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Mercredi 3 décembre 2008


Dénonçons la course aux terres agricoles, nouvelle pratique de « néocolonialisme » : le cas de Madagascar


Depuis le 19 novembre dernier, l’attention de la presse et de l’opinion publique internationales se focalise sur Madagascar à la suite de l’annonce par un ministre sud-coréen de la signature d’un contrat de ‘location’ de 1,300 millions d’hectares de terrains arables pour 99 ans par une société sud-coréenne Daewoo Logistics en vue de la culture de maïs et de palmiers. Les détails du contrat révélé par la presse internationale, suite aux déclarations faites par le directeur financier de Daewoo Logistics, Shin Dong-hyun, lundi 17 novembre à la presse sud-coréenne sont préoccupants et sans précédent :


- La surface louée représente l’équivalent de la moitié de la Belgique. Ou encore de la moitié des surfaces cultivables à Madagascar.


- Daewoo plantera du maïs sur 1 million d’hectares dans la zone Ouest et du palmier à huile à l’Est sur 300 000 hectares. Les semences de palmiers seront importées d'Indonésie et du Costa Rica, celle de maïs des Etats-Unis (Le Monde du 20 novembre 2008). La récolte brute sera envoyée en Corée du Sud.


- Les termes du contrat ressembleraient seraient plutôt à ceux d’un projet d’extraction puisque l’accord ne prévoit pas de versement d’argent à l’Etat malgache, les investissements dans les infrastructures nécessaires à la mise en place du projet tiendraient lieu de ‘prix de location’.


- Daewoo Logistics utiliserait essentiellement de la main d’oeuvre sud-africaine selon le Financial Times cité par l’AFP.


Les principaux ministres malgaches concernés ainsi que les représentants de Daewoo à Madagascar « démentent » en insistant sur le fait que le projet en est seulement au stade de prospection de terrains et de négociations. La presse maintient l’existence du projet car la société sud-coréenne aurait effectivement effectué plusieurs missions à Madagascar au cours de l’année 2008.


L’opinion publique malgache, informée par la presse internationale, est particulièrement en alerte car plusieurs grands projets déjà en cours à Madagascar démontrent la réalité de contrats dont les termes conjuguent une exploitation drastique des richesses du pays par les investisseurs étrangers avec des bénéfices insignifiants pour la nation et les populations malgaches. En effet, l’une des particularités des nouveaux contrats établis par rapport aux échanges inégaux qui ont toujours existé entre les investisseurs étrangers et les autorités malgaches successives réside dans la venue et l’utilisation de travailleurs et ouvriers d’origine étrangère en quantité plus que conséquente. Le bénéfice potentiel en termes de créations d’emplois locaux, n’est donc plus avéré. L’autre problème crucial dans la lutte pour la survie des paysans pauvres et des familles malgaches démunies réside actuellement dans le changement du système de propriété foncière, dont nous pourrons parler dans un prochain article.


La recherche de terres cultivables par les grands groupes internationaux dans les pays pauvres du Sud est une tendance rencontrée dans le monde actuellement. Les articles relatifs au projet Daewoo à Madagascar ont souvent cité le cas similaire de l’Angola et rappelé l’alerte déclenchée par le système des nations unies publié dans un rapport du FAO qui avait mis en garde les pays en quête de terres à cultiver à l'étranger contre un système assimilé à du " néocolonialisme ".

Mais le cas malgache serait « le contrat, le plus important de ce type jamais conclu » (Financial Times du 19 novembre) et les conséquences négatives sur les paysans et sur la nation entière d’un tel projet sont inestimables. Comme l’ont noté justement certains observateurs, « même si ce contrat n’a pas été encore signé, en tout cas il est en marche, et ni la surface de 1,3 millions d’hectares, ni la durée de 99 ans et ni la gratuité n’ont été contesté par les autorités malgaches ».


