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Survie Midi Pyrénées

Articles récents

Survie au Festival Afriqu'à Muret: 1,2,3 Juin 2012

2 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Festival Afriqu'à Muret
1,2,3 Juin 2012

 

ENTREE LIBRE ET GRATUITE

AU PARC JEAN JAURES DE MURET (31)

 

 

Concerts, débats, conférences

Voir programme: http://afriquamuret.jimdo.com/le-festival/concerts


 

mais aussi des

Rencontres avec l'association SURVIE:

JEUDI 31 mai

* Cinéma Mermoz - tarifs habituels

21h :    «De l’autre côté du mur » film de Denis Véricel sur la situation dans le sahara occidental avec un membre de l'APSO et en partenariat avec les amis du Monde Diplomatique et Survie Mp (COMIPSO)

 

SAMEDI  2 juin

 * Au Parc Jean Jaurès  

15h-17h A la rencontre de la littérature (Garonafrique)

« Le Rwanda en 1994- Biafra: de l'engagement des auteurs africains et de la diaspora » avec C. Mazauric et C. Fioupou, enseignantes chercheuses à l'UTM

 

17h-19h A la rencontre de la géo-politique (SURVIE  et Tassakh) 

Conférence débat « L’uranium au Niger » avec Aghali MAHIYA, ancien mineur à Arlit (Niger).

 

DIMANCHE 3 juin

* Au Parc Jean Jaurès  

 15h 17h  Conférence débat : « Les origines du pillage de l’Afrique »

  avec Y. Modzinou (MAT), J. Sineau (ATTAC) et P.Garezio (SURVIE)

 

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Projection débat Rwanda: "Shooting dogs"

24 Mai 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Jeudi 31 mai à 20h00 au cinéma Utopia à Tournefeuille
(achetez vos places à partir du mercredi 18 mai)
Projection débat proposée par Survie MP et le CPCR autour du film

SHOOTING DOGS
de Michael CATON-JONES - (2005) VOSTF
Avec Alain Gauthier, président du collectif des parties civiles pour le Rwanda

 

Génocide des Tutsi du Rwanda, le silence de la justice : séance unique suivie d'un débat Alain Gauthier, président du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR) . 24 rwandais sont aujourd'hui accusés devant la justice française d'avoir participé au génocide des Tutsi en 1994. Certaines des plaintes datent de 17 ans, toutes sont actives, à ce jour aucun procès ne s'est tenu. Comment expliquer ce silence insoutenable pour ceux qui veulent voir éclater la justice et la vérité ?


SHOOTING DOGS

 

Printemps 1994. En seulement cent jours, un million de Rwandais Tutsi ainsi que des Hutu qui s'opposent au Génocide, sont massacrés par leurs concitoyens Hutu, et ce petit pays africain est transformé en charnier. La barbarie est inimaginable. Mais elle aurait pu être prévenue. L'ONU était là, et regardait. Elle regardait sans bouger. Au cœur de tout cela, un prêtre et son jeune acolyte seront forcés à jauger l'intensité de leur foi, les limites de leur courage et, enfin, de faire un choix. Rester auprès des leurs ou s'enfuir...

 

Présentation du film sur le dite d'Utopia Tournefeuille


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Projection débat Sahara occidental: "l'autre côté du mur"

24 Mai 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Jeudi 31mai 2012 au cinéma mermoz à Muret à 21h00

 

le festival Afriqu'à Muret festival, Les Amis du Monde Diplomatique, Survie Midi Pyrénées, Le Comipso et le ciné Mermoz vous propose la projection débat autour de :


"L’autre côté du mur" de Denis Véricel,

avec Marie Frison et  Salah Amaidane

Marie Frison est membre de l'APSO, association des Amis du Peuple du Sahara Occidental (productrice du film). Salah Eddine Amaidane est un jeune sportif sahraoui de haut niveau, coureur de fonds, qui a grandi dans les territoires occupés par le Maroc.


