Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Survie Midi Pyrénées

Articles récents

24-27 août 2012: Toulouse - Université citoyenne d'Attac France

20 Août 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Vendredi 24 Août 2012 (Toute la journée) - Lundi 27 Août 2012 (Toute la journée)

 Université citoyenne d'Attac France

(UTMToulouse)

(et un stand de l'association survie)

 

 

La crise qui ne cesse de s’amplifier dévoile l’échec d’un système fondé sur la marchandisation de tous les espaces de la vie et de la planète. L’austérité sans limite, présentée comme la seule manière de concevoir l’avenir, menace les droits fondamentaux, précarise le travail et démantèle la protection sociale, dégrade la nature et met à mal une démocratie déjà bien chancelante.

Face à ce constat plus que préoccupant, l'université d'été d'Attac, ouverte à toutes et à tous, sera un moment chaleureux et festif lors duquel la réflexion et le débat pourront largement s’exprimer et s’enrichir.

Nous travaillerons ensemble à l’élaboration de convergences et de propositions alternatives porteuses de logiques solidaires, écologiques, démocratiques et humaines. Cette université d'été créera un espace où la force de nos convictions altermondialistes élargira le champ des possibles et aiguisera notre exigence démocratique, afin de remettre en cause l’horizon indépassable du capitalisme.

Cette université se situera dans la dynamique des moments forts d’Attac, au lendemain de la Conférence Rio+20 sur l'économie verte, au cœur de la campagne pour l'audit de la dette, à six mois du prochain Forum social mondial qui aura lieu en Tunisie.

Elle favorisera la participation d'acteurs des nouveaux mouvements contestataires qui du Caire à New York, en passant par Madrid, Tunis et Dakar, se sont manifestés, tissant les convergences et initiant les transitions indispensables.

Nous nous retrouverons pour quatre plénières :

- Peut-on refonder l'Europe ?


- Pour une transition écologique, faut il sortir du capitalisme ?

- Vers une refondation démocratique.

- Les mouvements sociaux face aux politiques d'austérité.

Avec la participation (sous réserve de confirmation) de Pablo Solon, Edgar Morin, Geneviève Azam, Paul Ariès, Marianna Mortagua (Attac Portugal), Jacques Généreux, Etienne Balibar, Esther Jeffers, Yves Sintomer, Cristina Asensi, Gus Massiah, Alexis Passadakis (Attac Allemagne),... Plus de quarante ateliers sont prévus, regroupés dans six filières thématiques : Comprendre et dépasser le capitalisme / Europe, stratégies et résistances / D'un bout du monde à l'autre, luttes, indignations et exigences démocratiques / Les alternatives concrètes /Dette sociale, dette financière, dette écologique.   

Fichier attaché Taille
flyer_univ_ete2012.pdf

 

Lire la suite

Élections législatives des 15 et 29 juillet au Congo-Brazzaville

24 Juillet 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

24 juillet 2012

 Communiqué du   Collectif de solidarité avec les luttes sociales et politiques en Afrique

Élections législatives des 15 et 29 juillet au

Congo-Brazzaville : c’est maintenant qu’il faut dire stop aux scrutins mascarades des dictatures « amies de la France »

Les élections législatives des 15 juillet et 29 juillet au Congo-Brazzaville se déroulent en plein été en France, alors que les élections françaises viennent de provoquer l’alternance. La nouvelle politique africaine française, soumise à des contraintes diplomatiques comme au poids du passé, tarde à se définir. Pourtant, l’arrêt sans ambiguïté du soutien aux dictatures, le soutien à la démocratisation sont attendues en France comme en Afrique : aucun scrutin servant à protéger un régime dictatorial n’est admissible.


Denis Sassou N’Guesso, qui a déjà été au pouvoir 27 ans, n’organise pas des élections pour les perdre. Le parlement sera nommé par le parti-Etat, le Parti Congolais du Travail (PCT), qui ne laissera aucune chance à des forces d’opposition. Les listes électorales ne sont pas fiables, puisqu’il n’y a pas eu de recensement administratif convaincant depuis 1997. La répression, la corruption, le népotisme, la construction par le pouvoir de faux partis, ne permettent pas à une opposition réelle de s’organiser. Le découpage électoral avantage le Nord du pays, dont les circonscriptions regroupent beaucoup moins d’électeurs qu’au Sud.

Le pouvoir dispose de moyens considérables et distribue de l’argent contre le boycott des élections. Comme lors de la dernière élection présidentielle en 2009, la population, qui vit toujours dans la peur depuis la guerre de 1997-1999, n’est pas dupe et évite de se déplacer. Ces législatives, qui se tiennent en présence d’observateurs de l’Union Africaine et de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC) [1] complices et partenaires de la société civile pro-gouvernementale dénommée Fosocel [2], n’apportent aucune avancée démocratique.

Sassou N’Guesso est fort de l’argent du pétrole, dont une grande partie est arrivé en France. Son pays reste stratégique pour l’approvisionnement français en pétrole au travers des sociétés Total ou depuis les années 2000 Pérenco. La société civile congolaise se bat, avec le réseau international ‘Publiez ce que vous payez’, pour la transparence des contrats pétroliers. Leur rapport de février 2011 « rappelle les mécanismes d’évaporation de la rente pétrolière ainsi que la complaisance du FMI et de la France à l’égard des autorités congolaises alors que le Congo peine à obtenir un statut de conformité avec les critères de l’ITIE. » [3]. La population ne profite en effet toujours pas de cette rente.

Ainsi, tandis que la justice française s’active sur les Biens Mal Acquis de la famille gouvernant la Guinée Equatoriale, la poursuite de la procédure contre Sassou N’Guesso est attendue, sans même parler de la fortune déposée dans les paradis fiscaux et judiciaires.

