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Survie Midi Pyrénées

Collectif pour la défense des terres malgaches - Affaire Daewoo

26 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

le 23  décembre 2008 - communiqué du


Collectif pour la défense des terres malgaches

Affaire Daewoo

 

Nous avons appris le 19 novembre dernier, par la presse internationale, les déclarations du directeur financier de Daewoo Logistics, Shin Dong-hyun, annonçant la signature d’un bail emphytéotique de location pour 99 ans, entre cette société et les autorités malgaches, de 1,300 millions d’hectares de terrains arables. Les détails du contrat sont préoccupants et sans précédent :

- La surface louée représente l’équivalent de la moitié de la Belgique , et correspond à la moitié des surfaces cultivables à Madagascar.

- Les termes du contrat  ne prévoient pas de versement d’argent à l’Etat malgache, les investissements dans les infrastructures nécessaires à la réalisation du projet tiendraient lieu de ‘prix de location’.

 

Les principaux ministres malgaches concernés ainsi que les représentants de Daewoo à Madagascar ont démenti en insistant sur le fait que le projet en est seulement au stade de prospection de terrains et de négociations. Mais différents témoignages venant du terrain montrent que les protagonistes de cette affaire sont déjà passés à l’acte dans différentes régions : Madagascar Futur Entreprise Group, représentant de Daewoo sur place, a déposé des demandes d’acquisition de terrains et a parfois déjà obtenu l’autorisation pour 94 182 hectares dans le district de Brickaville, 33 767 hectares dans le district de Toamasina II,  40 000 hectares dans le district de Vatomandry, plus de 50 000 ha dans le district de Maintirano. De vastes terrains dans la région SAVA seraient déjà également en cours de transfert de propriété.

Ces informations parues dans la presse sont confirmées par les populations locales qui ont vu ou entendu parler d’Asiatiques effectuant des mesures de terrains avec les autorités régionales en vue de l’acquisition de terrains. Ainsi 

-       des responsables locaux sont complices,

-       certains ont peur d’en parler par peur de représailles,

-       d’autres n’avaient pas compris les tenants et les aboutissants de ces « opérations » sur le terrain, pensant qu’il s’agissait d’une opération qui apporterait des bienfaits à la localité ou à la région,

-       Les transactions se déroulent en l’absence de transparence de la part des autorités.

 

Cette « location » de terres est particulièrement inacceptable car

-       la location pour 99 ans - renouvelable - porte sur des superficies immenses réparties dans plusieurs régions et porte atteinte à l’existence future d’une patrie pour l’ensemble des Malgaches qui considèrent les terres de leurs ancêtres comme un bien « sacré » ;

-       cette location pour 99 ans spoliera de nombreuses familles, et à terme la majorité des paysans, des terres où elles vivent et travaillent pour vivre et survivre ;

-       elle a été faite dans le dos des populations malgaches, « dans le secret » sans respect des procédures habituelles, alors qu’elle engage des parties importantes du territoire et donc la souveraineté nationale ;

-       la contrepartie ‘gratuite’ entretient de gros soupçons sur la vente du patrimoine national pour l’enrichissement d’un petit nombre d’individus au détriment des générations futures ;

-       Le traitement des dossiers des terrains convoités par Daewoo bénéficie de faveur particulière dans sa rapidité alors que les paysans et tous les citoyens malgaches rencontrent des difficultés insurmontables dans la lenteur des procédures pour acquérir des titres de propriété ;

-       Les plantations programmées et effectuées par Daewoo inquiètent gravement car les récoltes sont destinées à être exportées immédiatement pour l’alimentation des Coréens, et non pour celle des Malgaches. Par ailleurs, les informations diffusées par la presse internationale parlant de culture de maïs dans la partie ouest de l’île – le maïs est réputé pour dessécher les terres de culture -, les semences de maïs seraient importées de Costa Rica et des Etats-Unis – ne s’agira-t-il pas de maïs transgénique ? La partie Est de l’île serait destinée à la plantation de palmiers à huile dont les semences viendraient d’Indonésie : certains palmiers à huile cultivés dans ce pays sont pourtant célèbres pour tuer toute la végétation environnante et détruire la biodiversité (« l’huile tueuse »).

