoyant l’organisation d’élections libres et transparentes d'ici à 2009 et dont Lol Mahamat Choua (arrêté puis placé en résidence surveillé par le pouvoir tchadien) préside le Comité de suivi.
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Relations France-Afrique : une "rupture" annoncée, mais loin d'être déjà "effective" (Le monde.fr)

29 Février 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

29.02.08  LEMONDE.FR

Relations France-Afrique : une "rupture" annoncée, mais loin d'être déjà "effective"

Au cours de sa visite officielle en Afrique du Sud, Nicolas Sarkozy a promis, jeudi 28 février, de réexaminer le "cadre" et les "objectifs" de la présence militaire de la France sur le continent africain, annonçant la renégociation de "tous les accords militaires de la France en Afrique". Olivier Thimonier, secrétaire général de l'association Survie, qui avait participé à la rédaction d'un Livre blanc pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente (L'Harmattan, 2007), attend que ce discours se traduise dans les actes.


Comment interprétez-vous l'annonce faite, jeudi 28 février, par Nicolas Sarkozy d'une renégociation des accords militaires entre la France et les pays africains ?

C'est un signe positif. Jusqu'à aujourd'hui, aucun chef de l'Etat n'avait osé remettre en cause des accords de coopération qui datent, pour certains, des indépendances. Le fait que le président propose d'associer le Parlement français aux grandes orientations de la politique de la France en Afrique est une bonne chose. Et, bien évidemment, nous sommes d'accord avec l'idée que la France n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées sur le continent africain. Mais nous n'en sommes pour l'instant qu'à un discours ; il va falloir maintenant que le président français mette concrètement en application ces déclarations.

On peut s'interroger sur le fait que les accords renégociés soient élaborés en réponse aux intérêts stratégiques de la France ainsi qu'à ceux des partenaires africains. Or, qui sont ces partenaires ? Pour la plupart, ce sont des régimes dictatoriaux, qui utilisent la force comme mode de gestion du pouvoir. Il nous semble pernicieux d'établir des accords de défense avec de tels régimes, sachant qu'il faudrait également que les pays africains débattent, au sein de leurs Parlements, de la signature de ces futurs accords.

Par ailleurs, je suis étonné qu'il ne soit pas question dans ce discours du détournement des ressources naturelles ou de la corruption par les régimes en question. Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Bockel [secrétaire d'Etat chargé de la coopération et de la francophonie] avaient déjà pointé du doigt la question de la bonne gouvernance des pays africains, or le président n'y a fait aucune allusion dans son discours du Cap.

Peut-on s'attendre à un désengagement des troupes  françaises en Afrique ?

Je ne crois pas que cela soit la volonté du président français, même s'il semble vouloir faire évoluer la politique de la France en Afrique. Avec ce qui se passe au Tchad, on a une preuve que la France continue de s'impliquer militairement dans les conflits en Afrique. Ce conflit au Tchad est un conflit interne. La France dit qu'elle n'a pas voulu arrêter l'avancée des rebelles, mais, en fournissant des armes aux troupes du gouvernement, elle a quand même sauvé le président Idriss Déby. Donc, finalement, elle s'est ingérée dans ce conflit. Le discours prononcé par Nicolas Sarkozy au Cap semble en décalage avec l'attitude de la France au Tchad, notamment dans le contexte d'emprisonnement d'opposants par le régime. Nicolas Sarkozy demande l'instauration d'un dialogue inclusif et accuse les opposants de faire la politique de la chaise vide. C'est scandaleux. Les opposants tchadiens sont pourchassés, leurs responsables sont arrêtés, les membres de la société civile sont en fuite ou se cachent... Demander l'instauration d'un dialogue dans ce contexte-là, alors que la France a une part de responsabilité dans la situation, cela paraît osé de la part du président français.

Pendant sa campagne, Nicolas Sarkozy avait promis une rupture par rapport à la traditionnelle "politique africaine" de la France. Cette rupture vous semble-t-elle en marche ?

