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Survie Midi Pyrénées

Législatives au Niger : La France ne doit pas entériner la dictature

19 Octobre 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Communiqué Survie:

 

Législatives au Niger : La France ne doit pas entériner la dictature


L’organisation ce 20 octobre d’élections législatives, boycottées par l’ensemble des forces démocratiques, constitue une nouvelle étape dans la dérive dictatoriale de Mamadou Tandja, à la tête du premier pays fournisseur d’uranium à la France. Nos associations demandent donc l’annulation de ces élections et des sanctions de la France et de l’Union européenne visant au rétablissement de l’ordre constitutionnel.


Ce qui est considéré comme un coup d’Etat constitutionnel est le résultat d’un processus de destruction des institutions démocratiques par Mamadou Tandja initié dès la fin de l’année 2008, afin de rester président, en opposition avec la constitution nigérienne. Refusant de se soumettre aux avis de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, il a dissous ces institutions et pris les pleins pouvoirs. Il a alors eu les mains libres pour organiser un référendum-plébiscite, le 4 août, dont les résultats truqués ont été sans surprise : la poursuite de son mandat.


Avec une nouvelle constitution taillée sur mesure et promulguée le 18 août 2009, Mamadou Tandja reste président jusqu’en 2012 et peut se représenter à volonté. Il devient « le détenteur exclusif du pouvoir exécutif » alors que les prérogatives des députés sont considérablement réduites. Par ailleurs, le Conseil Supérieur de la Communication et la Cour constitutionnelle sont désormais sous sa coupe puisqu’il y nomme plus de la moitié des membres.


Parallèlement, les dérives autoritaires sont flagrantes : rejet dans l’illégalité des grèves et manifestations, entrave à la liberté de réunion des militants, mise en accusation de 128 députés, plainte contre 8 directeurs de publication, emprisonnement de 50 opposants membres de la CFDR (Coordination des Forces pour la Démocratie et la République, regroupant les 7 centrales syndicales, la majorité des partis politiques, y compris un pan du parti présidentiel et la société civile).


Ces élections législatives, boycottées par les forces démocratiques, permettront de sceller le coup d’Etat constitutionnel d’un président de plus en plus isolé aux niveaux national et international. Au Niger, adossé aux revenus des industries extractives, il ne tient plus que grâce à une frange minime de l’armée. Depuis 2007, il a distribué 158 permis miniers ou pétroliers par le biais d’un groupe opaque d’affairistes composé notamment de deux de ses fils. Sur la scène internationale, le Niger a subi un fort discrédit : l’Union Européenne a gelé son aide début juillet et nombre de coopérations bilatérales ont suspendue la leur (notamment le Luxembourg et le Danemark).


Mais Mamadou Tandja est soutenu par la Libye et par la diplomatie française qui freine toute prise de décision ferme de l’Union Européenne. Une attitude en relation évidente avec la position dominante d’Areva au Niger.

Le 10 août, le Quai d’Orsay a simplement « pris note » des résultats du référendum et a appelé à des législatives avec une large participation des forces politiques, ce qui est une façon de légitimer le régime et de soutenir à mots couverts le président.


Face à cette situation, l’association Survie se fait le relais des revendications des mouvements de la société civile nigérienne, rassemblés au sein de la CFDR pour exiger :

-  l’annulation des élections législatives illégales et illégitimes,
-  le retour à l’ordre constitutionnel par le rétablissement des institutions dans leur fonction (Assemblée nationale, Cour constitutionnelle), l’annulation du référendum du 4 août dernier et le retour à la constitution de 1999,
-  l’arrêt des poursuites et intimidations à l’encontre des membres de l’opposition démocratique et de la société civile.


Nous demandons à l’Etat français et à l’Union européenne d’agir dans ce sens en faisant pression sur le régime nigérien par :

-  une condamnation ferme de la dérive dictatoriale depuis 2008,
-  la non-reconnaissance du référendum du 4 août 2009 et des élections législatives du 20 octobre 2009,
-  la suspension de leurs coopérations avec le régime tant que le retour à l’ordre constitutionnel n’est pas effectif,
-  l’application par l’Union Européenne des articles 96 et 97 des Accords révisés de Cotonou : puisque « le respect des droits de l’Homme, des principes démocratiques et de l’État de droit » sont violés, une procédure de consultation devrait être menée et des mesures prises, et la suspension des accords avec le Niger en cas d’absence de solution acceptable.