 

Comment plus de 35 ans de lutte du peuple Sahraoui ont-ils mené au tout premier soulèvement du Printemps Arabe?

Dernière colonie d’Afrique, le Sahara Occidental voit depuis 35 ans sa population coupée en deux. D’un côté, les Sahraouis vivent sous l’occupation marocaine, sans aucune liberté d’expression et confrontés à la violente répression du régime ; de l’autre, plus de 165.000 réfugiés subissent l’exil en survivant dans les campements de réfugiés de la région de Tindouf en Algérie.

Séparées par un mur de sable de 2700 km érigé par le Maroc, les familles sahraouies ne perdent pourtant pas l’espoir d’être un jour réunies pour pouvoir exercer leur droit : celui à l’autodétermination.

Fin 2010, les Sahraouis se sont réunis à Gdeim Izik pour un mouvement de protestation historique. Un soulèvement qui sera le premier du “Printemps Arabe”.

Le film donne la parole aux Sahraouis pour qu’ils nous racontent l’Histoire de leur pays, son passé, son présent et l’espoir qu’ils placent dans l’avenir. Des deux cotés du mur, les témoins et les acteurs de l’Histoire Sahraouie nous emmènent à la rencontre des indignés du désert.

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Rencontre débat: "France- Afrique: à fric, avez vous dit?"

23 Mai 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Jeudi 31 mai 2012 à Salles la source (Aveyron)

Bar restaurant "la cascade" à 20h30


Rencontre débat: "France- Afrique:

à fric, avez vous dit?"

 

Une guerre menée par la France contre les populations camerounaises ?

Avec Roger Lafosse (Association Survie)

 http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/7/3/1/9782707159137.jpg

Avant et après l'indépendance, contre les populations civiles camerounaises, eurent lieu bombardements, tortures, exécutions extrajudiciaires, levée de milices, guerre psychologique, regroupement forcé de populations... Les méthodes employées étaient celles qui avaient cours au même moment pendant la guerre d'Algérie. Interrogé à ce sujet à Yaoundé, le Premier ministre François Fillon avait déjà répondu en 2009 en parlant de "pures inventions". De récentes publications précisent la réalité de cette guerre. La guerre du Cameroun, une guerre cachée aux français ? Dans quel but? Quelles conséquences pour les populations ? Qu'en est-il de la Françafrique aujourd'hui ? Comment sortir du bourbier françafricain, tenter d'établir des rapports plus justes entre les peuples ? Discutons-en ensemble !

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"Elf, La pompe Afrique" à Toulouse le mardi 22 mai

22 Mai 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Festivals, concerts, théâtre,...

Mardi 22 mai 2012 à la chapelle à 20h00

36, rue Danielle Casanova, métro : Compans Caffarelli / Canal du Midi 

Ouverture des portes à 19h00

 

Les associations ATTAC Toulouse, les amis de la Terre Midi Pyrénées, Greenpeace, le réseau sortir du nucléaire et Survie Midi Pyrénées vous propose:  

 

 

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"Un avenir Radieux" sur Toulouse le 23 mai 2012

22 Mai 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Festivals, concerts, théâtre,...

Mercredi 23 mai 2012 à la chapelle à 20h00

36, rue Danielle Casanova, métro : Compans Caffarelli / Canal du Midi 

Ouverture des portes à 19h00

Pour la première fois à Toulouse

 

Les associations ATTAC Toulouse, les amis de la Terre Midi Pyrénées, Greenpeace, le réseau sortir du nucléaire et Survie Midi Pyrénées vous propose:

 

 

"Cependant, du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l’avenir des utilisations pacifiques de l’énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s’accommoder de l’ignorance et de l’incertitude"
(Rapport n°151 de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 1958)


 

Informations pratiques :

Réservations pour ces deux soirées :

 E-mail : daniel.roussee@wanadoo.fr

portable : 06.61.97.83.28. 


