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Survie Midi Pyrénées

24 au 29 janvier 2010 à Toulouse: Festival International du Film des droits de l’Homme

25 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

 24 au 29 janvier 2010 à Toulouse

Festival International du Film des droits de l’Homme


4 documentaires,7 projections-débat pour
découvrir et comprendre :

· le rôle de la Cour Pénale Internationale, 

· la République Démocratique du Congo et le viol utilisé comme tactique de guerre, 

· la lutte anti-terroriste au Pérou, 

· la vie quotidienne des migrants à Calais

Tout le programme sur : www.friture.net

Quatre organisations de solidarité internationale (Amnesty International, CCFD-Terre solidaire, le Secours Catholique et Survie), organisent pour la troisième année consécutive un Festival International du Film des Droits de l’Homme à Toulouse et sa région avec le soutien de nombreux partenaire.

Créé en 2003, le Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH), se déroule chaque année, au cinéma Action Christine à Paris. Produit et organisé par l’association « Alliance », il encourage la réflexion citoyenne. Avec une vingtaine de films sélectionnés, il est la plus importante manifestation culturelle sur le thème des droits humains en France.

A Toulouse et sa périphérie, du 24 au 29 janvier 2010, le public pourra visionner une partie de la sélection 2009 (quatre documentaires projetés sur 7 séances) et participer aux débats à l’issue des projections. A cette occasion, des spécialistes des questions ou pays présentés dans les documentaires (avocats, responsables de projets, experts thématiques…) ont été invités pour commenter les films et répondre aux questions du public. Une séance supplémentaire animée par Avocats sans frontières est proposée aux lycéens.

Associée à la projection du film sur la République démocratique du Congo, une exposition sur la situation du pays et les actions menées par les partenaires du Secours Catholique sur place sera mise en place au cinéma ABC et au ciné 113 de Castanet.

Pour les organisations participantes, qui effectuent un travail complémentaire sur le terrain, il s’agit d’aborder la question des droits de l’homme dans son sens large et sous des angles très divers lors de ce festival. De montrer que les droits politiques, économiques, sociaux, culturels, d’accès à la santé, environnementaux, pour n’en citer que quelques uns font partie de ce grand ensemble que sont les droits humains. Il s’agit, aussi, de partager avec le public leur expérience de terrain ou le travail de fond effectué au quotidien à travers des exemples riches et concrets.

Programmation du 3ème Festival International

du Film des droits de l’Homme


Dimanche 24 janvier : 10h00 au Cinéma Utopia Tournefeuille
Projection : State of Fear de Pamela Yates
Thème : la lutte anti-terroriste au Pérou
Animé par Flor Tercero, avocate au barreau de Toulouse, ancienne chargée de mission d’Avocats Sans Frontières au Pérou
. Utopia TournefeuilleImpasse du Château 31170 Tournefeuille (Bus 65 arrêt Eglise) Tarif : 4 €


Lundi 25 janvier : 19h00 Inauguration du festival - Cinéma ABC
Projection : Le moment de vérité de Pamela Yates
Thème : le rôle de la Cour Pénale Internationale
Animé par Simon Foreman, Avocat, membre du groupe de travail du secrétariat international d’Amnesty sur la justice internationale. Il préside la Coalition française pour la Cour Pénale Internationale. Avec la participation de Hugo Jombwe, directeur d’Avocats sans Frontières

Cinéma ABC13 rue Saint Bernard 31000 Toulouse (Métro :°Jeanne d’Arc) Tarif : 5,5 € par séance - Pass ABC (4 séances) : 14 €

 

Mardi 26 janvier : 21h00 - Cinéma ABC
Projection : The greatest silence : Rape in Congo de Lisa F. Jackson
Thème : le viol utilisé comme tactique de guerre dans les conflits
Animé par Yves Lefort analyste zone des Grands Lacs au Secours Catholique et Vincent Munié, journaliste et réalisateur, membre de Survie, Cinéma ABC

 

Mercredi 27 janvier : 21h00 - Cinéma ABC
Projection : State of Fear de Pamela Yates
Thème : la lutte anti-terroriste au Pérou
Animé par Flor Tercero, avocate au barreau de Toulouse, ancienne chargée de mission d’Avocats Sans Frontières au Pérou et Fabrice Penasse, chargé de mission service Amérique Latine au CCFD.

 

Jeudi 28 janvier : 21h00 au cinéma ABC
Projection : No Comment de Nathalie Loubeyre
Thème : la vie des migrants dans la « jungle » de Calais et la situation depuis sa fermeture
Animé par Mariam Guerey, animatrice, responsable de l’accueil des migrants au Secours Catholique du Pas de Calais. Avec la participation de Sylvain Laspalles, Avocat au Barreau de Toulouse, membre de l’ADE (Association de Défense des Etrangers)

 

Vendredi 29 janvier : 20h00 à la maison de quartier de Bagatelle
Projection : No Comment de Nathalie Loubeyre Thème : la vie des migrants dans la « jungle » de Calais et la situation depuis sa fermeture
Animé par Mariam Guerey, animatrice, responsable de l’accueil des migrants au Secours Catholique du Pas de Calais. Maison de quartier de Bagatelle11 Impasse Bachaga Boualam, 31100 Toulouse (Métro : Bagatelle) - Participation libre

Documents joints



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Tchad : le silence de la France

25 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Communiqué: 25 janvier 2010 

Tchad : le silence de la France

deby_sarkozy-sourcesure.jpg


Le Sud du Tchad a été attaqué depuis la mi-décembre par l’armée tchadienne sans que notre pays n’en dise mot.