La France et l’Union Européenne ne doivent pas se rendre complices, pour les seules raisons del’approvisionnement français en uranium, de l’enterrement de l’expérience démocratique que le Niger a représenté pour l’ensemble du continent africain, prouvant qu’une autre voie que celle de la dictature est possible.

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Asile politique refusé à Agathe Habyarimana

19 Octobre 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Communiqué du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) et de Survie

Asile politique refusé à Agathe Habyarimana

La justice française doit toutefois la juger pour son implication dans le génocide

 


Alors que le Conseil d’Etat vient de confirmer le refus d’accorder l’asile politique à Agathe Habyarimana, ce qui fait d’elle une personne expulsable, nos associations demandent que celle-ci ne soit pas expulsée et soit jugée par la justice française pour son implication dans le génocide des Tutsi du Rwanda qui a fait près d’1 million de morts en 1994. Voir le communiqué du Conseil d’Etat


Comme on pouvait s’y attendre, après avoir mis sa décision en délibéré, le Conseil d’Etat vient, ce 16 octobre, de se ranger à l’avis du rapporteur public, qui recommandait de ne pas accorder l’asile politique à madame Agathe Kanziga, veuve du président extrémiste hutu Juvénal Habyarimana.


Cette décision semblait s’imposer au vu du réquisitoire de la Commission de Recours des Réfugiés qui justifiait son refus (en février dernier) en affirmant que madame Habyarimana aurait participé « en tant qu’instigatrice ou complice » au « crime de génocide » commis au Rwanda en 1994. Cette même Commission des recours avait été saisie par l’ancienne première dame suite au refus, le 4 janvier 2007, par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) d’accorder l’asile politique à celle qui joua, selon de nombreux observateurs, un rôle central dans la mise en place de la machine génocidaire au Rwanda. L’OFPRA estimait ainsi « qu’elle [Agathe Habyarimana] s’est trouvée au cœur du régime génocidaire » et « qu’elle ne peut valablement nier son adhésion aux thèses hutues les plus extrémistes, ses liens directs avec les responsables du génocide et son emprise réelle sur la vie politique du Rwanda ».


Une telle décision du Conseil d’Etat devrait normalement s’accompagner d’une expulsion du territoire français, mesure qui devrait dépendre du ministère de l’Intérieur. Extrader madame Kanziga vers le Rwanda ne semble toutefois pas possible dans la mesure où jusqu’à présent la justice française, à la suite du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR, chargé de juger les hauts responsables du génocide), a toujours refusé cette solution.


Selon nos associations, l’expulsion de madame Kanziga vers un pays d’accueil pourrait être envisagée, mais cette solution ne peut nous satisfaire car il est fort probable qu’une telle décision lui permettrait d’échapper à la justice, ce qui n’est pas concevable.


Reste une dernière solution : tolérer madame Kanziga sur le territoire français tout en exigeant qu’elle rende des comptes à la justice de notre pays : une information judiciaire a en effet été ouverte contre elle suite à la plainte déposée le 13 février 2007 par le Collectif de parties civiles pour le Rwanda (CPCR) pour « complicité de génocide » et « complicité de crime contre l’humanité ». C’est la solution que nous préconisons et nous demandons instamment aux autorités judicaires françaises de ne plus tarder à juger madame Kanziga, ainsi que tous les Rwandais qui sont soupçonnés d’avoir participé au génocide des Tutsi et qui vivent en toute impunité sur le territoire français. Tous ceux qui attendent que justice soit rendue ne comprendraient pas que la justice française, par son inertie, protège des présumés génocidaires, fasse de la France un refuge pour ces derniers et se rende ainsi complice des génocidaires. Le président du TPIR, le juge Dennis Byron, a lui-même exhorté le 8 octobre dernier les juridictions nationales à jouer pleinement leur rôle afin d’éviter l’impunité des « génocidaires » après la fermeture de la juridiction.


Un préalable cependant s’impose pour une réelle efficacité de la justice : que les juges d’instruction chargés de ces dossiers soient dessaisis dans les plus brefs délais de toutes les autres affaires qui leur ont été confiées et qui les surchargent. Cette exigence est aussi celle des juges eux-mêmes.