Tarif normal : 10euro, Tarif réduit : 5 &euro
(si réservation, en cas d'impossibilité de venir, le signaler d'urgence, les places étant limitées)

 

Le spectacle

Avenir Radieux, une fission française est le deuxième volet de la trilogie BLEU - BLANC - ROUGE de Nicolas Lambert, consacrée à l’a-démocratie française du point de vue de ses grandes sources de richesse. Pétrole, nucléaire, armement...
Après elf la pompe Afrique (2004) qui à travers le procès des dirigeants d’elf éclairait la politique néo-coloniale de la France et ses logiques de corruption, il s’agit ici d’explorer le discours officiel du pouvoir, et la confiscation de la possibilité de débattre.
2010 : la Commission Nationale du Débat Public organise une série de débats sur l'utilité et les modalités de la construction d'une deuxième centrale nucléaire de type EPR en France, sur le site de Penly. A partir des interrogations des rares citoyens présents, à partir des discours verrouillés d’Edf et de l’industrie nucléaire française en général, à partir du silence du donneur d’ordre, le spectacle remonte un fil de l’histoire du nucléaire français, ses ors
républicains, ses non-dits étouffants. Nicolas Lambert fait monter sur scène les morceaux de notre histoire publique et les a-parte officieux, les débats de l’Euratom à l’assemblée nationale en 1956, les attentats à Paris dans les années 1980, le franc-parler d’un Pierre Guillaumat (agent des renseignements, administrateur du CEA, ministre gaullien), l’«indépendance énergétique», la «grandeur de la France» et le goût du pouvoir.

 

 

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Radio françafrique n° 37 Maghreb et Moyen Orient

21 Mai 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Diffusion sur Campus fm 94 mhz ou http://www.campusfm.fr dimanche 20 mai à 17h et samedi 26 mai à 9h.
Françafrique n° 37
"Forum toulousain de solidarité avec les luttes des peuples du Maghreb et du Moyen-Orient"

Emission en deux parties.
Dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale SURVIE et le Collectif 31 de soutien aux luttes des peuples du Maghreb et du Moyen-Orient invitaient à un forum des représentants de ces pays: un Tunisien du PCOT, un syndicaliste égyptien, la Lybienne Rasha Najem, le Marocain Ayad Ahmrad  secrétaire général de l'ASDHOM, la Sahraouie Khadija Hamdi ministre de la culture de la RASD, l'Iranienne Chahla Chafiq écrivain sociologue et les représentants des collectifs palestiniens et syriens de Toulouse.
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communiqué: Françafrique : le changement, c’est pour quand ?

16 Mai 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

15 mai 2012 , communiqué de Survie

Françafrique : le changement,

c’est pour quand ?

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy restera emblématique d’une politique française en Afrique décomplexée et arrogante. Au jour de l’investiture de François Hollande, alors que se multiplient les réactions à l’hommage scandaleux au colonialiste Jules Ferry, on est en droit de se demander ce qu’il adviendra de la promesse socialiste de « mettre fin à la Françafrique ».


Déclarant vouloir « mettre fin à la Françafrique », François Hollande a répété tout au long de sa campagne que le « changement » concernera aussi les relations franco-africaines, répondant au souhait d’une partie importante des citoyens, y compris des militants socialistes, souhaitant se démarquer des frasques passées.


Sous la présidence de Mitterrand, puis sous le gouvernement de Lionel Jospin (dans un contexte de cohabitation), des responsables socialistes ont en effet largement contribué à maintenir la mainmise de la France sur ses anciennes colonies, sans rien changer d’autre dans le système criminel de la Françafrique que ses principaux bénéficiaires. François Mitterrand, malgré le discours de façade prononcé à La Baule en 1990, avait conservé ce système, le poussant même à son paroxysme en entraînant l’État français dans une complicité toujours inavouée, celle du génocide des Tutsi au Rwanda.


