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Billets d'Afrique et d'ailleurs

Billets d'Afrique et d'ailleurs- Décembre 2009

Édito par Odile Tobner

Survie, 25 ans

 

Le 24 juin 1981, sur l’initiative du Parti radical italien, on diffusait dans les plus grandes capitales de l’Occident un document contre l’extermination par la faim, signé par cent treize prix Nobel. Parmi ceux qui répondirent à cet appel, publié dans Le Monde, se trouvait un homme résolu, François-Xavier Verschave. L’association Survie-France fut créée en 1984 pour réaliser les objectifs de ce manifeste.


Le texte pointait clairement le « désordre politique et économique qui règne aujourd’hui ». Il posait l’axiome qui nous sert de guide : « Il faut que tous et chacun donnent valeur de loi au devoir de sauver les vivants, de ne pas tuer et de ne pas exterminer, que ce soit par inertie, par omission ou par indifférence ». Parmi les objectifs concrets, si celui d’augmenter et d’institutionnaliser l’aide a montré ses limites, il en est un qui reste essentiel : « Si les gens savent, s’ils sont informés, nous ne doutons pas que l’avenir puisse être différent de ce qu’il menace d’être et semble fixé pour tous et dans le monde entier. »


Un quart de siècle après, la situation est d’une urgence grandissante. La prévision selon laquelle il fallait s’attendre à ce que « notre époque » soit « celle de la catastrophe  », s’est révélée cruellement exacte. Le recours proposé s’impose toujours avec la même acuité : « Si ceux qui sont sans pouvoir et sans défense s’organisent, utilisant leurs rares mais durables armes – celle de la démocratie politique et des grandes actions non-violentes “gandhiennes”. »


Défendre la démocratie politique là où elle est menacée – et nous savons qu’elle n’est jamais acquise mais constamment soumise aux efforts d’intérêts extrêmement puissants qui n’ont de cesse de la vider, par tous les moyens, de son contenu effectif –, l’instaurer là où elle est absente, partout où l’intérêt des peuples est impudemment bafoué par ceux qui les gouvernent et les bâillonnent, profanant le mot de « démocratie » dont ils osent s’affubler, tel est le combat que nous avons engagé. Pour cela il suffit aux simples citoyens que nous sommes de nous lever et d’oser dire non à la passivité et la soumission à ce qu’on préfère appeler fatalité pour ne pas avoir à nommer les causes objectives des tragédies qui surviennent. Grâce en effet au courage et à la volonté obstinée d’un homme modeste, le manifeste des prix Nobel n’est pas resté, comme tant d’autres appels, une voix qui crie dans le désert, il s’est concrétisé dans l’existence d’une association, modeste elle aussi, à la mesure de nos moyens. François-Xavier Verschave n’a pas attendu que je ne sais quel bienheureux hasard lui donne les moyens de son action, il ne s’est pas découragé devant l’énormité de la tâche1, il a seulement commencé à marcher avec une poignée d’amis aspirant au même but, qui n’avaient que leur seul dévouement. Certains, comme lui-même, sont tombés sur le chemin, quelquesuns, comme Sharon Courtoux, l’associée des toutes premières heures, n’ont jamais renoncé à oeuvrer quotidiennement et bénévolement pour faire avancer les objectifs de l’association. Survie a conquis, au fil des années, une base solide de militants à l’enthousiasme indestructible et à l’engagement généreux et lucide, qui ne ménagent pas leur peine avec une joyeuse abnégation.


A tous, en ce vingt-cinquième anniversaire, il faut dire merci d’avoir, par leur exemple, montré qu’il n’est pas nécessaire d’être puissant matériellement pour « changer la vie » et peser sur le devenir du monde. Il suffit d’être fidèle à ses exigences et de leur accorder plus d’importance qu’aux soucis, même légitimes, qui ne doivent pas nous prendre tout entiers. Il faut laisser la part de l’action pour le rêve.


186 - Décembre 2009

 

 

Jeudi 3 décembre 2009 4 03 12 2009 17:29
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Billets d'Afrique et d'ailleurs n°185 - Novembre 2009  

Edito

Les faux médicaments de la fondation de Jacques Chirac 

 

Quand Jacques Chirac voulait devenir président de la République française il tenait, le 19 juin 1991, à Orléans, des propos violemment racistes sur l’ « overdose » d’étrangers, qui ne sont pas « les mêmes » qu’avant, « des Espagnols, des Polonais, des Portugais », mais sont « des musulmans et des noirs », plaignant le « travailleur français » d’avoir à supporter « le bruit et l’odeur » et exprimant sa phobie d’une natalité fantasmée comme pléthorique, « une vingtaine de gosses », assortie d’une évaluation aussi superlative que fausse du montant des allocations perçues, « sans naturellement travailler ».


Le MRAP porta plainte et fut débouté le 26 février 1992. Les magistrats estimèrent qu’il n’y avait pas de diffamation raciale car les propos en cause « ne constituent que des attaques vagues et générales, insuffisantes pour caractériser la diffamation ; qu’à supposer qu’elles constituent des expressions outrageantes, elles ne visent pas une personne ou un groupe de personnes suffisamment déterminé  ». Pourtant les musulmans et les noirs étaient nommément désignés. La justice sait se voiler la face quand il faut ne pas voir certaines obscénités.


Le même Jacques Chirac, ex président de la République, en quête cette fois de vedettariat international, entend maintenant se faire une image de bienfaiteur des pauvres noirs en donnant son nom à une « fondation pour le développement durable et le dialogue des cultures  ». On peut penser que c’est une gageure que de faire croire à la virginité d’une vieille pute, mais cela marche dans le monde tel qu’il est, où l’impudence est non seulement admise mais vénérée. Après avoir inauguré le « dialogue des cultures » par des propos outrageants que les juges estimèrent simplement « décousus », Chirac continue à faire dans le n’importe quoi. Entouré de sept chefs d’Etats africains complaisants (Bénin, Togo, Sénégal, Burkina Faso, Congo Brazzaville, Niger République Centrafricaine) il a lancé lundi 12 octobre « l’appel de Cotonou » destiné à « promouvoir la lutte contre le trafic de faux médicaments dont les victimes se comptent par dizaines de milliers ». Se porter au secours de l’industrie pharmaceutique, on n’en attendait pas moins de lui dans le faux-problème, alors que, en réalité, c’est l’absence totale de tout médicament qui hâte la mort de centaines de milliers d’Africains. Mais évoquer ce vrai problème amènerait à pointer la responsabilité des faux présidents et de tous les faux apôtres engendrés par le marché de la bienfaisance médiatisée.