Contacts :

CPCR : Alain GAUTHIER, président 06 76 56 97 61 collectifrwanda(a)aol.com

Survie : Olivier THIMONIER, secrétaire général 01 44 61 03 25 olivier.thimonier(a)survie.org

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Conférence-débat : TRANSITION DEMOCRATIQUE EN GUINEE: AUTOPSIE D'UNE SOCIETE PARALYSEE

10 Octobre 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Jeudi 22 octobre 2009 à 19h00
Amphi Montané-de-la-Roque(Université Toulouse Capitole, bâtiment de l’Arsenal)

Le GERCA, dans le cadre de son cycle de conférences, a le plaisir de proposer une:


Conférence-débat

TRANSITION DEMOCRATIQUE EN GUINEE: AUTOPSIE D'UNE SOCIETE PARALYSEE

présentée par

Kalifa DIABY
Président de l’Association pour la Promotion Economique, Culturelle et Educative de la Guinée

Le GERCA

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Guinée - 2006, 2007, 2009 : les massacres se succèdent, l’impunité demeure

8 Octobre 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Communiqué de Survie, 6/10/2009

Guinée - 2006, 2007, 2009 : les massacres se succèdent, l’impunité demeure



L’association Survie condamne avec force le massacre du lundi 28 septembre à Conakry en Guinée et soutient sans réserve les mouvements de la société civile dans son combat pour la démocratie et la justice. Survie dénonce la grande tolérance de la diplomatie française à l’égard des exactions des régimes guinéens depuis plusieurs décennies.


Plus de 150 morts, plus de 1000 blessés, des dizaines de viols et d’arrestations : c’est le terrifiant bilan de la répression sanglante, opérée au grand jour par l’armée guinéenne, du meeting pacifique organisé à Conakry par des mouvements de la société civile guinéenne pour rappeler l’engagement du capitaine putschiste Moussa Dadis Camara de ne pas se présenter à l’élection présidentielle de janvier 2010. Ces victimes s’ajoutent à celles des mouvements sociaux réprimés en 2006 et en janvier 2007 avec la même sauvagerie par des soudards sans foi ni loi confortés par des décennies d’exercice d’un pouvoir militaire aux crimes restés impunis.

Préoccupée par le sort des populations guinéennes et par le risque que l’arbitraire triomphe une nouvelle fois des mobilisations réclamant un Etat de droit en Guinée, l’association Survie :

1/ se montre attentive quant au rôle joué par la France dans cette crise politique et dénonce la grande tolérance de notre diplomatie à l’égard des exactions des régimes guinéens depuis plusieurs décennies.

Après la rupture historique du lendemain du référendum de 1958, un rapprochement franco-guinéen opéré dans les années 1980 a conduit la France à soutenir militairement et diplomatiquement le régime de Lansana Conté. La visite symbolique de Jacques Chirac en 1999 à Conakry, peu après la mascarade électorale qui avait vu l’opposant Alpha Condé privé de sa victoire à la présidentielle, a ainsi constitué un des temps fort d’un certain « renouveau » de la relation franco-guinéenne. Depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, la politique de la « Françafrique décomplexée », qui repose sur une défense inconditionnelle des positions économiques acquises (Gabon, Congo, Tchad …) ou à conquérir (Libye, RDCongo, Angola, Afrique du Sud ...) a placé la Guinée parmi les territoires de prospection pour les entreprises françaises. Ceci amène notre association à :

> douter sérieusement des « vraies fausses » pressions exercées par la France à l’égard de la junte guinéenne. Celles-ci sont en outre décrédibilisées par le fait qu’Alain Joyandet s’est rendu cet été à Conakry pour tenter de convaincre Dadis Camara de ne pas se présenter à la présidentielle, quelques jours à peine après avoir félicité le général Abdel Aziz qui venait de mettre en oeuvre en Mauritanie le même scénario que Dadis Camara ;

> dénoncer le rôle joué par des émissaires d’une diplomatie parallèle sans mandat officiel, à l’instar du député Patrick Balkany, partisan déclaré de la candidature de Dadis Camara à la présidentielle ;

> réclamer la fin (et non la simple suspension) de la coopération militaire française (2 millions d’euros par an, dont 9 coopérants encadrant les officiers de l’armée guinéenne, depuis 2007) ainsi que l’arrêt de toute vente d’armes françaises au régime ;