Il y a eu quelques signes d'une nouvelle politique depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence française, notamment sur le dossier de l'affaire Borrel, le juge français assassiné à Djibouti, ou en ce qui concerne la présence sur le sol français de présumés génocidaires, un dossier dans lequel la justice française semble prête à prendre ses responsabilités. Maintenant, il y a aussi plusieurs éléments qui montrent une continuité dans les relation franco-africaines, comme par exemple les relations entretenues avec des personnages comme le président Omar Bongo du Gabon et le président congolais, Denis Sassou Nguesso, ou encore la visite officielle de Mouammar Kadhafi à Paris en novembre dernier. Enfin, l'attitude de la France au Tchad montre que la rupture est loin d'être effective. La rupture ne se fera pas du jour au lendemain, mais par avancées progressives. Pour le moment, on n'en est qu'au stade du discours, il va falloir que des actes concrets soient engagés.

Propos recueillis par Mathilde Gérard

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27 février 2008. Tribune de la Plate Forme citoyenne France Afrique sur Libération. Françafrique : à quand la rupture ?

26 Février 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

27 février 2008.

Tribune de la Plate Forme citoyenne France Afrique sur Libération.
Françafrique : à quand la rupture ?

 

Rebonds publié mercredi 27 février 2008 dans Libération

Au Tchad, la France vient encore de manquer une occasion d’entamer la rupture promise avec la Françafrique. Le « soutien sans faille » apporté par Paris a surtout encouragé Idriss Déby à bâillonner durablement l’opposition et à saboter le fragile processus de dialogue démocratique. Nicolas Sarkozy saura-t-il tirer les leçons de ce nouvel échec pour amorcer entre la France et l’Afrique « une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé », comme il l’a promis en mai 2006 à Cotonou (Bénin) ? Son deuxième voyage au sud du Sahara lui en offre une opportunité. La dernière, sans doute.

 

Car, seulement neuf mois après l’élection présidentielle, la liste des compromissions avec « les dictatures, les pays dirigés par des régimes corrompus », que l’UMP s’est pourtant engagée à ne plus soutenir, est déjà longue. Les quelques avancées sur le plan judiciaire, dans l’affaire du juge Borrel assassiné à Djibouti et dans celle des présumés génocidaires rwandais présents sur le territoire français, ne peuvent compenser le mépris affiché à Dakar, en juillet 2007, envers « l’homme africain », à qui jamais il ne viendrait « à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ». Les honneurs réservés aux Bongo, Kadhafi, Sassou-Nguesso, Biya et consorts en disent long sur la promesse de « refonder la politique africaine de la France sur des relations transparentes et officielles entre pays démocratiques ». Que dire de l’impunité dont jouissent ces dirigeants sur le sol français, après le classement sans suite d’une enquête pour recel qui démontrait pourtant l’origine douteuse du patrimoine colossal de plusieurs d’entre eux ? Las ! la justice et le sort des populations africaines semblent ne pas peser bien lourd face à l’épouvantail de la concurrence chinoise et américaine agité par Paris et au poids démesuré des intérêts économiques de groupes comme Bolloré, Total ou Areva dans la diplomatie élyséenne.

 

Englué dans ce qu’il qualifiait naguère de « réseaux d’un autre temps », Nicolas Sarkozy est aussi de plus en plus isolé. Car l’opinion publique est lasse que la France piétine en Afrique les valeurs qu’elle prétend incarner. La nécessité d’une réforme profonde de ces relations est aujourd’hui comprise et voulue par de plus en plus de conseillers politiques ministériels, de fonctionnaires du Trésor, de diplomates, sans oublier les députés membres de la mission d’information parlementaire sur les relations franco-africaines, créée en septembre dernier. En janvier, Jean-Marie Bockel lui-même exhortait le chef de l’Etat à « aller plus loin dans la démarche de rupture » avec la Françafrique. En somme, les conditions de cette « rupture » semblent réunies. L’Elysée saura-t-il en profiter ?

 

En publiant un Livre blanc pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente, les associations de la Plateforme citoyenne France-Afrique ont souhaité apporter des analyses et des propositions concrètes au débat. Lassées des discours incantatoires, elles attendent du président de la République des actes forts :