Le 8 janvier, le régime tchadien a annoncé l’arrestation de Djibrine Dassert, le dirigeant du mouvement rebelle sudiste, le MPRD (Mouvement pour la Paix, la Reconstruction et le Développement). La France, bien entendu au courant, n’en a pas parlé. L’arrestation de Dassert a été annoncée, par l’AFP notamment, sur des sites Internet, mais cette information n’a pas été relayée.

Peu après, le gouvernement tchadien a montré Dassert à la presse du pays, menottes aux mains. Depuis il est réputé avoir été envoyé dans le nord du pays sans que l’on sache ce qu’il en est de sa personne. La France reste toujours silencieuse sur la question, alors qu’on doit s’inquiéter du respect élémentaire des droits humains par le régime de Déby.

Djibrine Dassert, ancien compagnon d’Idriss Déby, a aidé ce dernier à renverser Hissène Habré. Par la suite Dassert est entré en rébellion contre le régime tchadien de Déby. Retranché dans le sud du pays, Dassert ne s’est pas lié aux autres forces rebelles.


Un autre silence français


Hassan Fadoul, Tchadien impliqué dans l’affaire des faux dinars de Barhein, n’a pu obtenir un visa pour venir en France au procès dans lequel il était accusé. Il a été arrêté au Togo, où il était réfugié. Dix jours auparavant le Président togolais, Faure Gnassingbé, a rencontré son homologue tchadien Idriss Déby. C’est à la suite de cette rencontre que Fadoul a été arrêté, fin décembre, à Lomé, ce que les autorités togolaises ont confirmé. Il a été envoyé à Kara dans le nord du pays. Un accord entre le Togo, le Tchad, et la France, pour protéger Déby ?

Hassan Fadoul a accusé Idriss Déby d’être le principal commanditaire de l’affaire des faux dinars de Barhein, affirmant avoir demandé en vain un visa pour se rendre à son procès en France, à l’issue duquel 5 ans de prison ont été requis contre lui.

Survie exige des autorités françaises qu’elles s’expliquent sur ces deux affaires dans les plus brefs délais.


Contact presse : Stéphanie Dubois de Prisque, Chargée de communication stéphanie.duboisdeprisque(a)survie.org Tél. : 01 44 61 03 25

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samedi 23 janvier 2010 Les frasques ordinaires d'un fils de dictateur

23 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

samedi 23 janvier 2010

Les frasques ordinaires d'un fils de dictateur


Teodoro alias Tedorín Obiang Nguema Obiang Mangue
est le fils de
Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, l'inamovible  narco-pétro-dictateur de la Guinée équatoriale et son successeur dynastique putatif.
Lisez le rapport de Global Witness
La vie cachée d’un accro du shopping, ou comment le play-boy de fils d’un dictateur africain est arrivé à dépenser des millions de dollars aux États-Unis
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Madagascar La Françafrique dans l’ombre de Rajoelina

18 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Lundi 18 janvier 2010


Madagascar
La Françafrique dans l’ombre de Rajoelina

 

 

C’est le pire scénario qui se dessine à Madagascar après le coup d’Etat, le 17 mars, de l’ancien disc jockey et ancien maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina. En décembre, la tension est montée d’un cran après le torpillage des pourparlers inter-malgaches. Doit-on s’en étonner à l’heure où le pays est au bord de l’explosion ?

Après plusieurs mois de troubles, des négociations avaient débuté au mois d’août à Maputo (Mozambique). Ces pourparlers réunissaient les chefs de quatre principaux partis, dont Rajoelina et le président déchu. Après plusieurs rounds de négociations sous l’égide du Groupe international de contact (GIC), « Billets d’Afrique » (n°187, octobre 2009) avait estimé que les perspectives de sortie de crise étaient minces, polluées par les efforts de la diplomatie française pour légitimer le putschiste Andry Rajoelina à la tête d’une Haute autorité de transition.

Comment, en effet, régler, une crise majeure sur une base de travail aussi peu crédible que celle de proposer la présidence du gouvernement de transition à un putschiste ? Comment peut-on condamner le putsch sans condamner les putschistes ?


Un accord « bancal »

C’est exactement l’avis des médiateurs africains après quatre jours de négociations tumultueuses, début novembre, à Addis Abeba. Les quatre principaux dirigeants politiques malgaches – Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana, et les anciens présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy – y avaient paraphé un « acte additionnel » aux accords de Maputo signés le 9 août. Ce texte confirmait Rajoelina comme président de transition, mais flanqué de deux « coprésidents » issus des mouvances Ravalomanana et Zafy, la mouvance de Didier Ratsiraka conservant le poste de Premier ministre, confié à Eugène Mangalaza.

Au-delà de l’optimisme de façade, les doutes se sont donc clairement exprimés sur la capacité à fonctionner « d’une telle usine à gaz », selon les termes d’un diplomate de l’Union africaine (UA). Le médiateur de l’organisation internationale de la Francophonie, Edem Kodjo, cherchait, lui aussi, à se rassurer en qualifiant l’accord de « bancal » : « Cette architecture du pouvoir correspond parfaitement à la conception de la vie en société du peuple malgache : on se retrouve ensemble sur un minimum commun » (sic !). Quant au Commissaire paix et sécurité de l’UA, Ramtane Lamamra, il usait de la méthode Coué : « Même une monstruosité juridique peut représenter une sortie de crise. »


Les accords de Maputo à la poubelle

Il n’y avait que Kouchner pour se féliciter, toujours lyrique, d’un accord qui augurait d’une « sortie de crise pacifique », « du sens des responsabilités des responsables malgaches » et appeler « toutes les forces malgaches, à faire preuve du même sens de l’intérêt national durant la période de transition qui s’ouvre ». L’ambassadeur de France, Jean-Marc Chataignier, pouvait donc présenter ses lettres de créance à Andry Rajoelina.