 

Tenant compte de tous ces éléments,  

Nous, membres du Collectif pour la Défense des Terres Malgaches, avons décidé de nous regrouper et d’agir pour


-       Exiger des responsables qui participent à tous les niveaux à cette location d’arrêter immédiatement toutes les actions et toutes les procédures engagées afin de réviser les termes du contrat,

-       Demander aux autorités malgaches de faire preuve de transparence et de donner à la population malgache et aux populations du monde toutes les informations sur cette affaire,

-       Exiger des autorités et responsables qu’ils respectent les lois et procédures en vigueur, notamment les formalités de publicité visant l’information des voisins et opposants éventuels,

-       Se rapprocher des citoyens et paysans malgaches pour leur manifester notre soutien et les encourager dans les luttes qu’elles mènent pour la défense de leurs terres,

-       Lancer un appel à tous nos compatriotes au pays et à l’extérieur pour être vigilants, et dénoncer toute décision ou tentative de priver les populations malgaches progressivement des terres de leurs ancêtres au nom d’un libéralisme aveugle,

-       Alerter l’opinion internationale sur les agissements dangereux de cette sorte dans notre pays et appeler le soutien et la solidarité de tous,

-       Appeler les ressortissants des pays qui subissent déjà la même situation, à travailler ensemble pour que cette nouvelle forme de néocolonialisme qui se développe dans plusieurs pays, cesse immédiatement grâce à la coordination de nos actions.

 

L’opinion publique malgache, informée par la presse internationale, est particulièrement en alerte car plusieurs grands projets déjà en cours à Madagascar démontrent la réalité de contrats dont les termes conjuguent une exploitation drastique des richesses du pays par les investisseurs étrangers avec des bénéfices insignifiants pour la nation et les populations malgaches.

 

 

LE COLLECTIF POUR LA DÉFENSE DES TERRES MALGACHES

 

Est un collectif d’individus d’origine malgache, déterminés à unir leurs forces et à travailler ensemble pour s’opposer à la spoliation des paysans et des citoyens malgaches de leurs terres.

 

Son objectif est de rassembler les Malgaches sans discrimination aucune, prêts à s’investir pour la réalisation de cet objectif.

 

Ses actions dans le court terme consisteront notamment à :

-       Défendre les terres malgaches en collaboration avec les populations et organisations au pays,

-       Diffuser des informations sur la situation à Madagascar auprès des populations et organisations  dans le monde pour qu’elles soutiennent les paysans malgaches dans leur lutte pour la défense de leurs biens et de leurs terroirs,

-       Diffuser des informations auprès des Malgaches de toutes les régions sur ce qui se passe dans le monde et sur les objectifs, méthodes et risques liés à des opérations telles que celle-ci, pour qu’ils soient vigilants et sachent se défendre,

-       Echanger et collaborer avec les populations des autres pays victimes des prédateurs similaires pour défendre leurs paysans et leurs terres.

 

 

Paris, le 23  décembre 2008

 

Si vous souhaitez nous rejoindre, nous soutenir, envoyer des messages et propositions, contactez-nous à l’ adresse e-mail : patrimoinemalgache@yahoo.fr

 

Vous pouvez aussi signer la pétition:

Pétition « Affaire DAEWOO » Défense des Terres Malgaches

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Rediffusion des émissions radio "francafrique"

21 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Du 22 Décembre au 5 Janvier

Tous les jours à 11h sur Campus FM (94FM)
Rediffusion des émissions "francafrique"

Rapport Mucyo - "Nicolas Sarkozy et la Françafrique décomplexée " - L'affaire Borrel - Entretien avec Odile Tobner (Biyidi) -  "Que fait la france au Tchad"- "l'or africain" - Brice Mackosso - Tiken Jah Fakoly -  Thomas Sankara - Discours de Dakar - Privatisation du Dakar Bamako - etc...

Venez (re)
découvrir les émissions de Survie Toulouse depuis 2 ans sur les ondes de radio Campus Toulouse...