  • mettre fin au domaine réservé que s’est arrogé l’Elysée dans les relations franco-africaines, en permettant un contrôle parlementaire effectif, notamment sur les accords de défense et de coopération militaire signés avec les Etats africains ;
  • rompre effectivement avec les dictatures, diplomatiquement mais aussi symboliquement, par la saisie de leurs biens et avoirs mal acquis en France ;
  • cesser de recourir à l’argumentaire de la stabilité politique et de l’absence d’alternative, en soutenant massivement les processus démocratiques associant l’ensemble des forces politiques et de société civile ;
  • en cas d’intervention militaire, obtenir ex ante un mandat clair d’une instance multilatérale, mais aussi du Parlement français, à l’image de ce que fait l’Allemagne ;
  • européaniser la politique française en Afrique et conditionner la coopération au renforcement démocratique, dans l’esprit des accords de Cotonou ;
  • annuler les dettes africaines dites « odieuses », qui résultent d’un soutien passé de la France à des régimes dictatoriaux et dont la population n’a jamais bénéficié ;
  • obtenir des entreprises françaises la publication détaillée de ce qu’elles versent aux gouvernements africains et promouvoir expressément l’adhésion des pays africains à l’initiative de transparence des industries extractives.


Il y a un an, plusieurs centaines d’associations et syndicats africains écrivaient au candidat Sarkozy : « Vous avez une occasion historique d’engager votre pays dans un nouveau contrat de génération avec les peuples de nos pays. » Il serait temps de la saisir.

 

Les associations de la Plateforme citoyenne France-Afrique

 
 
  • Grégoire Niaudet, chargé de projet Afrique au Secours catholique-Caritas France
  • Olivier Thimonier, secrétaire général de Survie
  • Jean Merckaert, chargé de mission financement du développement au Comité catholique contre la faim et pour le développement

Publication du "Livre blanc pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente" par la Plateforme citoyenne France-Afrique

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Que se passe-t-il au Tchad ? Liens pour en savoir plus

26 Février 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

 
Que se passe-t-il au Tchad ? Liens pour en savoir plus

Il y a quelques semaines, le secrétaire d'Etat à la coopération, Jean marie Bockel, disait "vouloir en finir avec la Françafrique", nous expliquant qu'elle était "Moribonde". 
Que voit-on aujourd'hui? Un dictateur maintenu à bout de bras par l'armée française  et par le même Jean Marie Bockel, une opposition démocratique tchadienne séquestrée et en danger. La diplomatie française, qui s'était mis en branle pour sortir du Tchad les membres de l'Arche de Zoé, n' a pas encore été capable de demander clairement la libération des députés tchadiens de l'opposition...
Bref le retour de la Françafrique dans toute sa brutalité (s'était-elle vraiment endormie?)


Voici donc quelques liens parmi d'autres pour se faire une opinion:

http://survie67.free.fr/Afrique/Tchad/index.htm
http://www.rue89.com/tchad

 

 

 
http://www.liberation.fr/actualite/monde/312609.FR.php

 

http://www.latribune.fr/info/Nicolas-Sarkozy-recoit-six-ONG-avant-son-depart-pour-le-Tchad-581-~-AP-FRANCE-TCHAD-SARKOZY-ONG-$Db=News/News.nsf-$Channel=Politique

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/02/26/human-right-watch-accuse-le-gouvernement-tchadien-d-etre-responsable-de-la-disparition-de-membres-de-l-opposition_1015705_3212.html

Le 20 Février sur RFI : http://www.rfi.fr/actufr/articles/098/article_62980.asp

http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-3212,55-1011246,0.html

http://www.thotep.com/article.php3?id_article=516
http://www.liberation.fr/actualite/monde/310413.FR.php

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20080214.OBS0496/paris_reconnait_une_forme_de_soutien_contre_les_rebelle.html

http://www.afrik.com/article13567.html
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/02/12/obscenite-franco-tchadienne-par-jean-francois-bayart_1010332_3232.html

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/02/12/tchad-silence-a-paris_1010262_3232.html
http://www.politis.fr/Tchad-deja-vu.html
http://www.liberation.fr/actualite/monde/309774.FR.php

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2328564&rubId=4077
http://www.liberation.fr/actualite/monde/307965.FR.php
http://www.liberation.fr/actualite/monde/309536.FR.php
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Wenceslas MUNYESHYAKA et Laurent BUCYIBARUTA devant la justice française Dominique NTAWUKULIYAYO transféré au TPIR

21 Février 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

21 février 2008. FRANCE-RWANDA.