François Hollande hérite d’une relation marquée par des décennies de compromission avec la dictature. Parmi les derniers exemples en date, Nicolas Sarkozy avait laissé, en juillet 2009, Jean-Michel Fourgous et Jean-François Mancel, députés UMP, et Jacques Toubon et Patrick Gaubert, eurodéputés UMP sortants, valider officieusement l’élection présidentielle, et avait confirmé son appui à Sassou N’Guesso en février 2011 en accordant la Légion d’honneur au contre amiral congolais Jean Dominique Okemba, figure de proue du régime, puis en recevant le président congolais à la fin de son mandat.


Comme celle de ces prédécesseurs, la présidence de Nicolas Sarkozy est marquée par un soutien constant à des dictatures africaines, notamment à l’occasion de mascarades électorales qui ont permis à ces régimes de se maintenir et de gérer leur image à l’international. Rompre avec la Françafrique signifierait mettre maintenant en place une politique française prenant en considération la responsabilité de l’Etat français dans la situation de plusieurs pays. La démocratisation est particulièrement bloquée en Afrique centrale, où l’influence française est forte dans au moins 5 pays subissant des régimes dictatoriaux : Tchad, Cameroun, Centrafrique, Gabon et Congo-Brazzaville.

Dans son 58e engagement de campagne présidentielle, François Hollande promettait de « rompre avec la Françafrique, en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité ». A l’occasion de la nouvelle mascarade électorale au Congo-Brazzaville, le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique demande donc au gouvernement français :

  • de réformer rapidement la politique française en l’axant désormais sur le soutien à la démocratisation
  • de dénoncer tous les scrutins organisés par des régimes dictatoriaux forts du soutien historique de la France en dehors des normes internationales, sans garantie de transparence et de véritable démocratie
  • de mettre fin à toute coopération militaire et policière avec les dictatures
  • de s’engager davantage pour la transparence des industries extractives et la lutte contre les paradis fiscaux et judiciaires.

 

Signataires du communiqué participants au Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique : Fédération des Congolais de la Diaspora, Survie, Afriques en luttes, Ca suffit comme çà ! (Gabon), La Plateforme Panafricaine, Union des Populations du Cameroun, Parti de Gauche, Europe Ecologie Les Verts, Gauche Anticapitaliste, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique.

 

Plus d’informations :

[1] Déclaration préliminaire de la mission internationale d’observation UA et CEEAC sur les élections législatives du 15 juillet 2012 en République du Congo qui conclut « Les élections législatives du 15 juillet 2012 en République du Congo ont été libres, transparentes et crédibles. »

[2] FOSOCEL : Forum de la société civile pour les élections libres et transparentes

[3] 24 février 2011, « Congo Brazzaville : le pétrole ne coule pas pour les pauvres », rapport du Secours Catholique, de ses partenaires d’Église et de “Publiez Ce Que Vous Payez”

Lire la suite

SURVIE au festival Africajarc 2012

22 Juillet 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Festivals, concerts, théâtre,...

 

 

Festival Africajarc 2012

Du 28 au 31 juillet

 

Tout au long du festival...

Des concerts, des conférences, des débats,
un village associatif...
et un stand de l'association SURVIE...
Tiken Jah Fakoly sur le stand de Survie en 2008

 

  Programme complet sur :http://www.africajarc.com
Lire la suite

Togo « Montrer la vraie nature du régime »

21 Juillet 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

 

  Billets d’Afrique215 - juillet-août 2012 

 

Togo « Montrer la vraie nature du régime »

par André Kangni Afanou, Mathieu Lopes

 

Depuis quelques mois, le Togo vit au rythme d’une forte contestation populaire. Regroupés au sein du Comité Sauvons le Togo ! (CST), plusieurs organisations de la sociéte civile et des partis politiques d’opposition réclament une amélioration des règles électorales, le respect des droits de l’homme et la lutte contre l’impunité.Témoignage d’André Kangni Afanou, juriste et directeur du Cacit (Collectif des associations contre l’impunité au Togo).


 

Billets d’Afrique (BDA) : Le Togo est en ébullition. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

André Kangni Afanou (AKA) : Effectivement, depuis quelques semai­nes, il y a, au sein de la population togolaise, un profond malaise qui s’explique par trois principales raisons : la persistance de l’impunité liée aux actes de tortures et violations graves de Droits de l’homme aux actes de torture ainsi que l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire aux seuls fins d’opprimer les faibles et de protéger les forts, le caractère inéquitable et injuste des règles qui régissent les compétitions électorales au Togo et le manque de volonté des autorités de poser les bases pour une réconciliation véritable et durable.

En effet, cela fait deux ans qu’il y a des allégations de torture au sein de l’ANR (Agence nationale de renseignement). Interpellé à plusieurs reprises, l’État a fini par confier à la Commission nationale des Droits de l’homme (CNDH) une mission d’enquête sur la question. A la remise du rapport, les autorités togolaises ont publié sur leur site un faux rapport niant les actes de torture. La réaction de la CNDH a été de publier sur internet le véritable rapport, qui démontrait clairement les circonstances dans lesquelles des gens ont été torturés.

Au final, le président de la Commission a du fuir le pays faisant état de menaces qui pèseraient sur lui. Je rappelle qu’entretemps, plusieurs missions internationales ont séjourné dans le pays et insisté sur le fait que le gouvernement devrait réserver une suite pénale aux conclusions du rapport de la CNDH. Jusqu’à ce jour, il n’en est rien.

Déjà, il y a quelques mois, la commission Vérité, Justice et Récon­ciliation a rendu les conclusions de ses travaux et M gr Barrigah qui en est le président déplorait, en même temps que tous les Togolais, le fait que les présumés auteurs d’actes de violations de Droits de l’homme n’aient pas jugé utile de fait acte de contrition mais se sont plutôt présentés en victimes. Et les autorités semblent cautionner cette situation en donnant un blanc-seing aux bourreaux.

Pour en venir au processus électoral, il faut relever que, au Togo, les règles qui régissent la compétition électorale, sont très injustes. Outre le fait que le pouvoir contrôle presque toutes les institutions qui interviennent en amont et en aval du processus électoral notamment la Commission électorale (CENI), la Haute Autorité de la communication (HAAC), la Cour constitutionnelle, il faut relever que tant les missions des Nations unies et de l’Union Européenne ont déploré le caractère injuste de la loi électorale et du découpage électoral.