Pour écouter les émissions en ligne:
 http://www.afriradio.net/auteur51.html 

 


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Clip: Artistes Unis pour Norbert Zongo

17 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

"Norbert Zongo: dossier classé ?"



Tiken Jah Fakoly, Ismaël Isaac, Didier Awadi, Smockey, Sams'K le Jah, faso Kombat, Sana Bob, Obscur Jaffar, Slam et Miss Safia rendent un vibrant hommage à Norbert Zongo, journaliste assassiné il y a dix ans au Burkina Faso.

info: www.norbertzongo10ans.net


Signez la pétition internationale !


Pour signer la pétition demandant la réouverture du dossier Norbert Zongo :

Cliquez ici et laissez vos nom et prénom(s), vos nationalité et lieux de résidence, votre profession et, éventuellement, un commentaire.


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Madagascar- L’affaire Daewoo confirmée ...

17 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

 www.laverite.mg du 16-12-2008

Madagascar, l'affaire Daewoo confirmée


La société Daewoo Logistics Corporation (Dwl) n’est plus en phase de prospection de terrains. Plusieurs demandes ont  été déposées au service régional des domaines de Toamasina pour des terrains de plus de 170 000 ha au mois d’octobre dernier. Les procédures semblent avoir été  ignorées au grand dam de la population locale. La grogne gagne du… terrain dans le district de Brickaville, Toamasina II et Vatomandry. On craint un soulèvement populaire pour contester la spoliation des terres par des étrangers.

Contrairement aux explications officielles apportées par Daewoo Logistics Corporation sur la situation actuelle  de son projet d’investissement dans le secteur agricole à Madagascar, cette entreprise sud-coréenne, a bel et bien déposé des demandes d’acquisition de terrains dans la région Atsinanana. Cette entreprise sud-coréenne, par sa filiale « Madagascar Futur Entreprise Group » (Mfe) sise au 2è étage de l’immeuble Assist à Ivandry à Antananarivo, a déposé le 8 octobre 2008 deux dossiers au service régional des Domaines à Toamasina.
Il s’agit de l’affaire n° 24 293 BRICKA  pour un terrain de 94 182 hectares dans le district de Brickaville et de l’affaire n° 24 294 TAM dans le district de Toamasina II, d’une superficie de 33 767 hectares. Dans le district de Vatomandry, une demande a été également formulée par cette société pour l’acquisition d’un terrain de près de 40 000 hectares. En tout, la société

« Madagascar Futur Entreprise Group », pour ses plantations de palmier à huile, à déjà déposé des demandes en bonne et due forme au service régional des Domaines de Toamasina. A vrai dire, cette société sud coréenne n’est plus en phase de « prospection  de terrains afin d’identifier les terrains cultivables », mais, tout au contraire, elle est déjà dans une phase plus avancée. Dans la région  Melaky, plusieurs terrains ont également été demandés par la société Mfe.

Procédures exceptionnelles ?

Malgré l’immensité des terrains demandés par cette société étrangère, les dossiers sont tenus top secret. C’était après la publication de cette information dans les médias étrangers et locaux que cette affaire a été étalée au grand jour. Toutefois la célérité du traitement des dossiers des Sud-coréens a suscité beaucoup de commentaires. En fait, ces dossiers n’ont pas suivi les procédures classiques.

Les fokontany et les communes concernées n’ont pas été mis au courant de ces demandes. Or, selon le texte en vigueur (en attendant le nouveau), la carte du premier repérage effectué par les agents du service topographique devrait être affichée, pendant 15 jours au bureau du fokontany, en vue d’une éventuelle opposition. Pire, selon des représentants de la population, ils n’ont jamais assisté aux travaux des membres de commission en leur qualité d’opposants et de voisins. Personne n’est en mesure d’annoncer s’il existe des procès-verbaux de constatation de mise en valeur ou non. Interrogés, les agents du service régional des Domaines de Toamasina ont opté pour le mutisme total. Visiblement, ils craignent des sanctions sévères s’ils divulguent quelques bribes d’information aux journalistes.

