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Survie Midi Pyrénées

soirée débat à Utopia : sometimes in April , 7 juin 2007

7 Juin 2007 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

 ,JUIN à 20h00

CINEMA UTOPIA TOULOUSE
"Sometimes in April " de Raoul Peck
+ Débat


"Sometimes in April ", de Raoul Peck, retrace l'histoire du génocide à travers le destin d'une famille, deux frères, l'un rescapé, l'autre ayant diffusé des messages de haine sur la Radio-télévision des Mille Collines.  Leur destin nous plonge au coeur des trois mois de massacre, en  soulignant l'absence de réaction de la communauté internationale. Le Scénario nous amène ensuite devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda, encore en activité  à Arusha.

 

A l'issue de la projection de ce film inédit en France, Survie 31 organise un débat consacré au  rôle joué par la France dans  la tragédie Rwandaise de 1994. Les  conclusions édifiantes de la Commision d'Enquête Citoyenne de 2004 y seront développées.

http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/toulouse.php

Exposition : Commission d’enquête citoyenne, voir: http://expo-cec-rwanda.blogspot.com

L'implication française dans le génocide des Tutsi:
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 Voici treize ans que s’est déroulé là-bas, loin  en Afrique, un génocide

En 2004, les médias ont désormais clos le dossier, en se satisfaisant de l’explication officielle de la République, et nous sommes désormais très  peu à nous souvenir  qu’un printemps comme un autre, en 1994,  en Afrique,  l’humanité s’est vautrée dans le pire. Mais, avons-nous seulement  déjà été nombreux ?

    Pourtant, nous avons tous vécu cette période… D’ailleurs, que faisions-nous en avril 1994 ? En France, le printemps tardait à s’installer, il y avait une guerre en Yougoslavie, qui occupait toute l’actualité, on parlait des vacances et des élections de l’année suivante, et puis là bas, loin dans la région des Grands Lacs, des noirs se massacraient. Quelques images sur nos télés, des chiffres, des brèves, quelques regrets dans les conversations, et ce fut tout, ou presque.

    Encore une fois, le filtre invisible qui sépare le reste du monde de l’Afrique avait agi. Il peut s’y produire n’importe quoi, que cela ne nous touchera qu’en surface : la douleur, les pleurs, les souffrances, les vies brisées,  n’y ont pas le même impact que chez nous. Combien faut-il de morts pour s’émouvoir ? Au Rwanda, l’histoire a prouvé qu’un million ne suffit pas… Avec toujours les mêmes « raccourcis » pour expliquer sans plus de réflexion les tragédies sans fin du continent. « Raccourcis » articulés autour de mots dégainés comme une vérité scientifique : luttes tribales, ancestrales, ethniques… Cette sémantique exotique suffit alors à nous prouver que nous n’y pouvons rien.

    Pourtant, dés lors que l’on prenne la peine de s’y intéresser, la réalité apparaît sous un jour très différent. Car c’est un fait, jamais le génocide Rwandais n’aurait pu se commettre au vu et au su de la communauté internationale, sans appui, sans la collaboration d’autres nations, au premier rang desquels : la France.

    Entendons-nous bien : il ne s’agit pas de prospérer sur le drame, pour nourrir une vaine polémique et faire vivre un quelconque sentiment anti-national, mais de relever un événement énorme : en notre nom a tous, citoyens Français, la République dite  « des droits de l’homme »  s’est associée directement à l’un des quatre génocides du 20ème siècle.

    Ce propos  n’est pas une assertion lancée à la légère, mais un fait, largement étayé par les travaux de nombreux chercheurs, d’ONG et d’associations, dont Survie. Les multiples témoignages, pièces à conviction, la reconstruction chronologique de la réalité des faits et décisions, la confrontation des intérêts de chaque partie, ont été synthétisés en 2004 par une commission d’enquête citoyenne formée d’experts. Malgré son faible impact dans les médias,  la conclusion de ce travail est édifiante : la France a soutenue avant, pendant et après le printemps 94 le gouvernement génocidaire, elle l’a armé et protégé : La France s’est rendu complice de génocide.

   Les hommes en charge du pouvoir, E. Balladur, A. Juppé, F. Léotard et au premier rang  F. Mitterrand ont su s’abriter derrière les vitres opaques des cellules élyséennes et autres services secrets, pour gérer sans le moindre contrôle parlementaire, donc au mépris du peuple, la vie de toute une population, celle d’un lointain petit pays, là-bas en Afrique.. 

    Treize ans plus tard, nous sommes peu nombreux à mesurer l’étendue du drame, et à savoir qu’avec le Rwanda la démocratie a été giflée, piétinée. Pourtant rien n’a changé. Fort du soutien de la plupart des médias, les partis politiques se tiennent les coudes et la République n’a jamais fait acte de contrition, au mépris de l’évidence. Il serait pourtant largement temps de s’excuser auprès du peuple Rwandais, de mettre sur pied une commission d’enquête parlementaire, de produire en justice les nombreux génocidaires hébergés dans l’hexagone, et plus que tout, de remettre entre les mains des citoyens la politique Africaine de la France, en tirant un trait une fois pour toutes sur les pratiques mafieuses que mènent nos élites sur le continent, confortés dans leur certitude par un racisme atavique, transmis par leurs propres pères : les colonisateurs.                                                                    

   Au nom de tous les morts, et plus encore des survivants, au nom de  tous les Africains qu’une guerre « sans importance » menace encore, au nom de l’innommable commis  avec l’assentiment de nos ceux qui nous gouvernent, et surtout, surtout, au nom de notre condition d’hommes et de femmes du monde, nous avons le devoir devant chaque Rwandais, chaque Burundais, chaque Congolais, de chercher la vérité. 
Vincent Munié – Survie

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