Au sein du PS, si la volonté de tourner la page est affirmée, plusieurs personnalités sont encore liées à des réseaux de la Françafrique et la campagne électorale a vu plusieurs responsables de ce parti s’afficher ostensiblement avec des dictateurs africains.


La lignée des annonces de rupture avec la Françafrique se divise jusqu’ici en deux ensembles : celui des responsabilités politiques écourtées et celui des promesses éphémères. Souhaitant que cette étrange « malédiction » cesse enfin, l’association Survie se montrera particulièrement attentive aux premiers gestes de François Hollande et aux premières mesures de son gouvernement.


  • Au-delà de la suppression de la cellule Afrique de l’Élysée promise par François Hollande, quel renforcement des pouvoirs du parlement en matière de politique extérieure ?
  • Quelle position sur les visites officielles de dictateurs et la validation des simulacres électoraux, et plus largement quelles relations diplomatiques vis-à-vis des régimes dictatoriaux quand en pleine campagne électorale divers collaborateurs de François Hollande se sont affichés aux côtés de dirigeants illégitimes : Ségolène Royal auprès de Blaise Compaoré en novembre 2011, Laurent Fabius auprès d’Ali Bongo au Gabon en février 2012, ou encore Jean-Louis Bianco auprès d’Alassane Ouattara en avril 2012 ?
  • Quelle remise en cause de la présence militaire et des opérations extérieures en Afrique, alors que le PS a soutenu les deux interventions françaises de 2011 en Côte d’Ivoire et en Libye ?
  • Quelle position concernant la levée du secret défense sur les archives liées à l’implication des plus hautes autorités de l’Etat dans plus d’un demi-siècle de crimes néocoloniaux, élément clef pour lutter contre l’impunité, alors que les gouvernements socialistes ou de la gauche plurielle couvrirent ainsi les complicités françaises dans l’assassinat de Thomas Sankara, le génocide des Tutsi au Rwanda et l’élimination du Juge Borrel ?
  • Quelles actions pour passer d’une aide au développement dévoyée et corruptrice à une logique de redistribution des richesses et d’accès de tous et toutes aux biens publics ?
  • Quelle position sur le Franc CFA, quand Michel Rocard avait été le premier promoteur de la dévaluation du Franc CFA, finalement imposée par le gouvernement d’Édouard Balladur en 1994 ?
  • Quelle position sur les agissements d’entreprises françaises à capitaux publics, comme Areva qui dévaste le nord Niger ?
  • Quelle volonté réelle de « décoloniser les esprits », quand le Président nouvellement élu choisit de célébrer Jules Ferry, héraut de la colonisation et du racisme d’État ?

 

L’association Survie demande au nouveau gouvernement de prendre dès sa prise de fonction les 5 engagements suivants, qui seront un premier pas vers une politique française en Afrique au service des peuples :

  • la fin du ‘domaine réservé’ du Président de la République en matière de politique étrangère ;
  • l’arrêt du soutien politique et diplomatique aux dictateurs – en refusant notamment de les recevoir à l’Élysée, de leur rendre visite et de reconnaître leur « victoire » lors des simulacres d’élections ;
  • la fermeture des bases militaires et la fin des opérations extérieures en Afrique qui ne sont pas placées sous mandat, commandement et uniforme de l’ONU ;
  • le lancement d’un processus de transfert de souveraineté monétaire aux États de la zone CFA, de retrait de la France des institutions du Franc CFA et de restitution des réserves de change ;
  • la levée du secret défense sur les archives concernant les crimes françafricains, afin d’aider enfin la justice à faire son travail, notamment sur les questions ayant trait à l’implication de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda.
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Soirée débat "Les paradis fiscaux, ce qu'il reste à faire".