Une source généralement informée nous a signalé que le Chef de région ainsi que les districts de Brickaville et de Toamasina II ont déjà émis des avis favorables à ces demandes. Des témoins ont affirmé que des paysans ont déjà mis en valeur les terrains en question. Mais, à cause de leur ignorance, leurs terrains n’ont  pas été  immatriculés auprès du service des Domaines. En fait, les dossiers des Sud coréens bénéficient d’un traitement exceptionnel.
Quoi qu’il en soit, la tension monte de plusieurs crans dans les zones touchées par les demandes de terrains. Les paysans sont prêts à défendre leurs biens et à s’opposer à toutes formes de spoliation de leurs terrains. Un soulèvement populaire est à craindre si les autorités restent indifférentes à leurs revendications. Parallèlement, des natifs de ces zones commencent à s’organiser pour barrer la route aux Sud coréens. Des zones d’ombre entourent ce projet d’investissement agricole d’une superficie de 1,3 million d’hectares dans l’ensemble de l’île.
Alphonse Maka

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Emission françafrique n°12: L'Angolagate

17 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Samedi 20 décembre à 13H00

sur Campus FM (94FM)
émission "Françafrique" n°12:
Françafrique, Mafiafrique et l'angolagate
-

De gauche à droite, Pierre Falcone, Arcadi Gaydamak - présentés comme les organisateurs du trafic d'armes présumé vers l'Angola entre 1993 et 2000 - ainsi que Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand. © AFP


Françafrique 12 l’émission radio de l’association SURVIE sur la Françafrique, cette relation particulière de la France avec ses anciennes colonies, revient sur le procès de l'angolagate ou plusieurs personnalités françaises et étrangères sont poursuivi dans le cadre d'une accusation pour trafic d'armes a destination de l'Angola en pleine guerre civile et pour un montant de 790 millions de dollars . Pour nous aider a mieux comprendre les rouages de cette sombres affaire , nous recevons ce mois ci Thierry Brugvin d'Attac France qui nous aidera a mieux comprendre ce qu'est la  « mafiafrique » , que Survie tente de combattre et qui est a l'origine de ce type d'affaire . Puis André Fines de Survie Isèrev nous éclairera sur les différents mécanismes et sur les enjeux de pouvoirs et d'argent qui plane autour de ce procès (interview emprumptée à nos amis de Survie /ATTAC Lyon) .

 

Pour écouter l'émission en ligne: http://www.afriradio.net/auteur51.html 

 


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Soirée débat: Que fait la france au Tchad?

13 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Mercredi 17 décembre, salle du sénéchal à 20H30


L’association Survie vous invite à une


conférence-débat Tchad, Darfour, Centrafrique Quelle politique pour la France ?


QUE SE PASSE-T-IL  AU TCHAD ? AU DARFOUR ?


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Le ministre de la défense, Hervé Morin, rend visite aux militaires français au Tchad, le 6 février 2008, à N'Djamena.


Après les  évenements de février 2008 au Tchad (entrée des rebelles à Ndjamena, coopération militaire française, arrestation de personnalités de l’opposition), quels sont les enjeux politiques, économiques et militaires dans cette région ? L’EUFOR représente-t-elle un espoir pour le Darfour ? Comment la France, qui prétendait vouloir la « rupture », qui souhaitait « en finir avec la françafrique » peut-elle soutenir toujours et encore la dictature d’Idriss Déby ?


avec Vincent Munié Journaliste, enquêteur pour plusieurs ONG notamment en Centrafrique et au Tchad. et Oumar Mahamat Dahab, président de l’association des Tchadiens de Midi Pyrénées (qui parle ici en son nom personnel)

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L'affaire Zongo, un scandale africain enlisé depuis dix ans

13 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.


L'affaire Zongo, un scandale africain enlisé depuis dix ans




Norbert Zongo (DR)Il enquêtait sur la mort mystérieuse du chauffeur de François Compaoré, frère du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré. Le 13 décembre 1998, le journaliste burkinabé Norbert Zongo était assassiné avec trois autres personnes. L'enquête sur la mort du fondateur de l'hebdomadaire L'Indépendant s'est terminée par un non-lieu délivré en 2006, malgré le tollé qu'elle avait provoqué en Afrique et dans le reste du monde la mobilisation incessante depuis.