> demander aux parlementaires français de réclamer que la lumière soit faite sur la stratégie menée par la diplomatie française à l’égard du régime guinéen et sur les soutiens apportés à celui-ci (coopération militaire, économique, ventes d’armes, etc.), en particulier depuis les exactions de 2006 ;

2/ se fait le relais des revendications des mouvements de la société civile guinéenne, rassemblés en particulier au sein des Forces Vives de Guinée pour exiger :

> la fin de la répression à l’égard des opposants, caractérisée d’après les témoins directs par des centaines d’arrestations mais aussi par des disparitions et des exécutions extra judiciaires ;

> la libération des prisonniers faits par les militaires pendant et après la manifestation du 28 septembre ;

> l’ouverture d’une enquête internationale et d’une procédure judiciaire devant les tribunaux internationaux pour déterminer les responsabilités dans les massacres et poursuivre les coupables, auteurs et commanditaires ;

> la conduite par la communauté internationale d’un dialogue afin de déterminer l’opportunité de recourir à l’intervention d’une force internationale visant à protéger les populations des exactions des militaires et sécuriser les conditions d’un processus électoral libre et transparent ;

> le rejet du mandat de médiateur confié au président burkinabé Blaise Compaoré, lui-même impliqué dans un certain nombre de conflits sanglants ayant endeuillé la sous-région (Libéria, Côte d’Ivoire) et coutumier de la fraude électorale dans son propre pays. Les Guinéens proposent déjà des alternatives plus crédibles comme Alpha Omar Konaré ;

3/ exprime son inquiétude et sa vigilance concernant :

> la volonté réelle de la communauté internationale d’agir pour protéger le peuple guinéen, inquiétude confortée par l’impunité restée de mise après les tueries de 2006 et 2007 ;

> le rôle des multinationales (minières et autres) engagées en Guinée qui peuvent, comme dans d’autres crises dans la sous-région, être tentées de soutenir et financer telle ou telle partie susceptible de garantir le maintien de leur rentes.

> le rôle, constaté par des témoins des massacres du 28 septembre, joué par des mercenaires libériens au sein ou en marge de l’armée guinéenne, qui renvoient au souvenir de conflits sous-régionaux de funeste mémoire.
Enfin, préoccupée par le symbole que l’impunité en Guinée après de telles exactions pourrait véhiculer dans le reste de l’Afrique, dans un contexte de régression des mouvements de transition démocratique amorcés dans les années 90, l’association Survie appelle à un mouvement de solidarité et de dialogue avec toute les sociétés civiles confrontées à la perpétuation ou au retour de régimes autoritaires au Gabon, au Congo, au Togo, en Mauritanie et au Niger.

Contact presse : Stéphanie Dubois de Prisque stephanie.duboisdeprisque(a)survie.org Tel. : 01 44 61 03 25

Photos du Lundi Noir de Conakry




Déclaration N° 5 du Forum des Forces Vives de Guinée, 30/9/2009


Le 28 Septembre 2009 à Conakry, des centaines de milliers de nos compatriotes de toutes les communautés, de tous les âges et de toutes les conditions, manifestant pacifiquement dans un stade de foot ball clos contre la dictature militaire et pour le retour à une vie constitutionnelle normale, ont été piégés, brutalisés, humiliés, violentés, violés, poignardés et tués par des escadrons drogués de l'armée. Lors de ces manifestations historiques, nous avons assisté à des scènes d'une barbarie inouïe que rien, sinon la volonté du CNDD de terroriser et soumettre le peuple de Guinée ne justifiait. Des centaines de femmes et de jeunes filles ont été déshabillées, violées, les canons des fusils introduits dans leurs parties intimes, tout ceci publiquement et sous les yeux de la hiérarchie militaire.

Depuis le 23 Décembre 2008, le Forum des Forces Vives de Guinée a engagé toutes les démarches pacifiques possibles pour arriver à un consensus pour la conduite d'une transition apaisée. En face, nous n'avons rencontré que mépris, diktat, humiliations, insultes et dérision de la part de la junte du CNDD et de son chef. Les libertés fondamentales ont été graduellement confisquées, les médias mis aux ordres. Dans le même temps, contrairement à leurs premiers engagements publics nous avons assisté à une opération de légalisation du pouvoir militaire. Ceci avec une dilapidation sans précédent des fonds publics. Le Forum des Forces Vives a alors entrepris d'organiser un meeting d'information et de sensibilisation, montrant que le peuple n'acceptait pas l'usurpation du pouvoir par les militaires.


