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Survie Midi Pyrénées

Les raisons de la colère contre le président de Madagascar

31 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

31/01/2009 RUE 89

Tribune à Jean-Luc Raharimanana | Ecrivain |


Les raisons de la colère contre le président de Madagascar

Manifestation à Antananarivo de partisans du maire de la ville, Andry Rajoelina, le 28 janvier (Rasoanaivo Clarel Fanir/Reuters)


 


Suspendu aux nouvelles, voici qu’un ami résident aux Etats-Unis m’envoie un message: "Qu'est-ce qui se passe à Madagascar? Je croyais Marc Ravalomanana très populaire, et je ne comprends pas trop ce qui se passe." Cet étonnement résume parfaitement la situation, au moment où le maire de la capitale, Andry Rajoelina, se proclame nouveau dirigeant du pays.


Les médias avaient laissé Madagascar en 2002 à l’aube d’une ère nouvelle, démocrate bien évidemment, bien décidéà sortir la tête de sous l’eau du sous-développement. En 2002 donc, un peuple s’était levé pour renverser l’amiral sans flotte Didier Ratsiraka (vingt-trois ans au pouvoir en tout) et l’envoyer sans façon dans la banlieue misérable de Neuilly-sur-Seine.


L’histoire était belle, un petit laitier, pratiquement illettré, fils de pauvres paysans, avait bâti sa propre fabrique de yaourts, et, à force de travail et d’acharnement forgé un empire agroalimentaire, Tiko, avant de gagner, par les élections s’il vous plait, la Mairie d’Antananarivo, la "Ville des milles".


Un an après la mairie, il avait ravi la présidence de la République, et ce, grâce toujours à la force de sa volonté, à sa soif de réussite et de liberté. Il lui avait fallu pour cela entraîner tout le peuple malgache dans la révolte, contre des élections truquées et un deuxième tour joué d’avance en faveur de son adversaire, tenir des meetings contre la dictature, entretenir une révolution pacifique sur la place hautement symbolique du 13 mai, là où la première République néocoloniale était tombée en 1972, là où en 1991, Didier Ratsiraka était tombé pour la première fois avant de revenir en 1997.


Il lui avait fallu prendre les armes -une première dans l’histoire malgache-, pour conquérir complètement toute l’île. Le monde pensait qu’enfin, après tant de sang versé, 1947, 1972, 1991, Madagascar allait enfin connaître la paix et la prospérité. On ferma le ban.


L’île ne sera plus dorénavant qu’un dessin animé produit par Disney. "Madagascar 1". "Madagascar 2". Les enfants pensent même que les girafes, lions et autres hippopotames, personnages emblématiques du film, viennent de là, de cette île merveilleuse tenue par de joyeux macaques et lémuriens excentriques.

Même Amnesty International, très présent lors des troubles de 2002, la retirait des pays à observer prioritairement. Ravalomanana allait s’y engouffrer avec délectation.


Une justice aux ordres


Si les récentes images de pillages et d’émeutes ont surpris à l'étranger, il n’en va pas de même pour les Malgaches. Le feu couvait depuis la réélection de Ravalomanana en 2006, après une panne d’électricité bienvenue dans les locaux du ministère de l’Intérieur en plein décompte des voix…


Les émeutes étaient latentes, la situation était tendue: qui ne se souvient de la situation loufoque où un candidat à la présidentielle, Pierrot Rajaonarivelo, n’eut pas le droit de fouler le sol malgache? Mais également la constitution remaniée de manière à rendre impossible la candidature des métis.


On parla beaucoup de l’ivoirité de Bédié, mais le pur jus malgache est également disponible dans les rayons constitutionnels de nos tristes tropiques.


Car ce qui arrive aujourd’hui est bien le fait de Ravalomanana, l’homme en qui une très grande majorité de malgaches avaient placé leurs espoirs, l’homme qui, ayant su bâtir son empire commercial, ne pouvait que réussir à la tête du pays. Mais Ravalomanana a raté l’occasion de devenir un grand homme.


Une complicité des bailleurs


La France, comme les autres bailleurs de fonds, ne sont pas dupes de la nature dictatoriale du régime de Ravalomanana, mais le cynisme économique n’a que faire de ces questions, le FMI comme la Banque Mondiale misent sur lui pour garantir un pouvoir "stable" et "cohérent", afin que le commerce et les investissements se déroulent dans un "climat et un environnement favorables".


Ces pays, institutions et entreprises internationaux en sont pour leurs frais ces derniers jours…

Si les émeutiers de ces derniers jours s’en sont pris en premier lieu aux biens et entreprises liés à Ravalomanana, ce n’est guère étonnant. Si les zones franches et centres commerciaux sont pris pour cibles, ce n’est guère étonnant.


Un nombre important d’internautes crient au suicide économique par ces pillages systématiques, il est vrai que Madagascar y va tout droit maintenant. Mais est-ce bien surprenant quand les politiques présentent la pauvreté comme un atout économique à préserver, le moindre coût de la main d’œuvre, l’absence de protection sociale qui rend la vie facile aux zones franches (qu’on appelle vu d'Europe les entreprises délocalisées)?