Partenaire de Rue89, L'Observateur Paalga revient sur les "dix si longues années" qui ont suivi la mort de Zongo et des "trois autres occupants d'infortune de la 4X4 qui les conduisait", "carbonisés [...] dans des conditions cannibalesques":

 


"On cherche vainement un précédent dans les annales du crime dans notre pays [...] Rarement, de mémoire de journaliste, notre pays aura été plongé dans une crise que tous les superlatifs ne suffisent pas à qualifier.[...]

Capture du site de L'Observateur Paalga (DR).

Quelques jours après ce quadruple assassinat de Sapouy, on se souvient encore qu’une Commission d’enquête indépendante (CEI) avait été instituée, et qui avait conclu que cette mise à mort brutale et atroce était motivée par les activités professionnelles de Norbert Zongo, et particulièrement par l’affaire David Ouédraogo, dont notre confrère avait fait sa manette rédactionnelle."

Une commission d'enquête, "première sur le continent", non suivie d'effets


Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, était mort torturé. Le frère du Président a été brièvement inculpé pour ce crime, avant que le tribunal n'abandonne les poursuites.

Capture du site norbertzongo10ans (DR).

Après la mort de Zongo, des manifestations s'organisent au Burkina et dans des pays voisins. Blaise Compaoré est contraint de créer la CEI, "une première sur le continent", à laquelle participe notamment Robert Ménard, alors secrétaire général de Reporters sans frontières. Le 7 mai 1999, la commission rend ses conclusions au Premier ministre. Le blog "Norbert Zongo 10 ans" en en rappelle les suites, plutôt décevantes:

"Mise en place suite au mécontentement populaire, elle a conclu, après avoir auditionné plus de deux cents personnes, que “concernant les mobiles de ce quadruple meurtre (...), il faut les chercher du côté des enquêtes menées depuis des années par le journaliste, et notamment sur ses récentes investigations concernant la mort de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, conseiller à la présidence” et frère du chef de l’Etat.

Le rapport donnait également les noms de six “sérieux suspects” dans cette affaire, tous membres du Régiment de la sécurité présidentielle. Seul l’un d’entre eux, Marcel Kafando, a été inculpé en 2001 “d’incendie volontaire” et “assassinat”. Egalement condamné en 2000 pour avoir “séquestré et torturé à mort” David Ouédraogo, le sergent Kafando a pourtant passé pendant toutes ces années, des jours tranquilles à son domicile de la capitale, percevant toujours sa solde de militaire."

"Au bord de la chute" en 1998, le régime s'est "refait une santé"

Capture du site de San Finna (DR).

Dans l'article qu'il consacre à "l'enterrement du dossier Norbert Zongo", l'hebdomadaire San Finna remarque que "si le régime ébranlé, au début, a été au bord de sa chute, il a pu depuis se refaire une santé, en raison certes de ses capacités de résistance propres mais aussi à cause des égoïsmes et du manque d’anticipation des acteurs politiques et de la société civile":

"[C'est] la raison du plus fort. Il n’est que de citer les lenteurs excessives de procédure, la cascade des disparitions des suspects sérieux, les décisions de justice autoritaires de non-lieu."

La rédaction de l'hebdomadaire salue les initiatives visant à faire pression sur le pouvoir burkinabé pour qu'il rouvre l'enquête, comme la pétition internationale, mais semble plutôt pessimiste:

"C’est bien qu’il y ait des actions multiformes mais ce n’est pas assez; tant qu’il n’y aura pas de consensus, de dépassement de soi, on n’aura pas ce qu’on veut: la vérité et la justice."

"La résolution du dossier implique la chute du régime"


Sur le blog Norbert Zongo 10 ans, un internaute, Zedy, regrette qu'on n'en connaisse pas plus sur la vie du journaliste:

"Il faut des dates pour montrer combien [son] parcours était labourieux, patient, persévérant et assez instructif pour les jeunes d'aujourd'hui! Nous savons beaucoup plus de l'américain Obama que du burkinabé Norbert Zongo! Ce n'est pas normal!"