Le président Chirac n’a en effet jamais eu le moindre état d’âme à cautionner, pendant ses mandats et sa carrière politique, toutes les fausses élections qui se sont déroulées en Afrique francophone. Il cajolait même les faux présidents, les assurant de son affection. Eyadema pouvait faire assassiner ses opposants, Biya faire tirer sur les manifestants, Bongo mettre son pays en coupe réglée, ce ne sont pas ces vétilles qui pouvaient altérer l’indéfectible soutien que Chirac leur apportait, dans une Afrique qui « n’était pas mûre pour la démocratie  » et devait donc se contenter de ces ersatz de dirigeants. Le résultat bien sûr ne l’inquiétait pas non plus : corruption des oligarchies arrogantes assurées de conserver le pouvoir quoi qu’elles fassent et ne fassent pas, stagnation et régression du niveau de vie de populations privées d’éducation et de soins, surmortalité infantile, absence d’emplois faute du moindre développement. Il y avait des généraux, équipés de vrais armements français vendus au prix fort, conseillés et entraînés par de vrais militaires français, pour maintenir l’ordre. N’était-ce pas l’essentiel en ces contrées exotiques ?


Aujourd’hui les actions médiatiques de la fondation Chirac, la mascarade du forum pour le développement durable sont les plus scandaleux des faux médicaments qui sont fourgués aux Africains pour perpétuer leurs maux sous couvert de les guérir.

Odile Tobner

 

Bulletin mensuel d’information alternative sur les avatars de la politique de la France en Afrique depuis 1994, Billets d’Afrique et d’ailleurs constitue l’un des piliers de notre volonté de mieux informer.

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Mardi 3 novembre 2009 2 03 11 2009 08:42
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Billets d'Afrique et d'ailleurs, n°184, octobre 2009

Edito

Enterrement en Françafrique


Il y a plus de dix ans, en 1996, dans son livre La Françafrique, François-Xavier Verschave, avait mis en lumière les relations singulières autant qu’occultes que le pouvoir politique français entretenait avec les dirigeants de l’Afrique francophone, sujet largement ignoré par l’information en France. Cela engendra ensuite un certain nombre de publications pour persuader l’opinion que cette Françafrique, qui n’avait jamais existé, n’existait plus désormais [1], la politique française ayant bradé son influence en Afrique, faute de moyens.


La nouvelle de cette mort semblait cependant exagérée, à tel point que, lorsque Jean-Marie Bockel, en charge du secrétariat d’Etat à la Coopération, parla, en janvier 2008, d’enterrer la supposée défunte, cela ne provoqua pas un simple sourire amusé, à l’adresse quelqu’un qui n’est manifestement pas au courant, mais une véritable tempête, à l’égard de quelqu’un qui commet un sacrilège en violant un tabou. La réaction fut en effet vigoureusement françafricaine. La morte se portait très bien et avait même toutes ses dents pour se défendre. Jean-Marie Bockel en fit l’amère expérience.


Bongo, tombeur de Bockel, disparu, l’épisode suivant du feuilleton, avec sa succession – ne parlons pas en effet d’élection, ce serait aussi très largement exagéré – dévolue à son fils Ali, vient d’apporter son lot de rebondissements. D’abord une incroyable prestation de l’inénarrable Robert Bourgi, sur RTL le 9 septembre 2009 [2]. Impensable ailleurs qu’en France cette pantalonnade restera dans les annales. On y entend, entre autres, un récit, en pur style françafricain, de l’éviction de Bockel qui démontre à quel degré de ridicule sont assujetties les relations diplomatiques entre la France et l’Afrique. Dire, comme on l’a entendu, que ce style de relation est inévitable c’est avouer que croire à une réelle démocratie, c’est bon pour les gogos. Jamais l’aspect mafieux de la politique africaine de la France ne s’était exhibé avec une telle suffisance. Les très molles réactions de l’entourage de Sarkozy et du gouvernement sont inquiétantes. On est obligé de poser la question.


Que doivent-ils donc à Robert Bourgi ? Ce personnage ne brille ni par son intelligence ni par son sens politique. Il perpétue caricaturalement un foccartisme paternaliste et raciste, dans la mesure où ce serait ce type de relation qui conviendrait en Afrique. En réalité ce qui est aveuglant dans cette prestation c’est que la France n’a aucun rapport avec ceux qui seraient les représentants des peuples africains, ce qui supposerait une certaine dignité, mais seulement avec les despotes ubuesques qui se maintiennent au pouvoir avec son assentiment et je ne sais quel échange honteux de complaisances mutuelles. Bourgi est sans doute la pincette qu’il faut prendre pour serrer certaines mains.


Ensuite et surtout, ce qui a été enterré à nouveau au Gabon par la force, après l’avoir été au Congo Brazza, au Niger, en Mauritanie, au Cameroun, pour ne parler que des cas tout récents, c’est l’aspiration au changement de la masse de la population africaine, écrasée dans l’oeuf comme d’habitude. Il faut que l’inexpugnable système françafricain soit bien férocement vivant et agressif pour que les vagues de contestation dont il est l’objet viennent régulièrement se briser sur son impavide réalité. On peut certes prophétiser son inéluctable démantèlement mais on ne cesse d’être stupéfait de sa résistance et de sa pérennité. Dans son blog La pompe à phynances, Frédéric Lordon affirme : « De quoi Ubu est-il fondamentalement la figure ? Du despote parasitaire ». Cette figure monstrueuse d’un pouvoir qui prend tout, ne donne rien et tire sa force herculéenne de cette spoliation radicale et cynique devait s’incarner en Afrique.

Odile Tobner

[1] Par exemple : Comment la France a perdu l’Afrique, Glaser et Smith, Hachette 2006

[2] Voir Le cas Bourgi, page 11

Au sommaire de ce numéro:

LES BRÈVES DE LA FRANÇAFRIQUE

EDITORIAL
Enterrement en Françafrique

 GÉNOCIDE RWANDAIS
Interview de Patrick de St-Exupéry
Militaires et politiques français savaient qu’il y avait des mercenaires francais

2010 Année de l’Afrique.  Toubon : les colonisateurs ont « porté au monde en quelque sorte, toute une partie de la planète qui n’existait pas jusque là »

CAMEROUN Affaires de nègres Un docu retraçant la création d’un escadron de la mort composé de militaires, policiers et gendarmes

NIGER “MA VIE EST MENACÉE” Le témoignage de Marou Amadou, président d’un important goupement d’associations de la société civile nigérienne

GABON Bongo à perpétuité Les Gabonais condamnés à une succession dynastique. Décryptage du coup d’Etat électoral d’Ali Bongo

 

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Mardi 6 octobre 2009 2 06 10 2009 09:26
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Billets d'Afrique n°178, mars 2009

Le mensuel de l'association Survie
SOMMAIRE


- LES BRÈVES DE LA FRANÇAFRIQUE

  • Le blues du businessman
  • Circulez ! Il n’y a plus rien à voir
  • Mayotte : un gros mensonge
  • Mayotte : Une porte de sortie ?
  • La part des “anges”

- FRANCE
Happy birthday, la « rupture » !
Un an après le discours du Cap, où en sont les changements annoncés par Nicolas Sarkozy en matière militaire dans la politique de la France en Afrique

- FRANCE RWANDA
Les complicités de la classe politique française
La complicité française dans le génocide reste un sujet tabou pour notre classe politique. Retour sur quinze ans d’omertà pesante.

- CONGO-RWANDA
Sarko : « La France n´a pas à rougir de ce qu´elle a fait »
Dans une interview accordée à la presse congolaise, Nicolas Sarkozy, est revenu sur son discours tenu, le 16 janvier, devant le corps diplomatique français. Certains de ses propos avaient scandalisés les Congolais.