12 Mai 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Soirée le 14 mai à 20H30

salle du Sénéchal, 17 rue de Rémusat à Toulouse

 

 le CCFD Terre Solidaire, les Amis du Monde Diplomatique, Survie Midi Pyrénées et ATTAC Toulouse vous propose:


 "Les paradis fiscaux, ce qu'il reste à faire".

avec Jean Merckaert


Jean Merckaert est maintenant rédacteur en chef de la revue Projet et co-administrateur de Sherpa. Co-rédacteur du rapport sur les biens mal-acquis et du rapport "l'Economie déboussolée" il a animé la plateforme des Paradis fiscaux et judiciaires jusqu'en 2011. 

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Combattre le FN, sans oublier de combattre ses idées...

11 Mai 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

 

Combattre le FN, sans oublier de
combattre ses idées...

Les succès électoraux du Front national sont plutôt la conséquence d’un racisme plus diffus, plus répandu et bien plus ancien : le racisme vichyste et surtout colonial, dans lequel communiaient jadis des millions de Français. Ce racisme structurel et massif n’a pas disparu, comme le voudrait la pensée magique, avec la fin de la Seconde Guerre mondiale ou de l’Empire colonial.


Illustrations extraites de « Kounto et ses amis », ouvrage pour la jeunesse publié chez Flammarion en 1956 (texte T. Trilby, dessin M. Iessel). Ce livre a été réédité en 1997


Décomplexé et fier de l’être, Sarkozy n’a jamais hésité à jouer la partition écrite par le Front national. On se souviendra longtemps de son discours de Dakar, en 2007, quand il renvoya les Africains à un état de nature préhistorique (« l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’Histoire »...). Ou des déclarations de son ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui hiérarchisa « les civilisations » comme on hiérarchisait jadis les « races humaines ». On se souviendra aussi du discours de Nice, en 2007, quand il fit l’apologie du temps béni des colonies. Ou celui de Grenoble, en 2010, où il se proposa de déchoir de leur nationalité les Français naturalisés mais insuffisamment « méritants ». Comme au temps de Vichy...

Sarkozy l’a amplement prouvé : le FN n’a pas le monopole du racisme. Ce n’est certes pas une bonne nouvelle, mais cette évidence doit nous obliger à réfléchir en profondeur à ce qu’est le racisme, et aux manières de le combattre.

Pendant des années, la France a vécu sur un double mythe. Le premier de ces mythes est celui d’une société française se divisant clairement en « racistes » et « antiracistes ». Ce curieux discours binaire s’imposa dans les années 1980, après deux décennies marquées par un puissant refoulement de l’histoire coloniale et alors les « immigrés » devinrent les parfaits bouc-émissaires de la crise économique. On vit par exemple Harlem Désir, porte-parole de SOS-Racisme, distribuer son badge « Touche pas à mon pote » sur tous les plateaux de télévision. « Il y a quelques années, les racistes n’osaient pas s’exprimer et les antiracistes étaient les seuls à oser s’exprimer, expliquait-il en 1985. Aujourd’hui c’est un petit peu l’inverse ! » Alors que Jean-Marie Le Pen enregistrait ses premiers succès électoraux, il fallait urgemment que les « antiracistes » s’affichent, insistait M. Désir, et qu’ils arborent de petites mains colorées au revers de leurs vestons [1].

Le second mythe, corollaire du premier, apportait lui aussi un certain confort aux « anti-racistes ». Il consistait à dire que seule l’extrê­me droite était « raciste ». Ce mythe mit plus de temps que le précédent à faire consensus. Dans les années 1980, les responsables locaux du RPR ne rechignaient pas à faire des alliances électorales avec le FN. Et personne n’avait encore oublié les déclarations stigmatisant « l’invasion migratoire » d’un Jacques Chirac ou d’un Georges Marchais. Ni le lapsus de Raymond Barre qualifiant de « Français innocents » les victimes collatérales d’un attentat antisémite. Mais avec le temps, le vocabulaire des responsables politiques eut tendance à s’adoucir, ou plus exactement à se distinguer de celui du FN. Rares furent ceux qui, comme Jean-Marie Le Pen et ses amis, continuèrent à exploiter ouvertement les thèmes de l’« invasion arabe », de « nos réussites » en Algérie coloniale et des « points de détails » de la Seconde Guerre mondiale.