La déclaration de Kouchner s’est révélée être de pure forme alors que Rajoelina refusait de participer, début décembre, à une rencontre – la troisième à Maputo depuis le mois d’août – où chaque mouvance présentait la liste de ses candidats au gouvernement de transition, conformément à l’accord d’Addis Abeba. Tandis qu’un « collectif de jeunes officiers » issus du Corps des Personnels et des Services Administratifs et Techniques (CAPSAT), des conseillers à la présidence, conduits par deux faucons, les lieutenants-colonels Charles Randrianasoavina et René Lylison faisaient monter la pression pour exiger que les ministères régaliens reviennent à la mouvance Rajoelina, celui-ci a prétexté de ne pas vouloir négocier à l’étranger la composition du futur gouvernement d’union. Randrianasoavina et Lylison, bien connus pour leurs méthodes musclées, ont joué un rôle clé dans le coup d’Etat du 17 mars. De source bien informée, ils sont, l’un ou l’autre, de tous les voyages à l’étranger de Rajoelina. Pour l’escorter ou le contrôler ?


La diplomatie française comme tuteur

Quant à la diplomatie française, qui pourtant appelait au sens des responsabilités, elle trouvait le moyen d’appuyer implicitement Rajoelina en regrettant, dès le lendemain de la consultation de Maputo « que les résolutions signées le 8 décembre par les trois chefs de file malgaches présents à Maputo s’écartent du cadre consensuel prévu par ces accords ».

Un feu vert pour Rajoelina qui, criant au coup d’Etat, estimait, six jours plus tard, qu’une cohabitation avec ces trois mouvances était désormais « impossible » tout en leur interdisant un retour à Madagascar. Le 16 décembre, il annonçait unilatéralement la tenue de législatives le 20 mars et le 20 décembre, il nommait, un nouveau Premier ministre, Cécile Manorohanta, aussitôt remplacée par le colonel Albert Camille Vital. Par ailleurs, les journaux malgaches ont mentionné l’arrivée d’un nouveau conseiller technique français pour le partage des postes ministériels et le voyage en France d’un proche de Rajoelina, Norbert Ratsirahonana, qui aurait rencontré des autorités françaises à l’Elysée. Claude Guéant ?


« Rajoelina otage de son clan »

Tandis que la France invitait mollement à une reprise du dialogue et à des élections transparentes, la déclaration de la Commission parlementaire paritaire ACP-UE réunie à Luanda (Angola), début décembre, n’avait rien de diplomatique. Elle fustigeait, en effet, « l’intransigeance » de Rajoelina, « autoproclamé » président de la République « lequel apparaît comme l’otage de son clan », « la répression par les forces militaires des nombreuses manifestations de protestation populaire » et exigeait « le rétablissement immédiat du parlement malgache », « l’ouverture d’une enquête internationale indépendante chargée de faire la lumière sur les violations des droits humains et les répressions répétées contre la population », « la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et l’annulation des procédures judiciaires contre ceux-ci ». Enfin la commission demandait /« à tout gouvernement intérimaire de Madagascar de ne conclure aucun accord ou contrat avec d’autres pays ou entreprises portant sur les richesses naturelles et le patrimoine national, avant (…) que la population malgache n’octroie un mandat légitime à un nouveau gouvernement. » Conséquence du coup de force de Rajoelina, l’Union européenne menace d’annuler son aide, actuellement bloquée, d’un montant de 580 millions d’euros. Les Etats-Unis ont également pris des sanctions. Seule la France poursuit sa coopération bilatérale.

Il semblerait, en fait, que la France ne voulait pas d’un nouveau Maputo. L’ambassadeur de France, Jean-Marc Chataignier, si bavard jusque là et très actif dans les négociations a été plus que discret au mois de décembre. Aurait-il perdu son rôle de chef de file de l’Union européenne à Madagascar comme il aimait à se présenter, au profit de l’ambassadeur d’Allemagne comme le pense la presse malgache ? De là à torpiller les accords de Maputo, il n’y a qu’un pas à franchir. Areva dans l’ombre de Total Comme trop souvent, l’action de la France est motivée par la seule défense de ses intérêts économiques.


Dans un billet du 25 mars, /Le Canard Enchaîné/ expliquait l’aversion qu’inspirait Ravalomanana à la France et soulignait que sa chute ne désespérait pas vraiment l’ancienne puissance coloniale, celle-ci jugeant le coup d’Etat « de changement de pouvoir hors norme ».

Le contentieux datait de 2002 où Paris avait mis cinq mois pour reconnaître son élection. Ravalomanana lui avait ensuite rendu la monnaie de sa pièce en mettant les entreprises françaises en concurrence avec les entreprises chinoises, américaines ou canadiennes. Le groupe Bolloré avait été écarté de l’appel d’offre pour la gestion du port de Toamasina. « Quant au groupe Total, il ne devra qu’à l’intervention personnelle de Sarko d’arracher, en 2008, (…) un permis de prospection terrestre ».

Areva s’est également invité dans la danse, officiellement dans l’appui logistique à …Total à la prospection des sables bitumineux de Bemolanga. Curieux hasard, il y a aussi de l’uranium dans la même zone comme dans d’autres régions de Madagascar. Areva a-t-elle normalement des activités d’appui logistique dans la prospection pétrolière ? Il serait intéressant d’avoir la réponse…


Raphaël De Benito
Billets d’Afrique et d’ailleurs, n°187, janvier 2010.