- PIERRE PÉAN
Le monde selon P. : Puant !

Sous couvert de « scoop » sur Bernard Kouchner, le nouveau livre de Pierre Péan constitue, en fait, la suite de la campagne négationniste au service de ceux qui craignent d’avoir à répondre un jour de complicité de génocide.

- UNION DES COMORES
Débat parlementaire sur Mayotte : retenir le meilleur ou le pire ?
C’est sans doute la première fois depuis 1981 qu’il est rappelé à l’Assemblée nationale et du Sénat que la France occupe illégalement Mayotte. Un débat qui intervient à quelques jours du référendum pour la départementalisation de l’île.

- MAURITANIE
Péril en la demeure
Au pouvoir depuis le coup d’État du 6 août 2008, la junte mauritanienne, réunie en Haut Conseil d’État (HCE), mène le pays dans une impasse très dangereuse. La France conserve des positions très ambiguës.

- CAMEROUN
Une répression sanglante
Un récent rapport pointe les violations des Droits de l’homme commises à l’occasion des troubles politiques et sociaux de février 008. Des violations qui n’ont pas ému la France.

- CAMEROUN
Ambiance délétère
Le régime de Paul Biya, sourd à toute critique, tance la communauté internationale

Vendredi 6 mars 2009 5 06 03 2009 17:43
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Nuages sur l'An Neuf
 

On change d’année dans un climat qui a rarement été aussi délétère. La crise financière, largement prévisible mais que personne n’avait prévue parmi ceux qui nous chantaient les louanges du libéralisme comme horizon indépassable du monde où nous vivons, la recrudescence des conflits sans issue, comme des plaies qui ne pourront jamais se fermer parce que trop d’intérêts et de rancoeurs les maintiennent ouvertes irrémédiablement, assombrissent nos pensées.


Il est très amer de constater que les grandes puissances, frappées dans leurs banques et leurs entreprises financières par le désastre engendré par les spéculations sans frein, voire les escroqueries de leurs héros traders, ne se sont pas vu imposer par le FMI et la Banque Mondiale des Plans d’Ajustements Structurels. Ces fameux plans avaient été sévèrement imposés aux pays sous-développés surendettés, avec les mesures drastiques qui ont étranglé leurs économies et jeté sur la route de l’exil des masses de miséreux, tout cela au nom de la saine gestion. La vertu prêchée par ces saintes institutions est à usage exclusivement des petits et des pauvres, comme on le sait depuis qu’il y a des religions. Celle de la finance ne fait pas exception à la règle.


L’ensemble de la dette des pays sous-développés est de 2800 milliards de dollars. Quand on éponge quelques centaines de millions par ci par là, cela fait l’objet de commentaires extasiés sur la « générosité » des créanciers mais les pays qui en bénéficient doivent en retour offrir à la privatisation les secteurs rentables de leurs services publics. En revanche les USA vont débourser sans barguigner 700 milliards de dollars et les autres pays développés ne seront pas en reste pour parer aux destructions de capitaux qui ruinent en cascade leurs économies. Mais, en contre-partie, il n’y a pas d’assainissement sévère de prévu, comme de supprimer les paradis fiscaux. Plutôt que de reconnaître et de purger les vices du système, on va tout faire pour le sauver avec ses tares, parce que ce système financier mondial n’est pas destiné à favoriser la prospérité de tous les Etats mais à garantir les privilèges exorbitants de quelques uns.


Les guerres, dont la spéculation financière se nourrit et qu’elle alimente ont donc de beaux jours devant elles. L’année 2008 a vu flamber des conflits latents et tout d’abord le plus sanglant d’entre eux, celui qui ne cesse de ravager l’Est du Congo. On a pu parler de guerre du Coltan pour ce conflit interminable dont l’aliment et l’enjeu sont l’exploitation de minerais hautement stratégiques car indispensables à l’industrie des outils de communication. En dix ans, quatre rapports de l’ONU ont dénoncé les acteurs de cette exploitation, sans aucun résultat. La population, soumise à la terreur, se jette sur les routes pour échapper aux travaux forcés, aux viols et aux massacres. Depuis trois mois quelque 250 000 personnes sont venues augmenter le nombre des personnes déplacées à l’intérieur de la RDC, promises à un sort misérable. L’impuissance des 17000 soldats de l’ONU (MONUC) présents en RDC à protéger les populations est un scandale supplémentaire.

Cette inefficacité est due à l’absence de volonté et de cohésion dans la direction des opérations. Elle révèle l’hypocrisie des puissances qui dominent l’ONU. Les décisions vertueuses prises en haut lieu restent lettre morte sur le terrain, où l’on ferme les yeux sur la réalité des trafics et des exactions. Les enfants du Congo continueront cette année à creuser des galeries sommaires, qui s’écrouleront parfois en les ensevelissant, ils remueront des tonnes de terre pour extraire quelques grammes du précieux métal et pour quelques sous. Au dessus d’eux toute une chaîne de spéculation fera se multiplier la richesse de ceux qui tiennent les armes et des multinationales qui négocient, transforment et utilisent cette matière première. La seule véritable urgence c’est de secourir les actions qui baissent.

Odile Tobner

Vendredi 9 janvier 2009 5 09 01 2009 20:13
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Billet d'Afrique et d'ailleurs n°17, décembre 2008 



Région des Grands Lacs
La French connexion ou la double inconstance

 

 


Alors que son influence est diminuée au Kivu, la France est prête à tout pour y reprendre pied. Quitte à se rapprocher d’un de ses ennemis jurés, le président rwandais, Paul Kagamé. Avec en arrière-plan, toujours le même objectif : le pillage des richesses de l’Afrique.

Ah Non ! Ah ça, Non ! Depuis 15 ans, le président rwandais, Paul Kagamé nous est présenté par les colporteurs du discours Elyséen comme le « pire criminel en exercice en Afrique », le dictateur omnipotent de des Grands Lacs, le deus ex machina du génocide, le « khmer Noir » et voici que l’on découvre que notre diplomatie est prête à tout pour se rapprocher de lui. 


Si l’on suit pas à pas cette logique, la France, une fois de plus, s’apprête à soutenir un tyran. Et c’est bien tout le problème que doivent affronter Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner : se défaire de ce discours, renier la doctrine passée, et d’abord mettre à bas ces maudits « mandats Bruguière », dont Paul Kagamé a fait un préalable rédhibitoire. Il faut dire que la France est en demande. Car en 2008, son influence et les dividendes afférents se trouvrent en grande perdition dans la région des Grands Lacs. De fait, Joseph Kabila semble prendre quelques libertés et l’annonce de la signature d’un contrat minier de 10 milliards de dollars avec la Chine a eu l’effet d’un tremblement de terre dans la vieille mécanique occidentale du pillage du Congo. 


Voici que les dogmes tombent et des alliances impensables se forment pour faire front.
La France au côté des Anglais ! En effet, la présence de David Miliband, ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, aux côtés de Bernard Kouchner lors de sa tournée d’urgence dans la région, n’avait rien à voir avec un quelconque covoiturage. Il va falloir repenser l’avenir. Quoi qu’il en soit, pour se rapprocher, il faut au moins que l’autre ne s’éloigne pas. 