Ainsi, lors des législatives de 2007, plus de 1 100 000 Togolais ont donné leur voix à l’opposition, tandis que le parti au pouvoir (RPT) a recueilli 900 000 voix. Au final, seulement 30 sièges de députés ont été attribués à l’opposition alors que le parti du chef de l’Etat qui était minoritaire en nombre de voix a eu une très grande majorité de sièges de députés.

Ce sont ces événements et bien d’autres qui expliquent la mobilisation d’une grande partie des organisations de défense des Droits de l’homme, des partis politiques et des médias au sein d’une coalition dénommée Collectif Sauvons le Togo.

JPEG - 47.1 ko
Opération de maintien de la « paix » : fusil mitrailleur et bombe lacrymo pour disperser les manifestants

 

Parlez-nous de ce vaste mouvement de contestation. Quels sont ses modes d’action et ses revendications ?

Les revendications du CST portent justement sur la mise en œuvre effective du rapport de la CNDH relativement aux actes de torture commis à l’Agence nationale de renseignement, la fin de l’impunité, la bonne gouvernance et l’amélioration de la loi électorale pour la rendre plus juste et plus équitable. Les organisations membres du CST ont organisé beaucoup de manifestations notamment des meetings, des marches et des sit-in de jour comme de nuit. Du 12 au 14 juin 2012 par exemple, à la place Dékon, la place Tahir du Togo, plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté au point de faire dire au représentant de l’Union européenne au Togo, qui avait fait le déplacement, qu’il n’avait jamais vu « une marée humaine aussi importante » dans les rues de Lomé.

Des manifestations ont aussi eu lieu dans certaines villes de l’intérieur du pays.

 

Quelle a été la réaction des autorités à ce mouvement ?

Après avoir semblé appeler au dialogue, les autorités ont opté pour la répression. Les manifestations sont violemment réprimées : on a dénombré de très nombreux blessés parmi les manifestants mais aussi des cas de décès dont une dame à Lomé qui a reçu des gaz lacrymogènes dans son domicile. En outre, à l’intérieur du pays, à Sokodé, un vieil homme a été brutalisé par les forces de l’ordre et en est décédé.

Des cas d’arrestation ont aussi été enregistrés : trois avocats et défenseurs de Droits de l’homme, responsables du mouvement CST ont été arrêtés puis libérés deux jours après. Ils ont été présentés devant le juge le lundi 2 juillet 2012 et inculpés. Près de 54 jeunes ont aussi été interpellés et ils sont actuellement détenus à la prison civile de Lomé.

Les violences ont aussi touché les lieux de culte. Des gaz lacrymogènes ont été lancés jusque dans une église où des chrétiens étaient en train de prier ; les enfants de l’école catholique n’ont pas été épargnés, ils ont subi aussi les gaz lacrymogènes.

Ceci a valu une lettre de protestation de la Conférence épiscopale du Togo demandant fermement que les auteurs de ces actes soient identifiés et punis. Des miliciens ont aussi infiltré les cortèges et ont gazé les manifestants. La situation à ce jour est très inquiétante.

 

Faites-vous confiance à la justice pour situer les responsabilités dans ces événements ?

Non, justement, nous avons l’impres­sion que notre justice est aux ordres et que l’on fait du deux poids, deux mesures. En effet, alors que l’appareil judiciaire est prompt à « juger » les manifestants arrêtés, on note que la même promptitude n’est pas observée pour déclencher l’action publique contre les auteurs clairement identifiés d’actes de torture.

En outre, notre justice semble impuissante face à d’autres forces qui donnent des ordres parallèles pour faire régner la loi de la force. Je n’en veux pour preuve que deux affaires, notamment une où la libération sous caution d’un homme affaires a été prononcée par la Cour suprême mais celui-ci est toujours gardé en détention ; une autre libération d’un Franco-colombien a été prononcée par la cour d’assises mais l’intéressé est toujours détenu.

Le constat est triste : notre justice n’est pas indépendante et impuissante.


N’est-ce pas surprenant qu’à l’ap­proche d’élections, le pouvoir réprime ainsi le mouvement alors qu’il mène depuis des années une opération de communication pour restaurer son image ?

Je pense qu’au fur et à mesure des événements, la vraie nature du régime qui nous gouverne depuis plus de quarante-cinq ans et qui n’a d’autre souci que de conserver le pouvoir va se dévoiler à l’ensemble de la communauté internationale.

JPEG - 24.3 ko
La capitale togolaise Lomé sous tension. Les manifestations et les face-à-face entre protestaires et forces de l’ordre se multiplient.

Ce régime se caractérise par des déclarations de bonnes intentions et des vœux pieux qui contrastent avec la réalité des violations de Droits de l’homme, des institutions qui ne sont pas indépendantes et ne fonctionnent pas du tout, un cadre électoral très injuste.

Si les réformes en profondeur ne sont pas opérées, il y a de fortes chances que les élections à venir ne soient ni justes, ni transparentes. Les frustrations d’une grande partie de la population risquent de continuer et la paix sociale compromise.


Quelles ont été les réactions de la France, de l’Europe et des États-Unis après la répression du mouvement ?

Il faut reconnaître que le groupe des 5 (UE, France, Allemagne, États-Unis et le Programme des Nations unies pour le développement – PNUD) a fait une déclaration publique dès que la répression a commencé affirmant que l’État togolais avait le devoir d’engager des discussions avec l’opposition afin que des règles consensuelles soient adoptées dans le cadre des élections.

Le représentant de l’Union européenne s’est rendu en personne sur la place Dékon. Même l’ambassade de France a envoyé un représentant auprès du CST après que la répression a commencé.

