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Survie Midi Pyrénées

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Elections législatives au Congo–Brazzaville

15 Juillet 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Survie, 12 juillet 2012

 par FCD Fédération des Congolais de la Diaspora, association Survie 

Elections législatives au Congo–B : l’occasion pour le nouveau gouvernement français de se démarquer du soutien à la dictature

Après le très mauvais signal de la réception d’Ali Bongo par François Hollande le 5 juillet 2012, le nouveau gouvernenement français se trouve confronté à un nouveau test, le 15 juillet : les élections législatives au Congo Brazzaville, un des pays phares de la Françafrique.
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Etat des lieux de la relation France / Congo-Brazzaville

Les élections législatives qui vont se tenir le 15 juillet prochain au Congo Brazzaville, suscitent avant tout un rejet de la part des Congolais, habitués à des élections “hold-up” ou à des “mascarades", selon les termes employés. L’enjeu majeur pour Sassou Nguesso, le dictateur au pouvoir depuis sa réinstallation en 1997 par Elf et les services secrets français, est d’obtenir une assemblée totalement soumise qui validera les changements constitutionnels qui lui permettront de se représenter à l’élection présidentielle de 2016 et de préparer la dynastie familiale à reprendre sa succession.

Ces élections surviennent en retard sur le calendrier initial, du fait de l’explosion de l’arsenal de Mpila, en plein coeur de la capitale Bazzaville, qui a coûté la vie à des centaines d’habitants et détruit un quartier entier en mars dernier. Une catastrophe qui a ravivé toute la colère des Congolais contre leur dictateur et l’incurie de son régime, incapables d’assurer des conditions correctes de sécurité, de gérer l’urgence de la situation, puis de rendre justice aux victimes en les indemnisant et en condamnant les responsables. Une catastrophe qui n’est finalement que le reflet d’un régime pétrolier corrompu et surendetté, où règnent l’impunité et le mépris des populations, tenu par un clan mêlé à des crimes contre l’humanité.

A l’occasion de ce qui s’annonce être une nouvelle mascarade électorale, et afin d’interpeller les nouvelles autorités françaises sur le positionnement qu’elles adopteront, ce dossier présente un état des lieux des relations franco congolaises.

Le constat est sans appel : elles sont marquées avant tout par la recherche du profit des entreprises françaises, entachées par la corruption et le financement des partis politiques français via l’argent du pétrole, et marquées par différentes affaires judiciaires en cours en France, de l’affaire des Biens Mal Acquis à celle des disparus du Beach.

Il revient désormais au gouvernement et aux parlementaires français de se questionner sur les relations maintenues jusqu’à ce jour avec le Congo Brazzaville à tous les niveaux institutionnels, et de se démarquer enfin de tout soutien avec la dictature congolaise.

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M. Hollande, ne cautionnez pas la dictature gabonaise en recevant Ali Bongo!

29 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Vendredi 29 juin 2012

Le changement c'est du vent ?

En campagne électorale, François Hollande lança « je veux que le 6 mai soit une bonne nouvelle pour les démocrates et une terrible nouvelle pour les dictateurs » et s'est engagé à mettre fin à la Françafrique. 
Pourtant il a prévu de recevoir le dictateur gabonais Ali Bongo le 5 juillet prochain !

demandant au Président François Hollande de ne pas cautionner la dictature d'Ali Bongo !
M. Hollande, ne cautionnez pas la dictature gabonaise en recevant Ali Bongo!

Rappelons que celui-ci est arrivé au pouvoir en 2009 à la suite d'élections truquées, contestées et réprimées dans la violence avec l'appui diplomatique et militaire de la France
La diffusion sur France 2, les 9 et 16 décembre 2010, du documentaire "Françafrique" de Patrick Benquet a relancé les accusations de fraudes : on y entend Michel de Bonnecorse, ancien Monsieur Afrique de Chirac avouant « Nous on a plein d’infos comme quoi Obame a eu 42% et Ali Bongo 37% et que c’était quasiment inversés.. ». 

Michel de Bonnecorse a ensuite démenti en incriminant le montage, ce qui est peu crédible, d’autant plus que son propos était appuyé par l’ancien chef des services secrets français au Gabon : « on a les vrais chiffres, on n’est pas les seuls...même l’agence France Presse locale les a... ».

Ali Bongo est également mis en cause en France dans l'affaire des biens mal acquis, pour l'achat entre autres d'un hôtel particulier rue de l'Université à Paris pour 150 millions d'euros, s'inscrivant là dans la droite lignée de son père Omar Bongo, au pouvoir durant 41 années.
Rappelons que l’espérance de vie au Gabon ne dépasse pas 54 ans, que le taux de pauvreté est autour de 60%, et que 25% de la population vit sous le seuil de pauvreté absolue (c'est-à-dire pour sa survie).
40% des femmes accouchent sans assistance spécialisée et les hôpitaux disposent d'environ 1 lit et demi pour 1000 malades.