En l’occurrence Paul Kagamé sait parfaitement qu’il n’a rien à gagner à pérenniser la rupture. Au contraire, il a beaucoup à tirer d’un rapport de force qui lui est somme toute très favorable en ce moment. Il apparaît donc en ce mois de novembre que le ping-pong « mandat Bruguière/commission Mucyo » pourrait bien n’avoir été qu’une totale instrumentalisation de l’accusation de complicité de génocide. Du reste de nombreux éléments incitent à douter de la réelle volonté de Kigali de traîner en justice les responsables français largement impliqués dans la collaboration franco-rwandaise de 1990 à 1994. 


En réalité, Paul Kagamé connaît parfaitement les limites du jeu qu’il pratique. En ce sens, pour lui aussi la complicité française n’est qu’un levier de négociation, en plus d’une posture destinée à alimenter aux yeux de son peuple une image d’indépendance et d’intransigeance face à l’Occident. Mais en 2008, pour Paris et Kigali, « l’important » est ailleurs : au Kivu.

 


Coltan City

Très peu de zones du globe peuvent rivaliser avec ce qu’est devenu le Kivu. Une terre de non-droit, où, dés que l’on s’éloigne des quelques grandes villes (Kalémie, Uvira, Bukavu, Goma, Rutshuru…) l’état est en faillite totale et l’insécurité permanente. Si les populations en souffrent à un degré inimaginable, (l’Indice de développement humain officieux de la région Kivu est considéré comme le plus faible du monde), les affairistes de toutes sortes s’en réjouissent. Ici, on creuse dans de petites exploitations très artisanales, pour des minerais à très forte valeur ajoutée comme le coltan, l’or ou la cassitérite. Dans la jungle équatoriale, nul besoin des grosses infrastructures du Katanga pour exfiltrer vers les pays voisins de grandes quantités de ces minerais. Le Rwanda de Paul Kagamé l’a parfaitement compris, qui exporte chaque année plus de cinq fois sa production nationale de Coltan (à Kigali, le quartier de Nyarutarama est même surnommé « Coltan City »).


Certaines fortunes rwandaises se sont bâties sur ce commerce, tel Alexis Makabuza, un des principaux contributeurs financier du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda. En effet, pour ce petit commerce, il est indispensable d’annexer des zones minières. C’est ce qui se passe au Kivu. C’est donc une autre grille de lecture du conflit que le sempiternel raccourci occidental de l’opposition Hutu/Tutsi. La prédation du sous-sol kivutien se fait sous la tutelle des deux « parrains », Jospeh Kabila et Paul Kagamé. Dans ce schéma, eux-mêmes traitent par rebellions interposées - CNDP, FDLR, Mai Mai, etc…- laissant des seigneurs de guerre administrer en toute impunité des zones entières du territoire. Un regard distancé oblige à dire que depuis la fin de la seconde guerre du Congo en 2003 et les élections de 2006, et malgré les accords de Nairobi (novembre 2007) et de Goma (janvier 2008), rien n’a vraiment changé au Kivu. Pourtant sur un plan militaire, les forces en présence sont dérisoires. Mais de tout côté, il semble qu’un arrangement tacite ait été trouvé. Les bases des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et leur région d’implantation sont connues. De même, leur nombre et leur valeur combattante ne peuvent être un obstacle à leur désarmement par la force. Les 5000 hommes de Laurent Nkunda, avec parmi eux beaucoup de Rwandais, ne sont pas non plus une « menace militaire », au sens des capacités combattantes occidentales. En revanche, le pouvoir de nuisance sur les civils de ces groupes est considérable et leurs exactions restent systématiquement impunies. Dans ce paysage, l’armée nationale congolaise (FARDC) ne jouent pas un rôle moins politique, consacrant l’échec du processus d’intégration des diverses rebellions dans l’armée promu par l’accord de Sun City en 2003. Sur le terrain la population sait bien qu’il y a autant à redouter des soldats de l’armée nationale que des rebelles, comme en témoignent encore les massacres de Kiwanja, début novembre.


Kagamé, futur membre de la Françafrique ?

Il est certain que depuis cinq ans, jamais la communauté internationale ne s’est vraiment préoccupée de suivre et de soutenir le processus de paix dans la région. Ainsi, la MONUC, objet de toutes les critiques du moment, n’alignait dans le Nord Kivu, jusqu’à cet été, que 3900 hommes, dont 2400 combattants équipés, sur un territoire impénétrable de 60 000 km2 ! Loin des 17000 hommes, en fait ventilés sur les 2 500 000 km2 de la RDC.


Comme toujours l’hypocrisie internationale est immense. La reprise des combats de Laurent Nkunda, l’accélération du rapprochement de la France avec le Rwanda, l’absence de volonté de rétablir l’ordre au Kivu - une litote -, les touches maladroites de Bernard Kouchner envisageant d’envoyer des troupes tricolores à Goma, la présence ou l’absence de soldats angolais pour venir en aide à un Joseph Kabila de plus en plus distant alors même que Nicolas Sarkozy s’est entretenu à plusieurs reprises avec le président Eduardo Dos Santos, il se tisse, dans la région des Grands lacs, une toile d’araignée de plus en plus en plus complexe, autour d’un objectif éternel, le pillage des richesses de l’Afrique. Le cynisme des dirigeants occidentaux est tel que la contradiction ne leur fait pas peur. Il est vrai que les médias sont rares à relever l’inconstance du discours. Paul Kagamé est certainement un criminel de guerre et son usage de la menace FDLR, son soutien du RCD Goma lui octroient indiscutablement une place dans la famille des mauvais génies d’Afrique, au côté des Sassou, Biya, Eyadema, Déby, Compaoré, Bozizé et consorts. Il lui restait à rentrer dans le cercle Françafricain. Avec l’assistance de Bernard Kouchner cela va être fait, et l’on peut compter sur le French doctor pour l’emballage émotionnel de l’opération.


Mais ce contre-pied évident ne signifie aucunement la plus petite remise en question de la Françafrique, tout juste une nouvelle alliance au mépris des peuples. Très bientôt, peut être, verrons-nous Paul Kagamé appeler de ses vœux une intervention militaire européenne, fusse-t-elle française, sous un mandat quelconque, au Kivu. Pour contrer Kabila, il faudra bien ça.


Dans ce contexte nouveau, on se doute bien que les grands commis de l’état, impliqués dans le génocide de 1994 se frottent les mains : si Kagamé devient un ami, ceux qui continueraient à insister sur la complicité ne pourraient être que de mauvais esprits…


Vincent Munié

Mardi 2 décembre 2008 2 02 12 2008 17:08
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Billet d'Afrique et d'ailleurs n°174, novembre 2008 

 

Compaoraison funèbre


Le sénateur du congrès libérien, Prince Yormie Johnson, affirme avoir aidé le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, à éliminer Thomas Sankara. Un aveu qui donne un nouvel éclairage à un triste épisode de la Françafrique.


