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Survie Midi Pyrénées

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Côte d’Ivoire : élections, piège à c... !

7 Janvier 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Billets d'Afrique et d'ailleurs

 


Côte d’Ivoire : élections, piège à c... !

 par Rafik Houra

 

Qu’on ne s’y trompe pas, les victimes de cette élection ne sont pas à chercher du côté des candidats. Tout porte à croire que chaque camp préparait depuis longtemps le troisième tour. Celui dans lequel s’opposent actuellement Gbagbo et la « communauté internationale ».

Mais c’est bien la population ivoirienne, à qui l’on servait depuis 2007, que la présidentielle allait clore la crise, qui se retrouve otage d’une situation politique binaire et violente. Les positions sont tranchées et les moyens mis en avant extrémistes.

 

De Marcoussis aux isoloirs, huit ans de statu-quo militaire, de tensions toujours entretenues, de régression sociale et de marginalisation de la société civile. Huit ans ponctués d’accords politiques de dupes, de reconduction des contrats aux Bouygues et Bolloré. Huit ans dont le bilan le plus marquant est celui des exactions. Celles des rebelles, celles des milices et paramilitaires loyalistes, ou celles des soldats français.

On se souvient de Michel de Bonnecorse, conseiller de Chirac pour l’Afrique, sortant, en janvier 2007, d’une audience avec Blaise Compaoré, le président burkinabé. C’était quelques semaines avant les accords de Ouaga qui fi rent du leader rebelle, Guillaume Soro, le premier ministre de Gbagbo. Bonnecorse annonçait (Billets n°157) un règlement de la crise seulement à l’issue des élections : « Le but des pays raisonnables est qu’il y ait des élections libres et honnêtes en octobre, ce qui donnera un président légitime qui sera soit élu, soit réélu, et c’est à ce président de mettre un terme à cette crise. »


Il sous-entendait des élections sans réunification du pays et sans désarmement des rebelles. Au lendemain des accords de Ouaga, la rumeur annonçait Gbagbo tranquille jusqu’en 2010. Bonnecorse et la rumeur ont eu raison. Dans son communiqué de presse du 23 décembre, « Côte d’Ivoire : la France pyromane ne doit pas jouer au pompier », Survie constatait donc la « responsabilité de la diplomatie française dans l’impasse » actuelle. Rappelant plus particulièrement la tuerie de novembre 2004, l’association Survie réclamait de la France « le retrait de son opération militaire au profit de troupes internationales sous commandement onusien.  »

Par ailleurs, le descriptif du Programme d’appui au processus électoral impulsé par l’UE au travers du PNUD annonçait : « Pour les prochaines échéances électorales, il est à prévoir que le problème de confiance se posera avec une acuité encore plus grande et exigera le recours à des pouvoirs décisionnels exceptionnels pour contrecarrer l’incapacité d’atteindre des consensus politiques en temps utile. »


De 2006 à aujourd’hui, deux programmes se sont succédé, au bénéfice principalement de la Commission électorale Indépendante (CEI) pour des montants de 58 et 75 millions de dollars. Les organisations de la société civile en ont aussi bénéficié, dans une moindre mesure.


La résurrection du vieux parti d’Houphouët-Boigny ?

 

Fin 2010, c’est enfin l’heure du vote pour les Ivoiriens. Le premier tour a vu la mise à la retraite de l’ancien président Henri Konan Bédié, héritier du vieux parti unique (PDCI) d’Houphouët- Boigny.

L’entre-deux tours a vu la réactivation de l’accord politique scellé à Paris en 2005 réconciliant Ouattara et Bédié pour défaire Gbagbo au second tour. Oublié, le fait que le second instrumentalisa l’ivoirité, dans les années 1990, pour écarter le premier de l’arène politique. Le PDCI et le RDR de Ouattara, né d’une scission PDCI, se retrouvent artificiellement réunis au sein du nouveau parti Houphouëtiste, le RHDP.