Depuis les élections frauduleuses de 2009, la société civile gabonaise se mobilise fortement et courageusement, face à une répression violente.

Le mouvement "Ça suffit comme ça !" mobilise les forces sociales et politiques "afin de conduire le pays vers l’adoption des normes démocratiques répondant aux standards internationaux afin de faire du Gabon, un Etat véritablement démocratique fondé sur des institutions constitutionnelles réellement fiables et sur un système électoral transparent et crédible."

Ce collectif ne mâche pas ses mots à l’endroit de la France, l’intimant à "choisir son camp, le camp de la démocratie et de la transparence !" tout en remettant en perspective la relation françafricaine qui sévit entre la France et le Gabon. François Fillon n’a pas daigné recevoir la plateforme ni lui répondre lors de son passage à l’été 2011.

Après la visite rendue par Laurent Fabius à Ali Bongo en février dernier,
François Hollande se rangera-t-il du côté d'un dictateur en mal de légitimité internationale, et peut-être à la veille d'un "Printemps" Ouest-Africain, ou bien du côté d'un peuple réclamant son droit à la démocratie ?


Pour aller plus loin :

- Gabon - France : rencontre Ali-Hollande en juillet ( Jeune Afrique, 22.06.12)

- Togo, Gabon : condamner la répression pour marquer enfin le changement

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A la Rencontre du Rwanda, le 7 juillet à Toulouse

26 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Festivals, concerts, théâtre,...

Le 7 juillet 2012
MIXART MYRYS (12 rue Ferdinand Lassalle 31200 Toulouse)
           accueille
  A la Renc ontre du Rwanda
 
à partir de 13h.30

Une journée et une nuit pour partager et vivre la culture rwandaise

  Expositions, ateliers, spectacles; interventions artistiques, théâtre, musique, danse, projections...

 

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Accaparement de terres : anatomie d’un pillage

26 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

 

25 juin 2012 par Yanis Thomas

Accaparement de terres :

anatomie d’un pillage

 

Cet article a été publié dans le journal le Lot en Action du 13 janvier 2012.

55 millions d’hectares. Un peu moins que la superficie totale de la France. Selon un récent rapport de l’International Land Coalition, il s’agit de l’étendue des terres des pays du Sud qui ont été accaparées depuis 10 ans pour de la production agricole. Mais d’où vient ce soudain engouement pour la terre ? Et qui sont les accapareurs ?

 

C’est en novembre 2008 que cette ruée d’investisseurs vers les terres arables d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud est portée à la connaissance du public : la société sud-coréenne Daewoo annonce qu’elle vient de conclure un accord avec le gouvernement malgache portant sur la cession d’1,3 million d’hectares de terres. Il ne s’agit en fait que d’un exemple, particulièrement spectaculaire (mais qui sera finalement abandonné suite à de fortes mobilisations) de l’intérêt nouveau de certains investisseurs pour le foncier agricole, attisé par trois principaux facteurs.

 

Réduire sa vulnérabilité... au détriment des autres

On assiste tout d’abord à une prise de conscience de leur vulnérabilité par des pays ayant des capacités agricoles limitées, pour des raisons climatiques (pays du Golfe) ou démographiques (Chine, Inde) : la hausse brutale des cours agricoles des années 2007-2008 et les « émeutes de la faim » qui ont suivi ont démontré le risque de dépendre trop fortement des importations alimentaires. L’achat de surfaces agricoles à l’étranger est donc un moyen pour ces pays de sécuriser leurs approvisionnements, en externalisant leur production agricole. C’est ainsi que l’Egypte a « sécurisé » 20 000 ha en Ethiopie ou que la Corée du Sud prévoit de faire de même à hauteur de 380 000 ha d’ici 2018, principalement aux Philippines, au Cambodge, en Ukraine, en Indonésie et en Russie.

 

Rouler et affamer, pas besoin de choisir

Un deuxième facteur de cette ruée sur les terres est l’explosion de la demande pour les agrocarburants (due notamment à une directive européenne de 2009 concernant l’utilisation croissante « d’énergies renouvelables »). Ici, ce sont principalement les entreprises européennes qui sont à la pointe des accaparements. On trouve par exemple l’entreprise britannique Sun Biofuels présente en Tanzanie et au Mozambique dans la production d’huile de jatropha ou encore la société portugaise Galp Energia Group, elle aussi présente au Mozambique. Mais les entreprises des pays émergents ne sont pas en reste. Les géants de l’huile de palme du Sud-Est asiatique (Malaisie, Indonésie, Singapour), comme Sime Darby, Golden Agri Resources ou encore Olam International se ruent aussi sur les vastes espaces d’Afrique de l’Ouest et Centrale : 220 000 ha au Liberia pour les deux premiers (quasiment la moitié de la superficie du Lot !), 300 000 ha au Gabon pour le dernier, au détriment de la forêt tropicale.