Jusque-là ces réactions ont été de nature à encourager les autorités à écouter la population. Cela donne de l’espoir par rapport à un passé récent, notamment le discours de la France : un porte-parole du Quai d’Orsay a demandé que le dialogue soit entamé.

Espérons que ce discours sera constant car il s’agit de rompre avec un certain nombre de pratiques d’un autre âge. Si on en croit ces déclarations, en tout cas, on a l’impression qu’avec le nouveau pouvoir français, il y a une meilleure prise en compte des populations.

Cette logique va-t-elle être maintenue ? La France ne va-t-elle pas revenir à une logique ancienne qui voudrait qu’elle se contente de défendre ses intérêts au détriment de la soif de liberté et de justice des Togolais ? J’espère que ce ne sera pas le cas et que la « Patrie des droits de l’Homme » va être encore plus ferme envers les autorités togolaises.

Toute autre position consisterait à cautionner la dictature, l’oppression, l’injustice et l’impunité qui est devenue la règle au Togo. La France, l’Allemagne, les Etats-Unis d’Amérique, l’Union européenne et toutes les puissances doivent œuvrer dans le sens de l’amélioration de la gouvernance au Togo.

Propos recueillis par Mathieu Lopès


Le Cacit

Ce collectif a été créé à la suite des violences politiques commises en 2005 après que Faure Eyadema a succédé à son père Gnassimbé. Le collectif accompagne les victimes de violations des Droits humains dans leur démarche et mène un plaidoyer pour que leurs auteurs soient traduits en justice et que les recommandations en matière de Droits de l’homme soient mises en place. Le Cacit a déposé 72 plaintes, dont aucune n’a encore été instruite et produit également des rapports alternatifs sur la situation des droits de l’homme dans le pays.

Lire la suite

Emission radio "Spécial Burkina Faso"

21 Juillet 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Dimanche 22 juillet 2012 à 17h00

 

Emission radio  "Spécial Burkina Faso" 


Le Burkina Faso : un des pays les plus pauvre du monde. Qu'attendre des ONG ? Débat sur la coopération et les modèles de développement. Interview d'Antoine, militant de Survie, ex coopérant au Burkina, auteur de la conférence gesticulée: "A l'aide ou comment j'ai arrété de vouloir sauver l'Afrique".


Rencontre avec Ousseni Tamboura, ex-ministre chargé de l'alphabétisation du Burkina,  Ernest Hajzler, président du GADD (Groupement d'Acteurs du Développement Durable)  et des étudiants Burkinabè de l'AEFaT (Association des Etudiants toulousains du Faso). Retour sur la crise malienne et la poussée islamiste en Afrique de l'Ouest.  L'accueil des réfugiés au nord du Burkina et ses conséquences sur l'économie locale.

Actualité politique et sociale : 25 ans de présidence de Blaise Compaoré. Quel bilan tirer de ces années de pouvoir ? Quelles sont les perspectives électorales et les attentes du peuple ?  Quelle réponse de l'Etat aux révoltes 2011 contre la vie chère, les violences policières et la corruption ?


Sur radio Campus 94mhz ou  http://www.campusfm.fr

 

Lire la suite

Elections législatives au Congo–Brazzaville

15 Juillet 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Survie, 12 juillet 2012

 par FCD Fédération des Congolais de la Diaspora, association Survie 

Elections législatives au Congo–B : l’occasion pour le nouveau gouvernement français de se démarquer du soutien à la dictature

Après le très mauvais signal de la réception d’Ali Bongo par François Hollande le 5 juillet 2012, le nouveau gouvernenement français se trouve confronté à un nouveau test, le 15 juillet : les élections législatives au Congo Brazzaville, un des pays phares de la Françafrique.
PDF - 302 ko
Etat des lieux de la relation France / Congo-Brazzaville

Les élections législatives qui vont se tenir le 15 juillet prochain au Congo Brazzaville, suscitent avant tout un rejet de la part des Congolais, habitués à des élections “hold-up” ou à des “mascarades", selon les termes employés. L’enjeu majeur pour Sassou Nguesso, le dictateur au pouvoir depuis sa réinstallation en 1997 par Elf et les services secrets français, est d’obtenir une assemblée totalement soumise qui validera les changements constitutionnels qui lui permettront de se représenter à l’élection présidentielle de 2016 et de préparer la dynastie familiale à reprendre sa succession.

Ces élections surviennent en retard sur le calendrier initial, du fait de l’explosion de l’arsenal de Mpila, en plein coeur de la capitale Bazzaville, qui a coûté la vie à des centaines d’habitants et détruit un quartier entier en mars dernier. Une catastrophe qui a ravivé toute la colère des Congolais contre leur dictateur et l’incurie de son régime, incapables d’assurer des conditions correctes de sécurité, de gérer l’urgence de la situation, puis de rendre justice aux victimes en les indemnisant et en condamnant les responsables. Une catastrophe qui n’est finalement que le reflet d’un régime pétrolier corrompu et surendetté, où règnent l’impunité et le mépris des populations, tenu par un clan mêlé à des crimes contre l’humanité.

A l’occasion de ce qui s’annonce être une nouvelle mascarade électorale, et afin d’interpeller les nouvelles autorités françaises sur le positionnement qu’elles adopteront, ce dossier présente un état des lieux des relations franco congolaises.

Le constat est sans appel : elles sont marquées avant tout par la recherche du profit des entreprises françaises, entachées par la corruption et le financement des partis politiques français via l’argent du pétrole, et marquées par différentes affaires judiciaires en cours en France, de l’affaire des Biens Mal Acquis à celle des disparus du Beach.

Il revient désormais au gouvernement et aux parlementaires français de se questionner sur les relations maintenues jusqu’à ce jour avec le Congo Brazzaville à tous les niveaux institutionnels, et de se démarquer enfin de tout soutien avec la dictature congolaise.

Lire la suite

M. Hollande, ne cautionnez pas la dictature gabonaise en recevant Ali Bongo!

29 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Vendredi 29 juin 2012

Le changement c'est du vent ?