Pour le pékin moyen comme pour le plus humble des Burkinabé, l’affaire est entendue : l’actuel président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a planifié l’assassinat de Thomas Sankara pour accéder au pouvoir et s’y maintenir depuis ce mois d’octobre 1987 par le jeu d’astuces électorales. Pourtant, cette même affirmation dite, ce 25 octobre, par le sénateur du congrès libérien, Prince Yormie Johnson, provoque une onde de choc qui se répercute jusque dans les salons feutrés de la présidence du Faso et leur bienséance démocratique.


La révolution liquidée

Il faut dire qu’officiellement, le capitaine Thomas Sankara, meneur emblématique de la révolution burkinabé, est d’abord décédé de « mort naturelle ». Paradoxe, selon la même version officielle, il est également tombé sous les balles de militaires burkinabé soucieux de le ramener à la raison et de l’empêcher d’assassiner son bras droit, un certain Blaise Compaoré, auquel a instantanément profité le crime. Un Blaise Compaoré qui règne donc sur le « pays des hommes intègres » depuis 21 ans, sous le régime duquel les autres dirigeants de la révolution ont été liquidés, qui s’est empressé de renouer avec une politique de coopération, replongeant le pays dans la pauvreté et dans le sens du poil de la Françafrique. Les élites ont aussi retrouvé un faste qui n’était plus permis sous le régime diététique de Thomas Sankara. « L’impérialisme lui offrira le pouvoir sur un plateau d’argent en organisant l’assassinat  » aurait prédit Sankara moins d’un mois avant sa mort [1]. Il connaissait parfaitement Compaoré puisqu’ils avaient été élevés dans la même cour. Depuis son accession au pouvoir, Blaise n’est d’ailleurs jamais retourné voir les parents Sankara qui l’avaient adopté. Pour les Burkinabé, ce comportement signe la forfaiture.


Un seigneur de guerre en costume

Mais pour les chercheurs comme pour les journalistes, il reste malaisé de clamer cet assassinat, faute bien entendu, de ces éléments avérés ou judiciaires qu’une « démocrature » caractérisée est si peu encline à dévoiler. Pour déterminer les complicités, les raisons et les réseaux, les premiers se sont donc attelés patiemment à comprendre d’où provenait ce plateau d’argent, pendant que les seconds remontaient à rebours la piste des balles qui avaient foudroyé Sankara. Pour la première fois depuis 21 ans, leurs chemins se sont rejoints, non loin du lieu du crime, autour de Charles Taylor et d’une poignée de mercenaires libériens dont Prince Johnson. Un seigneur de guerre en costume, dont le parcours sanglant a été couronné de notoriété en 1990, lorsqu’il a capturé, torturé et tué le président du Liberia, Samuel Kanyon Doe, en buvant des bières américaines et en filmant la scène, notamment celle où ses hommes coupent les oreilles du président.


Le 26 août dernier, Prince Johnson devenu sénateur, déclare en qualité de témoin, devant la Commission réconciliation et justice du Libéria, qu’il a participé au coup d’état du Burkina Faso en 1987. Il précise son propos sur les ondes de RFI en indiquant l’avoir fait sur ordre de Blaise Compaoré, en échange de l’aide de ce dernier pour faire tomber le président du Libéria, Samuel Doe, au profit de Charles Taylor, avec les conséquences sanglantes que l’on sait. Selon Prince Johnson, Sankara, également sollicité, aurait refusé de déstabiliser ainsi la sous-région. Il affirme également que le président ivoirien Houphouët-Boigny, disparu en 1993, était favorable au renversement de Sankara et avait permis aux mercenaires libériens de « passer par son pays pour aller au Burkina ». François-Xavier Verschave fut l’un des premiers à expliquer la connivence entre Kadhafi, Charles Taylor et Houphouët- Boigny. Un réseau d’intérêts entre chefs d’États pour lequel, selon lui, « l’élimination du président Thomas Sankara est sans doute le sacrifice fondateur » [2].


Au Libéria, des chercheurs étaient également sur la piste, indiquant, comme Byron Star, que Blaise Compaoré a ramené Charles Taylor du Ghana à Ouagadougou peu de temps avant l’assassinat de Thomas Sankara [3]. Dès 1992, le journaliste nigérian, Nkem Agetua affirmait déjà que Taylor était associé à la mort de Sankara [4] . Quelques années plus tard, l’historien libérien Stephen Ellis écrivait, citant un ancien assistant de Compaoré : « Houphouët-Boigny était au courant des ambitions de Compaoré. Le 15 octobre 1987 des soldats burkinabé sous le commandement de Compaoré, avec l’aide d’un groupe d’exilés libériens incluant Prince Johnson, tuèrent Thomas Sankara » [5].


François-Xavier Verschave, pour sa part, remonte un échelon au-dessus en rappelant au souvenir de la Françafrique ce bon vieux Foccart, de retour aux affaires africaines par la grâce de la nomination de Jacques Chirac au poste de Premier ministre en 1986. « Foccart et l’entourage de Kadhafi convinrent, en 1987, de remplacer un chef trop intègre et indépendant, au point d’en être agaçant, par un Blaise Compaoré infiniment mieux disposé à partager leurs desseins. L’Ivoirien Houphouët-Boigny fut associé au complot ». Le journaliste ivoirien Bernard Doza écrit même, que quelques jours avant le coup d’État, Blaise Compaoré, en visite à Abidjan, « reçoit la confirmation après un têteà- tête avec Houphouët qu’il sera le prochain président du Faso. » [6]


De quoi régaler le tribunal pénal international

De leur côté, les journalistes du Burkina tentent sur place de reconstruire le puzzle de cette tragédie, jusqu’à publier, dans les colonnes de l’hebdomadaire Bendré, les initiales des militaires ayant fait le coup de feu contre Sankara. Ils sont tous Burkinabé et les révélations peu de temps après, dans le même journal, d’un certain John Tarnue, ancien chef des armées de Charles Taylor, racontant cette présence libérienne au Burkina lors de l’assassinat de Sankara, jettent le trouble. Il faut dire qu’entre temps, une enquête judiciaire a été ouverte, puis bien vite refermée, suite à la plainte contre X de la famille Sankara pour assassinat. Naturellement, la presse est plus prompte à alimenter le dossier que la justice burkinabé qui sera même condamnée, en 2006, par la Commission des droits de l’homme de l’ONU, pour sa mauvaise foi à mener cette instruction. Le Burkina, signataire de la Charte des droits de l’homme est d’ailleurs prié de rouvrir ce dossier.


Si le général John Tarnue n’était pas présent sur les lieux, les déclarations de Prince Johnson constituent en revanche un témoignage de premier plan pour n’importe quel tribunal. De là l’onde de choc actuelle. Et si le gouvernement s’est contenté d’estimer, à juste titre, que « ces affirmations viennent comme une atteinte à notre image tout simplement  », la presse, elle, est déjà sur la piste du rôle exact qu’ont joué les mercenaires libériens dans ce coup d’État, avant d’aller embraser, durant plus de dix ans, le Liberia et la Sierra Leone avec la bénédiction de ce que FX Verschave a nommé « le Consortium de Ouaga ». Un réseau mafieux de gouvernants propre à régaler l’auditoire d’un Tribunal pénal international.