Pour un autre internaute, Tenkougri, qui commente l'article de L'Observateur Paalga, "ce dossier clair a été embrouillé a dessein car sa résolution implique la chute du régime et le départ de beaucoup de “puissants”.


La France complice de l'enlisement du dossier?


Le blog Basta, publié en France par "l'alliance zapatiste de libération sociale", relaie un appel signé par plusieurs organisations africaines et françaises. Pour elles, la France est complice de l'enlisement de l'affaire Zongo:

"Forts du soutien que vient de leur renouveler la France à l’occasion de leurs récents séjours en France, Blaise Compaoré et son Premier ministre sont repartis rassérénés et encore plus déterminés à poursuivre leur gestion liberticide du pouvoir au Burkina Faso. C’est pourquoi, nos organisations, déterminées à amplifier leurs actions de solidarité avec le peuple burkinabé, appellent leurs militants et l’opinion démocratique à manifester dans l’unité leur dénonciation du soutien multiforme qu’apportent Nicolas Sarkozy et le réseau françafricain au régime criminel de Blaise Compaoré [...]"

Ces organisations appelaient ce samedi à un rassemblement devant l'ambassade du Burkina Faso à Paris. Une vingtaine de personnes se sont déplacées.

Parmi les nombreux hommages rendus depuis dix ans à Norbert Zongo, on peut citer celui de la star ivoirienne du reggae Tiken Jah Fakoly, qui place Zongo parmi les "martyrs" du continent:


"Ils ont oublié Norbert Zongo", chante Fakoly en désignant les gouvernants africains. Au Burkina, ses confrères pensent encore à lui. Depuis janvier 1999, à Ouagadougou, une lampe à pétrole brûle sans cesse devant le centre national de presse Norbert-Zongo. "Jusqu'au jour où la lumière judiciaire sera faite" sur cette affaire, rappelle l'Observateur.


Photo : Norbert Zongo (DR)

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Nicolas Sarkozy : La Françafrique décomplexée, S. Foutoyet Edition Tribord

13 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Ouvrages, dossiers, essais et romans...

Publication. "Nicolas Sarkozy : La Françafrique décomplexée" de Samuël Foutoyet   lundi 15 décembre 2008



préfacé par Odile Tobner.

Edition Tribord, 160 pages, 4,5 €


Pendant la campagne des élections présidentielles en 2007, le candidat Nicolas Sarkozy a multiplié les annonces de rupture avec la politique africaine de ses prédécesseurs, dénonçant le soutien aux dictatures, la diplomatie secrète, le clientélisme, ou encore les détournements de l’aide au développement, bref la « Françafrique ».


Pourtant, au regard des actes posés depuis sa prise de fonction à l’Elysée, le président français n’a pas tenu ses promesses : perpétuation de relations clientélistes, discours essentialiste de Dakar sur l’ « homme africain », soutien à des dictateurs (Bongo, Khadafi…), défense de l’affairisme français (Bolloré, Bouygues…), intervention militaire au Tchad, rôle joué par certains émissaires officieux (Bourgi, Balkany…), la politique africaine de Nicolas Sarkozy s’inscrit plus dans une continuité que dans une rupture. Elle est une perpétuation de la politique néocoloniale que chaque président français a poursuivit depuis les « indépendances » africaines.


C’est ce que montre ce livre en examinant les évènements les plus marquants du début de quinquennat de Nicolas Sarkozy. Se basant sur des informations et des faits avérés, ce livre propose également un rapide retour en arrière sur les grandes lignes de la politique française en Afrique depuis 1958.


Au-delà de la simple dénonciation, il s’agit pour Survie d’informer les citoyens français et de susciter une réforme de la politique de la France en Afrique.