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Video: Le silence de la mer, retour sur "Pillés là bas, chassés ici"

17 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Mercredi 13 janvier 2010 TV Bruits

Retour sur

"Pillés là bas, chassés ici,

le Nord place le Sud dans l'impasse"

Le silence de la mer

 


Emmanuel Terray, anthropologue militant et fervent défenseur des « migrants illégaux » a ouvert ces quelques journées de rencontres (débats, lectures, témoignages, musiques...) sur le thème de l’immigration, en dénonçant la corruption des états responsables de l’immigration qui, en fermant les frontières et en prenant des mesures répressives ont permis l’émergence d’une nouvelle forme d’esclavagisme...

Directeur, entre 1984 et 1991, du Centre d’études africaines (EHESS-CNRS), et membre de la Ligue des Droits de l’Homme, il est l’auteur d’un texte dont le Monde a refusé la parution « 1942-2006 : réflexions sur un parallèle contesté », mais qui circule sur le net, et que l’on peut lire sur l’un des sites de la ligue des droits de l’homme ou sur celui de RESF. Il est également l’auteur, avec Claire Rodier, juriste au Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés) d’un livre intitulé ;

Immigration, fantasmes ou réalités, pour une alternative à la fermeture des frontières

Face aux fantasmes et aux mensonges, cet ouvrage a pour objectif de poser les bonnes questions, d’analyser les conséquences des politiques menées et de démonter les solutions hâtives, afin de montrer la réalité des situations et de susciter le débat. Il s’adresse aux personnes qui, bien qu’attachées au respect des droits de l’homme doutent, ébranlées par les discours sécuritaires ou économistes.

durée : 24 min

film produit par Tv Bruits

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Cinquante ans d'indépendance : le bilan d'Achille Mbembé

16 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Cinquante ans d'indépendance :
le bilan d'Achille Mbembé

L'historien camerounais Achille Mbembe livre ici son bilan des cinquante années de l'Afrique indépendante. Un beau texte désespéré d'où ne sort malheureusement aucune proposition concrète... Le "New Deal" qu'il évoque est en effet impraticable sur le terrain, tout simplement parce qu'il s'oppose à la souveraineté des Etats. Lisez.


mbembe2-187x254.jpgNous voici donc en 2010, cinquante ans après la décolonisation. Y-a-t-il vraiment quoi que ce soit à commémorer ou faut-il au contraire tout reprendre ?

Restauration autoritaire par-ci, multipartisme administratif par là, ailleurs maigres avancées au demeurant réversibles et, à peu près partout, niveaux très élevés de violence sociale, voire situations d’enkystement, de conflit larvé ou de guerre ouverte, sur fonds d’une économie d’extraction qui, dans le droit fil de la logique mercantiliste coloniale, continue de faire la part belle à la prédation – voilà, je dirais, le paysage d’ensemble.

Dans la plupart des cas, les Africains ne sont toujours pas à même de choisir librement leurs dirigeants. Trop de pays sont toujours à la merci de satrapes dont l’objectif unique est de rester au pouvoir à vie. Du coup, la plupart des élections sont truquées. On sacrifie aux aspects procéduraux les plus élémentaires de la concurrence, mais l’on garde le contrôle sur les principaux leviers de la bureaucratie, de l’économie, et surtout de l’armée, de la police et des milices. La possibilité de renverser le gouvernement par la voie des urnes n’existant pratiquement pas, seul l’assassinat, la rébellion ou le soulèvement armé peuvent contredire le principe de la continuation indéfinie au pouvoir. Globalement, les choses sont donc plutôt bloquées, surtout en Afrique francophone où, les manipulations électorales et les successions de père en fils aidant, l’on peut dire que l’on vit, de facto, sous des chefferies masquées.

Où allons-nous ?

Quatre tendances lourdes me frappent aussi. La première est l’absence d’un réel projet démocratique, d’une pensée de la démocratie qui constituerait une véritable alternative au modèle prédateur en vigueur à peu près partout.

La deuxième est le recul de toute perspective de révolution sociale radicale sur le continent. La troisième est la sénilité croissante des pouvoirs nègres – le fait que plus ils sont vieillissants, plus ils deviennent hystériques et carnassiers, et plus les successions deviennent des affaires de famille.
La troisième est l’enkystement de pans entiers de la société et l’irrépressible désir, chez des centaines de millions, de vivre partout ailleurs sauf chez eux – le désir généralisé de défection et de désertion.

À ces dynamiques structurelles vient s’ajouter une autre – l’émergence d’une culture du racket, de l’émeute sanglante et sans lendemain et qui, à l’occasion, tourne facilement à la guerre de pillage. Cette sorte de lumpen-radicalisme, à la vérité violence sans projet politique alternatif, n’est pas seulement porté par les « cadets sociaux » dont « l’enfant-soldat » et le « sans-travail » des bidonvilles constituent les tragiques symboles. Cette sorte de populisme sanglant est aussi mobilisé, lorsqu’il le faut, par les forces sociales qui sont parvenues à coloniser l’appareil d’État.

Il faut craindre que cette violence sans projet politique alternatif ne se généralise. Elle provoquerait en retour le raidissement d’un État qui, bien qu’illégitime ou amputé de la plupart de ses prérogatives classiques, bénéficie du soutien d’une classe qui en a fait l’instrument de son enrichissement personnel ou, simplement, une ressource privée ou encore une source d’accaparements en tous genres, dans le contexte de la lutte quotidienne soit pour l’accumulation, soit pour la survie pure et simple. Quitte à détruire l’État, l’économie et les institutions, cette classe est prête à tout pour conserver le pouvoir, la politique n’étant d’ailleurs à ses yeux qu’une manière de conduire la guerre civile ou la guerre ethnique par d’autres moyens.