En campagne électorale, François Hollande lança « je veux que le 6 mai soit une bonne nouvelle pour les démocrates et une terrible nouvelle pour les dictateurs » et s'est engagé à mettre fin à la Françafrique. 
Pourtant il a prévu de recevoir le dictateur gabonais Ali Bongo le 5 juillet prochain !

demandant au Président François Hollande de ne pas cautionner la dictature d'Ali Bongo !
M. Hollande, ne cautionnez pas la dictature gabonaise en recevant Ali Bongo!

Rappelons que celui-ci est arrivé au pouvoir en 2009 à la suite d'élections truquées, contestées et réprimées dans la violence avec l'appui diplomatique et militaire de la France
La diffusion sur France 2, les 9 et 16 décembre 2010, du documentaire "Françafrique" de Patrick Benquet a relancé les accusations de fraudes : on y entend Michel de Bonnecorse, ancien Monsieur Afrique de Chirac avouant « Nous on a plein d’infos comme quoi Obame a eu 42% et Ali Bongo 37% et que c’était quasiment inversés.. ». 

Michel de Bonnecorse a ensuite démenti en incriminant le montage, ce qui est peu crédible, d’autant plus que son propos était appuyé par l’ancien chef des services secrets français au Gabon : « on a les vrais chiffres, on n’est pas les seuls...même l’agence France Presse locale les a... ».

Ali Bongo est également mis en cause en France dans l'affaire des biens mal acquis, pour l'achat entre autres d'un hôtel particulier rue de l'Université à Paris pour 150 millions d'euros, s'inscrivant là dans la droite lignée de son père Omar Bongo, au pouvoir durant 41 années.
Rappelons que l’espérance de vie au Gabon ne dépasse pas 54 ans, que le taux de pauvreté est autour de 60%, et que 25% de la population vit sous le seuil de pauvreté absolue (c'est-à-dire pour sa survie).
40% des femmes accouchent sans assistance spécialisée et les hôpitaux disposent d'environ 1 lit et demi pour 1000 malades.


Depuis les élections frauduleuses de 2009, la société civile gabonaise se mobilise fortement et courageusement, face à une répression violente.

Le mouvement "Ça suffit comme ça !" mobilise les forces sociales et politiques "afin de conduire le pays vers l’adoption des normes démocratiques répondant aux standards internationaux afin de faire du Gabon, un Etat véritablement démocratique fondé sur des institutions constitutionnelles réellement fiables et sur un système électoral transparent et crédible."

Ce collectif ne mâche pas ses mots à l’endroit de la France, l’intimant à "choisir son camp, le camp de la démocratie et de la transparence !" tout en remettant en perspective la relation françafricaine qui sévit entre la France et le Gabon. François Fillon n’a pas daigné recevoir la plateforme ni lui répondre lors de son passage à l’été 2011.

Après la visite rendue par Laurent Fabius à Ali Bongo en février dernier,
François Hollande se rangera-t-il du côté d'un dictateur en mal de légitimité internationale, et peut-être à la veille d'un "Printemps" Ouest-Africain, ou bien du côté d'un peuple réclamant son droit à la démocratie ?


Pour aller plus loin :

- Gabon - France : rencontre Ali-Hollande en juillet ( Jeune Afrique, 22.06.12)

- Togo, Gabon : condamner la répression pour marquer enfin le changement

Lire la suite

A la Rencontre du Rwanda, le 7 juillet à Toulouse

26 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Festivals, concerts, théâtre,...

Le 7 juillet 2012
MIXART MYRYS (12 rue Ferdinand Lassalle 31200 Toulouse)
           accueille
  A la Renc ontre du Rwanda
 
à partir de 13h.30

Une journée et une nuit pour partager et vivre la culture rwandaise

  Expositions, ateliers, spectacles; interventions artistiques, théâtre, musique, danse, projections...

 

Lire la suite

Accaparement de terres : anatomie d’un pillage

26 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

 

25 juin 2012 par Yanis Thomas

Accaparement de terres :

anatomie d’un pillage

 

Cet article a été publié dans le journal le Lot en Action du 13 janvier 2012.

55 millions d’hectares. Un peu moins que la superficie totale de la France. Selon un récent rapport de l’International Land Coalition, il s’agit de l’étendue des terres des pays du Sud qui ont été accaparées depuis 10 ans pour de la production agricole. Mais d’où vient ce soudain engouement pour la terre ? Et qui sont les accapareurs ?

 

C’est en novembre 2008 que cette ruée d’investisseurs vers les terres arables d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud est portée à la connaissance du public : la société sud-coréenne Daewoo annonce qu’elle vient de conclure un accord avec le gouvernement malgache portant sur la cession d’1,3 million d’hectares de terres. Il ne s’agit en fait que d’un exemple, particulièrement spectaculaire (mais qui sera finalement abandonné suite à de fortes mobilisations) de l’intérêt nouveau de certains investisseurs pour le foncier agricole, attisé par trois principaux facteurs.

 

Réduire sa vulnérabilité... au détriment des autres

On assiste tout d’abord à une prise de conscience de leur vulnérabilité par des pays ayant des capacités agricoles limitées, pour des raisons climatiques (pays du Golfe) ou démographiques (Chine, Inde) : la hausse brutale des cours agricoles des années 2007-2008 et les « émeutes de la faim » qui ont suivi ont démontré le risque de dépendre trop fortement des importations alimentaires. L’achat de surfaces agricoles à l’étranger est donc un moyen pour ces pays de sécuriser leurs approvisionnements, en externalisant leur production agricole. C’est ainsi que l’Egypte a « sécurisé » 20 000 ha en Ethiopie ou que la Corée du Sud prévoit de faire de même à hauteur de 380 000 ha d’ici 2018, principalement aux Philippines, au Cambodge, en Ukraine, en Indonésie et en Russie.