Est-ce bien surprenant quand ces mêmes politiques arguant d’un investissement à long terme promet à la location 1.300.000 ha, la moitié des terres cultivables du pays, pour une entreprise privée, le sud-coréen Daewoo, pour une culture de maïs transgénique, toute destinée à la population coréenne?

Est-ce bien surprenant quant les pillages des ressources minières se font au grand jour?


Le partenariat privé/public, un empire économique


Populaire avant son accession au pouvoir par sa réussite économique, Ravalomanana n’a pas mis longtemps à confondre ses affaires avec celles de l’Etat. L’innocence des Malgaches n’a d’égal que leur soif de liberté et de vie meilleure, à tel point que lorsque Ravalomanana leur a lancé son slogan "minoa fotsiny" -"croyez seulement"-, ils n’y ont vu qu’une parole messianique qui allait les sortir de cet enfer de la pauvreté, un peu comme le "travailler plus pour gagner plus"...


Dès les premiers mois de son mandat, Ravalomanana a mis en place son pouvoir autocratique afin d’étendre son empire économique. Neutralisation de ses amis politiques et diabolisation systématique de ses adversaires.


La terreur instaurée au sein même du gouvernement permet d’écarter toute fuite d’information et toute rébellion contre le système mis en place. Ainsi de la politique du partenariat privé/public, inspiré que du nom du Blairisme, le discours tenu se résumant au fait que le privé et le public doivent travailler la main dans la main pour développer ensemble le pays, toutes les ressources vives de la nation devant contribuer à cet objectif louable de lutte contre la pauvreté.


Il s’agit en réalité d’une fusion du privé et du public, le privé étant dans ce sens les entreprises du Président, de sa famille et de ses amis. Le groupe TIKO se diversifie alors d’une manière impressionnante, ne se cantonnant plus à l’agro-alimentaire. Pratiquement tous les appels d’offre passés par l’Etat Malgache tombent dans l’escarcelle de TIKO Group qui s’étend maintenant dans tous les domaines économiques, de la cimenterie à la riziculture, de la construction au tourisme, de l’abattoir à la limonaderie…


Ainsi, faute d’atteindre Iavoloha, le palais présidentiel, les émeutiers ont rendu cendre l’auditorium de MAGRO (Madagascar Grossiste), entreprise capitale de Ravalomanana qui distribue les denrées alimentaires dans pratiquement tous les coins de l’île.


L’affaire Daewoo


Le coup de force d’Andry Rajoelina d’inaugurer une "place du la démocratie", le 17 janvier 2009, répond à une interdiction de fait. Le défi de la population d’Antananarivo à Ravalomanana est là, celui d’avoir élu un "gamin" de 34 ans à la Mairie de la ville, celui d’avoir répondu à son appel à manifester Place du 13 mai la semaine d’après, le 24 janvier, début de l’escalade.


Car la folie de Ravalomanana est montée d’un cran depuis juillet 2008, période où il a signé la cession des terres malgaches aux coréens de Daewoo. Ce qu’il faut savoir, c’est que Ravalomanana a modifié en profondeur le rapport aux propriétés foncières de l’île.


La location du million trois cent mille hectares à Daewoo intervient ainsi dans un contexte tendu que la création du ministère de la Réforme foncière, des Domaines et de l’Aménagement du Territoire n’a fait qu’aviver…


Pour les Malgaches tenant à la "terre des ancêtres", cette cession aux Coréens est une trahison irréversible du sacré, d’autant plus que Ravalomanana a caché l’affaire à la population, et il aura fallu que le Financial Times vende la mèche. Malgré le démenti gouvernemental et de Daewoo, l’affaire ne passe pas auprès de l’opinion publique, d’autant plus que de grandes quantités de terrain sont déjà cédées dans les régions concernées.


Dans ce climat de confrontation, le 17 janvier donc, le maire inaugure la place de la Démocratie, appelle la population à entamer une grève générale dès le 24 janvier. Il pense refaire le coup de 2002, mais n’a pas assez pesé la situation. Les symboles de l’injustice sont trop nombreuses dans la rue, les étiquettes Tiko sont partout. La population n’attendait qu’un signe pour casser ces symboles et pour se servir enfin…


Lundi et mardi noirs


L’armée refusant d’obéir à Ravalomanana laissa les pilleurs faire leurs boulots pendant deux jours et une nuit. Ce n’est que la nuit du mardi qu’en accord avec le Maire Andry Rajoelina dépassé par les événements qu’elle accepta d’intervenir. Est-ce le signe que Ravalomanana ne dispose plus de la confiance de toute l’armée ? Les deux camps revendiquent en tout cas le mérite d’avoir fait « agir » l’armée.


Se posant comme un potentiel président de la République, Andry Rajoelina réclame aujourd’hui un gouvernement de transition et exige d’être à sa tête, démocratie? Sans programme, sans proposition, sans véritable parti politique, n’est-il seulement porté par une ambition personnelle en accord avec son parcours étrangement semblable à celui de son adversaire Ravalomanana?