Commission électorale non indépendante contre Conseil constitutionnel aux ordres

 

La composition de la CEI a été fixée par l’accord de Pretoria de 2005, qui se réfère aux signataires de l’accord de Linas-Marcoussis. Ces derniers accords rassemblaient trois mouvements rebelles – qui rapidement n’en firent plus qu’un –, quatre partis aujourd’hui rassemblés au sein du RHDP, le FPI de Gbagbo, et deux partis plus ou moins associés à Gbagbo. Compte tenu de son alliance réussie avec les rebelles et les Houphouëtistes, la CEI est très majoritairement favorable à Ouattara. Pour compenser sa composition partisane, les décisions de la CEI doivent être prises par consensus. Début 2010, Gbagbo avait obtenu la démission de la CEI après des manoeuvres douteuses de son président lors de la constitution des listes électorales. Le camp présidentiel avait tenté en vain de changer la distribution des cartes. À peine évoquée, l’idée d’y faire entrer la société civile avait avorté.


En revanche, le Conseil constitutionnel, calqué sur le modèle français, est contrôlé par le camp Gbagbo. Le scénario qui a mené au bicéphalisme actuel est le suivant : alléguant des fraudes, les membres de la CEI favorables à Gbagbo ont bloqué tout consensus sur les résultats du second tour. Le porte-parole de la CEI – issu des rebelles – tenta de passer outre et voulu annoncer des résultats régionaux. Devant les caméras, il en fut empêché par deux autres membres. Après trois jours de blocage, le Conseil constitutionnel prit le dossier en main. Avant que ce dernier ne se prononce, Youssouf Bakayoko, le président de la CEI, se rendit à l’hôtel du Golf, d’où il déclara Ouattara vainqueur. Le lendemain, le Conseil constitutionnel invalida le scrutin dans sept départements et déclara Gbagbo vainqueur.


La question de la fraude

 

Les chiffres de la participation ont alimenté les soupçons de gonflement des suffrages. La bonne participation annoncée le jour du vote (estimée entre 65% et 70%) est devenu excellente quelques jours plus tard avec les chiffres de la CEI (84% au premier tour, 81% au second). Six départements auraient connu un bond de participation entre les deux tours de 6 à 9,5 points, atteignant de 87% à 94% de participation au second tour. Tous ces départements, contrôlés par les rebelles, ont accordé leurs faveurs à Ouattara. Dans son rapport sur le second tour, la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI) a regretté de ne pas pouvoir confronter ses données avec les procès verbaux recueillis par la CEI. Pour aller dans ce sens, il faut noter que la confrontation des données régionales ou nationales est insuffisante. Dans le même ordre d’idée, le nombre d’observateurs (100 observateur de l’UE, 1000 de la CSCI) devrait être accompagné de leur répartition sur le territoire, surtout dans le cas ivoirien. On sait par exemple que les renforts militaires de l’ONUCI, arrivés du Libéria pour les élections, se sont concentrés dans les zones où la mixité ethnique est la plus forte : Abidjan, Bouaké et les régions de l’ouest et du centre-ouest.


La « République du Golf »


Depuis les accords de Marcoussis, l’hôtel du Golf, où résident les ministres issus de la rébellion, est sécurisé par les casques bleus. Lorsque Bakayoko s’y rend, Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara, Guillaume Soro, le représentant du secrétaire général de l’ONU et les ambassadeurs français et américain s’y trouvent déjà. Ces derniers lui promettent protection jusqu’à l’aéroport, en échange de la proclamation de résultats. Bakayoko annonce la victoire de Ouattara devant les caméras occidentales avant de s’envoler pour Paris.


Depuis, Ouattara et Soro vivent dans l’hôtel, véritable enclave sous protection de l’ONUCI et des militaires rebelles. Leur stratégie pour obtenir le départ de Gbagbo a connu trois phases. La première fut l’appel à leur partisans avec, le 16 décembre, un mot d’ordre lancé pour « libérer la RTI [Radio Télévision ivoirienne]  », qui s’est transformé en mot d’ordre de grève – peu suivi, sauf dans les transports. La seconde est la demande aux institutions internationales de geler les comptes de l’État ivoirien, de sanctionner l’entourage de Gbagbo et de ne plus reconnaître les ambassadeurs nommés par Gbagbo. Et finalement, l’appel à une intervention militaire étrangère pour déloger Gbagbo.


La mobilisation des jeunes patriotes

 

On note dans le gouvernement de Gbagbo la présence de Charles Blé Goudé, le « général » auto-proclamé des « jeunes patriotes ». Blé Goudé organise des meetings dans certains quartiers d’Abidjan pour mobiliser contre Ouattara, Soro, l’ONUCI, Licorne. Sans appeler directement à la violence, il dérape volontiers, annonçant un génocide à venir perpétré par les « forces impartiales », appelant des manifestations « à mains nues » à déloger par tous les moyens Soro, ses rebelles de la « République du Golf » et les « forces impartiales ».