Rémy Rivière


Article paru dans Billets d’Afrique n°174. Novembre 2008

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Notes

[1] Valère Somé : Thomas Sankara : l’espoir assassiné (L’Harmattan 1990)

[2] François-Xavier Verschave : Noir Silence (Les Arènes 2000)

[3] The Ecomog Initiative in Libéria : A Liberian Perspective in Issu (nos1- 2 1993)

[4] M. Nkem Agetua : Operation Liberty, the Story of Major General Joshua Nimyel Dogonyaro. (Lagos 1992)

[5] Stephen Ellis : The Mask of Anarchy (New York University Press, 1999)

[6] Bernard Doza : Liberté confisquée.

Mercredi 5 novembre 2008 3 05 11 2008 11:33
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Billets d'Afrique et d'ailleurs n°173(oct 2008)   Voir en ligne : http://billetsdafrique.survie.org

La politique du vide


La disparition, le 3 février 2008, de l’homme politique tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh, secrétaire général du parti d’opposition PLD (Parti pour les libertés et le développement), secrétaire général et porte-parole de la Coordination des partis politiques pour la défense de la constitution (CPDC), qui regroupe 21 partis, n’était pas une mince affaire. Âgé d’une soixantaine d’année, Ibni Oumar Mahamat Saleh était une fi gure très importante de la vie politique tchadienne. Il fut, lors de ses études en France, un leader de la FEANF, milita dans le Frolinat, premier mouvement de rébellion au Tchad, occupa des postes ministériels sous les présidences d’Hissène Habré et d’Idriss Déby, par qui il fut démis de ses fonctions en 1994. Selon le rapport de la commission d’enquête créée à la suite du scandale que sa disparition avait suscité, rapport remis à Déby le 5 août et publié le 3 septembre, l’opposant Ibni Oumar Saleh, arrêté par des militaires de l’armée tchadienne serait « désormais décédé ».


Ibni Oumar Saleh avait été candidat à l’élection présidentielle de mai 2001. Il en contesta les résultats et fut emprisonné. Son parti appela au boycott des élections législatives de 2002, du referendum constitutionnel de 2005 et de l’élection présidentielle de 2006, considérant que ces scrutins n’étaient ni libres ni honnêtes. Il constituait une menace pour le régime despotique d’Idriss Déby, soutenu par la France. Avec lui disparaît une grande partie de l’espoir des Tchadiens d’accéder à une vie politique démocratique. Le 15 août 2008, on a appris la nouvelle de la découverte, sur une plage de Lomé, du corps inanimé de l’homme politique et journaliste togolais Joachim Atsutsé K Agbobli, président du Modena (Mouvement pour le développement national), directeur du journal Afric-Hebdo, ancien ministre, âgé de 67 ans. M. Agbobli affirmait que les résultats des scrutins au Togo n’ont jamais reflété la réalité du verdict des urnes. Il se préparait pour la future élection de 2010 et constituait certainement une menace sérieuse pour le potentat local Faure Gnassingbé.


La thèse du suicide, soutenue par le procureur, est grossièrement mensongère vu les circonstances de cette disparition. Mais cette allégation, destinée à enterrer toute enquête, est une sorte d’aveu du caractère politique et criminel de cette disparition. Elle a soulevé des protestations vigoureuses chez les responsables politiques et associatifs togolais. Cela n’a pas empêché M. Joyandet, secrétaire d’Etat de la Coopération, en visite au Togo le 1er septembre, d’annoncer que la France a décidé de doubler le montant de l’aide budgétaire versée au Togo.


Ces deux assassinats d’importants leaders d’opposition viennent allonger la longue liste des responsables politiques africains tués pour les empêcher d’accéder ou de demeurer à la tête de leurs pays et de faire une politique nationale de leur choix, ratifiée par le suffrage de leurs concitoyens. Tous les deux stigmatisaient les élections truquées. Tous les deux avaient l’expérience de la gestion des affaires publiques. Devant l’irrépressible montée des exigences citoyennes de vie politique « normale », soutenues par l’opinion citoyenne internationale, le recours à l’assassinat pour assurer la pérennité de régimes despotiques risque d’enfoncer plus encore l’Afrique dans le chaos. Il est inutile d’aller à l’ONU proclamer qu’il faut aider au développement de l’Afrique, comme vient de le faire Nicolas Sarkozy tandis que l’on s’abstient dans le même temps de dénoncer ces assassinats comme facteurs de désordre civil et de régression sociale. Ce n’est pas d’aujourd’hui en effet que date la politique d’élimination des leaders africains, qui coexiste avec la déploration hypocrite de l’absence d’une opposition sérieuse. Il suffit en effet qu’elle soit sérieuse pour qu’elle disparaisse.

Odile Tobner


Billets d’Afrique et d’ailleurs – n°173 - octobre 2008

Au sommaire de ce numéro

- LES BRÈVES DE LA FRANÇAFRIQUE

Silence radio ! - Silence radio bis ! - Tromperie - Avis de recherche - Avant les diamants, les pavés - Constitution constipée - Cherchez l’erreur - Des millions pour Bongo
- Brochures pour l’Afrique - C’est beau, un chef de guerre ! - C’est beau, un chef de guerre ! Avec des armes

- TCHAD Yorongar : un témoignage à confronter

Le rapport de la commission d’enquête sur les événements survenus au Tchad l’hiver dernier a été rendu public le 3 septembre. Des témoignages sujets à caution écartent les déclarations du député de l’opposition, Ngarlejy Yorongar. La vérifi cation de son témoignage est indispensable en raison des graves implications qui en découlent.

- Rwanda La face cassée de la République (épidode 2)

Oui, la France savait… Alors que se préparent les commémorations des quinze ans du génocide des Tutsi rwandais en avril 009, nous rappellerons, chaque mois, dans une série d’articles la complicité de la France dans cette tragédie.

- Á LIRE Joseph Tchundjang Pouémi Monnaie, servitude et liberté : La répression monétaire de l’Afrique

- MAURITANIE Le retour de la junte militaire

Le renversement cet été du président Abdallahi après trois ans de transition démocratique illustre une nouvelle fois la main mise des militaires sur le pays. La France a condamné mais « oublie » de réclamer le rétablissement du président déchu dans ses fonctions.

- CÔTE-D’IVOIRE Le spectre des élections de l’an 2000

À l’approche des élections présidentielles prévues par les accords de Ouaga, les graves problèmes à l’origine du coup d’Etat de 1999 ne sont toujours pas réglés

- SÉNÉGAL Le Joola remonte à la surface

- ZONE FRANC Macroéconomie du masochisme

Quatorze pays africains, avec les Comores et la France, constituent depuis 1939 une étrange union monétaire, la zone franc. Relique d’un passé colonial, cette union reflète à la fois le mimétisme intellectuel des élites africaines et l’égoïsme cupide des réseaux de la Françafrique.

- FRANCE SOUDAN La justice ne se marchande pas


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Samedi 4 octobre 2008 6 04 10 2008 15:53
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Billets d'Afrique et d'ailleurs (septembre 2008)


FRANCE RWANDA. Le génocide rwandais questionne la démocratie française.