Et qu’en pense la majorité de la population? Ces derniers jours terribles ressemblent plus à une émeute de la faim d’une population poussée à bout et à un refus de la politique dictatoriale de Ravalomanana qu’à un plébiscite franc à un programme politique précise.


Entre un ultralibéralisme sans contrôle et un désir exacerbé de sortir de la misère, Madagascar se trouve à un tournant – encore une fois de son histoire. Tenu sans scrupule par un réel autocrate, l’île a cette tentation de confier une fois encore son destin à un homme providentiel, Andry Rajoelina s’efforçant d’endosser cette tenue.


Ce drame se déroulant dans le silence coupable de la communauté internationale me semble pourtant être un miroir terrible de notre époque, entre crise alimentaire des peuples et voracité des spéculateurs, entre crise idéologique et collusion du politique et du patronat, l’exemple malgache ne peut que faire réfléchir, même dans ces pays de l’opulence et du progrès, ces pays du chômage et du licenciement, ces pays de la crise financière et de la relance…


Vivant en France depuis plus de quinze ans, exilé me qualifie-t-on souvent comme écrivain, immigré à coup sûr, sans papiers au faciès, originaire d’un pays pauvre, je ne me suis jamais senti autant chez moi que ces derniers temps de casse sociale et de surenchère politique…


A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
"Madagascar 1947" : censure d’Etat pour une pièce de théâtre

Ailleurs sur le Web
Plate-forme de l’opposition: Demande d’une nouvelle République, sur Madagascar-Tribune.com
Une interview du maire d'Antananarivo à son élection, sur Sobika.com

Photo: manifestation à Antananarivo de partisans du maire de la ville, Andry Rajoelina, le 28 janvier (Rasoanaivo Clarel Fanir/Reuters).

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La France et le génocide au Rwanda. Le rapport Poncet, ou la volonté de cacher la réalité.

29 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Jeudi 29 Janvier


La France et le génocide au Rwanda. Le rapport Poncet, ou la volonté de cacher la réalité.


Survie a décidé de mettre en ligne sur son site ci-dessous le rapport du colonel Poncet rendant compte de l’opération Amaryllis, opération d’évacuation des ressortissants étrangers au début du génocide au Rwanda en avril 1994.


Dans ce rapport, le colonel Poncet rend compte du souci de l’armée « de ne pas leur montrer [aux médias présents sur place] des soldats français limitant l’accès aux centres de regroupement aux seuls étrangers […] ou n’intervenant pas pour faire cesser des massacres dont ils étaient les témoins proches ».


Ce rapport, qui se trouvait depuis un an sur le site de la Commission d’Enquête Citoyenne (CEC) en a été retiré sur l’injonction de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) qui regroupe l’ancienne DST (Direction de surveillance du territoire) et les anciens RG (Renseignements généraux).


Quinze ans après les faits, et alors que l’histoire de cette période est l’objet de controverses, l’accès aux documents d’archives est essentiel pour en éclairer véritablement les circonstances. Mettre obstacle à l’information sur ce sujet fait peser le soupçon de dissimulation de certains éléments utiles à la manifestation de la vérité.


Les documents peuvent être interprétés diversement par diverses personnes. Pour que les citoyens puissent se faire une opinion librement, il est important qu’ils aient accès à ces documents. Nous agissons donc en faveur de la liberté de recherche et d’information.


 

Lien direct (à copier-coller dans votre barre d’adresse) pour télécharger le document (6 pages dont seulement 2 de texte) :
http://survie.org/cr-amaryllis-270494.pdf

Lien (à copier-coller dans votre barre d’adresse) vers la page du site national de Survie :
http://survie.org/La-France-et-le-genocide-au-Rwanda.html

 

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Emeutes sociales de Kédougou (Sénégal), appel...

28 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

30 Janvier 2009


Le 23 décembre 2008, environ 2000 jeunes de Kédougou (région du sud-est du Sénégal), soutenus par l’immense majorité des 25 000 habitants, ont manifesté dans les rues contre la pauvreté, la spoliation des terres, pour l’emploi dans les mines d’or de Sabodala, pour la transparence du fonds social minier qui gère des milliards de francs CFA mais incapable de payer régulièrement le loyer de l’immeuble habité par les étudiants de Kédougou à Dakar. Ce fonds, alimenté par les compagnies minières (Arcelor Mittal, Oromin, LTD) opérant dans la région, est géré dans l’opacité totale par l’Etat alors qu’il est destiné à soutenir le développement des localités proches des zones d’exploitation aurifères et à la prise en charge sociale des étudiants.


La répression de la manifestation par l’armée a fait trois morts et de nombreux blessés. En réaction, les manifestants ont saccagé et incendié des locaux administratifs.
Les renforts de police et de gendarmes mobiles ont procédé à l’arrestation de 30 personnes considérées comme les instigatrices du mouvement.
Des aveux ont été arrachés par la torture et la violence.
Le 9 janvier 2009, le tribunal régional de Tambacounda a condamné 18 jeunes à des peines de 10 ans, 7 ans et 5 ans. Le lendemain, une dix neuvième personne a été arrêtée.
La lourdeur des sanctions traduit la volonté du gouvernement de criminaliser un mouvement qui est une révolte sociale contre l’injustice et la pauvreté, vécues par toute une région, pourtant, l’une des plus riches du Sénégal, par ses potentialités agricoles et minières.