Ce meeting citoyen pouvait simplement éclairer l'opinion publique Guinéenne sur les enjeux des prochains scrutins. Malgré l'appel aux autorités pour sécuriser cette manifestation pacifique, le Forum des Forces Vives de Guinée n'a rencontré que dissuasion ou manœuvres diverses pour l'annuler. Au lieu de protéger les lieux sensibles le CNDD a infiltré des casseurs qui ont été responsables de tous les dégâts constatés, notamment ceux concernant les commissariats saccagés. Ceci dans l'objectif de discréditer l'ensemble des leaders politiques du Forum, dont les différents domiciles ont été mis à sac et pillés par les militaires.


Capitaine Moussa Dadis Camara chef de la junte, Général Sékouba Konaté Ministre de la défense, Commandant Moussa Keita Secrétaire permanent de la junte sont les responsables du massacre de nos compatriotes, au stade du 28 Septembre. Leurs hordes avides de sang, sous la conduite du Capitaine Diakité dit Toumba aide de camp de Moussa Dadis Camara, son adjoint Théodore Kourouma, neveu de Moussa Dadis Camara et bien d'autres, cagoulés ou non ont exécuté les basses œuvres en tuant et violant froidement. Ces viols collectifs et les humiliations insupportables perpétrées contre de centaines d'innocentes constituent des atteintes graves à la dignité humaine. Les auteurs et commanditaires de ces actes ignobles doivent tous répondre de leurs barbaries. Désormais les choses sont claires. Ils massacreront tout citoyen qui voudra exercer son droit d'avoir une opinion. Ils installeront et entretiendront sans état d'âme la guerre civile. Ils ont déjà mis en place une milice à caractère ethnique. Il faut donc arrêter leurs mains criminelles, avant qu'ils ne mettent le feu à notre cher pays.


Le dialogue interne est devenu impossible.


Devant la gravité exceptionnelle de la situation, le Forum des forces vives de Guinée:


1 – S'incline avec une infinie tristesse devant ces morts et exprime sa profonde douleur face à cette tragédie délibérée. Il exprime sa solidarité aux familles de toutes les victimes.

2 – Exige de la junte et de son gouvernement:

· la restitution immédiate des corps des victimes de leurs massacres, afin que les familles puissent enterrer dignement les leurs;

· le recensement exhaustif des disparus;

· la prise en charge médicale complète de tous les blessés;

· la libération immédiate et inconditionnelle des détenus; la libération et prise en charge immédiate des femmes violées et encore sequestrées.

· la réparation immédiates des domiciles saccagés, la restitution des biens dérobés.

3 – Lance un appel pressant à la CEDEAO, à l'Union Africaine et au Groupe International de Contact, pour organiser en urgence l'envoi en Guinée d'une force de paix chargée de protéger les populations guinéennes contre ses forces armées déchainées, que le président de la junte lui même dit ne pas pouvoir contrôler;

4 – Lance un appel aux citoyens et organisations spécialisés pour la préparation immédiate d'un dossier d'accusation afin de traduire les responsables et commanditaires identifiés des massacres de nos populations devant le Tribunal Pénal International, pour crimes contre l'humanité.

5 – Décide de réunir rapidement une concertation nationale pour installer un organe consensuel et efficace devant mener la transition vers des élections libres et transparentes, en raison de la désormais disqualification du CNDD et de son gouvernement en tant que force dirigeante responsable d'un état unitaire respectant les droits humains les plus élémentaires.

6 – Lance un appel à tous les Guinéens et Guinéennes, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, à rester mobilisés, à s'opposer à la dictature militaire.


Cinquante années de dictatures civile et militaire, ça suffit. Le peuple de Guinée ne l'acceptera plus.


Conakry le 30 Septembre 2009


Le Forum des Forces Vives de Guinée
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Que fait l’armée française en Afrique ? Dossier Noir n°23

7 Octobre 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Ouvrages, dossiers, essais et romans...

Dossier Noir n°23

Que fait l’armée française en Afrique ?