Au-delà de la simple interprétation politique et de l’instrumentalisation de la complicité de génocide, le contenu du rapport rwandais sur l’implication française dans cet événement impose à la France un large débat national.


 

On ne peut imaginer pire trou noir médiatique qu’un début de mois d’août, veille des Jeux olympiques, pour communiquer le tant attendu rapport Mucyo sur l’implication française dans le génocide des Tutsi du Rwanda. Le gouvernement rwandais ne pouvait l’ignorer. Dès lors, beaucoup de questions se posent, largement confortées par les recommandations mêmes de ce rapport, dont l’une subordonne explicitement la poursuite des accusations formulées dans ses conclusions à un règlement politique entre les deux pays. Pourtant, et ce n’est pas rien, la commission Mucyo cite nommément treize personnalités politiques françaises ainsi que vingt militaires enjoignant « les instances habilitées (la justice rwandaise, NDLR) à entreprendre les actions requises afin d’amener les responsables militaires et politiques français incriminés à répondre de leurs actes devant la justice ». Parmi les accusés, les Mitterrand père et fils, Alain Juppé, Édouard Balladur, Hubert Védrine, Dominique De Villepin ou François Léotard… On le voit, il s’agit du sommet de l’État et donc l’affaire devient simplement énorme dès lors qu’un pays menace de poursuites pour « complicité de génocide » les anciens dirigeants d’un autre. Cela impose à la Nation tout entière d’être correctement informée des termes du débat simplement parce que ces élus ont agi en notre nom, au Rwanda, comme d’autres continuent à le faire ailleurs.


Il y a donc plusieurs façons d’aborder le rapport Mucyo. Celle des analystes officiels d’une presse consensuelle, consiste à s’arrêter à l’interprétation strictement politique des 331 pages (plus 166 d’annexes) de l’enquête rwandaise, comme une réponse aux mandats Bruguière et l’élément d’un marchandage occulte avec la diplomatie française (lire l’article Le rapport Mucyo et les médias français de ce numéro.


Évidemment, cette dimension sauterait aux yeux d’un enfant. En brandissant ces seules explications sous couvert d’un pseudo recul nécessaire, ceux-là bétonnent, un peu plus, le paravent des gouvernants de l’époque pour qui l’affaire est entendue : la France n’a rien à se reprocher, le reste n’étant qu’affabulations. L’avantage de cette interprétation est qu’elle n’exige pas de se plonger dans le rapport. Pourtant, la lecture attentive du texte se révèle une fois de plus accablante pour la France. Il débute par un récit chronologique de l’histoire contemporaine du Rwanda, pour ensuite détailler, sous l’angle de la coopération française militaire, politique et diplomatique, la période du 1er octobre 1990 à août 1994. En la matière, le texte s’appuie sur nombre de travaux existants ne livrant pas d’informations historiques nouvelles (travaux de Gérard Prunier, Colette Braeckmann, Alison Desforges, Patrick de Saint-Exupéry, la mission d’information parlementaire en 1998, la commission d’enquête citoyenne, etc.) . Son intérêt n’est pas tant dans les révélations que dans la synthèse remarquable qu’il propose, celle d’un dossier dont tous les spécialistes savent qu’il est complexe.


Une démonstration suffocante


Ainsi plutôt que de nous démontrer la responsabilité machiavélique d’un gouvernement français uni derrière le seul but d’exterminer les Tutsi, le rapport reconstitue un puzzle autrement complexe. Celui d’une complicité bâtie comme un mille-feuilles, faite de divers enjeux, dont aucun n’a pour finalité un génocide, mais dont tous les acteurs partagent le même mépris pour une population. En ce sens, la démonstration est suffocante. Lorsque l’enquête relate des faits, par essence incontestable, la complicité française devient patente, (dans son assertion du droit international qui n’exige nullement participation et pas nécessairement connaissance du génocide, voir encadré). Car ce qui ressort de chaque page du rapport, c’est que son niveau d’implication, depuis octobre 1990, est tel que la France ne pouvait ignorer ce qui se passait en temps réel au Rwanda. Dans le contexte de l’époque, on redécouvre que chaque décision a été prise à l’aune des grands préjugés géopolitiques français avec pour dogme « la menace Tutsi ». Si elle n’avait été rédigée par l’une des parties en présence, cette relation des faits deviendrait l’une des « bibles » historiques du génocide, tant le rappel des faits est clair, synthétique et précis. La description de l’imbrication de la coopération militaire française dans les Forces armées rwandaises (FAR) et les nombreuses collusions développées en trois ans par un petit groupe d’officiers des troupes de marine et du Commandement des opérations spéciales (COS), est assez édifiante. Tout autant que le rôle de l’ambassadeur Marlaud, le 7 avril, facilitant la constitution du Gouvernement intérimaire rwandais (GIR) dans les locaux même de l’ambassade de France. Le coup d’état de la nuit était ainsi avalisé. Il pourrait bien avoir été, plus que l’attentat du Falcon présidentiel, le vrai événement politique lançant le génocide. En remettant bout à bout les événements de cette période, tous avérés et assortis de nombreux témoignages, la commission nous livre une telle description de l’implication française de l’époque que la question se pose : que penserions-nous d’un pays à ce point compromis avec les nazis ?


Là où le rapport Mucyo apporte des accusations « nouvelles », c’est sur le comportement des troupes françaises présentes sur place au gré des opérations militaires décidées entre 1990 et 1994. Le rapport impute aux militaires de nombreux viols, des interrogatoires musclés, des tortures et des massacres. Les récits s’égrènent dans toute leur horreur et la gravité des accusations portées contre l’armée française exige au minimum une contre-enquête objective. Sans que l’on puisse penser que nos paras soient tous des tortionnaires, l’histoire récente accrédite malheureusement la plausibilité de certains de ces récits (cf l’affaire Firmin Mahé en Côted’Ivoire). Et le voyageur ayant observé certains paras en opération extérieure africaine accordera encore davantage de crédits aux accusations du rapport Mucyo. Finalement, le cadre dépasse largement le contexte du Rwanda. L’Afrique toute entière est, depuis cinquante ans, le terrain d’exercice favori de nos ex-troupes coloniales, et d’une certaine façon, malgré le caractère spécifique du génocide de 1994, le rôle de la France n’a guère été différent au Rwanda de celui qu’elle tint et tient toujours dans ses excolonies subsahariennes.


Cette fois, « ça a mal tourné »


Ainsi, il est absolument nécessaire de replacer l’implication française au Rwanda dans le contexte général de la Françafrique. Car si cette fois, « ça a mal tourné » comme le répètent discrètement et cyniquement le petit cénacle de décideurs de l’époque, notre pays se trouve encore du mauvais côté de la barrière en soutenant, en 2008, les gouvernants sanguinaires d’Idriss Déby, de Sassou Nguesso, de Paul Biya ou de François Bozizé. Aucun enseignement n’a été tiré de ce qui devrait représenter, pour le pays, une catastrophe nationale. Avoir été, avant, pendant et après, aux côtés d’un gouvernement génocidaire, ne mérite-t-il pas de s’interroger ? Cette simple formulation, en soit synonyme de complicité, devrait suffire à organiser un grand débat, à commencer par la désignation d’une commission d’enquête parlementaire. Malgré son évidente instrumentalisation, ce que nous dit le rapport Mucyo, c’est que le génocide des Tutsi du Rwanda, est aussi une affaire nationale strictement française, jetant l’opprobre sur le fonctionnement même de notre démocratie.