 

Rouler et affamer, pas besoin de choisir

Un deuxième facteur de cette ruée sur les terres est l’explosion de la demande pour les agrocarburants (due notamment à une directive européenne de 2009 concernant l’utilisation croissante « d’énergies renouvelables »). Ici, ce sont principalement les entreprises européennes qui sont à la pointe des accaparements. On trouve par exemple l’entreprise britannique Sun Biofuels présente en Tanzanie et au Mozambique dans la production d’huile de jatropha ou encore la société portugaise Galp Energia Group, elle aussi présente au Mozambique. Mais les entreprises des pays émergents ne sont pas en reste. Les géants de l’huile de palme du Sud-Est asiatique (Malaisie, Indonésie, Singapour), comme Sime Darby, Golden Agri Resources ou encore Olam International se ruent aussi sur les vastes espaces d’Afrique de l’Ouest et Centrale : 220 000 ha au Liberia pour les deux premiers (quasiment la moitié de la superficie du Lot !), 300 000 ha au Gabon pour le dernier, au détriment de la forêt tropicale.

 

L’accaparement nourrit son homme

Enfin, en partie conséquences des deux premiers, les perspectives de retour rapide sur investissement et de forte rentabilité constituent le troisième facteur. La terre devient un « produit » rentable pour plusieurs raisons, au premier rang desquelles l’anticipation par les investisseurs de prix agricoles élevés (croissance démographique, agrocarburants). L’achat de terres à des fins spéculatives en est une autre : les terres africaines sont bien moins chères que celles disponibles en Europe ou même au Brésil. Enfin, l’investissement dans la terre est considéré comme un bon moyen pour se protéger contre l’inflation (valeur refuge en période de crise). Au vu de ces « opportunités », on assiste à une arrivée massive de fonds de pensions, fonds d’investissement et autres fonds souverains dans le domaine agricole. Le fonds de pension danois PKA a ainsi décidé d’investir 50 millions de dollars dans Silverland Fund, le véhicule financier du fonds d’investissement luxembourgeois SilverStreet Capital ayant vocation à acheter des terres en Afrique (principalement en Zambie). Pour autant, il est important de noter que les accaparements de terres ne sont pas uniquement le fait de firmes étrangères : des hommes d’affaire ou les gouvernements des pays hôtes peuvent tout aussi bien spolier les populations locales de leurs ressources foncières, (comme le fait l’entreprise Huicoma au Mali par exemple.

 

Terra Nullius ?

Car se sont bien les populations locales qui subissent de plein fouet les accaparements de terres. Dépendant quasi exclusivement de l’agriculture et des ressources forestières (charbon de bois, champignons, herbes médicinales…) pour vivre, leur expulsion des terres qu’elles occupent depuis des décennies ou des siècles porte gravement atteinte à leur capacité à assurer leur subsistance et à mener une vie digne. Le problème vient de la nature des droits sur la terre : généralement ce sont les Etats qui sont officiellement propriétaires de la terre ; or, de fait, ce sont les règles coutumières des populations qui occupent les terres qui régissent les droits sur celles-ci. D’où un certain flou qui fait que les acquisitions de terres à grande échelle peuvent être formellement légales, sans pour autant être légitimes. A cela s’ajoute l’opacité dans laquelle s’effectuent les transactions : les populations se retrouvent du jour au lendemain confrontées aux accaparements sans jamais avoir été consultées. Celles-ci se mobilisent alors, comme en Mauritanie par exemple, où les habitants de la région de Boghé s’insurgent contre l’octroi de 40 000 hectares de leurs terres à la firme saoudienne TADCO, ou encore au Cameroun où la Sosucam, une société sucrière appartenant au groupe français Somediaa d’Alexandre Vilgrain, cherche à doubler ses plantations de 10 à 20 000 hectares. Car ce mouvement d’accélération ne doit pas faire oublier qu’un certain nombre d’entreprises françaises, mais aussi belges, possèdent de vastes surfaces accaparées en Afrique à l’époque de la colonisation. C’est le cas par exemple du groupe belge SIAT ou encore de Bolloré via de juteuses holdings basées au Luxembourg. Ces plantations n’en sont bien sûr pas plus légitimes…

 

La Banque Mondiale et consorts à la manœuvre

Si ces entreprises bénéficient depuis toujours du soutien de leur gouvernement, les accaparements actuels sont plutôt favorisées par des institutions internationales, au premier rang desquelles la Banque Mondiale. La Société Financière Internationale (SFI), la branche de cette institution dédiée au soutien au secteur privée, a par exemple mis en place plusieurs programmes visant à la création d’un « environnement d’investissement favorable » (agence de promotion des investissements, tentative de création d’un marché foncier) pour les compagnies désireuses d’investir dans les terres arables. Les investisseurs sont ainsi mieux protégés ; et tant pis si les populations, elles, restent sans défense. Par ailleurs, l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (connue sous le sigle anglais MIGA), autre filiale de la Banque Mondiale, apporte aussi son concours pour limiter les risques des accapareurs, en se portant pour partie caution des investissements. Elle soutient ainsi la firme anglaise Chayton Atlas Investments dans ses projets en Zambie.

 

Le libéralisme contre les biens communs

Que conclure de cette soudaine accélération des accaparements de terres ? Tout d’abord, qu’elle n’est que le prolongement voire l’aboutissement cynique d’une double logique criminelle de libéralisation et d’industrialisation de l’agriculture et de l’alimentation. Deuxièmement, qu’aucun aménagement à la marge de ces politiques ne saurait contenir la rapacité des investisseurs, publics ou privés : c’est la logique néolibérale qui les sous-tend qu’il faut combattre, au moyen de mobilisations populaires. En France, des associations comme Survie, GRAIN, ou encore Peuples Solidaires tentent de relayer la voix des populations spoliées. Au Sud, des collectifs locaux comme TANY (Madagascar) mais surtout les syndicats paysans, tant nationaux, comme la Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP) au Mali, qu’internationaux comme la Via Campesina, tentent de fédérer les différents mouvements de contestation. Une Alliance internationale contre l’accaparement de terres vient à ce titre de voir le jour en novembre à Nyéléni, au Mali. Un processus forcément lent, trop lent, mais le seul à même de nous permettre la réappropriation de ce bien commun indispensable qu’est la terre.