Malheureusement, il ne suffit pas de s’auto-proclamer « anti-raciste », et d’exhiber un « pote » noir ou arabe, pour être immunisé contre le racisme. C’est même souvent l’inverse qui se produit, la dénégation prouvant en creux que le problème persiste.

Un racisme structurel

De fait, c’est paradoxalement le mythe d’une « France anti-raciste » qui a permis la persistance du racisme, sous une forme certes plus sournoise mais omniprésente. Dès lors que le Front national fut décrit comme le dépositaire exclusif du « racisme », les petites phrases des autres responsables politiques – sur la « misère du monde » (Rocard), « le seuil de tolérance » (Mitterrand), « le bruit et les odeurs » (Chirac), les génocides africains « pas trop importants » (Mitterrand), les « sauvageons » de banlieues (Chevénement), etc. – ne furent plus analysées comme la marque d’un racisme structurel de la classe politique française mais comme de simples « dérapages » et de regrettables « excès ». La presse, complaisante, leur trouva souvent des excuses (déclarations prétendument « off », « tronquées », « sorties de leur contexte », etc.), et fit de ces déclarations une preuve supplémentaire de la nocivité d’un FN capable de « contaminer » à lui seul toute la vie politique [2].


Si la théorie de la « contamination » a la vie dure, ce n’est pas tant pour sa pertinence que parce qu’elle arrange tout le monde : l’extrême droite, trop contente de se croire si puissante, les médias qui, dès lors, n’y « sont pour rien », et les forces politiques « républicaines » qui peuvent sans complexe se présenter comme les « victimes » de l’offensive lepéniste et de l’ambiance délétère qu’entretiennent les médias. Surtout, cette théorie de la contamination permet aux responsables politiques « traditionnels », de gauche comme de droite, de mener des politiques socialement rétrogrades et inégalitaires, discriminatoires à l’égard des étrangers, stigmatisantes à l’égard des musulmans et néo-coloniales à l’égard de l’Afrique... sous le joli prétexte de la lutte contre l’extrême droite ! Tel est le processus que l’on observe depuis de trop longues années : nos élus appliquent par petits bouts le programme du FN pour éviter que celui-ci ne remporte les élections...

Voulant croire que le FN était la cause du racisme ambiant, on a fini par oublier que ses succès électoraux étaient plutôt la conséquence d’un racisme plus diffus, plus répandu et bien plus ancien : le racisme vichyste et surtout colonial, dans lequel communiaient jadis des millions de Français. Ce racisme structurel et massif n’a pas disparu, comme le voudrait la pensée magique, avec la fin de la Seconde Guerre mondiale ou de l’Empire colonial. S’il s’est renouvelé dans la forme, s’exprimant aujourd’hui par euphémisme et par métonymie (« islam », « banlieue », « communautarisme »), ou se camouflant sous de nobles idéaux (« la République », le « développement », « l’humanitaire »), c’est bien ce racisme-là, sédimenté dans notre culture, dans nos esprits, dans notre « identité nationale », qui continue de nous empoisonner.

Aussi ne faut-il pas se contenter de combattre le FN : il faut aussi combattre les idées du FN. Qui sont aussi, qu’on le veuille ou non, un peu les nôtres.


[1] « Droit de réponse », TF1, 5 janvier 1985

[2] Voir le maquillage que Michel Rocard organisa autour de ses déclarations sur la « misère du monde ». Thomas Deltombe, « Michel Rocard, martyr ou mystificateur ? », Le Monde diplomatique, 30 septembre 2009.

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