Il appelle en même temps à ne pas s’en prendre aux résidents français, ni à leurs entreprises. Blé Goudé espère montrer, en mobilisant les foules, que Gbagbo est indélogeable.


Les deux visages d’Abidjan

 

Il existe actuellement deux visages d’Abidjan. La capitale ivoirienne est fortement divisée, comme le montrent les chiffres acceptés par les deux parties, même s’ils sont légèrement à l’avantage de Gbagbo avec 52% des suffrages exprimés et 83% de participation au second tour. D’une part, les quartiers huppés et une partie des quartiers populaires ont majoritairement voté Gbagbo. Les autres sont, depuis la manifestation du 16 décembre, sous l’étroite surveillance des « corps habillés » – policiers, gendarmes, paramilitaires... – restés fidèles à Gbagbo. La journée du 16 a enregistré entre vingt et trente morts selon les deux camps. À en croire l’ONU, un mois après le second tour, le bilan serait proche de 173 morts, principalement parmi les partisans de Ouattara. La peur règne dans les quartiers Dioulas. Des informations inquiétantes circulent, faisant état de barrages tenus par des paramilitaires anglophones, d’enlèvements de nuit. Le 19 décembre, un charnier aurait été découvert près d’Abidjan. L’ONU n’a pas encore pu se rendre sur place.


Soro et Choi, le représentant de l’ONU, évoquent des escadrons de la mort à la solde de Gbagbo, des mercenaires angolais, libériens ou sierra-léonais. Le diplomate français, Alain Le Roy, chef du département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, a confirmé la présence de mercenaires libériens.


Retour à la case CPI ?

 

Comme en 2003, la possibilité de traduire Gbagbo et son entourage devant la justice internationale est évoquée. La liste des crimes impunis en Côte d’Ivoire est longue, tant de la part des loyalistes que des rebelles. Mais jusqu’ici les menaces d’inculpation sont restées au stade du chantage diplomatique.


Début 2003, les médias français se sont fait l’écho d’une enquête en cours liant l’entourage du président ivoirien aux escadrons de la mort qui sévissait à Abidjan (Billets n°113). Elle est toujours restée à l’état d’enquête ouverte et ne s’est jamais concrétisée par une inculpation. Il s’agit manifestement d’un dossier qu’on gardait sous le coude... Le Monde et Paris- Match ont été condamnés pour avoir lié la présidence ivoirienne aux escadrons de la mort. La mouvance rebelle proche d’Ibrahim Coulibaly (surnommé « IB », ancien garde du corps de la famille de Ouattara, mêlé au renversement de Bédié en 1999 et présenté en 2002 comme le parrain de la rébellion) avait constitué un dossier sur les crimes du régime Gbagbo, mais pendant l’été 2003, elle avait été mise hors jeu, suite à l’arrestation d’IB par la DST à Paris, après une enquête du juge Bruguière (Billets n°188).


C’est à ce moment que Soro a vraiment pris les rênes de la rébellion, que le chemin de fer ivoiro-burkinabé exploité par Bolloré a pu à nouveau circuler. C’est aussi à cette période que l’État ivoirien a renoué avec le grand patronat français. En mai 2008, Gbagbo pouvait déclarer « il faut quand même que les gens sachent que dans tous les grands choix que nous avons opérés, ce sont les entreprises françaises que nous avons choisies ».


Impatience française


Pour le Grigri International (24 décembre), « Aurore Bergé, ambitieuse candidate en 2008 à la direction des Jeunes populaires de l’UMP » est la première à annoncer une victoire de Ouattara, le lendemain du second tour. Deux jours plus tard, le site d’information Euronews affichait un bandeau annonçant la victoire du même Ouattara, avant de s’excuser, invoquant un « problème technique » – (sic). Mais dès la nuit du second tour, le journaliste Jean-Paul Ney annonçait sur son site (LesGrandesOreilles) la victoire de Ouattara en accumulant des faits grossièrement faux : « Le couvrefeu n’est plus respecté par les gens qui dansent dans les rues », « le mouvement militaro-civil pour la libération du peuple (MCLP) menace de faire sauter le président sortant », « À Paris, une source de la DGSE confirme la victoire sans appel de Ouattara ».