Isabelle Méricourt


A lire aussi l’article de ce numéro de Billets d’Afrique et d’ailleurs FRANCE RWANDA. Le rapport Mucyo et les médias français.


Article paru dans Billets d’Afrique n°172. Septembre 2008


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Mardi 9 septembre 2008 2 09 09 2008 10:23
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Billets d'Afrique et d'ailleurs:n° 171 (juillet août 2008)


Salauds de pauvres (Edito)


Le parlement européen vient d’adopter, le 18 juin 2008, ce qu’on appelle la « directive de la honte ». Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale on légalise des pratiques directement attentatoires aux droits de l’homme. En France, la lutte contre les migrants a été le point du programme politique de Nicolas Sarkozy qui a le plus contribué à son élection à la présidence de la République. C’est aussi le point qu’il a mis le plus de zèle à mettre en œuvre par la création d’un ministère de l’immigration confié à Brice Hortefeux. Dénommé également ministère de l’identité nationale, ce qui n’a pas empêché un certain nombre de personnalités dites « de gauche » ou spécialisées dans les droits de l’homme de collaborer au gouvernement qui a instauré une appellation aussi douteuse, ce ministère et son titulaire s’illustrent depuis un an par des pratiques et des déclarations scandaleuses qui ne scandalisent pas grand monde, démontrant le caractère illusoire des grands principes invoqués à tort et à travers dans les discours.


Brice Hortefeux n’a pas fait pas mystère de sa volonté de s’attaquer aux droits de la famille, s’agissant des migrants. Depuis un an, chaque jour apporte des exemples d’atteintes à la famille et à la personne : épouses ou époux, pères ou mères arrachés à leurs proches à leur domicile et à leur travail. Comble de l’hypocrisie on prétend protéger les enfants en les mettant en détention avec leur famille et en les expulsant du territoire auquel ils ont droit. La volonté de « faire du chiffre » a mis en pleine lumière la stigmatisation de gens vivant normalement, parfaitement intégrés par la langue, les liens familiaux et l’activité, mais qui n’ont pas la bonne couleur de peau et qui deviennent de ce fait indésirables. Un dérapage verbal lors de l’émission Capital du 25 novembre 2007, a même vu Brice Hortefeux suggérer que les étrangers sans papiers ne seraient pas des « citoyens honnêtes et propres ». La vidéo de cette émission a été censurée sur le net. Le même Hortefeux défend l’appellation « français de souche », qui devrait normalement être proscrite, contre toute atteinte qui pourrait la ridiculiser.

Si des naïfs peuvent croire aux bonnes intentions de Brice Hortefeux qui affirme que son action vise à protéger la population française ou même celle, de plus en plus triée sur le volet, qui vit en France, contre la venue des indésirables, on ne peut que s’interroger sur la complaisance qu’il montre à l’égard des pouvoirs qui, par leur incurie notoire jamais sanctionnée, sont directement à l’origine de l’exil de leurs concitoyens. Comment se fait-il qu’il accepte de s’exhiber dans la célébration de la fête nationale du Cameroun le 20 mai, aux côtés du dictateur local, qui, il y a quelques semaines, faisait tirer sur sa population révoltée, et de se faire décorer par lui en grande pompe. Toute cette mascarade avait pour but d’obtenir sa collaboration dans les mesures de réadmission et d’interdiction de sortie visant les indésirables. On ne peut que constater que la seule politique mise en œuvre à l’égard de populations privées de tous droits, où qu’elle soient, consiste à les parquer de force en subventionnant leur garde-chiourme et non à lutter contre les causes des migrations qu’on prétend déplorer.


Le secret, bien gardé, de cette situation qui nous oblige, à notre corps défendant, à transgresser nos sacro-saints principes est que c’est grâce à la spoliation des populations africaines, maintenues sous le joug de pouvoirs complices, que nous pouvons avoir à la fois des milliardaires et un minimum de paix sociale. A cela, il n’est pas question de rien changer et toute la force nécessaire sera utilisée pour maintenir le statu quo.


Odile Tobner


Billets d’Afrique et d’ailleurs - n°171 - juillet-août 2008


Au sommaire de ce numéro



-  Mauritanie Le jeu dangereux du terrorisme

Si les réseaux salafistes mauritaniens liés à la branche d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (BAQMI) ont été démantelés après les attentats terroristes qui ont frappé le pays en décembre dernier, le terreau économique et social ayant permis leur éclosion demeure.


-  Algérie Le retour en force du religieux

Dans un contexte social catastrophique, le pouvoir algérien fait, une nouvelle fois, diversion avec la question religieuse.


-  France Les huit plaies d’Alain Joyandet

La France n’a pas fini de se déconsidérer après les propositions de son secrétaire d’Etat à la coopération, Alain Joyandet. Entre portes ouvertes enfoncées et réaffirmation d’une politique calamiteuse pour l’Afrique, c’est un vrai programme de recolonisation qu’il a avancé.


-  Djibouti Une partie à quatre

Le récent conflit frontalier entre Djibouti et l’Erythrée révèle une stratégie complexe dans la Corne de l’Afrique. Quatres puissances y interviennent : la France, les Etats-Unis, l’Erythrée et l’Ethiopie.


-  Burkina Faso Les faux habits de Blaise

Comment l’association de l’amitié franco-burkinabé présidée par l’ancien « monsieur Afrique » de François Mitterrand, Guy Penne, se démène pour donner un visage respectable à Blaise Compaoré.


-  Mali Trains facultatifs

Au Mali, comme ailleurs, il ne fait pas bon dénoncer la destruction des services publics. La récente arrestation de Tiecoura Traoré, ingénieur ferroviaire et syndicaliste du rail malien en témoigne.


-  France Nigeria Une coopération à courte vue

A l’occasion de la visite à Paris, le 12 juin dernier, du président nigerian Umaru Yar’adua, la France et le Nigeria ont signé un partenariat stratégique. Une coopération qui concernera sept secteurs prioritaires : pétrole, gaz et énergie, transports, sécurité, agriculture, éducation et environnement. Avec une préférence marquée pour le pétrole, le nucléaire et la sécurité.


-  Rwanda Jeu de dupes

Le rapport d’enquête rwandais sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi rwandais devrait être publié début juillet. Son contenu est devenu un élément des négociations secrètes que mènent Paris et Kigali.


-  A fleur de presse :

Au Tchad, « neutralité française » se dit « discrets mercenaires »


-  Brèves d’Afrique et d’ailleurs

-  Tête-à-tête nocif
-  Devinette congolaise...
-  Souvenir à gogos
-  La Chine attaque
-  Les fantasmes déferlent
-  Bongo s’énerve
-  Une libération pour mille
-  L’aide au développement... des paradis fiscaux !


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Mardi 8 juillet 2008 2 08 07 2008 15:46
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