Ce sont des étudiants pour la plupart dont une jeune fille en licence de sciences économiques, qui ont été condamnés pour avoir participé à une manifestation qui se voulait pacifique. Mais le refus des autorités administratives de légaliser la marche ainsi que le meurtre par balles de l’armée du jeune Sina SIDIBE ont conduit aux violences contre les biens de l’Etat.


Il importe aujourd’hui de tourner la page des événements douloureux pour ouvrir un dialogue constructif entre tous les acteurs du développement local, autour des préoccupations des populations de la région de Kédougou.

Dans cette perspective, nous, collectifs des Kédovins de France et d’Espagne, appelons les autorités de notre pays à libérer les 19 détenus de Tambacounda.
Nous invitons tous les militants des droits de l’homme et de la paix à agir pour obtenir la libération de ces jeunes.



Contact:collectifkedovinsdefrance@gmail.com
Blog :http://kedovinsdefrance.over-blog.com
Site : http://www.kedougounews.com
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Emeutes à Kédougou (Sénégal), tribune à l'association Coeur métis

22 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Mardi 20 Janvier 2009


Tribune à Muriel Biton,

Vice-présidente de l'association Cœurs Métis en France et fondatrice du GIE KEUR METIS à Kédougou.

Les émeutes de Kédougou (sénégal)


Kédougou, petite ville du bout du goudron dans le Sénégal Oriental, à 750 km de Dakar, 30 km de la Guinée et 80 km du Mali. Ville carrefour et cosmopolite (Peuls, Malinkés, Dialonkés, Bassaris, Bedicks... nouvellement Wolofs, Sérères, Diolas, Maures...), zone riche en minerais (or, marbre, fer...) Érigée en Région depuis 2008 alors que jusque-là, elle n'était qu'un département de la région de Tambacounda où il y avait le bagne !



L'arrivée depuis quelques années des sociétés minières, donne beaucoup d'espoir aux habitants de la zone, mais les retombées sociales sont ridicules: énormes problèmes d'eau en saison sèche (50° pendant 4 mois), et peu d'évolution dans les domaines de la santé, l'éducation et l'emploi. Les tensions montent, les étudiants demandent à organiser une manifestation pacifique pour exprimer leur mécontentement, elle leur est refusée trois fois. C'est donc sans encadrement qu'ils manifestent le 23 décembre dernier et que suite à la mort du jeune Sina Sidibé (tué d'une balle dans la tête par les militaires), le drame se produit : trois morts, de nombreux blessés, la disparition d'armes et des dégradations matérielles considérables. S'en suit une chasse aux sorcières, 44 personnes arrêtées, 21 personnes jugées le 9 janvier 09, condamnées à des peines allant de 5, 7 à 10 ans de prison ferme.


Voilà le contexte, ce qu'a été l'évènement du 23 décembre et les conséquences dramatiques, dans une région où les problèmes ne font que commencer, puisque les tensions ne sont justement pas retombées suite à ce procès injuste et arbitraire.


Les étudiants de Kédougou expriment très bien leurs revendications dans la lettre adressée au président Mr Wade. Après avoir essuyé trois refus des autorités pour organiser cette manifestation, ils l'ont quand même faite.

La lettre des étudiants écrite au président de la république : http://www.kedougounews.com/voir_news.php?id_news=105

 



Condamné à 10 ans de prison ferme suite aux événements de Kédougou !

Mais qui a peur d'Ithiar Paulin Boubane ?



Comment un étudiant sénégalais, pacifiste, visionnaire, acteur bénévole du développement pour le Sénégal Oriental a-t-il pu être condamné à 10 ans de prison ferme ?


L'histoire d'un étudiant généreux et ambitieux :

Ithiar Paulin Boubane (23 ans) est originaire de Egatch, dans la région de Kédougou. C'est un jeune de la brousse, une des ces brousses si éloignées de la capitale. Après un véritable parcours du combattant, il réussit brillamment ses études, empoche le bac à 18 ans, dans la ville de Kédougou, puis avec le soutien financier de sa communauté, part étudier à Dakar. Nouvelles études brillantes qui lui permettent d'intégrer en 2008 le Master Tourisme à la prestigieuse école supérieure IAM de Dakar. Car depuis le départ, Ithiar sait ce qu'il veut, étudier et apprendre pour retourner dans sa région et la développer. Il croit à un tourisme solidaire et écologique, qui bénéficierait d'abord aux populations, tout en préservant l'une des plus belles régions du Sénégal.


Mais ce n'est pas tout, conscient des difficultés paysannes et de scolarisation dans sa région, Ithiar Paulin Boubane s'est très tôt engagé bénévolement pour le développement du Sénégal Oriental :

- Depuis 4 ans, il participe à des actions utiles et solidaires dans les domaines de l'agriculture, de la scolarisation et du tourisme solidaire avec le GIE KEUR METIS à Kédougou. En 2008, il devient secrétaire du GIE KEUR METIS, et principal correspondant de l'association Cœurs Métis en France.