Ces brusques observations ne signifient toutefois pas qu’il n’existe aucune saine aspiration à la liberté et au bien-être en Afrique. Ce désir peine cependant à trouver un langage, des pratiques effectives, et surtout une traduction dans des institutions nouvelles et une culture politique neuve où le pouvoir n’est plus un jeu à somme nulle.

La violence des « sans-parts »

Pour que la démocratie puisse s’enraciner en Afrique, il faudrait qu’elle soit portée par des forces sociales et culturelles organisées ; des institutions et des réseaux sortis tout droit du génie, de la créativité et surtout des luttes des gens eux-memes et de leurs traditions propres de solidarité. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi une Idée dont elle serait la métaphore vivante et absolue. Ainsi, en réarticulant par exemple le politique et le pouvoir autour de la critique des formes de vie, ou plus précisément de l’impératif de nourrir les « réserves de vie », on pourrait ouvrir la voie à une nouvelle pensée de la démocratie dans un continent où le pouvoir de tuer reste plus ou moins illimité, et où la pauvreté et la maladie rendent l’existence si précaire.

Au fond, une telle pensée devrait etre utopique. Elle devrait etre, de nécessité, une pensée de l’émergence et du soulèvement. Mais ce soulèvement devrait aller bien au-delà de l’héritage anti-colonialiste et anti-impérialiste dont les limites, dans le contexte de la mondialisation et au regard de ce qui s’est passé depuis les indépendances, sont désormais flagrantes.

En attendant, deux facteurs décisifs constituent des freins à une démocratisation du Continent. D’abord une certaine économie politique. Ensuite un certain imaginaire du pouvoir, de la culture et de la vie.

D’une part, la brutalité des contraintes économiques dont les pays africains ont fait l’expérience au cours du dernier quart du XXe siècle - et qui se poursuit sous la férule du néo-libéralisme – a contribué à la fabrication d’une multitude de « gens sans-part » dont l’apparition sur la scène publique s’effectue de plus en plus sur le mode de la tuerie lors de bouffées xénophobes ou à l’occasion de luttes ethniques, surtout au lendemain d’élections truquées, dans le contexte des protestations contre la vie chère, ou encore dans le cadre des luttes pour les ressources de base.

Ce sont des gens qui n’ont strictement rien à perdre, qui de surcroit sont totalement livrés à l’abandon – condition de laquelle ils ne peuvent souvent échapper que par la migration, la criminalité et toutes sortes d’illégalismes. C’est une classe de « superflus » dont l’État (là où il existe), voire le marché lui-meme, ne savent que faire. Ce sont des gens que l’on ne peut guère vendre en esclavage comme aux débuts du capitalisme moderne, ni réduire aux travaux forcés comme à l’époque coloniale et sous l’apartheid. Du point de vue du capitalisme tel qu’il fonctionne dans ces régions du monde, ils sont complètement inutiles - des rebuts humains livrés à la violence, à la maladie, à l’évangélisme nord-américain, aux croisés de l’Islam et à toutes sortes de phénomènes d’illumination.

D’autre part, la brutalité des contraintes économiques a aussi vidé de tout contenu le projet démocratique en réduisant celui-ci à une simple formalité – un rituel sans contenu ni symbolique, et plus grave encore sans conséquence réelle sur la vie quotidienne des gens ordinaires. Puis, comme je le suggérais à l’instant, l’incapacité à sortir du cycle de l’extraction et de la prédation dont l’histoire, d’ailleurs, prédate la colonisation. Ces facteurs, pris ensemble, pèsent énormément sur les formes que prend le politique dans nos pays.

À ces données fondamentales s’ajoute l’événement qu’aura été la grande diffraction sociale commencée au milieu des années 80. Cette diffraction de la société a conduit à peu près partout à une informalisation des rapports sociaux et économiques, à une fragmentation sans précédent du champ des règles et des normes, et à un processus de dés-institutionalisation qui n’a pas épargné l’État lui-même.

Cette diffraction a également provoqué un grand mouvement de défection de la part de nombreux acteurs sociaux, ouvrant dès lors la voie à de nouvelles formes de la lutte sociale – une lutte sans pitié pour la survie centrée autour de l’accès aux ressources. Aujourd’hui, le bidonville est devenu le lieu névralgique de ces nouvelles formes d’affrontements souvent sans tete apparente. Il s’agit d’affrontements de type moléculaire et cellulaire qui combinent des éléments de la lutte des classes, de la luttes des races, de la lutte ethnique, des millénarismes religieux et des luttes en sorcellerie.

Pour le reste, la faiblesse des oppositions est connue. Pouvoir et opposition opèrent en fonction d’un temps court marqué par l’improvisation, les arrangements ponctuels et informels, les compromis et compromissions diverses, les impératifs de conquête immédiate du pouvoir ou la nécessité de le conserver à tout prix. Les alliances se nouent et se dénouent constamment. Mais surtout, l’imaginaire du pouvoir ne s’est guère transformée. L’imaginaire structurant de la politique en Afrique reste celui de la guerre civile permanente. Et tant que l’on ne découplera pas la politique et la guerre, le potentiel de violence restera explosif.

Décolonisation et internationalisation

Ce cinquantenaire de la décolonisation n’est pas seulement une affaire africaine. On me dit que la France, en particulier, veut faire de 2010 une « Année de l’Afrique ». La France, justement, donne l’impression de n’accepter que du bout des lèvres la démocratisation du Continent. Dans son pré-carré, elle s’y est opposée farouchement depuis 1960, n’hésitant pas, le cas échéant, à recourir à l’assassinat et à la corruption.

Aujourd’hui encore, elle est connue, à tort ou à raison, pour son soutien le plus tenace, le plus retors et le plus indéfectible aux satrapies les plus corrompues du continent et aux régimes qui, justement, ont tourné le dos à la cause africaine.