 

L’accaparement nourrit son homme

Enfin, en partie conséquences des deux premiers, les perspectives de retour rapide sur investissement et de forte rentabilité constituent le troisième facteur. La terre devient un « produit » rentable pour plusieurs raisons, au premier rang desquelles l’anticipation par les investisseurs de prix agricoles élevés (croissance démographique, agrocarburants). L’achat de terres à des fins spéculatives en est une autre : les terres africaines sont bien moins chères que celles disponibles en Europe ou même au Brésil. Enfin, l’investissement dans la terre est considéré comme un bon moyen pour se protéger contre l’inflation (valeur refuge en période de crise). Au vu de ces « opportunités », on assiste à une arrivée massive de fonds de pensions, fonds d’investissement et autres fonds souverains dans le domaine agricole. Le fonds de pension danois PKA a ainsi décidé d’investir 50 millions de dollars dans Silverland Fund, le véhicule financier du fonds d’investissement luxembourgeois SilverStreet Capital ayant vocation à acheter des terres en Afrique (principalement en Zambie). Pour autant, il est important de noter que les accaparements de terres ne sont pas uniquement le fait de firmes étrangères : des hommes d’affaire ou les gouvernements des pays hôtes peuvent tout aussi bien spolier les populations locales de leurs ressources foncières, (comme le fait l’entreprise Huicoma au Mali par exemple.

 

Terra Nullius ?

Car se sont bien les populations locales qui subissent de plein fouet les accaparements de terres. Dépendant quasi exclusivement de l’agriculture et des ressources forestières (charbon de bois, champignons, herbes médicinales…) pour vivre, leur expulsion des terres qu’elles occupent depuis des décennies ou des siècles porte gravement atteinte à leur capacité à assurer leur subsistance et à mener une vie digne. Le problème vient de la nature des droits sur la terre : généralement ce sont les Etats qui sont officiellement propriétaires de la terre ; or, de fait, ce sont les règles coutumières des populations qui occupent les terres qui régissent les droits sur celles-ci. D’où un certain flou qui fait que les acquisitions de terres à grande échelle peuvent être formellement légales, sans pour autant être légitimes. A cela s’ajoute l’opacité dans laquelle s’effectuent les transactions : les populations se retrouvent du jour au lendemain confrontées aux accaparements sans jamais avoir été consultées. Celles-ci se mobilisent alors, comme en Mauritanie par exemple, où les habitants de la région de Boghé s’insurgent contre l’octroi de 40 000 hectares de leurs terres à la firme saoudienne TADCO, ou encore au Cameroun où la Sosucam, une société sucrière appartenant au groupe français Somediaa d’Alexandre Vilgrain, cherche à doubler ses plantations de 10 à 20 000 hectares. Car ce mouvement d’accélération ne doit pas faire oublier qu’un certain nombre d’entreprises françaises, mais aussi belges, possèdent de vastes surfaces accaparées en Afrique à l’époque de la colonisation. C’est le cas par exemple du groupe belge SIAT ou encore de Bolloré via de juteuses holdings basées au Luxembourg. Ces plantations n’en sont bien sûr pas plus légitimes…

 

La Banque Mondiale et consorts à la manœuvre

Si ces entreprises bénéficient depuis toujours du soutien de leur gouvernement, les accaparements actuels sont plutôt favorisées par des institutions internationales, au premier rang desquelles la Banque Mondiale. La Société Financière Internationale (SFI), la branche de cette institution dédiée au soutien au secteur privée, a par exemple mis en place plusieurs programmes visant à la création d’un « environnement d’investissement favorable » (agence de promotion des investissements, tentative de création d’un marché foncier) pour les compagnies désireuses d’investir dans les terres arables. Les investisseurs sont ainsi mieux protégés ; et tant pis si les populations, elles, restent sans défense. Par ailleurs, l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (connue sous le sigle anglais MIGA), autre filiale de la Banque Mondiale, apporte aussi son concours pour limiter les risques des accapareurs, en se portant pour partie caution des investissements. Elle soutient ainsi la firme anglaise Chayton Atlas Investments dans ses projets en Zambie.