- Parallèlement, il crée et préside l'Association Nationale des Elèves et Etudiants Bassaris, l'ANEEB. Il s'agit d'une structure d'entraide et de relais pour le soutien scolaire et l'hébergement des élèves de brousse qui étudient à Kédougou, Tambacounda et Dakar.

Des projets utiles pour 2009

Cofinancer la fabrication de charrues pour encourager l'autosuffisance alimentaire, faciliter la scolarité de nombreux enfants en écoles de brousse et développer le tourisme solidaire en relation avec des partenaires français, tels sont les principaux objectifs des nombreux projets concrets que Ithiar Paulin Boubane comptait conduire en cette année 2009.



Une manifestation qui tourne mal

Décembre 2008, Ithiar Paulin Boubane revient à Kédougou pour passer les vacances de fin d'année en famille, et organiser ses actions avec le GIE KEUR METIS. Il retrouve ses amis et frères les étudiants de Kédougou, et d'autres jeunes, plus ou moins en galère, et dont l'avenir est incertain : ils se demandent en effet « Comment rester dans notre région natale si l'on n'y trouve pas d'emploi ? La migration vers Dakar d'abord puis l'émigration sur les pirogues ensuite sont-elles une fatalité ? Pourquoi les promesses de nos gouvernants ne sont-elles jamais tenues ? Pourquoi les sociétés minières recrutent-elles en masse du personnel étranger et pas nous ? Nos sœurs sont tentées par la prostitution, nos pères par la corruption, nos terres sont bradées, nos valeurs bafouées...Nous devons nous faire entendre car nous avons des droits... » En tant que grand frère, Ithiar Paulin Boubane s'implique dans l'organisation de la manifestation pacifique du 23 décembre et il m'écrit : «(...)Suite à une marche que nous, étudiants de Kédougou, avons organisé pour revendiquer et dénoncer certains fléaux comme le chômage et la propagation du SIDA, nous avons été contraints par la brigade et les militaires ! (...) ». Oui ! La manifestation déborde, des coups de feu, des blessés et même un mort...


Victime de sa générosité et de son intégrité ?

Peu après, Ithiar Paulin Boubane est cueilli dans son village à 80 km de Kédougou, puis emprisonné à Tambacounda. Il a été jugé vendredi 9 janvier 2009 et condamné avec d'autres jeunes Kedovins à 10 ans de prison ferme !

C'est vrai que Ithiar Paulin Boubane aurait mieux fait de ne penser qu'à sa réussite personnelle et s'assurer sa place au soleil...C'est vrai que Ithiar Paulin Boubane aurait mieux fait d'abandonner sa misérable région et d'aller remplir les pirogues de la honte... C'est vrai aussi qu'il aurait dû faire de la politique politicienne, égoïste et corruptrice... NON ! Ithiar Paulin Boubane a choisi d'être solidaire de sa région et des siens. Il a des convictions profondes : étudier dans son pays pour rester libre de vivre chez lui, en toute dignité. Voilà probablement pourquoi il a été condamné à 10 ans fermes. Jeune homme intègre, doux et généreux, jeune homme épris de justice, juste un peu indigné par ce qui se passe dans sa région... Jeune homme qui manifeste et qui paie pour les autres, parce qu'un jeune homme qui réfléchit et qui s'investit dans le bien être de sa communauté, c'est un jeune homme dangereux...10 ans fermes !!!!!


« Lorsqu'il faut choisir entre liberté et érudition, qui ne dira que l'on doit mille fois préférer la première à la seconde ? ».


C'est sûrement cet adage de Gandhi qui aura valu 10 ans fermes à Ithiar Paulin Boubane.

Mais aujourd'hui, où sont les preuves que Ithiar Paulin Boubane a participé aux dégradations et aux vols d'armes commises à Kédougou suite à la mort du jeune Sidibé ? Aujourd'hui, comment maintenir l'espoir de plusieurs générations si on emprisonne aussi facilement ceux qui arrivent à mener tant bien que mal leurs études, ceux qui s'impliquent personnellement dans le développement social de leur région ? Comment ne pas craindre que cela continue, que le sentiment d'injustice l'emporte et que la situation ne s'aggrave ?


Il faut libérer immédiatement Ithiar Paulin Boubane, Fatim Ba, Issa Diallo, Aliou Monekhata et leurs amis. Tous ces jeunes leaders associatifs, d'Ong, d'amicales sont les forces vives du futur de la région de Kédougou, ils sont engagés pour leur avenir, celui de leurs communautés. Ils sont embastillés à cause de leurs engagements ! Mais qui a peur d'eux ??