Yanis Thomas

Lire la suite

Le canal du Mozambique, un enjeu stratégique pour la France

23 Juin 2012 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

10 juin 2012

Le canal du Mozambique, un enjeu

stratégique pour la France

 

Ce bras de mer de l’océan Indien séparant l’île de Madagascar du Mozambique abriterait d’importantes ressources énergétiques. La France est en passe de mettre la main sur ce nouvel eldorado pétrolier et gazier.


«  A french coup ! », c’est ce que rapportait Billets d’Afrique (n°185, novembre 2009). Elle émanait d’un diplomate européen à l’issue de la réunion du Groupe international de contact (GIC) sur Madagascar (6 et 7 octobre 2009 à Antananarivo). Ce diplo­mate aux propos si peu diplomatiques se référait au rôle trouble joué par la France dans le renversement de l’ex-président Ravalomana et son activisme en faveur du nouveau président Andry Raojelina au cours des pourparlers inter-malgaches.


Cela était confirmé par Leonardo Simao, « l’ancien chef de la diplomatie mozambicain et membre de l’équipe de médiation de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour Madagascar, dans une discussion rapportée par l’ambassadeur des Etats-Unis. Après avoir rappelé les contentieux opposant la France et M. Ravalomanana, souligné le soutien apporté par la France au régime de M. Rajoelina et mentionné la pression qu’essaient d’exercer certains Français sur les négociateurs malgaches engagés dans le processus de « sortie de crise », M. Simao tira cette conclusion dénuée d’ambiguïté : « L’ingérence française dans les affaires malgaches équivaut à un quasi- colonialisme  », (Thomas Deltombe. Le Monde Diplomatique, mars 2012).


En coulisses, la lutte d’influence a été sévère avec les Etats-Unis et surtout les pays d’Afrique australe, l’ambitieuse Afrique du Sud en tête, peu disposés à laisser la France jouer sa partition habituelle en Afrique. L’affrontement politique a d’ailleurs tou­jours pour conséquence un statu quo institutionnel mortifère pour les Malgaches, rincés par trois ans de tensions sociales, d’insécurité galopante, de prébendes et de corruption plus développée que jamais. La récente alternance politique en France aura-t-elle une influence ? Pas si sûr à la lecture du blog du sénateur socialiste des Français de l’étranger, Richard Yung, qui préside par ailleurs le groupe d’amitié France- Madagascar et pays de l’océan Indien du Sénat et soutient encore plus le putschiste Rajoelina que la diplomatie française : « Je ne défends pas la séquence qui a abouti au départ de Marc Ravalomanana, même s’il n’était pas un modèle de vertu : autoritarisme, répression de manifestants (50 morts), corruption personnelle généralisée, et peu ami de la France. » (Billets d’Afrique 212 - avril 2012). Trois ans après le putsch, on peut en dire tout autant, voire pire, d’Andry Rajoelina. Ce qui change (tout), c’est que ce dernier soit l’ami de la France. Mais à quoi peut donc bien servir cet ami de la France ?


Touche pas au grisbi !

Parmi les confettis de l’empire colonial français, il y a encore  des territoires inconnus de la majorité des Français. Car qui  connaît les îles Eparses ? Ce chapelet d’îles paradisiaques, au  cœur du canal du Mozambique, entre Madagascar et le  continent africain. Rattachés depuis 1896 à la colonie  française de Madagascar, ces îlots auraient dû être restitués,  le 26 juin 1960, à la proclamation de l’indépendance de  Madagascar.

Il n’en fut rien, la France conservant dans son giron le récif de  Tromelin, l’archipel des Glorieuses et les îlots Juan de Nova,  Europa et Bassas da India. Ce n’est que treize ans plus tard,  en 1973, que cette annexion a été tardivement remise en  cause par Madagascar. En 1979, l’ONU recommandait à la  France d’engager des négociations en vue de leur restitution à  Madagascar. Puis plus rien jusqu’à l’orée du XXIe siècle.


Ce n’est qu’en 1999 que la question de la souveraineté des îles Éparses revient sur le tapis avec le projet de la Commission de l’océan Indien (COI) [1] d’envisager la cogestion des îles de Tromelin et des Eparses par la France, Madagascar et Maurice. Une perspective effrayante pour les Français : leur souveraineté sur ces îlots de quelques kilomètres carrés ne se discute pas. Les manœuvres politiques pouvaient alors commencer.

JPEG - 236.3 ko
Juan de Nova Island
Photo magisstra

 

Elles vont durer près de dix ans. Ainsi, en 2010, un accord-cadre de cogestion économique, scientifique et environnementale était signé entre l’île Maurice et la France par le ministre de la Coopération de l’époque, Alain Joyandet. Un texte dont les objectifs véritables sont écrits noir sur blanc dans le projet de loi de ratification du 25 janvier dernier présenté par l’ex-ministre des Affaires Etrangères, Alain Juppé :

« Il ne saurait être question que la France renonce à la souveraineté sur Tromelin non seulement sur le principe mais aussi parce que cela pourrait avoir un impact sur les autres différends relatifs à des possessions françaises d’outre-mer, en particulier celui avec Madagascar à propos des îles Eparses situées dans le canal du Mozambique. Devant la persistance du différend et compte tenu du caractère limité des enjeux économiques actuels, la France a privilégié une approche bilatérale en vue de rechercher un compromis. La négociation a abouti à l’accord signé avec Maurice le 7 juin 2010. Il ne saurait en tout état de cause être question que la France s’engage dans une procédure faisant intervenir un tiers (médiation ou procédure arbitrale ou juridictionnelle). C’est pourquoi a été privilégié un projet de cogestions sectorielles et géographiquement circons­ crites qui a abouti à l’accord signé avec Maurice le 7 juin 2010. (...)