 

Le libéralisme contre les biens communs

Que conclure de cette soudaine accélération des accaparements de terres ? Tout d’abord, qu’elle n’est que le prolongement voire l’aboutissement cynique d’une double logique criminelle de libéralisation et d’industrialisation de l’agriculture et de l’alimentation. Deuxièmement, qu’aucun aménagement à la marge de ces politiques ne saurait contenir la rapacité des investisseurs, publics ou privés : c’est la logique néolibérale qui les sous-tend qu’il faut combattre, au moyen de mobilisations populaires. En France, des associations comme Survie, GRAIN, ou encore Peuples Solidaires tentent de relayer la voix des populations spoliées. Au Sud, des collectifs locaux comme TANY (Madagascar) mais surtout les syndicats paysans, tant nationaux, comme la Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP) au Mali, qu’internationaux comme la Via Campesina, tentent de fédérer les différents mouvements de contestation. Une Alliance internationale contre l’accaparement de terres vient à ce titre de voir le jour en novembre à Nyéléni, au Mali. Un processus forcément lent, trop lent, mais le seul à même de nous permettre la réappropriation de ce bien commun indispensable qu’est la terre.

Yanis Thomas

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Le canal du Mozambique, un enjeu stratégique pour la France

23 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

10 juin 2012

Le canal du Mozambique, un enjeu

stratégique pour la France

 

Ce bras de mer de l’océan Indien séparant l’île de Madagascar du Mozambique abriterait d’importantes ressources énergétiques. La France est en passe de mettre la main sur ce nouvel eldorado pétrolier et gazier.


«  A french coup ! », c’est ce que rapportait Billets d’Afrique (n°185, novembre 2009). Elle émanait d’un diplomate européen à l’issue de la réunion du Groupe international de contact (GIC) sur Madagascar (6 et 7 octobre 2009 à Antananarivo). Ce diplo­mate aux propos si peu diplomatiques se référait au rôle trouble joué par la France dans le renversement de l’ex-président Ravalomana et son activisme en faveur du nouveau président Andry Raojelina au cours des pourparlers inter-malgaches.


Cela était confirmé par Leonardo Simao, « l’ancien chef de la diplomatie mozambicain et membre de l’équipe de médiation de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour Madagascar, dans une discussion rapportée par l’ambassadeur des Etats-Unis. Après avoir rappelé les contentieux opposant la France et M. Ravalomanana, souligné le soutien apporté par la France au régime de M. Rajoelina et mentionné la pression qu’essaient d’exercer certains Français sur les négociateurs malgaches engagés dans le processus de « sortie de crise », M. Simao tira cette conclusion dénuée d’ambiguïté : « L’ingérence française dans les affaires malgaches équivaut à un quasi- colonialisme  », (Thomas Deltombe. Le Monde Diplomatique, mars 2012).


En coulisses, la lutte d’influence a été sévère avec les Etats-Unis et surtout les pays d’Afrique australe, l’ambitieuse Afrique du Sud en tête, peu disposés à laisser la France jouer sa partition habituelle en Afrique. L’affrontement politique a d’ailleurs tou­jours pour conséquence un statu quo institutionnel mortifère pour les Malgaches, rincés par trois ans de tensions sociales, d’insécurité galopante, de prébendes et de corruption plus développée que jamais. La récente alternance politique en France aura-t-elle une influence ? Pas si sûr à la lecture du blog du sénateur socialiste des Français de l’étranger, Richard Yung, qui préside par ailleurs le groupe d’amitié France- Madagascar et pays de l’océan Indien du Sénat et soutient encore plus le putschiste Rajoelina que la diplomatie française : « Je ne défends pas la séquence qui a abouti au départ de Marc Ravalomanana, même s’il n’était pas un modèle de vertu : autoritarisme, répression de manifestants (50 morts), corruption personnelle généralisée, et peu ami de la France. » (Billets d’Afrique 212 - avril 2012). Trois ans après le putsch, on peut en dire tout autant, voire pire, d’Andry Rajoelina. Ce qui change (tout), c’est que ce dernier soit l’ami de la France. Mais à quoi peut donc bien servir cet ami de la France ?


Touche pas au grisbi !

Parmi les confettis de l’empire colonial français, il y a encore  des territoires inconnus de la majorité des Français. Car qui  connaît les îles Eparses ? Ce chapelet d’îles paradisiaques, au  cœur du canal du Mozambique, entre Madagascar et le  continent africain. Rattachés depuis 1896 à la colonie  française de Madagascar, ces îlots auraient dû être restitués,  le 26 juin 1960, à la proclamation de l’indépendance de  Madagascar.

Il n’en fut rien, la France conservant dans son giron le récif de  Tromelin, l’archipel des Glorieuses et les îlots Juan de Nova,  Europa et Bassas da India. Ce n’est que treize ans plus tard,  en 1973, que cette annexion a été tardivement remise en  cause par Madagascar. En 1979, l’ONU recommandait à la  France d’engager des négociations en vue de leur restitution à  Madagascar. Puis plus rien jusqu’à l’orée du XXIe siècle.