Muriel Biton, mbcoeursmetis@yahoo.fr

Vice-présidente de l'association Cœurs Métis en France et fondatrice du GIE KEUR METIS à Kédougou http://www.cœurs-metis.org


Informations supplémentaires sur:

 kedougounews.com.

et le blog du collectif kédovins de France http://kedovinsdefrance.over-blog.com 

 

Et un article écrit par Gilles Labarthe,(auteur du Dossier Noir sur "l'or africain") qui s'était rendu à Kédougou l'an dernier, pour faire le point sur la situation des sociétés minières de Sabodala :

http://www.datas.ch/article.php?id=551


 

 

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Forum social toulousain, 24 janvier 2009

22 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

24 janvier 2009


Forum Social Toulousain - UTM Mirail


Survie Midi Pyrénées s'associe au collectif qui propose un forum social Toulousain le Samedi 24 Janvier à l'université du Mirail (Arche). Nous animerons, en compagnie de représentants d'ATTAC, de RESF, du CCFD, de la Cimade, du CRAN, et de personnes intéressées. l'atelier portant sur les migrations postcoloniales en France (à 10H00).


Présentation du forum:

La crise financière et bancaire qui a éclaté aux Etats-Unis en août 2007 trouve son origine dans un excès de profits au détriment d’une partie importante de la population qui s’est appauvrie. Elle s’est accompagnée d’une crise énergétique avec l’augmentation du prix du pétrole, d’une crise alimentaire résultant de la hausse des prix agricoles, d’une crise monétaire avec la chute du dollar, et finalement d’une crise économique avec un début de récession dans la plupart des pays développés.
PDF - 1.4 Mo
Programme du forum
Présentation de l'atelier du samedi 24 Janvier de 10H à 12H00

DES PONTS, PAS DES MURS!

LES MIGRATIONS POSTCOLONIALES EN FRANCE: CHASSES ICI, PILLES LA BAS!


Intervenants: Pierre GRENIER (Cimade/RESF), Fausto GIUDICE (SURVIE)
Modérateur: Patrice CUPERTY(ATTAC)


Nous proposons un atelier de construction d'un grand rendez-vous sur le thème des migrations post-coloniales d'ici la fin 2009. Les formes et le fond de cet évènement sont à discuter avec tous ceux qui sont intéressés à y participer. Pourquoi pas des débats, prises de parole, concerts, expositions, pièces de théâtre, lecture de textes... Nous y développerons notre réflexion sur la double hypocrisie suivante : comment la France refuse, chasse ou exploite les migrants d'un continent qu'elle contribue grandement à maintenir dans la misère.



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La Guinée en transition

18 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Paris, Françafrique - #2 la Guinée en transition


Au vu des récents événements en Guinée,  l'émission radio Paris Françafrique s’intéresse à ce pays méconnu : depuis son accès aux indépendances, et la période Sékou Touré, suivie d’une nouvelle période sombre sous le régne de Lansana Conté, qui s’achève dans une ambiance survoltée avec de nombreuses « révoltes de la misère » qui ne sont pas loin d’en finir avec ce régime. C’est finalement la mort qui a emporté le vieux Conté, et une nouvelle prise du pouvoir par les militaires, sous l’égide du CNDD et de son premier responsable, le jeune officier Moussa Dadis Camara.


Nous parlerons de ce pays en compagnie de nos invités : Abdoulaye Diallo, et S. Camara, deux guinéens du site guinee58.com, ainsi que d’un artiste guinéen : le « Général Prophet Gee », grand monsieur du hip-hop Guinéen (sous réserve de confirmation pour le moment).

Cette émission sera présentée et animée, entre autres, par Ardiouma Sirima, membre du CA de Survie, et président du Collectif de France Affaire Norbert Zongo (Cofanzo)

Au programme également : un entretien avec Raphael de Benito, rédacteur en chef de Billets d’Afrique et d’Ailleurs, qui présentera cette revue mensuelle de l’association Survie.

 

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Décès de jean carbonare, ancien président de Survie

18 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.


Décès de Jean Carbonare, ancien Président de Survie.


Bien chers amis, Jean nous a quittés hier soir [17 janvier 2009] dans son sommeil. Il était depuis dix jours à l'hôpital de Montélimar. Cette nuit, nous sommes allés le voir et il reposait sur son lit d'hôpital, paisible, les traits détendus, délivré, enfin apaisé. Lui, le grand voyageur, aspirait depuis quelque temps à ce dernier grand voyage et nous pouvons lui dire, comme le psaume 121 : « Oui, le Seigneur te gardera de ton départ à ton arrivée, dès maintenant et à jamais »


Marguerite Carbonare, ses enfants et ses petits enfants.

Militant des droits de l'Homme qui a présidé l’association Survie de 1988 à 1994, Jean Carbonare nous a quittés le 17 janvier.

"Nous pouvons-faire quelque chose" était son mot d'ordre. Il refusait la fatalité de la misère, la fatalité économique, la fatalité de la guerre, la fatalité de la mésentente. Il détestait les mensonges politiques.


Il est l'un des rares français à avoir tenté d'inverser la mécanique génocidaire au Rwanda plus d'un an avant son déclenchement. Son intervention au journal télévisé de Bruno Masure sur Antenne2 à 20h le 24 janvier 1993 a représenté un moment fort dans son engagement humaniste : http://www.dailymotion.com/video/x1ed31_rwanda-quand-survie-alertait-le-mon_events




"Quand on place un dollar en Afrique, il en revient trois chez nous" nous expliquait-il quand il était notre président avant 1994.