Sommaire :


- Introduction : Le temps des promesses
- 1/ Depuis 1958, la Françafrique
- 2/ Dans le sillage de Charles Pasqua
- 3/ Des dictateurs à l’Élysée
- 4/ L’insulte de Dakar
- 5/ France-à-fric
- 6/ L’Afrique sous contrôle
- 7/ Ouvertures ?
- Conclusion : Pour en finir avec la Françafrique


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"Madagascar 1947" : censure d’Etat pour une pièce de théâtre

12 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

13 décembre 2008

Censure 47

47 de Raharimanana / mise en scène Thierry Bedard / notoire de l'étranger(s)

Lettre au Ministre des Affaires Étrangères


Objet :
spectacle 47 / Raharimanana / mise en scène Thierry Bedard
créé le 19 septembre 2008
au Centre Culturel Français Albert Camus / Antananarivo / Madagascar
présenté le 26 septembre 2008
au Festival des Francophonies en Limousin, puis en tournée en France.


Le 15 novembre 2008

à Monsieur Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères et Européennes,


En septembre dernier, une équipe française et malgache a créé un spectacle intitulé 47, qui traite de l’insurrection malgache contre la colonisation française. Un spectacle qui “nous interroge sur les rapports entre colonisés et colonisateur, entre pouvoir actuel et passé, sur le silence de part et d’autre, sur l’écriture de l’histoire par le Nord et la nécessité d’interroger cette histoire par le Sud”.

Un spectacle, comme l’ont souligné tous les critiques, qui ne présente aucun manichéisme, et traite avant tout du silence effroyable qui pèse sur cette tragédie oubliée. Que ce travail soit porté par des français et des malgaches, amène un "sensible" qui a bouleversé les spectateurs aussi bien à Antananarivo qu'en Métropole …

Le 5 novembre 2008, à Addis Abeba, a eu lieu une Réunion régionale annuelle de programmation culturelle et artistique pour la zone de "l’Afrique Australe Orientale et de Océan Indien", qui a succédé à une réunion présidée par la Directrice générale de la DgCID, Mme Anne Gazeau-Secret, réunissant les conseillers de coopération et certains directeurs de CCF et Alliances françaises, ainsi que des représentants de l'Etat (Ministère de la Culture) à Mayotte et à La Réunion. 

A la demande de la “direction politique” (?) de la DgCID, le spectacle 47, soutenu dès l’origine par Culturesfrance, et ayant reçu un avis favorable pour une tournée dans l’Océan Indien, a été retiré des propositions de programmation.

Nous souhaiterions donc urgemment connaître les raisons qui ont justifié ce retrait inacceptable.

A Madagascar, une grande partie de la "société civile", nous a rendu hommage, et l'ensemble des historiens (en particulier des jeunes historiens) proches de Lucile Rabearimanana, cette grande historienne spécialiste de l'histoire contemporaine, était en accord avec notre démarche. Cette personne était présente aux deux représentations et a organisé une rencontre à l'Université. Elle a dit publiquement l'importance de l'accord entre des artistes et des scientifiques - c'est rare -, car notre travail traitait avec justesse de ce rapport complexe entre la mémoire et l'Histoire. Et en particulier, de l’Histoire de France. Il nous semble que le texte travaillé, d’après Madagascar 1947 publié en 2007, est "en ordre" sur cette question. Une question de plus en plus “lourde” en France ...

Un sujet qui a immédiatement rencontré un public important en Métropole, un sujet qu’il nous semble absolument nécessaire de “porter”, dans les Centres Culturels Français.

Nous aimerions donc connaître votre sentiment – c’est certainement le bon terme -, et votre position sur ce sujet.

Est-il impossible de revenir sur l’histoire commune, en ce cas, de nos deux pays ? Tel que l’avait en particulier proposé le Président de la République Jacques Chirac, en 2005. Soixante ans après un drame qui a fait des dizaines de milliers de victimes, pour la plupart civiles. Drame qui a une portée en Afrique, comme vous le savez, très importante.

Est-il impossible de présenter notre travail, exemplaire, sous la responsabilité “morale” du Ministère des Affaires Etrangères ?

Ou, plus benoîtement, est-ce que la “question culturelle” est encore une question importante au sein de votre Ministère ?

Dans le cas de notre démarche, nous souhaitons insister encore une fois sur le caractère de cette rencontre entre des artistes malgaches et français, qui n’hésitent pas à se confronter à leur histoire commune aussi violente soit elle. Ce que de nombreux artistes et intellectuels des deux continents énoncent actuellement comme nécessaire, sans parler de l’urgence de telles rencontres …

Nous ressentons donc évidemment l’interdit de présenter notre travail comme une “Censure d’Etat”. Rare et incompréhensible. Censure contre laquelle nous sommes près à nous opposer.