Wenceslas MUNYESHYAKA et Laurent BUCYIBARUTA devant la justice française. Dominique NTAWUKULIYAYO transféré au TPIR. Communiqué FIDH, LDH, Collectif des parties civiles pour le Rwanda et Survie

Communiqué de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue des droits de l’Homme et du citoyen (LDH), le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) et Surviedu Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR)


Wenceslas MUNYESHYAKA et Laurent BUCYIBARUTA devant la justice française Dominique NTAWUKULIYAYO transféré au TPIR


Paris, 21 février 2008
- La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue des droits de l’Homme et du citoyen (LDH), le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) et Survie expriment leur satisfaction à propos de la décision, adoptée mercredi par la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris, de confirmer le transfert aux tribunaux français des dossiers d’enquête instruits par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à l’encontre de Wenceslas MUNYESHYAKA et Laurent BUCYIBARUTA.

Nos organisations appellent à ce que tous les moyens nécessaires soient rapidement alloués aux magistrats instructeurs saisis de ces affaires pour que ces procédures soient instruites dans des délais raisonnables.

Cette décision intervient alors que des enquêtes ont déjà été ouvertes en France contre Wenceslas MUNYESHYAKA et Laurent BUCYIBARUTA depuis respectivement treize et huit ans. Présents sur le territoire français, ces deux présumés génocidaires rwandais ont, en effet, été mis en examen par des juges d’instruction français suite aux plaintes des associations signataires et de victimes rwandaises.

Les actes d’accusation du TPIR retiennent à l’encontre de W. MUNYESHYAKA les charges de génocide, viols, exterminations et assassinats constitutifs de crimes contre l‘humanité et contre. L. BUCYIBARUTA celles de génocide, complicité dans le génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide, exterminations et assassinats constitutifs de crimes contre l‘humanité.

En outre, nos organisations expriment leur satisfaction quant à la décision de la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris de remettre Dominique NTAWUKULIYAYO au TPIR, qui le poursuit pour génocide, complicité dans le génocide et incitation directe et publique à commettre le génocide.

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Françafrique: La rupture attendra (JDD)

14 Février 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Jeudi 14 Février 2008

Françafrique: La rupture attendra

Par Marianne ENAULT ( leJDD.fr )

>>A deux semaines du second voyage du président français en Afrique et en pleine crise tchadienne, un collectif d'ONG interpelle Nicolas Sarkozy. Objectif: mettre en oeuvre la rupture attendue avec la Françafrique, promesse de campagne du chef de l'Etat.

 

 

"J'espère que nous nous retrouverons pour les funérailles de la Françafrique". Dans les locaux du Centre d'accueil de la presse étrangère (Cape), situés à la maison de la radio, Seidik Abba, représentant de l'Association de la presse panafricaine (Appa), confie son espoir. Celui de tourner un jour la page de cette Françafrique, faite de réseaux mêlant intérêts économiques, politiques, diplomatiques, militaires et relations personnelles, héritage des quarante dernières années de la politique française en Afrique.


Un espoir au coeur de la démarche d'une douzaine d'ONG françaises, rassemblées sous la bannière "Plateforme citoyenne France-Afrique" et réunies au Cape jeudi matin. Ces associations ont publié l'an dernier un Livre Blanc, sous-titré: "Pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente." Aujourd'hui, elles font un premier bilan de l'évolution des relations franco-africaines. Un bilan assez sévère adressé au chef de l'Etat.


Il faut dire qu'avant même son arrivée à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait promis la fin de la Françafrique. En déplacement à Cotonou, au Bénin, le 19 mai 2006, il avait en effet déclaré: "Il nous faut construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé et de ses obsolescences."

Une rupture qui tarde à venir


Les choses étaient dites: la rupture, chère à Nicolas Sarkozy, devait aussi s'appliquer dans les relations franco-africaines. Mais neuf mois après son accession à la présidence, le changement se fait attendre. Même au sein du gouvernement, on s'impatiente. Lors de ses voeux à la presse, puis dans un entretien accordé au Monde à la mi-janvier, le secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie, Jean-Marie Bockel, avait en effet estimé que la rupture avec une Françafrique "moribonde" "tardait à venir". Aujourd'hui, le collectif d'ONG, parmi lesquelles figurent le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), Survie ou encore Caritas France, tire les mêmes conclusions.


"La rupture promise avec les dictatures africaines tarde à se concrétiser", note ainsi Jean Merckaert, chargé du programme Financement du développement au CCFD et co-auteur du Livre Blanc. Le collectif dénonce d'abord "la grande proximité avec les dirigeants de régimes prédateurs", illustrée notamment par la visite à Paris d'Omar Bongo, président du Gabon, ou encore de Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville), tous deux reçus en grande pompe à l'Elysée.


