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Survie Midi Pyrénées

Françafrique: Nice, à l’heure du contre-sommet

1 Juin 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Marianne Enault, à Nice - leJDD.fr

Mardi 01 Juin 2010


Nice, à l’heure du contre-sommet

 

Nice a vu défiler lundi plusieurs associations, à l’occasion du 25e sommet Afrique-France. A l’appel de Survie notamment, ONG qui milite en faveur d’une réforme de la politique africaine de la France, des centaines de personnes sont descendues dans les rues de la ville. Mais le gros des troupes était formé par les sans-papiers, qui ont rejoint Nice à pieds, depuis Paris. Reportage.

nice contre manif

Des centaines de personnes ont défilé à Nice pour exiger une réforme de la politique africaine de la France. (Reuters)

 

Les sans-papiers, les réfugiés climatiques, la Françafrique, les Palestiniens, le NPA, Attac, Europe Ecologie, la CGT, Survie, SOS Racisme… on trouvait un peu de tout dans le cortège de la manifestation organisée lundi après-midi à Nice, en marge du sommet Afrique-France. Environ 1.200 personnes, selon les organisateurs, 600 selon la police, ont donc répondu présent à l’appel d’un collectif d’associations, dont Survie, qui milite en faveur d’une réforme de la politique africaine de la France.


De nombreux manifestants arboraient les masques des dirigeants africains, les bras chargés de valises pleines d’argent, symbolisant le détournement de l’argent public en Afrique, illustré par l’affaire des "biens mal acquis". Sur les pancartes, on pouvait lire, entre autres, "Touche pas à mon despote". Nicolas Sarkozy, lui, était dépeint en "roi de la Françafrique", organisant un carnaval à Nice, avec ses homologues africains.


"Sarko, la rupture, c’est pour quand?"

 

Et les militants de scander: "Sarko, la rupture, c’est pour quand?" Car tous attendent que le président français mette ses promesses à exécution. Ce dernier s’est en effet maintes fois engagé à assainir les relations franco-africaines. Mais trois ans après son accession au pouvoir, le constat est plutôt amer, du côté des associations. "Le pillage de l’Afrique ça suffit, cinquante ans de fausse indépendance, ça suffit", dénonce ainsi Emmanuel Semanou, le président de Survie Bouches-du-Rhône, avant de demander à la France de "se mettre au diapason de tous les pays civilisés et de cesser se soutenir les dictateurs africains".


Dans le cortège, nombreux sont ceux qui regrettent l’absence des dossiers droits de l’Homme et démocratie dans les thèmes de cette 25e édition du sommet Afrique-France. André Afanou, militant togolais des droits de l’Homme, dénonce "une France qui n’a pas bronché, malgré les nombreuses entraves aux libertés publiques" dans son pays. Paris s’est notamment illustré par son silence lors de la réélection contestée de Faure Gnassingbé à la présidence.


L’appel des sans-papiers

 

Mais cette année, aux traditionnelles critiques de la Françafrique, sont venues s’ajouter les demandes des sans-papiers. De nombreux collectifs étaient présents dans les rues de Nice, dont RESF (Réseau Education sans Frontières) et la Cimade. Les sans-papiers, eux, formaient le gros des troupes. Une centaine d’entre eux a d’ailleurs mené une action hautement symbolique, effectuant le trajet Paris-Nice à pied depuis le 1er mai dernier. Ils sont arrivés dans la ville azuréenne dimanche, en même temps que la plupart des jets présidentiels africains. L’image est forte.


Car de la Françafrique aux questions migratoires, il n’y a qu’un pas, que ces collectifs franchissent aisément. Une banderole, aperçue dans la foule, le résume parfaitement: "Hier colonisés, aujourd’hui exploités, demain régularisés." "Au sommet France-Afrique, on va parler de l’immigration. C’est là où vont se discuter les futurs accords, les futurs laissez-passer", explique pour sa part Anzoumane Sissoko, porte-parole du "ministère de la régularisation de tous les sans-papiers", à l’origine de la marche.


Leur demande est claire: "Nous demandons à la France et à l’Afrique la régularisation de tous les sans-papiers." Et de s’en expliquer: "Nous disons aux responsables français que nous cotisons, nous travaillons, nous payons des impôts. Nous sommes utiles à l’économie française. Nous disons aux dirigeants africains, que les routes, les écoles, les dispensaires, ce n’est pas la Françafrique qui les a construits, mais c’est nous, les immigrés." Reste à savoir si elle sera entendue, alors que les représentants des 51 Etats africains et le président français dînent, eux, au Palais des Rois sardes.


Marianne Enault, à Nice - leJDD.fr

Mardi 01 Juin 2010

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