Ce chrétien engagé refusait qu'on se croise les bras. Il consacra toute sa vie à mener des projets de développement dans divers pays africains. Après le génocide des Tutsi au Rwanda, alors âgé de presque 70 ans, il avait mis ses compétences dans le développement en Afrique au service du Rwanda pour aider les Rwandais à reconstruire leur pays en travaillant sur des projets de coopération technique (notamment la construction de logements pour les veuves du génocide et la mise en production de zones marécageuses) que lui avait confié le Président Bizimungu. Pour lui c'était un engagement logique.


C'est à ce moment là qu'il quitta la présidence de Survie, en juillet 1994, démission actée à l'Assemblée Générale qui a fait suite (mars 1995). Vers 1996, il se retira dans son village du sud de la France, Dieulefit, où il vient de mourir à l'âge de 83 ans. C'est un grand acteur du développement qui s'éteint, un infatigable interpellateur des consciences citoyennes, un exemple citoyen.


Odile Biyidi

Association Survie
210, rue St Martin
75003 Paris
http://survie.org


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Emission radio campus sur les touaregs au Niger

13 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Samedi 17 janvier à 13h.


Emission radio sur Campus FM 94

Touaregs au Niger


Avec les témoignages de: François Bergeron (réalisateur indépendant : documentaires sur le groupe Désert Rebel entre autres), Moussa Tchangari (journaliste nigérien) et Issouf Ag Maha (Touareg nigérien) .


 

"Les pouvoirs publics pénalisent violemment toute tentative d’information par quelque média que ce soit. Les populations subissent continuellement des répressions sauvages. Elles sont dépossédées de leurs territoires ancestraux à cause de la présence d’uranium dans le sous-sol (pays 3° producteur mondial). L’exploitation de cet uranium par les grandes puissances et essentiellement par la France (AREVA) se fait au détriment des Touaregs et sans la moindre mesure de précaution sanitaire et environnementale."

 


Site de Radio Campus

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Billets d'Afrique et d'ailleurs - janvier 2009

9 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Billets d'Afrique et d'ailleurs

Nuages sur l'An Neuf
 

On change d’année dans un climat qui a rarement été aussi délétère. La crise financière, largement prévisible mais que personne n’avait prévue parmi ceux qui nous chantaient les louanges du libéralisme comme horizon indépassable du monde où nous vivons, la recrudescence des conflits sans issue, comme des plaies qui ne pourront jamais se fermer parce que trop d’intérêts et de rancoeurs les maintiennent ouvertes irrémédiablement, assombrissent nos pensées.


Il est très amer de constater que les grandes puissances, frappées dans leurs banques et leurs entreprises financières par le désastre engendré par les spéculations sans frein, voire les escroqueries de leurs héros traders, ne se sont pas vu imposer par le FMI et la Banque Mondiale des Plans d’Ajustements Structurels. Ces fameux plans avaient été sévèrement imposés aux pays sous-développés surendettés, avec les mesures drastiques qui ont étranglé leurs économies et jeté sur la route de l’exil des masses de miséreux, tout cela au nom de la saine gestion. La vertu prêchée par ces saintes institutions est à usage exclusivement des petits et des pauvres, comme on le sait depuis qu’il y a des religions. Celle de la finance ne fait pas exception à la règle.


L’ensemble de la dette des pays sous-développés est de 2800 milliards de dollars. Quand on éponge quelques centaines de millions par ci par là, cela fait l’objet de commentaires extasiés sur la « générosité » des créanciers mais les pays qui en bénéficient doivent en retour offrir à la privatisation les secteurs rentables de leurs services publics. En revanche les USA vont débourser sans barguigner 700 milliards de dollars et les autres pays développés ne seront pas en reste pour parer aux destructions de capitaux qui ruinent en cascade leurs économies. Mais, en contre-partie, il n’y a pas d’assainissement sévère de prévu, comme de supprimer les paradis fiscaux. Plutôt que de reconnaître et de purger les vices du système, on va tout faire pour le sauver avec ses tares, parce que ce système financier mondial n’est pas destiné à favoriser la prospérité de tous les Etats mais à garantir les privilèges exorbitants de quelques uns.


Les guerres, dont la spéculation financière se nourrit et qu’elle alimente ont donc de beaux jours devant elles. L’année 2008 a vu flamber des conflits latents et tout d’abord le plus sanglant d’entre eux, celui qui ne cesse de ravager l’Est du Congo. On a pu parler de guerre du Coltan pour ce conflit interminable dont l’aliment et l’enjeu sont l’exploitation de minerais hautement stratégiques car indispensables à l’industrie des outils de communication. En dix ans, quatre rapports de l’ONU ont dénoncé les acteurs de cette exploitation, sans aucun résultat. La population, soumise à la terreur, se jette sur les routes pour échapper aux travaux forcés, aux viols et aux massacres. Depuis trois mois quelque 250 000 personnes sont venues augmenter le nombre des personnes déplacées à l’intérieur de la RDC, promises à un sort misérable. L’impuissance des 17000 soldats de l’ONU (MONUC) présents en RDC à protéger les populations est un scandale supplémentaire.