Ce n’est qu’en 1999 que la question de la souveraineté des îles Éparses revient sur le tapis avec le projet de la Commission de l’océan Indien (COI) [1] d’envisager la cogestion des îles de Tromelin et des Eparses par la France, Madagascar et Maurice. Une perspective effrayante pour les Français : leur souveraineté sur ces îlots de quelques kilomètres carrés ne se discute pas. Les manœuvres politiques pouvaient alors commencer.

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Juan de Nova Island
Photo magisstra

 

Elles vont durer près de dix ans. Ainsi, en 2010, un accord-cadre de cogestion économique, scientifique et environnementale était signé entre l’île Maurice et la France par le ministre de la Coopération de l’époque, Alain Joyandet. Un texte dont les objectifs véritables sont écrits noir sur blanc dans le projet de loi de ratification du 25 janvier dernier présenté par l’ex-ministre des Affaires Etrangères, Alain Juppé :

« Il ne saurait être question que la France renonce à la souveraineté sur Tromelin non seulement sur le principe mais aussi parce que cela pourrait avoir un impact sur les autres différends relatifs à des possessions françaises d’outre-mer, en particulier celui avec Madagascar à propos des îles Eparses situées dans le canal du Mozambique. Devant la persistance du différend et compte tenu du caractère limité des enjeux économiques actuels, la France a privilégié une approche bilatérale en vue de rechercher un compromis. La négociation a abouti à l’accord signé avec Maurice le 7 juin 2010. Il ne saurait en tout état de cause être question que la France s’engage dans une procédure faisant intervenir un tiers (médiation ou procédure arbitrale ou juridictionnelle). C’est pourquoi a été privilégié un projet de cogestions sectorielles et géographiquement circons­ crites qui a abouti à l’accord signé avec Maurice le 7 juin 2010. (...)

Il permet d’apaiser un pan irritant d’une relation franco-mauricienne par ailleurs excellente et pourrait ouvrir la voie à des accords similaires avec Madagascar sur les îles Éparses du canal du Mozambique. »

C’est clair comme les eaux cristallines des îles Eparses : l’enjeu de cet accord, plus politique qu’économique, vise à conforter la possession française sur ces territoires. Il s’agit aussi d’éviter que le règlement de ces questions sensibles de souveraineté ne se fasse devant une instance internationale qui pourrait statuer in fine sur la restitution à Madagascar. Il est donc plus vital de traiter de façon bilatérale avec un rapport de force plus favorable.


Mais on comprend surtout que la France cherche un accord similaire avec Madagascar sur les îles Eparses. Car, dans ce cas, les enjeux économiques sont autrement plus importants. Mais personne ne le crie sur les toits car il s’agit, en fait, de sécuriser l’énorme potentiel énergétique que représentent ces îles. Juan de Nova, l’une d’elles, à 150 km de la côte ouest de Madagascar, est en effet au cœur du canal du Mozambique, au potentiel pétrolier et gazier gigantesque. Au large du Mozambique, les compagnies Anadarko et l’italienne ENI ont annoncé avoir découvert récemment des gisements géants de gaz naturel. Cette dernière prévoit d’ailleurs d’investir 50 milliards de dollars pour ce gisement estimé à plus de 637 milliards de mètres cubes.


Quant à Total, la compagnie vient d’offrir, e 19 mars, près de 113 millions de dollars pour le rachat de Wessex Exploration Plc qui détient 70% des droits d’exploration offshore et d’exploitation d’un des deux permis sur deux blocs au large de Juan de Nova. Quatre autres sociétés d’exploration se partagent les droits exclusifs accordés par deux arrêtés publiés au journal officiel français du 30 décembre 2008. Leur rapport commun sur le potentiel de la zone parle de découvertes prometteuses. Mais chut ! Total est ainsi opérateur au cœur du canal du Mozambique mais aussi sur le champ de Bemolanga, sur le territoire malgache, à l’extrémité ouest du gisement fossile. Un eldorado pétrolier !


De Mayotte à Mada, géopolitique de la Françafrique

D’aucuns se sont demandés pourquoi la France s’était lancée, avec détermination, dans la départementalisation de l’île de Mayotte, soustraite arbitrairement à l’archipel des Comores en 1976 à l’issue d’un référendum scélérat.

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La marine française en exercice sur l’île d’Europa en 2007Image Marine Nationale

Bien sûr, il s’agissait de mieux contrôler ce canal où transite une grande partie des pétroliers exportant le pétrole du Moyen-Orient vers l’Europe et l’Amérique. Mais n’y avait-il pas un autre enjeu sinon de rendre définitive la souveraineté française de ce territoire, véritable vigie au nord du canal du Mozambique ? Le futur eldorado éner­gétique est désormais étroitement surveillé !