Nouvelle publication, disponible en librairie à partir du 10 octobre !


Alors que le président N. Sarkozy a annoncé une réforme de la coopération militaire et lancé la renégociation des accords de défense liant la France avec plusieurs pays africains, Survie sort un nouveau livre sur l’armée française et la présence militaire de la France en Afrique. Vous pouvez d’ores et déjà le commander auprès de matthieu.vanpeene(a)survie.org ou pour la région toulousaine survie.midipyrenees(a)free.fr

Que fait l’armée française en Afrique ? Et de quel droit s’y trouve-t-elle encore aujourd’hui ? Si l’on en croit les discours officiels, elle n’y aurait plus depuis longtemps que des missions humanitaires et de maintien de la paix. La page du néocolonialisme et de la Françafrique aurait été tournée en même temps que finissait la guerre froide.

Ce « Dossier noir » examine, à travers de nombreux exemples concrets, la réalité de cette présence depuis deux décennies. Après un retour sur le dispositif néocolonial mis en place au lendemain des indépendances, il analyse —notamment à travers les conflits en Côte d’Ivoire ou au Tchad — les interventions militaires censées illustrer la « nouvelle » politique africaine de la France.

Entre héritage colonial et stratégies pour s’adapter à l’évolution des rapports de force internationaux, cette politique n’a jamais cessé d’être criminelle.

SOMMAIRE

Introduction : Que fait l’Armée française en Afrique ?

1ère partie : De l’armée coloniale à l’armée néocoloniale
- Chapitre 1 : Doctrines et méthodes de l’armée coloniale.
- Chapitre 2 : Les outils militaires du néocolonialisme.
- Chapitre 3 : Les interventions militaires françaises en Afrique.
- Chapitre 4 : La réforme de la coopération militaire.

2e partie : La coopération dans le crime
- Chapitre 5 : Complicité de génocide au Rwanda.
- Chapitre 6 : Une coopération criminelle.
- Chapitre 7 : Opérations secrètes et mercenariat.
- Chapitre 8 : Ventes et trafics d’armes.

3e partie : Le réhabilitation du colonial
- Chapitre 9 : Idéologie.
- Chapitre 10 : Actualité de la guerre révolutionnaire.
- Chapitre 11 : Les actions civilo-militaires (ACM).
- Chapitre 12 : Les coloniaux contre l’ennemi intérieur.

4e partie : Crise de légitimité et adaptation à la nouvelle donne internationale
- Chapitre 13 : Changement d’époque et crise de légitimité.
- Chapitre 14 : Nouvelles rivalités en Afrique.
- Chapitre 15 : Ravalement de façade.
- Chapitre 16 : L’ONU comme couverture.
- Chapitre 17 : L’Europe à la remorque de la France en Afrique.
- Chapitre 18 : RECAMP : nouvel alibi, nouveaux tirailleurs ?

5e partie : La rupture ? Quelle rupture ?
- Chapitre 19 : Les armées supplétives officieuses.
- Chapitre 20 : Nouvelle doctrine mais vieilles méthodes.
- Chapitre 21 : « Manœuvres médiatiques » et propagande de guerre.
- Chapitre 22 : Crimes ordinaires de l’armée française en Afrique.
- Chapitre 23 : Impunité permanente.
- Chapitre 24 : Qui contrôle quoi ?
- Chapitre 25 : Les promesses de Sarkozy.

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Edito Bda : "Enterrement en Françafrique"

6 Octobre 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Billets d'Afrique et d'ailleurs

Billets d'Afrique et d'ailleurs, n°184, octobre 2009

Edito

Enterrement en Françafrique


Il y a plus de dix ans, en 1996, dans son livre La Françafrique, François-Xavier Verschave, avait mis en lumière les relations singulières autant qu’occultes que le pouvoir politique français entretenait avec les dirigeants de l’Afrique francophone, sujet largement ignoré par l’information en France. Cela engendra ensuite un certain nombre de publications pour persuader l’opinion que cette Françafrique, qui n’avait jamais existé, n’existait plus désormais [1], la politique française ayant bradé son influence en Afrique, faute de moyens.