Vient ensuite le premier voyage de Nicolas Sarkozy en Afrique, en juillet dernier. "Commencer par la Libye et terminer par le Gabon, c'est plutôt mauvais signe", relève Jean Merckaert. Durant ce voyage, le chef de l'Etat a prononcé le désormais célèbre discours de Dakar. Un texte qui vaut aujourd'hui à Sarkozy de fortes inimitiés en Afrique et ailleurs, notamment chez les intellectuels. Il avait dépeint un homme africain "pas assez rentré dans l'histoire" qui a "besoin de croire plutôt que de comprendre, de ressentir plutôt que de raisonner, d'être en harmonie plutôt qu'en conquête".


L'exemple de la crise tchadienne


Autre pomme de discorde: les relations économiques entre la France et le continent africain. Jean Merckaert dénonce "l'oreille attentive prêtée par Sarkozy aux intérêts économiques de la France dans des pays peu démocratiques". Et de prendre l'exemple récent du Togo, quand Nicolas Sarkozy suggère au président Faure Gnassinbé de démontrer son amitié pour Paris en octroyant la gestion du port de Lomé à son ami Vincent Bolloré. Ami dont il a, faut-il le rappeler, emprunté le yacht privé cet été ou encore son avion pour ses vacances de fin d'années en Egypte.

 

La Plateforme citoyenne France-Afrique regrette également l'hommage rendu par le président français à Jacques Foccart, en septembre dernier. Secrétaire général de l'Elysée aux affaires africaines dans les années 1960, il a été pendant longtemps le "Monsieur Afrique" et l'incarnation, selon Jean Merckaert "de la cellule africaine de l'Elysée et des réseaux occultes".


Récemment, le classement sans suite de la plainte pour "recel de détournement d'argent public", déposée en mars dernier par trois associations françaises contre le patrimoine immobilier des chefs d'Etats africains à Paris, est venu donner une nouvelle preuve de la persistance de la Françafrique, selon ces ONG. "Ce classement sans suite est une décision politique" estime aujourd'hui Jean Merckaert.

 
Enfin, la gestion de la crise tchadienne par Paris est venue renforcer cette impression. Si la France assure ne pas être intervenue militairement pour soutenir le président Déby face aux rebelles, son appui logistique - transfert d'armes de la Libye vers N'Djamena - et en terme de renseignements, ainsi que ses déclarations de soutien au pouvoir tchadien, ont sans conteste permis au chef d'Etat africain de reprendre la main.


Un tournant décisif?


Autant d'exemples de la persistance des relations personnelles comme moteur de la politique de la France en Afrique, estiment les ONG, lesquelles jugent malgré tout que "les conditions sont réunies pour un tournant décisif". D'abord, parce que durant la campagne, tous les candidats ont accepté d'entendre la voix des sociétés civiles française et africaine. Ensuite, parce que pour la première fois, une mission d'information parlementaire sur les relations entre la France et l'Afrique a été mise en place. Et Jean Merckaert de citer quelques exemples de ce "début de tournant": la réticence de Bercy à alléger la dette du Gabon ou sa tentative, avortée, d'empêcher l'augmentation du volume d'aide publique à destination du Congo Brazzaville.

 
Et pour encourager cette rupture tant attendue, le collectif a mis au point plusieurs propositions, qu'il entend notamment présenter à Nicolas Sarkozy avant son voyage en Afrique du sud et en Angola, fin février. "Nous ne souhaitons pas que la France quitte économiquement et diplomatiquement l'Afrique", tempère toutefois Grégoire Niaudet, membre de Caritas et co-auteur du Livre Blanc.


Entres autres propositions, la Plateforme citoyenne propose que les relations entre la France et l'Afrique ne soient plus le domaine réservé de l'Elysée, plaidant pour le renforcement du contrôle parlementaire. Elle suggère ensuite de revoir les clauses des accords de coopération, notamment militaire, signés avec l'Afrique, dont la plupart demeurent secrètes. Grégoire Niaudet souligne également la nécessité de mettre véritablement en oeuvre la rupture avec les régimes dictatoriaux, en limitant par exemple "au strict minimum" le service diplomatique dans ces pays. Parmi les mesures fortes envisagées, les ONG proposent notamment de "procéder à la saisie des biens mal acquis en France et les restituer aux populations civiles spoliées". Pour ce collectif, le voyage de Sarkozy fin février sera très révélateur. "Après son premier voyage raté, ce voyage en Afrique du Sud et en Angola fera figure de test pour savoir si Sarkozy est le dernier rempart de la Françafrique ou s'il veut définitivement tourner la page", note ainsi Jean Merckaert.