Il y a une raison simple à tout cela – les conditions historiques dans lesquelles s’est effectuée la décolonisation et le régime des capitations qu’ont cimenté les accords inégaux « de coopération et de défense » signés dans les années 1960.

On ne le sait peut-etre pas assez, l’objet de ces accords secrets, ce fut non pas de liquider le rapport colonial, mais justement de le contractualiser. C’est au nom de cette contractualisation des vieux rapports coloniaux que la France continue, de facto, d’exercer un droit de propriété sur le sol, le sous-sol et l’espace aérien de ses anciennes colonies.

Lors de son dernier voyage officiel en Afrique du Sud, le Président Nicolas Sarkozy avait promis de rendre public ces accords. Je ne sais s’il l’a déjà fait.

Les États-Unis ne s’opposent peut-être pas activement à la démocratisation de l’Afrique. Cynisme et hypocrisie suffisent largement – encore que de nombreuses institutions privées américaines apportent une aide multiforme à la consolidation des sociétés civiles africaines. C’est par exemple le cas des nombreuses fondations américaines. Mais le caractère moralisateur et évangélique de leurs interventions laisse à désirer.

Un fait majeur des cinquante prochaines années sera la présence de la Chine en Afrique. Cette présence est sinon un contrepoids, du moins un expédient à l’échange inégal si caractéristique des relations que le Continent entretient avec les puissances occidentales et les institutions financières internationales. Il est vrai que pour le moment, la relation avec la Chine ne sort pas du modèle de l’économie d’extraction – modèle qui, ajouté à la prédation, constitue la base matérielle des tyrannies nègres. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que la Chine soit d’un grand secours dans les luttes à venir pour la démocratie.

L’influence de l’autre puissance montante, l’Inde, est pour l’instant marginale.

Quant à l’Afrique du Sud, elle ne peut pas, à elle toute seule, promouvoir la démocratie en Afrique. Elle n’en a ni les moyens, ni la volonté, ni les ressources de l’imagination. Du reste, elle doit d’abord approfondir la démocratie chez elle avant de penser à la promouvoir chez d’autres. Il est dommage que des forces externes continuent de faire pression sur elle pour qu’elle exerce sur le Continent un role de gendarme qui ne lui sied pas du tout et pour lequel elle est si mal équipée.

Ce à quoi il faudrait arriver, c’est à une sorte de « New Deal » continental collectivement négocié par les différents États africains et par les puissances internationales – un « New Deal » en faveur de la démocratie et du progrès économique qui viendrait compléter et clore une fois pour toutes le chapitre de la décolonisation.

Survenant plus d’un siècle après la fameuse Conférence de Berlin qui inaugura la partition de l’Afrique, ce « New Deal » serait assorti d’une prime économique pour la reconstruction du continent. Mais il comporterait également un volet juridique et pénal, des mécanismes de sanction, voire de mise au ban, dont la mise en oeuvre serait nécessairement multilatérale, et dont l’inspiration pourrait etre trouvée dans les transformations récentes du droit international. Ceci impliquerait qu’à l’occasion, des régimes coupables de crimes contre leurs peuples pourraient légitimement etre déposés par la force et les auteurs de ces crimes poursuivis devant la justice pénale internationale. La notion de « crimes contre l’humanité » devrait elle-meme faire l’objet d’une interprétation étendue qui inclue non seulement les massacres et les violations aggravées des droits humains, mais aussi des faits graves de corruption et de pillage des ressources naturelles d’un pays. Il va de soi que des acteurs privés loaux ou internationaux pourraient également etre visés par de telles dispositions.

C’est à ce niveau de profondeur historique et stratégique qu’il importe désormais d’envisager la question de la démocratisation et du progrès économique en Afrique.
La démocratisation de l’Afrique est d’abord une question africaine, certes. Mais elle a aussi des dimensions internationales.

Ré-ouvrir le futur

Pour le demi-siècle qui vient, une partie du role des intellectuels, des gens de culture et de la société civile africaine sera justement d’aider à « internationaliser » la question de la démocratisation de l’Afrique, dans le droit fil des efforts des dernières années visant à mutualiser le droit international et qui ont vu l’apparition d’instances juridictionnelles supra-étatiques.

Encore faut-il aller au-delà de la conception traditionnelle de la société civile, celle qui est étroitement dérivée de l’histoire des démocraties capitalistes. D’une part, il faut tenir compte du facteur objectif qu’est la multiplicité sociale – multiplicité des identités, des allégeances, des autorités et des normes – et, à partir d’elle, imaginer de nouvelles formes de mobilisation et de leadership.

D’autre part, la nécessité de création d’une plus-value intellectuelle n’a jamais été aussi pressant. Cette plus-value doit etre réinvestie dans un projet de transformation radicale du continent. La création de cette plus-value ne sera pas uniquement l’oeuvre de l’État. Elle est, à mes yeux, la nouvelle tache des sociétés civiles africaines. Pour y parvenir, il faudra à tout prix sortir de la logique de l’urgence et de la logique des besoins immédiats qui a, jusqu’à présent, colonisé le débat sur l’Afrique.

Tant que la logique de l’extraction et de la prédation qui caractérise l’économie politique des matières premières en Afrique n’est pas brisée, et avec elle les modes existants d’exploitation des richesses du sous-sol africain, nous n’irons pas loin. La sorte de capitalisme que favorise cette logique allie fort bien mercantilisme, désordres politiques et militarisme. Cette sorte de capitalisme, on en voit déjà les prémisses à l’époque coloniale, avec le régime des sociétés concessionnaires. Tout ce dont il a besoin pour fonctionner, ce sont des enclaves fortifiées, des complicités souvent criminelles au coeur des sociétés locales, le minimum possible d’État et l’indifférence internationale.