La nouvelle de cette mort semblait cependant exagérée, à tel point que, lorsque Jean-Marie Bockel, en charge du secrétariat d’Etat à la Coopération, parla, en janvier 2008, d’enterrer la supposée défunte, cela ne provoqua pas un simple sourire amusé, à l’adresse quelqu’un qui n’est manifestement pas au courant, mais une véritable tempête, à l’égard de quelqu’un qui commet un sacrilège en violant un tabou. La réaction fut en effet vigoureusement françafricaine. La morte se portait très bien et avait même toutes ses dents pour se défendre. Jean-Marie Bockel en fit l’amère expérience.


Bongo, tombeur de Bockel, disparu, l’épisode suivant du feuilleton, avec sa succession – ne parlons pas en effet d’élection, ce serait aussi très largement exagéré – dévolue à son fils Ali, vient d’apporter son lot de rebondissements. D’abord une incroyable prestation de l’inénarrable Robert Bourgi, sur RTL le 9 septembre 2009 [2]. Impensable ailleurs qu’en France cette pantalonnade restera dans les annales. On y entend, entre autres, un récit, en pur style françafricain, de l’éviction de Bockel qui démontre à quel degré de ridicule sont assujetties les relations diplomatiques entre la France et l’Afrique. Dire, comme on l’a entendu, que ce style de relation est inévitable c’est avouer que croire à une réelle démocratie, c’est bon pour les gogos. Jamais l’aspect mafieux de la politique africaine de la France ne s’était exhibé avec une telle suffisance. Les très molles réactions de l’entourage de Sarkozy et du gouvernement sont inquiétantes. On est obligé de poser la question.


Que doivent-ils donc à Robert Bourgi ? Ce personnage ne brille ni par son intelligence ni par son sens politique. Il perpétue caricaturalement un foccartisme paternaliste et raciste, dans la mesure où ce serait ce type de relation qui conviendrait en Afrique. En réalité ce qui est aveuglant dans cette prestation c’est que la France n’a aucun rapport avec ceux qui seraient les représentants des peuples africains, ce qui supposerait une certaine dignité, mais seulement avec les despotes ubuesques qui se maintiennent au pouvoir avec son assentiment et je ne sais quel échange honteux de complaisances mutuelles. Bourgi est sans doute la pincette qu’il faut prendre pour serrer certaines mains.


Ensuite et surtout, ce qui a été enterré à nouveau au Gabon par la force, après l’avoir été au Congo Brazza, au Niger, en Mauritanie, au Cameroun, pour ne parler que des cas tout récents, c’est l’aspiration au changement de la masse de la population africaine, écrasée dans l’oeuf comme d’habitude. Il faut que l’inexpugnable système françafricain soit bien férocement vivant et agressif pour que les vagues de contestation dont il est l’objet viennent régulièrement se briser sur son impavide réalité. On peut certes prophétiser son inéluctable démantèlement mais on ne cesse d’être stupéfait de sa résistance et de sa pérennité. Dans son blog La pompe à phynances, Frédéric Lordon affirme : « De quoi Ubu est-il fondamentalement la figure ? Du despote parasitaire ». Cette figure monstrueuse d’un pouvoir qui prend tout, ne donne rien et tire sa force herculéenne de cette spoliation radicale et cynique devait s’incarner en Afrique.

Odile Tobner

[1] Par exemple : Comment la France a perdu l’Afrique, Glaser et Smith, Hachette 2006

[2] Voir Le cas Bourgi, page 11

Au sommaire de ce numéro:

LES BRÈVES DE LA FRANÇAFRIQUE

EDITORIAL
Enterrement en Françafrique

 GÉNOCIDE RWANDAIS
Interview de Patrick de St-Exupéry
Militaires et politiques français savaient qu’il y avait des mercenaires francais

2010 Année de l’Afrique.  Toubon : les colonisateurs ont « porté au monde en quelque sorte, toute une partie de la planète qui n’existait pas jusque là »

CAMEROUN Affaires de nègres Un docu retraçant la création d’un escadron de la mort composé de militaires, policiers et gendarmes

NIGER “MA VIE EST MENACÉE” Le témoignage de Marou Amadou, président d’un important goupement d’associations de la société civile nigérienne

GABON Bongo à perpétuité Les Gabonais condamnés à une succession dynastique. Décryptage du coup d’Etat électoral d’Ali Bongo

 

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