Pour verrouiller le dispositif, il ne reste plus qu’à conserver sous sa cou­pe politique un affidé comme Andry Raojelina susceptible de signer un accord bilatéral en faveur de la souveraineté de la France sur les îles Eparses, moyennant une petite part du gâteau. Dans le cas présent, l’enjeu est hautement stratégique. C’est l’éco­nomiste et blogueur malgache, Patrick Rakotomalala, qui lève le lièvre en mars dernier dans un article très documenté : en 1978, la France décrète une zone économique de 200 miles marins (370 km environ) autour de l’îlot Juan de Nova. Madagascar fait de même en 1985, en obtenant le statut de Zone économique exclusive (ZEE, s’étendant à 200 miles d’un territoire) créé en 1982 par la convention de Montego Bay, autour de son territoire maritime. Or Juan de Nova est à seulement à 150 km (81 miles marins) des côtes malgaches.


Ce qui veut dire que les deux zones se superposent. Il y a donc là un conflit de souveraineté majeur d’autant qu’il n’y a aucun accord de délimitation entre les deux pays [2].

Ironie de l’histoire, le décret français de 1978, crée la zone économique « sous réserve d’accords de délimitation avec les Etats voisins ».


A qui appartiennent donc les ressources énergétiques de la zone ? Comment serait arbitré ce conflit de souveraineté devant une juridiction internationale ? Un cas de figure qui suppose que Madagascar soit offensif sur la question. C’est tout l’intérêt pour la France d’avoir « un ami » pas trop regardant, si ce n’est de ses intérêts personnels, à la tête de l’Etat malgache. Une vieille tradition de la Françafrique et une logique prédatrice déjà à l’œuvre depuis cinquante ans. A ceci près qu’en 2012, la marionnette a besoin d’un vernis démocratique, fut-il appliqué au prix d’élections qui n’en ont que le nom. Elles sont prévues à partir de janvier 2013. Rajoelina prétextant ne pas savoir s’il se présentera.

 


[1] La Commission de l’océan Indien est une organisation régionale créée en 1984. Elle regroupe les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles ainsi que la France avec La Réunion. La démarche, essentiellement politique, s’inscrivait alors dans une logique de renforcement de la coopération Sud-Sud.

[2] D’après le droit de la mer, une zone économique exclusive (ZEE) est un espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière d’exploration et d’usage des ressources. Elle s’étend à partir de la limite extérieure de la mer territoriale de l’État jusqu’à 200 milles marins de ses côtes au maximum. La convention de Montego Bay reste évasive, tant sur la définition du tracé que sur la façon de régler un conflit de tracé. Son article 57 précise qu’elle « ne s’étend pas au-delà de 200 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale », sans autre précision concernant des côtes proches de moins de 400 miles. Son article 59 laisse régler un tel conflit entre parties « sur la base de l’équité et eu égard à toutes les circonstances pertinentes ». Mais si le règlement devait être arbitré à plus au niveau, il reste à choisir entre au moins quatre juridictions compétentes. On s’évitera ces tracas si l’un des États en conflit a des dirigeants peu pugnaces.

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Togo, Gabon : condamner la répression pour marquer enfin le changement

17 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

15 juin 2012

Togo, Gabon : condamner la répression pour marquer enfin le changement

Depuis plusieurs jours, la mobilisation des populations gabonaise et togolaise face aux clans qui les oppriment depuis 45 ans prend une ampleur énorme. Malgré les discours de façade sur la démocratisation en marche qui ont suivi les successions dynastiques à la tête du Gabon et du Togo, la seule réponse des autorités reste la répression. L’association Survie soutient les peuples togolais et gabonais dans leur lutte et demande au nouvel exécutif et au prochain Parlement français de condamner publiquement la répression ordonnée par deux régimes surannés de la Françafrique.

 

Au Gabon, les autorités ont tenté d’empêcher un contre-forum de la société civile la semaine dernière et la police détient et maltraite depuis lundi une vingtaine de leaders de manifestations étudiantes qui ont le tort de réclamer le versement des bourses universitaires et le respect des droits des étudiants. Jeudi matin, alors que d’autres étudiants tentaient d’accéder au tribunal pour dénoncer le simulacre de procès en préparation, la répression est montée d’un cran avec l’annonce de l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants s’ils tentent d’accéder à l’audience.