L’audiovisuel français tape d’ailleurs fort en matière de désinformation. Sur France 5 les téléspectateurs ont appris qu’en 2000, c’est Gbagbo qui a surfé sur l’ivoirité pour évincer Alassane Ouattara (C dans l’air, 06 décembre). Antoine Glaser, dans une grande confusion, met tout sur le dos de Gbagbo sur France Inter « [Gbagbo] est arrivé au pouvoir en ayant écarté Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Et finalement les socialistes à l’époque quand Henri Konan Bédié a [subi] le coup d’état, on était en cohabitation, Jacques Chirac à l’époque avec le conseiller Michel Dupuech, ils étaient pour remettre Bédié au pouvoir. Les socialistes ont dit non, il y a notre camarade Laurent Gbagbo qui peut quand même arriver » N’oublions pas enfin Michèle Alliot- Marie (Europe 1, 1er décembre) : « La Côte d’Ivoire a toujours été un modèle de démocratie en Afrique ».


Sanctions


Il existe un groupe d’experts nommé par l’ONU dont nous avons salué le travail à plusieurs reprises (Billets n°192). Son rôle est de contrôler l’efficacité de l’embargo sur les armes et de rapporter les infractions relevant du comité des sanctions. On s’étonne que son rôle n’ait pas été mis en avant à l’heure où tombent de nouvelles sanctions. Il a sans doute le tort d’avoir mené son travail en zone rebelle aussi bien qu’en zone gouvernementale. C’est sans doute pour cette raison que son rapport annuel, qui aurait dû être publié mi-octobre, est inaccessible ! Notons que parmi la soixantaine de personnes sous le coup de sanctions de la part de l’UE figure l’ex-légionnaire Frédéric Lafont (Billets n°196).


Offensive sarko-américaine


Devançant l’Élysée, l’administration américaine a été la première à soutenir le « nouveau président » Ouattara. L’offensive diplomatique américaine contre Gbagbo éclaire d’un jour nouveau deux incidents relevés précédemment (Billets n°195) : l’interdiction faite au président du FPI de se rendre aux États-Unis cet été et l’arrestation d’un militaire envoyé par le gouvernement ivoirien pour acheter du matériel de maintien de l’ordre peu avant les élections. Le duo franco-américain à l’ONU s’est dans un premier temps heurté à la Russie avant que celle-ci accepte la position occidentale.


L’Union africaine s’est alignée tandis que la CEDEAO, emmenée par le Nigérian Jonathan Goodluck, prenait les devant, menaçant très tôt Gbagbo d’un recours à la force. Le téléphone a bien fonctionné entre Obama, Sarkozy et Goodluck.


Dès le 8 décembre, donc moins d’une semaine après la dispute électorale, Soro déclarait au Parisien : « J’espère pouvoir compter sur la capacité de tous les défenseurs de la démocratie, des Africains comme de la communauté internationale, pour imposer à Gbagbo de céder le pouvoir comme hier les Etats-Unis l’ont fait avec Charles Taylor au Liberia. » Soro a retrouvé sa hargne du début de la rébellion, celle qui laissait deviner qu’il s’appuyait sur de puissants appuis.


Cet appel fait froid dans le dos à plus d’un titre. L’Ecomog – l’armée nigériane sous couvert de la CEDEAO – avait été envoyée combattre Charles Taylor et c’est bien ce dont on menace aussi Gbagbo. Mais cette force et ses nombreuses exactions sont de sinistre mémoire. Elle fut totalement inefficace. Assez ironiquement, la rébellion ivoirienne dont Soro est le leader avait reçu le soutien du criminel de guerre Charles Taylor. Ce sont finalement des milices libériennes, appuyées par les États-Unis et, régionalement par Gbagbo, qui renversèrent Taylor. Quant au Sierra Leone, l’Ecomog n’y a pas évité l’intervention britannique. Si le Nigeria intervenait en Côte d’Ivoire, ce serait le signe d’un tournant stratégique considérable.


Le consentement de l’Élysée pour cette solution, serait un nouveau signe de la proximité de vue entre le locataire de l’Élysée et la diplomatie américaine. Certains réseaux français verraient d’un très mauvais oeil une intervention anglo-saxonne lourde en Françafrique.