Mais la "rupture" tant attendue, devra aussi se faire en Afrique. Et là aussi, la partie est loin d'être gagnée. Quand Jean-Marie Bockel fustige la Françafrique et demande que l'aide au développement soit conditionnée au caractère démocratique des régimes, le Gabon, particulièrement visé par ces propos, réagit vivement. Et regarde ailleurs. "Si la France estime que l'Afrique lui coûte cher, il lui revient souverainement d'en tirer les conclusions sans être obligée de se justifier de façon aussi péremptoire. Car l'Afrique saura trouver assurément des partenaires plus respectueux de la dignité de ses peuples et de la souveraineté de ses Etats", ont menacé les autorités gabonaises dans un communiqué.


Une allusion à peine voilée à la Chine, dont les investissements en Afrique se sont multipliés ces dernières années, et dont le peu de considération pour les droits de l'Homme arrange de nombreux dirigeants africains. "Les dictateurs africains sont presque dans une position de force par rapport à la France, car ils peuvent désormais s'adresser à la Chine. Ce n'était pas le cas il y a quinze ans. On a perdu du temps pour cette rupture", reconnaît Fabrice Tarrit, coordinateur du Livre Blanc. Du temps qui pourrait s'avérer bien difficile à rattraper.

Page issue de :

http://www.lejdd.fr/cmc/international/20087/francafrique-la-rupture-attendra_95163.html#top

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Comment les riches détruisent la planète avec Hervé Kempf

14 Février 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

 

jeudi 14 février 2008 à  20h30, Salle du Sénéchal

Comment les riches détruisent la planète avec Hervé Kempf

Réunion publique organisée par ATTAC et Les Amis du Monde Diplomatique 

 



Pour la première fois de son histoire, l’espèce humaine se heurte aux limites de la biosphère et met en danger son avenir. Nous devons trouver les moyens d’orienter différemment cette énergie humaine. Or une classe prédatrice fait obstacle au changement de cap. Elle n’est animée d’aucun idéal, ne porte aucun projet et son idéologie néolibérale ne sait que s’autocélébrer, prétendant que toute alternative est impossible et que la seule voie est l’accroissement des richesses… Ce sont ces riches qui menacent la planète… 
 
 

Hervé Kempf est un des journalistes d’environnement les plus réputés. Depuis plus de 20 ans il a défriché nombre de dossiers sur le changement climatique, le nucléaire, la biodiversité ou les OGM. Après avoir fondé « Reporterre », il est maintenant journaliste au Monde et collaborateur au Monde diplomatique. 

 
En janvier 2007, il a publié aux éditions du Seuil un livre dont le titre est précisément celui de la soirée : "Comment les riches détruisent la planète". Tout au long de ces pages incisives et bien informées, il montre que l'on ne résoudra pas la crise écologique sans s'attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées.
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TRIBUNE Rue 89. En 2004, Hervé Morin voulait en finir avec le néocolonialisme...,

7 Février 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

8 février 2008. TRIBUNE Rue 89.

En 2004, Hervé Morin voulait en finir avec le néocolonialisme...


I
l y a trois ans à peine, l’actuel ministre de la Défense fustigeait les relents coloniaux de la politique de la France en Afrique et s’engageait devant l’association Survie à soutenir le changement (voir le courrier). Aujourd’hui ministre de Nicolas Sarkozy, il cautionne en connaissance de cause la poursuite d’une politique anachronique et dangereuse au Tchad.


La condamnation du néocolonialisme français en Afrique figurait parmi les thèmes de campagne de plusieurs candidats à la dernière élection présidentielle. Nicolas Sarkozy, on s’en souvient, avait lui aussi promis la rupture avec les "réseaux d’un autre temps" et s’était engagé à ne plus défendre des chefs d’Etat illégitimes. Promesses vite contredites une fois arrivé au pouvoir, comme l’illustrent le soutien apporté par la France au tchadien Idriss Déby, les accolades avec Omar Bongo ou le tapis rouge déployé devant Mouammar Kadhafi.