Aussi, le soutien international spontanément provoqué par la divulgation de ce contrat devrait se poursuivre par une mobilisation internationale pour soutenir les paysans malgaches et les organisations locales qui luttent pour la défense de leur patrimoine, en coordination avec les dénonciations de cette tendance mondiale de nouvelle colonisation des terres évoquée par les Nations Unies. Seule cette action pourra empêcher la signature du contrat, si elle n’a pas encore eu lieu, ou fera reculer ceux qui ont osé le signer derrière le dos des citoyens malgaches et au détriment des générations futures.


Vololona. R.


Jeudi 4 décembre 2008 4 04 12 2008 18:10
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Commentaires

Bonjour,
l'information m'a  profonfément bouleversé en tant que Zanatan ce qui signifie fils de la terre (non malgache né à Madagascar) ; car la terre malgache est sacrée et ne doit pas être vendue à des non malgaches : un bail emphytéotique de 99 ans déguise une vente, ensuite parce que si je comprends que le pays aie besoin d'expertise  la solution est simple faire des joint ventures et partager les bénéfices faits sur le marché mondial : c'est TRES SIMPLE ; et c'est la même chose pour le thon, les fruits et les essences rares : développer le produit en associant l'apporteur de la ressource et son "exploitant" de manière équilibrée en partageant les résultats au niveau de la vente du produit transform sur le marché ;
C'est triste à en pleurer et cette question est vieille comme la colonisation en effet
Daewo est un exploiteur exploitant les faiblesses d'une nation représentée par des élites qui n'ont m^me pas les réflexes d'un étudiant de première année en économie : partager la  plus value et non vendre la matère première;
Veloma
luc


Commentaire n°1 posté par Luc Queyrel le 13/12/2008 à 15h30
Moi je propose à l'Etat malgache de distribuer des terres aux malgaches qui ne demandent qu'à travailler. Mais s'il s'entête à ces transactions douteuses, les opposants doivent saisir le tribunal international de la Haie, car ces pratiques sont classées comme génocide à l'encontre de la population malgache.
Commentaire n°2 posté par RANDRIANARIVO Edmond le 09/01/2009 à 08h18
L'histoire de "l'espace vital" ne se pose pas pour les asiatique comme il se pose pour les européens, Les asiatiques veulent pouvoir se nourrir. C'est ça leur enjeu, donc attention à ne pas se faire manipuler par l'ancienne puissance coloniale qui est en train de lancer une campagne de désinformation dans toute l'Afrique à ce sujet, car il n'y a pas que Madagascar, et il n'y a pas que les coréens. L'autre enjeu de l'investissement sud-coréen est énergétique : tout ce maïs va servir à la nourriture, mais aussi.. aux biocarburants. A moyen et long terme cet investissement va rapporter à tout le pays, car il ne faut pas oublier que l'Afrique est le dernier espace à développer. Qui sont les mieux placés pour cela que ceux qui eux-même ont bénéficié des mêmes bienfaits. Ne vous faites pas berner par les soit-disantes aides humanitaires et autres foutaises néo colonialistes et surtout pas la colonisation mentale du vatican. Libérez-vous de tout cela. Les malgaches ont vraiment changés, il fût un temps où ils ne se laissaient pas manipuler, ils étaient très biens informés, ils paraissaient "intelligents", bref ils faisaient peur. C'est pour cela que rien de ce qui est arrivé sur le continent africain n'est arrivé à Madagascar, hormis la pauvreté. :angry: regardez les pays qui s'en sortent actuellement. La Chine, l'Inde, ils font référence au capitalisme, et leur principal soutien sont les États-Unis et leurs alliés asiatiques. Si on veut retourner en arrière, il ne faut plus parler de dignité. Certes, l'ancien président Ravalomanana a commis quelques impairs, mais n'oublions pas d'où l'on vient Ce qu'il a commencé devait aboutir au bout de 20 ans à l'entrée de Madagascar dans le club des pays les plus influents. Aujourd'hui tout cela est compromis.
Commentaire n°3 posté par Déçu par la bétise et la méchanceté qui se cache le 19/03/2009 à 20h29
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