Cette inefficacité est due à l’absence de volonté et de cohésion dans la direction des opérations. Elle révèle l’hypocrisie des puissances qui dominent l’ONU. Les décisions vertueuses prises en haut lieu restent lettre morte sur le terrain, où l’on ferme les yeux sur la réalité des trafics et des exactions. Les enfants du Congo continueront cette année à creuser des galeries sommaires, qui s’écrouleront parfois en les ensevelissant, ils remueront des tonnes de terre pour extraire quelques grammes du précieux métal et pour quelques sous. Au dessus d’eux toute une chaîne de spéculation fera se multiplier la richesse de ceux qui tiennent les armes et des multinationales qui négocient, transforment et utilisent cette matière première. La seule véritable urgence c’est de secourir les actions qui baissent.

Odile Tobner

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GABON Coup de filet contre les militants anti-corruption.

7 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

6 janvier 2009: Communiqué de Survie


GABON Coup de filet contre les militants anti-corruption. 


Omar Bongo le 13 mars 2008 à Dakar (Finbarr O'Reilly/Reuters)


L’association Survie, extrêmement préoccupée par la nouvelle de l’arrestation de plusieurs représentants d’organisations de la société civile gabonaise dénonçant la corruption du régime d’Omar Bongo, tient à condamner cette tentative d’intimidation à leur égard et appelle les autorités gabonaises à procéder à leur libération immédiate.


D’après les informations relayées en fin de semaine dernière par des organisations françaises et africaines, les forces de sécurité gabonaises ont arrêté le mercredi 31 décembre 2008 Grégory Gbwa Mintsa, plaignant gabonais dans l’affaire des biens mal acquis en France par des chefs d’Etat africains (dont Omar Bongo), Marc Ona Essangui, Président de l’ONG Brainforest et coordonnateur de la coalition Publiez ce que vous Payez Gabon (relais local de la campagne mondiale éponyme pour la transparence des industries extractives) ainsi que Georges Mpaga, président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG). Les bureaux de Publiez ce que vous Payez Gabon et de l’ONG Brainforest ont été saccagés et les ordinateurs de ces organisations saisis.


La veille, le mardi 30 décembre, Gaston Asseko, journaliste et directeur technique à Radio Sainte-Marie et Léon Dieudonné Koungou, du journal Tendance Gabon, avaient déjà été arrêtés suite à leur convocation au bureau des services de renseignements de l’armée gabonaise.


Bruno Ben Moubamba, porte parole des Acteurs Libres de la Société Civile Gabonaise, qui a publié le 8 décembre 2008 une lettre ouverte demandant des comptes au Président Bongo sur sa gestion financière du pays, serait quant à lui activement recherché par les autorités gabonaises.


Les interpellés sont à ce jour toujours détenus dans les locaux de la police judiciaire gabonaise, sans qu’aucun motif n’ait été donné. L’état de santé de Grégory Gbwa Mintsa serait jugé préoccupant.


Survie condamne fermement cette opération coup de poing qui s’apparente à une tentative d’intimidation et à une prise d’otage dirigée contre des responsables de la société civile gabonaise qui ont eu le courage de lancer des initiatives citoyennes contre la corruption de leurs autorités, bravant ainsi un régime particulièrement répressif à l’encontre de ses adversaires.


L’organisation de ce coup de filet coordonné et le choix des cibles atteste de la fébrilité des autorités gabonaises, confrontées à une société civile de plus en plus lassée d’un régime figurant parmi les plus corrompus au monde et les moins à même d’assurer la prospérité de sa population, malgré des revenus pétroliers très confortables.


Cette répression est à mettre en parallèle avec le harcèlement subi en 2007 par Brice Mackosso et Christian Mounzéo, responsables congolais de la campagne Publiez ce que vous Payez, victimes d’un harcèlement judiciaire instrumentalisé par le pouvoir de Denis Sassou Nguesso, qui se voyait lui aussi reprocher la gestion des revenus pétroliers de son pays.


Survie appelle à la libération immédiate des détenus et demande aux autorités françaises, d’habitude si promptes à réagir pour démêler les entourloupes diplomatiques franco-gabonaises (cf la visite de Claude Guéant et Alain Joyandet à Libreville en avril 2008 suite à l’enquête de la justice française sur les biens mal acquis du dictateur gabonais en France et à l’éviction de Jean-marie Bockel), de condamner fermement cette violation manifeste des droits de l’Homme dans ce pays présenté comme « ami » de la France.


Le mutisme des autorités françaises dans cette affaire serait une preuve supplémentaire du renoncement de notre pays à la défense des droits de l’Homme lorsque des intérêts stratégiques sont en jeu, renoncement clairement annoncé par Bernard Kouchner dans son allocution du 10 décembre 2008. L’absence de réaction du secrétariat d’Etat de Rama Yade constituerait quant à elle une nouvelle preuve à charge de l’inutilité d’une institution, qui n’a jamais émis le moindre positionnement sur les violations des droits de l’Homme commises dans les pays dominés par des dictateurs africains amis de la France.


Contact presse : Olivier THIMONIER olivier.thimonier(at)survie.org Tél. : 01 44 61 03 25


Voir l'article de RUE 89 :

Meilleurs voeux de Bongo au Gabon: cinq opposants en prison

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