Moins connues sont cependant les promesses émises sur la question par une autre personnalité politique aujourd’hui en charge d’un secteur clé de la "Françafrique", le ministre de la Défense, Hervé Morin.


En décembre 2004, interpellé par l’association Survie dans le cadre d’une campagne contre le soutien de la France aux dictateurs africains, celui qui était alors le président du groupe UDF à l’Assemblée écrivait ces quelques lignes à François-Xavier Verschave, président de Survie et auteur de plusieurs livres sur la question:


"Je partage avec vous la conviction que la politique africaine de la France a, depuis les années Foccart, mené un cours particulier, peu lisible, manquant de transparence et empreint de clientélisme.


"Ces relations, marquées par le souvenirs de l’époque coloniale et reposant le plus souvent sur des relations personnelles d’homme à homme, n’ont plus lieu d’être aujourd’hui. L’UDF souhaite qu’un nouveau cours soit donné à la politique africaine de la France pour lui donner enfin une vraie transparence, une vraie lisibilité. […] Je salue votre initiative […], vous pouvez compter sur notre vigilance et notre soutien."


Parmi la trentaine de députés ayant répondu aux sollicitations de l’association dans le cadre de cette campagne, cette lettre apparaissait sans conteste comme une des plus argumentées et des plus explicites.


Explicite mais peut être pas vraiment sincère. Car à peine plus de trois ans plus tard, si l’on se fie aux déclarations du même Hervé Morin sur la crise tchadienne et à sa défense de la prétendue "légitimité" d’Idriss Déby, le changement de ton apparaît brutal. Malgré ses engagements précédents, le ministre Hervé Morin s’inscrit aujourd’hui dans la droite ligne de la politique françafricaine de la "stabilité", celle qui consiste à soutenir les dictateurs en croyant défendre les intérêts français.


Il est vrai qu’il était sans doute plus facile de s’attaquer à la politique de Jacques Chirac depuis les rangs de l’UDF (alors quasiment un parti d’opposition) que d’oser critiquer aujourd’hui la politique de Nicolas Sarkozy au sein même de son gouvernement. Les places sont chères et Hervé Morin n’est pas le plus en sécurité, si l’on croit certaines rumeurs… Le secrétaire d’Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel, qui a annoncé il y a peu vouloir "signer l’acte de décès de la Françafrique" mais quasiment muet sur la situation au Tchad, se montrera-t-il, lui, plus courageux?


Si les peuples africains ont bien "droit à la démocratie, comme tous les hommes", ainsi que l’écrivait le député Morin en 2004 dans son courrier, il y a cependant fort à redouter qu’ils attendent encore longtemps que certains dirigeants français mettent en adéquation leur politique de coopération avec l’Afrique avec les principes défendus lorsqu’ils sont en campagne.


A moins que M. Morin ne pense vraiment, pour reprendre les propos contenus dans sa lettre, que le clientélisme a disparu de la scène franco-africaine, que la politique menée au Tchad ou en Libye est plus lisible et plus transparente qu’en 2004 et que les relations d’homme à homme ne sont plus la règle.


On aimerait y croire aussi…

 

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7 février 2008. TCHAD.La France doit soutenir un processus de paix démocratique. Communiqué

7 Février 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

7 février 2008. TCHAD.

La France doit soutenir un processus de paix démocratique.

Communiqué du CCFD, Secours catholique, Survie, ACAT-France, Mouvement de la Paix, Réseau Foi et Justice Afrique-Europe Antenne France.

Les associations signataires sont préoccupées par la situation au Tchad qui demeure très confuse et dangereuse pour les populations civiles. Elles demandent aux autorités françaises d’oeuvrer à l’instauration d’un dialogue national ouvert demandé par la société civile et de cesser de soutenir inconditionnellement le régime contesté d’Idriss Déby.


Plusieurs de nos partenaires défenseurs des droits de l’Homme ont été menacés et pour certains sont obligés de se cacher pour assurer leur sécurité. Certains opposants politiques au régime du président Déby seraient actuellement détenus au secret et risqueraient de ce fait d’être torturés et/ou de disparaître.