Si les Africains veulent la démocratie, c’est à eux d’en payer le prix. Personne ne le paiera à leur place. Ils ne l’obtiendront pas non plus à crédit. Ils auront néanmoins besoin de s’appuyer sur de nouveaux réseaux de solidarité internationale, une grande coalition morale en dehors des États – la coalition de tous ceux qui croient que sans sa part africaine, notre monde décidément sera plus pauvre encore en esprit et en humanité.

Source : Le blog de Théophile Kouamouo, 10/01/2010
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Envoyez vos vœux à votre banquier ! Interrogez-le sur ses activités dans les paradis fiscaux

16 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

15 janvier 2010

Envoyez vos vœux à votre banquier !

Interrogez-le sur ses activités dans les paradis fiscaux.


Les annonces récentes des banques françaises concernant la fermeture de leurs activités, en mars 2010, dans les paradis fiscaux figurant sur la liste « grise » de l’OCDE n’ont en réalité qu’une portée très limitée : cette liste se vide au rythme des « petits arrangements entre amis ». Pour rappeler aux dirigeants des banques françaises sa détermination à ne pas voir cette question enterrée, le collectif Stop paradis fiscaux vous propose aujourd’hui une nouvelle forme d’action citoyenne. Interrogez votre banquier sur la nature de ses activités réelles dans ces territoires et exigez plus de transparence, en lui envoyant vos vœux par courrier. Nous vous proposons un modèle ci-dessous.


                     Madame, Monsieur le directeur,

                     Les récentes annonces de banques françaises concernant la fermeture de leurs activités dans certains paradis fiscaux m’incitent à vous écrire aujourd’hui.

                     Les « paradis fiscaux » sont des zones de non-droit qui permettent à quelques grandes entreprises et à des personnes riches de s’exonérer de leur contribution par l’impôt à la couverture des dépenses publiques. Ils diminuent fortement les recettes fiscales, chez nous mais aussi, avec des conséquences dramatiques, dans les pays en développement. Ils favorisent souvent le recyclage et le blanchiment de l’argent issu d’activités criminelles (trafic d’armes ou de drogue par exemple). Ils font aussi le lit d’une spéculation financière effrénée. Leur existence, au vu et au su des autorités de contrôle de tous les pays, est un scandale dans un contexte de crise financière, économique et sociale plongeant le monde dans une profonde récession et entraînant la perte de dizaines de millions d’emplois.

                      Les médias, comme certains responsables politiques, ont révélé que la plupart des banques, y compris les banques françaises, utilisaient les services des paradis fiscaux pour permettre l’évasion fiscale et le contournement de la réglementation financière et bancaire.

                      Cette situation, inacceptable, a conduit les dirigeants des pays du G20 à annoncer des sanctions, lors des deux derniers sommets, à Londres et Pittsburgh. Face à un vaste mouvement citoyen, le gouvernement français, en particulier, a demandé aux banques françaises de se retirer des territoires qui figureraient encore sur la « liste grise » des paradis fiscaux établie par l’OCDE en mars 2010.

                     C’est un pas en avant, mais le fait que Luxembourg, la Suisse, Hong-Kong, Singapour, Chypre, Monaco, Jersey, Delaware, Malte ou encore les îles Caïmans aient intégré si facilement la « liste blanche » de l’OCDE, comme s’ils étaient devenus des territoires parfaitement transparents, n’est pas pour me rassurer.

                     En tant que client(e) de votre banque, je m’interroge sur la nature des opérations que vous effectuez dans ces territoires. C’est pourquoi, sauf à ce que votre établissement se retire de ces territoires, je souhaite que vous m’expliquiez de façon détaillée votre présence et les activités que vous y menez.

                      Dans l’attente de votre réponse, Madame, Monsieur le directeur, je vous prie d’agréer mes meilleurs vœux et mes fidèles salutations.

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Edito Billets d'Afrique et d'ailleurs: un demi siècle tout mauvais

16 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Billets d'Afrique et d'ailleurs

15 janvier 2010 Billets d'Afrique n°187
Édito Odile Tobner

Un demi-siècle tout mauvais


Le 21 juin 2009 un communiqué de l’Elysée déclare : « La célébration en 2010 du 50ème anniversaire de l’indépendance de quatorze ex-colonies françaises doit être l’occasion de souligner et de confirmer l’évolution des relations entre la France et l’Afrique subsaharienne qui doivent rester privilégiées tout en étant renouvelées, équilibrées et transparentes ».


Fort bien ! Hélas, dans le même communiqué on lit également : « Le président Nicolas Sarkozy a confié à l’ancien ministre Jacques Toubon "la mission de préparer et d’assurer la mise en oeuvre d’une initiative ’2010 - Année de l’Afrique’" ».


Sans avoir besoin de rappeler la vieille et longue histoire françafricaine de Jacques Toubon, notamment dans le cadre du Club 89, qu’il animait avec des gens comme Michel Aurillac, ancien ministre de la coopération, et Robert Bourgi, qu’on ne présente plus, on a pu se faire une idée de l’ « évolution », des relations « renouvelées », qu’il allait mettre en œuvre, dès les jours suivants. Jacques Toubon en effet est présent à Brazzaville avant, pendant et après l’élection présidentielle du 12 juillet 2009. Il y affiche un zèle outrancier pour Sassou Nguesso, cautionnant un processus électoral plus que douteux, attaquant le représentant de l’UE, Miguel Amado, pour ses critiques, qualifiées d’« ingérence », des conditions électorales. Toubon se démène à Brazzaville flanqué de son compère Patrick Gaubert, député européen UMP, président de la LICRA, celui qui fut accusé par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme d’avoir fait pression sur les familles des victimes du massacre du Beach, pour que Sassou puisse faire son propre procès pour innocenter ses sbires, alors qu’un procès était, et est toujours, en cours en France pour ces faits.