En attente de votre réponse, Monsieur le Ministre, veuillez agréer l’expression de nos salutations distinguées.


Jean Luc Raharimanana, écrivain,
Thierry Bedard, metteur en scène, et toute l’équipe du spectacle 47,
Jutta Hepke, Éditions Vents d’ailleurs.

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L’UNICEF ne doit pas cautionner le pillage de l’Afrique !

10 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

mardi, 9 décembre 2008

L’UNICEF ne doit pas cautionner le pillage de l’Afrique !



Le 24 octobre dernier, l’UNICEF-France a signé un partenariat avec la Compagnie Fruitière, autour du slogan « 1 kilo de fruits acheté = 1 sourire pour un enfant en Afrique ». Il s’agit en effet pour cette grande entreprise de reverser, pour chaque kilogramme de fruits vendu en France, 2 centimes d’euros à l’UNICEF pour financer des actions, notamment en faveur de la scolarisation des filles au Sénégal. En échange l’UNICEF autorise la Compagnie Fruitière, grande entreprise d’importation de fruits tropicaux (bananes, mangues, ananas, etc…), à communiquer largement sur ce partenariat, en utilisant notamment le logo du Fonds des nations unies pour l’enfance.


Nous pourrions nous réjouir de ces fonds supplémentaires pour financer l’action de l’UNICEF en faveur des enfants africains. Mais le poids politique de ce partenariat doit se mesurer à la lueur des conditions sociales et environnementales de production dans les plantations de la Compagnie Fruitière ou de ses filiales comme la PHP :


• ouvriers agricoles sous-payés (exemple : 25 000 F CFA au Cameroun, soit moins de 38€/mois, jusqu’aux émeutes de février dernier)


• conditions de travail inacceptables et discipline de fer (Mgr Christian Tumi, archevêque de Douala, témoigne : « les droits fondamentaux des gens ne sont pas respectés » )


• recours à l’appareil répressif local pour étouffer les revendications de la société civile (exemple : emprisonnement du maire de Njombe Penja, au Cameroun, qui avait averti les autorités que « les sociétés [dont PHP] ne payaient pas d’impôts ni de taxes depuis trente ans » , n’acceptant pas que sa commune continue à être « une zone très riche avec des populations très pauvres » )


• pratiques agricoles au mépris de l’environnement local et de la santé des travailleurs (exemple : dans les plantations de Côte d’Ivoire, emploi d’un pesticide hautement toxique, le DBCP, interdit aux USA)


« nous ne sommes pas des esclaves ! »

Hélas les exemples ne manquent pas et il nous serait impossible de les énumérer tous ici.


Pour ces différentes raisons nous pensons que la Compagnie Fruitière porte le plus souvent une lourde responsabilité dans le fait que des enfants africains aient « perdu le sourire » . Pour mémoire, rappelons que la jeunesse camerounaise s’en est prise, lors des « émeutes de la misère » de février dernier, aux sociétés françaises dont la PHP, au cri de « nous ne sommes pas des esclaves ! » .


Le partenariat signé avec cette institution permet donc à la Compagnie Fruitière non seulement de dissimuler cette terrible réalité, mais également de délivrer une publicité quasi-mensongère à faible coût. En effet, les dons qu’elle effectue pour cette action, contrepartie à l’utilisation de la notoriété et du logo de l’UNICEF, sont fiscalement déductibles pour l’entreprise.


Nous demandons donc à l’UNICEF de renoncer urgemment à ce partenariat et de le dénoncer par voie de presse, afin de ne pas cautionner davantage ce scandale. La direction pouvait ne pas en avoir conscience lors de sa signature, mais aujourd’hui elle sait ; nous demandons donc qu’elle agisse.


Note : Pour soutenir cette action, rendez-vous sur le site Internet cyber@cteurs, pour envoyer un courrier type à l’UNICEF.
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