 

Au Togo, le Collectif "Sauvons le Togo", qui regroupe depuis avril dernier dix-sept organisations de défense des droits humains, associations de la société civile et partis politiques d’opposition, a initié mardi un vaste mouvement populaire de protestation. Plusieurs centaines de milliers de personnes sont ainsi descendues dans la rue pour exiger l’application des recommandations de la Commission Vérité et Réconciliation et refuser la récente modification du code électoral qui renforce la suprématie du clan au pouvoir. Là aussi, la réponse brutale du pouvoir ne s’est pas fait attendre, avec le déploiement de l’armée pour quadriller la capitale et étouffer la contestation. En dépit d’une répression violente, la mobilisation ne faiblit pas et se cristallise désormais autour de revendications qui mettent en péril le régime.


Quels sont les autres points communs entre ces deux situations ?

 

Par une triste coïncidence, les clans au pouvoir au Gabon et au Togo ont été installés en 1967. Ils ont toujours pu compter sur le soutien de la France, à travers une coopération militaire et policière particulièrement active. Qui a formé et équipé les forces de l’ordre qui répriment aujourd’hui violemment ces manifestations ?

Dans ces deux pays, la mort du « dictateur ami de la France » a été suivie d’une succession dynastique immédiatement avalisée par la France, malgré les contestations populaires. Au Togo, Faure Gnassingbé a hérité du pouvoir de son père Gnassingbé Eyadéma en 2005, au terme de violences qui ont fait 500 à 1000 morts et 40 000 réfugiés selon l’ONU. Au Gabon, Ali Bongo a confisqué le résultat de l’élection présidentielle après la mort d’Omar Bongo en 2009, entraînant des manifestations réprimées dans le sang. Qui, dans le nouvel exécutif français, peut nier que ces chefs d’État ont usurpé leur accession au pouvoir ?

Au Gabon comme au Togo, les manifestants qui font aujourd’hui face aux forces répressives craignent que la diplomatie française ne continue à soutenir les régimes en place. Qui peut oublier qu’en pleine campagne présidentielle, Laurent Fabius avait justement été reçu par les despotes Faure Gnassingbé (le 8 décembre 2011) et Ali Bongo (le 13 février 2012) ? Il est maintenant temps que le nouveau ministre des Affaires Étrangères défende les aspirations des peuples à la démocratie, au Gabon et au Togo comme partout ailleurs.


L’association Survie attend de l’Elysée et du Quai d’Orsay la condamnation publique de la répression dans ces deux pays, et espère que la nouvelle Assemblée nationale qui sortira des urnes dimanche se saisira de ce double exemple de plus pour faire enfin l’examen critique de la politique de coopération policière et militaire française avec les régimes autocratiques [1].

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 Un internaute publie une photo des munitions utilisées par la police dans l’enceinte de l’Eglise Catholique à Lomé
https://twitter.com/toussine/status...

[1] Plus largement, l’association rappelle les 5 engagements qu’elle demande au nouveau gouvernement là : Françafrique : le changement, c’est pour quand ?

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" A l'AIDE ou j'ai arrêté de vouloir sauver l'Afrique." le 14 Juin 2012

13 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Jeudi 14 Juin 2012, Café associatif "chez ta mère",  

Rue des trois piliers, Arnaud Bernard, Toulouse.


Conférence Gesticulée

Tarif libre et nécessaire

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A travers son récit, Antoine nous promène dans les arnaques de l'aide au développement, questionne la solidarité internationale et révèle un volet des relations économiques et politiques qui expliquent pourquoi les africains ont tant de difficulté à se sortir de la pauvreté.

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15 Juin: Débat sur l'accaparement de terres en Afrique

12 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Vendredi 15 juin à partir de 18h30 à l'EINSEEIHT (Toulouse)

 

Une rencontre soutenue par leCollectif pour la défense des terres malgaches, ISF (Ingénieurs sans frontières), Peuples solidaires, Tet-llà et Survie Midi Pyrénées.

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Théâtre Rwanda: "Répétitions"

6 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Festivals, concerts, théâtre,...

Jeudi 7 à dimanche 10 juin 2012

 

"Répétitions", une pièce conseillée par Survie Midi Pyrénées.

 

Cliquez sur le flyer pour plus d'informations

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2012, une France sans françafrique !

3 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

31 mai 2012


2012, une France sans françafrique !