On ne saurait imaginer incarnation plus virulente de ce que la Françafrique a eu de pire dans sa longue histoire : mépris du peuple congolais, complicité avec un dictateur établi dans le sang de ses compatriotes, encouragement à la pire gestion mafieuse des richesses d’un pays exsangue. Si on avait voulu ôter toute crédibilité à cette opération du cinquantenaire on n’aurait pas fait mieux.


Mais Sarkozy ne s’est pas contenté d’introniser le vieux cheval de retour Allgood, en chantre de la nouveauté, il a lui-même payé de sa personne. Il faut voir la conférence de presse qu’il a tenue le 16 décembre à l’Elysée, entouré des représentants de 11 pays du bassin du Congo siégeant à la Commission des forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC), dont quatre chefs d’États, les présidents Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, Biya du Cameroun, Déby du Tchad et Bozizé de Centrafrique. Cette prestation constitue un sketch françafricain caricatural. Aucun humoriste satirique n’aurait imaginé mieux. La séance dure en tout 35 minutes. Nicolas Sarkozy commence par présenter la brochette alignée à la tribune et exposer la question du bassin du Congo pendant huit minutes, puis il répond aux questions pendant dix minutes. A ce moment, il affirme en se tordant de rire (Ah la bonne blague en effet !) « Mais je ne suis pas le porte-parole ».


Denis Sassou Nguesso parle alors pendant cinq minutes pour « saluer les initiatives du Président Sarkozy », Idriss Déby pendant cinq minutes pour « demander à Nicolas Sarkozy d’organiser des réunions pour le sauvetage du lac Tchad », François Bozizé pendant quatre minutes pour « soutenir l’action de la France », Biya pendant deux minutes pour « dire merci » implorer qu’« on secoure financièrement les pays africains » qui sont « derrière le président Sarkozy ».


Dans son introduction Nicolas Sarkozy a demandé « qu’on tourne la page du débat sur la colonisation et la postcolonisation ». Comment le pourrait-on devant cette exhibition grotesque ? On imagine Sankara à cette tribune, comme il aurait dit très haut la réalité et remis les choses et les gens à leur place !


http://survie.org/billets-d-afrique/2010/187-janvier-2010/

Jacques Toubon sur la Politique Africaine de La France et 2010, année de l’Afrique:

http://www.youtube.com/watch?v=BJf4wvqOago

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Rencontre avec Sunjata, écrivain, cinéaste et musicien Guinéen

9 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Vendredi 15 janvier à 19h à la librairie Terra Nova

 

Rencontre avec Sunjata, écrivain, cinéaste et musicien.

L'auteur présentera son ouvrage et fera une mise en perspective du contexte politique et socio-culturel de la Guinée Conakry


A l'occasion de la parution de son dernier roman "Kalachnikov blues", éditions Vents d'ailleurs (2009), rencontre avec Sunjata.

Rencontre organisée en partenariat avec le GERCA


Sur les rives du Zali, le commissaire Doré Dynamite coule ses journées à bâfrer des bananes plantain, à roupiller et à baffer la multitude de piéteurs de sa ville dans l’espoir d’un aveu encore plus menteur que la vérité. Mais que pèse-t-il dans les tours de passe-passe orchestrés par les multinationales et les politiques de ce pays béni des dieux, aux sous-sols plus que riches de minerais nécessaires à son développement ?

Entre torpeur et brèves de maquis au détour d’une bière frelatée, entre complots cossus dans les salons des puissants et sordides assassinats dans les ruelles démocratiques, Sunjata signe ici un premier polar drôle, grinçant, acerbe sur un pays pris dans la nasse de la Françafrique, entre les petits vols des moins que rien et les scandales inépuisables des « affaires africaines ».
Dans la collection "Fragments", dirigée par Raharimanana.

Voir lea biographie de Sunjata Koly sur son site http://sunjatakoly.wordpress.com/biographie-2
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jeudi 14 Janvier: Soirée débat autour du film documentaire D'ARUSHA À ARUSHA

9 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

jeudi 14 janvier à 20h15 au cinéma Utopia Toulouse


Soirée débat autour du film documentaire

D'ARUSHA À ARUSHA


avec Survie et l'Union des Jeunes Rwandais Pour les Rescapés du Génocide des Tutsi ( UJRGT). Projection suivie d'un débat sur le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) animé par Vincent MUNIÉ, journaliste, réalisateur et membre de Survie et par Liliane RUBASIKA, Secrétaire de L'UJRGT. Les places sont en vente à partir du 8 janvier aux tarifs habituels du cinéma (Le film sera programmé ensuite le vendredi 15 à 18h15 et le mardi 19 à 11h20).


D'ARUSHA À ARUSHA

Christophe GARGOT - documentaire France 2008 1h55mn -

 

D'ARUSHA À ARUSHALorsque Christophe Gargot s'intéresse au Tribunal Pénal International pour le Rwanda, son intention semble claire : interroger le fonctionnement d'une justice exceptionnelle, celle que l'on réserve depuis Nüremberg aux génocides, ces massacres de masse planifiés. Ainsi, des images d'archives que le réalisateur glane parmi la totalité des heures enregistrées au procès, confrontées à ceux qui vécurent le drame, et des espaces presque vidés de toute humanité, D'Arusha à Arusha organise une stupéfiante mise en abîme de la capacité et des limites de la justice internationale à condamner certains des auteurs de crime contre l'humanité...( suite sur le site d'Utopia)

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