En tant qu’organisations françaises, nous nous interrogeons sur la position de la France et le rôle des militaires français de l’opération Epervier. Malgré son objectif affiché d’aider à la stabilité de ce pays et de la sous-région, force est de constater que la France a une responsabilité importante dans les événements de ces derniers jours :

  • Par son soutien sans faille à un régime contesté, non issu d’un processus démocratique digne de ce nom,
  • Par son opposition répétée à soutenir un processus global de négociation pour la paix entre tous les acteurs politiques tchadiens. Initiative promue avec courage et détermination depuis plusieurs années par les membres du Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation au Tchad.


Le règlement durable de la crise tchadienne ne peut se faire que par la mise en place d’un processus de paix soutenu par la communauté internationale, et non pas par un soutien militaire inconditionnel au régime en place.


Au vu des positions du gouvernement français nous lui demandons :

  • d’agir pour la libération immédiate des opposants politiques emprisonnés depuis dimanche et la protection des défenseurs des droits de l’homme.
  • de laisser la place à un réel débat parlementaire pour clarifier son analyse de la situation et des actions diplomatiques et militaires entreprises depuis la semaine dernière. En particulier, La France entend-elle agir pour l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité - au-delà de la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité rendue publique lundi 4 février 2008- permettant d’encadrer tout engagement ultérieur dans ses opérations militaires au Tchad ?
  • de s’engager réellement dans le soutien à un processus politique de résolution de la crise récurrente au Tchad, tel que le demande le Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation au Tchad dans son communiqué du 4 février dernier : « toute victoire militaire entre Tchadiens ne peut être définitive et que seule une négociation politique menée avec la présence d’un arbitre et de médiateurs peut être gage d’une solution durable. Un tel processus nécessite la participation de tous les acteurs de la crise militaire et de la politique tchadienne. ». Et de mobiliser ses partenaires européens dans ce sens.


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5 février - Tchad. Craintes pour la sécurité de figures de l’opposition tchadienne, communiqué d'amnesty international

5 Février 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

5 février 2008 – Communiqué d’amnesty international

 

 

Tchad. Craintes pour la sécurité de figures de l’opposition tchadienne

 

Amnesty International a lancé ce mardi 5 février 2008 une Action urgente en faveur de quatre dirigeants tchadiens de l’opposition arrêtés par les forces de sécurité à N’Djamena le 3 février.

 

Lol Mahamat Choua, Ngarlejy Yorongar, Ibni Oumar Mahamat Saleh et Wadel Abdelkader Kamougué sont des personnalités renommées de l’opposition politique.

 

Bien qu’on ignore toujours où ils se trouvent, des informations reçues par Amnesty International laissent à penser qu’ils seraient actuellement détenus dans le palais présidentiel.

 

« Ces dirigeants de l’opposition courent de graves risques d’être torturés ou victimes de disparitions forcées, a déclaré Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d’Amnesty International.

 

« Le gouvernement tchadien doit sans plus attendre révéler ce qu’il est advenu des quatre hommes et dévoiler les motifs de leur arrestation. Il doit également informer leurs familles et leurs avocats de leur sort. Enfin, les autorités doivent les inculper d’une infraction prévue par la loi ou les libérer sans délai. »

 

Jusqu’ici, les autorités n’ont fourni aucun motif légal concernant leur interpellation. Ce 5 février 2008, un porte-parole à la présidence a expliqué à Amnesty International qu’ils ne pouvaient « confirmer si ces quatre personnes [avaient] été arrêtées ».

 

 

« Il semble que le gouvernement tchadien profite du conflit actuel avec l’opposition armée pour mettre derrière les barreaux des personnes qui dénoncent sa politique de manière pacifique », a poursuivi Tawanda Hondora.

 

« Tandis que le monde a les yeux rivés sur les combats qui font rage, ces personnes sont arrêtées chez elles – et nous ne savons pas ce qui va leur arriver par la suite. »

 

L’organisation redoute que ces quatre hommes ne subissent le même sort que les militaires et les civils détenus par les forces de sécurité après l’attaque menée par les groupes armés d’opposition contre N’Djamena en avril 2006. Le gouvernement tchadien persiste dans son refus de livrer des renseignements à leur sujet, de révéler leur état de santé ou même de confirmer s’ils sont toujours en vie.

 

Page issue de :

http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/chad-fears-safety-chadian-opposition-figures-20080205

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