Interpellation des candidat-e-s aux élections législatives 2012

Législatives 2012

En 2012, la Françafrique se porte bien et continue de faire des ravages, contrairement aux promesses de « rupture » tenues en 2007 par le candidat Nicolas Sarkozy. En droite ligne avec 50 ans de politique néocoloniale en Afrique, l’actualité de ces 5 dernières années est jalonnée par

  • des interventions militaires, comme en Côte d’Ivoire pour mettre un président docile au pouvoir en 2011, ou au Tchad en soutien au dictateur Idriss Deby en 2008 !
  • la caution des dictateurs comme Sassou Nguesso, dictateur criminel du Congo Brazzaville, reçu à l’Elysée en février 2012 ou le soutien à la réélection de Paul Biya, dictateur camerounais au pouvoir depuis 30 ans !
  • la collusion du politique et du business prédateur des grandes entreprises françaises, aux dépens des populations, de l’environnement, de leur économie, comme pour l’exploitation de l’uranium par Areva au Niger, un des pays les plus pauvres du monde, ou de Bolloré au Cameroun.
  • une ingérence monétaire de la France sans cesse renouvelée, du fait de son poids dans les institutions monétaires de la zone Franc CFA
  • une politique néocoloniale au mépris du droit international, comme pour la départementalisation de Mayotte, qui appartient pourtant à l’archipel des Comores.
  • des affaires de corruption, de fraude, de financement occulte de la vie politique française, trop souvent impunies grâce à une justice mise sous pression, comme dans le cas de l‘Angolagate, de l’assassinat du juge Borrel ou des Biens mal acquis des dictateurs africains en France.

Face à cet état de fait, les Africains, dépossédés de leur parole, de leurs terres, de leurs richesses par des gouvernants et de dictateurs acquis en particulier aux intérêts économiques et géopolitiques de la France sont en colère : en 2011, suite aux révolutions en Tunisie ou en Egypte, de grands mouvements sociaux se sont développés, de Dakar à Libreville, pour contester les régimes en place.


Les dirigeants politiques et les partis ne peuvent plus brandir le dogme de la stabilité et se contenter de prendre acte de ces changements, ils doivent enfin écouter ce que leur disent ces Africains et s’engager pour une politique plus juste.

Les programmes de la plupart des partis pour les élections de 2012, prônent la fin de la « Françafrique », souvent mise entre guillemets et évoquée de façon floue, sans mesures précises pour y mettre un terme.

Ce n’est pas suffisant ! Survie leur demande d’aller plus loin et de s’engager sur des mesures concrètes pour une politique de la France en Afrique réellement au service des peuples.

Envoyez le questionnaire aux candidat-e-s aux élections législatives !

5 mesures phares pour une France sans Françafrique

 

Pour une politique de la France en Afrique, responsable et transparente, Survie demande en priorité :

 

1. Un rôle accru du Parlement

  • Le contrôle du parlement français sur la politique étrangère et de coopération, notamment à travers la remise d’un rapport par le gouvernement et un débat d’orientation annuels
  • Le vote du Parlement avant toute opération extérieure et le suivi régulier de chaque opération engagée
  • La création d’une commission d’enquête parlementaire chargée de dresser le bilan de la politique de la France en Afrique depuis les indépendances
  • La restriction du ‘domaine réservé’ du Président de la République en matière de politique étrangère, et la clarification du rôle des ministères et secrétariats d’Etat (Affaires Etrangères, Finances, Coopération, Défense)

 

2. La fin du soutien aux dictatures et le respect de la souveraineté des peuples

  • L’arrêt du soutien politique et diplomatique et de toute coopération militaire et policière avec les régimes dictatoriaux
  • Le transfert de la souveraineté monétaire en vue de la suppression du Franc CFA
  • La remise en cause du dispositif d’ ‘Aide Publique au Développement’, outil de profits et d’ingérence économique et politique, au profit d’une véritable politique de redistribution des richesses et d’accès de tous aux biens publics (en priorité dans un cadre multilatéral)
  • Le soutien aux sociétés civiles luttant pour instaurer un état de droit (en priorité dans un cadre multilatéral), en particulier lors des processus électoraux et dans leurs démarches contre l’impunité, la corruption et pour la restitution des biens mal acquis

 

3. La fin de l’ingérence militaire et sécuritaire française en Afrique

  • La fermeture des bases militaires
  • L’arrêt des opérations extérieures permanentes
  • La proscription d’opérations extérieures sous commandement ou uniforme français, y compris sous mandat multilatéral

 

4. Un cadre juridique et législatif pour les activités économiques, permettant de lutter contre la fraude et la corruption

  • Une législation contraignante sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, étendant la responsabilité juridique des sociétés françaises et européennes à leurs filiales à l’étranger
  • Une législation sur la transparence fiscale obligeant les multinationales à publier leurs comptes pays par pays
  • Le renforcement des moyens de lutte contre la corruption, la suppression du secret bancaire et la transmission automatique des données fiscales entre territoires

 

5. Une justice indépendante et la fin de l’impunité des crimes liés à la Françafrique

  • La vérité sur l’implication de la France dans le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994, notamment par la création d’une commission d’enquête parlementaire
  • L’arrêt des entraves à la justice par les pressions politiques ou le recours au secret Défense
  • Des moyens d’action accrus pour le pôle judiciaire spécialisé dans les crimes contre l’humanité, de guerre, génocide et torture.
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