Il permet d’apaiser un pan irritant d’une relation franco-mauricienne par ailleurs excellente et pourrait ouvrir la voie à des accords similaires avec Madagascar sur les îles Éparses du canal du Mozambique. »

C’est clair comme les eaux cristallines des îles Eparses : l’enjeu de cet accord, plus politique qu’économique, vise à conforter la possession française sur ces territoires. Il s’agit aussi d’éviter que le règlement de ces questions sensibles de souveraineté ne se fasse devant une instance internationale qui pourrait statuer in fine sur la restitution à Madagascar. Il est donc plus vital de traiter de façon bilatérale avec un rapport de force plus favorable.


Mais on comprend surtout que la France cherche un accord similaire avec Madagascar sur les îles Eparses. Car, dans ce cas, les enjeux économiques sont autrement plus importants. Mais personne ne le crie sur les toits car il s’agit, en fait, de sécuriser l’énorme potentiel énergétique que représentent ces îles. Juan de Nova, l’une d’elles, à 150 km de la côte ouest de Madagascar, est en effet au cœur du canal du Mozambique, au potentiel pétrolier et gazier gigantesque. Au large du Mozambique, les compagnies Anadarko et l’italienne ENI ont annoncé avoir découvert récemment des gisements géants de gaz naturel. Cette dernière prévoit d’ailleurs d’investir 50 milliards de dollars pour ce gisement estimé à plus de 637 milliards de mètres cubes.


Quant à Total, la compagnie vient d’offrir, e 19 mars, près de 113 millions de dollars pour le rachat de Wessex Exploration Plc qui détient 70% des droits d’exploration offshore et d’exploitation d’un des deux permis sur deux blocs au large de Juan de Nova. Quatre autres sociétés d’exploration se partagent les droits exclusifs accordés par deux arrêtés publiés au journal officiel français du 30 décembre 2008. Leur rapport commun sur le potentiel de la zone parle de découvertes prometteuses. Mais chut ! Total est ainsi opérateur au cœur du canal du Mozambique mais aussi sur le champ de Bemolanga, sur le territoire malgache, à l’extrémité ouest du gisement fossile. Un eldorado pétrolier !


De Mayotte à Mada, géopolitique de la Françafrique

D’aucuns se sont demandés pourquoi la France s’était lancée, avec détermination, dans la départementalisation de l’île de Mayotte, soustraite arbitrairement à l’archipel des Comores en 1976 à l’issue d’un référendum scélérat.

JPEG - 76.1 ko
La marine française en exercice sur l’île d’Europa en 2007Image Marine Nationale

Bien sûr, il s’agissait de mieux contrôler ce canal où transite une grande partie des pétroliers exportant le pétrole du Moyen-Orient vers l’Europe et l’Amérique. Mais n’y avait-il pas un autre enjeu sinon de rendre définitive la souveraineté française de ce territoire, véritable vigie au nord du canal du Mozambique ? Le futur eldorado éner­gétique est désormais étroitement surveillé !


Pour verrouiller le dispositif, il ne reste plus qu’à conserver sous sa cou­pe politique un affidé comme Andry Raojelina susceptible de signer un accord bilatéral en faveur de la souveraineté de la France sur les îles Eparses, moyennant une petite part du gâteau. Dans le cas présent, l’enjeu est hautement stratégique. C’est l’éco­nomiste et blogueur malgache, Patrick Rakotomalala, qui lève le lièvre en mars dernier dans un article très documenté : en 1978, la France décrète une zone économique de 200 miles marins (370 km environ) autour de l’îlot Juan de Nova. Madagascar fait de même en 1985, en obtenant le statut de Zone économique exclusive (ZEE, s’étendant à 200 miles d’un territoire) créé en 1982 par la convention de Montego Bay, autour de son territoire maritime. Or Juan de Nova est à seulement à 150 km (81 miles marins) des côtes malgaches.


Ce qui veut dire que les deux zones se superposent. Il y a donc là un conflit de souveraineté majeur d’autant qu’il n’y a aucun accord de délimitation entre les deux pays [2].

Ironie de l’histoire, le décret français de 1978, crée la zone économique « sous réserve d’accords de délimitation avec les Etats voisins ».


A qui appartiennent donc les ressources énergétiques de la zone ? Comment serait arbitré ce conflit de souveraineté devant une juridiction internationale ? Un cas de figure qui suppose que Madagascar soit offensif sur la question. C’est tout l’intérêt pour la France d’avoir « un ami » pas trop regardant, si ce n’est de ses intérêts personnels, à la tête de l’Etat malgache. Une vieille tradition de la Françafrique et une logique prédatrice déjà à l’œuvre depuis cinquante ans. A ceci près qu’en 2012, la marionnette a besoin d’un vernis démocratique, fut-il appliqué au prix d’élections qui n’en ont que le nom. Elles sont prévues à partir de janvier 2013. Rajoelina prétextant ne pas savoir s’il se présentera.

 


[1] La Commission de l’océan Indien est une organisation régionale créée en 1984. Elle regroupe les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles ainsi que la France avec La Réunion. La démarche, essentiellement politique, s’inscrivait alors dans une logique de renforcement de la coopération Sud-Sud.

[2] D’après le droit de la mer, une zone économique exclusive (ZEE) est un espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière d’exploration et d’usage des ressources. Elle s’étend à partir de la limite extérieure de la mer territoriale de l’État jusqu’à 200 milles marins de ses côtes au maximum. La convention de Montego Bay reste évasive, tant sur la définition du tracé que sur la façon de régler un conflit de tracé. Son article 57 précise qu’elle « ne s’étend pas au-delà de 200 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale », sans autre précision concernant des côtes proches de moins de 400 miles. Son article 59 laisse régler un tel conflit entre parties « sur la base de l’équité et eu égard à toutes les circonstances pertinentes ». Mais si le règlement devait être arbitré à plus au niveau, il reste à choisir entre au moins quatre juridictions compétentes. On s’évitera ces tracas si l’un des États en conflit a des dirigeants peu pugnaces.

Lire la suite