Du point de vue régional, le tandem Foccart-Houphouët avait donné à la Côte d’Ivoire un rôle de pivot de l’impérialisme français dans l’aire ouest-africaine face au géant nigérian. Cette rivalité avait atteint son paroxysme avec la guerre du Biafra et dans une moindre mesure la guerre du Libéria.


Au moment de l’arrivée annoncée d’un bâtiment militaire néerlandais à la demande des autorités françaises (RNW, 22 décembre), on lit dans un télégramme de la diplomatie américaine que les Néerlandais sont un allié très important en Europe qui « envisage d’accroître sa présence militaire en Afrique », particulièrement, mais pas seulement, en Côte d’Ivoire.


Mi-décembre, le premier ministre kenyan suggérait de déloger Gbagbo par la force. Deux semaines plus tard, l’UA lui demande d’assumer ses propose et « d’assurer le suivi de la situation en Côte d’Ivoire et de renforcer les chances de succès des efforts en cours » !

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La guerre n’est jamais la solution... même en Côte d’Ivoire

5 Janvier 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

5 janvier 2011

La guerre n’est jamais la solution...

même en Côte d’Ivoire

 

Communiqué du Mouvement de la Paix, 5/1/2011


 La Côte d’Ivoire vit des heures difficiles alors que les populations ivoiriennes souffrent déjà beaucoup. La nouvelle crise issue des élections présidentielles des 31 octobre et 28 novembre, entachées de graves irrégularités, ne trouvera de sortie positive que dans le dialogue, pas dans les armes.

Fallait-il ou non organiser ces élections ? On peut aujourd’hui se poser la question. Il devient de plus en plus évident que cette élection n’a pas été préparée dans les meilleures conditions de sérénité nationale et internationale.

Qui peut donc affirmer qu’il y ait eu ou non triche ? Notamment dans les nombreux secteurs non couverts par des observateurs internationaux. La France et les grandes puissances – qui prennent fait et cause pour l’un des deux camps – prennent la terrible responsabilité de brandir une torche embrasée au-dessus d’un tonneau de poudre. Ces prises de position enveniment la situation et entretiennent le « conflit de civilisation » que nombre d’obscurantismes veulent alimenter, en Côte d’Ivoire, en France, et ailleurs.

La culture de la paix, c’est ne pas entraver, ni de près, ni de loin, la prise en mains par les Ivoiriens, de leur propre chemin vers une démocratie.

S’indigner comme le font aujourd’hui les anciennes puissances coloniales, ignorant leurs parts de responsabilités dans cette situation, n’est pas crédible. Cela participe d’une nouvelle forme de colonialisme dont le peuple Ivoirien n’a aucunement besoin.

Le Mouvement de la Paix s’inquiète des appels aux armes et des préparations d’interventions militaires, et affirme haut et fort que « la guerre n’est jamais la solution, ni en Côte d’Ivoire, ni ailleurs ». Au contraire, c’est toujours dans les situations les plus difficiles qu’il faut « oser la paix ».

Le Mouvement de la Paix met en garde contre toutes les conséquences d’un conflit militaire sur les pays voisins, notamment ceux sans accès à la mer dont le port d’Abidjan constitue une source de vie précieuse.

La seule issue durable est une issue pacifique et politique. La guerre ne résoudra rien. Elle engendrera de nouvelles frustrations et amplifiera les antagonismes, prétextes d’ingérences des grandes puissances sous couvert humanitaire. Le Mouvement de la Paix demande au gouvernement français de refuser toute escalade guerrière et de donner la priorité à une solution politique.

Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, issus de la même famille d’hommes politiques et formés aux intérêts de l’oligarchie africaine et des grandes puissances, doivent calmer le jeu et négocier un nouveau processus de consultation populaire.

La communauté internationale doit soutenir ce retour aux urnes en proposant de travailler à définir au préalable – par la concertation de toutes les parties – les conditions de la mise en œuvre d’un contrôle international non contestable. En s’appuyant sur sa charte, dans laquelle la priorité est celle des peuples, l’ONU doit retrouver son rôle de médiateur.

Le Mouvement de la Paix soutiendra en France toutes les initiatives refusant le recours à la force en Côte d’Ivoire et consulte ses partenaires pour que s’exprime haut et fort le rejet de toute intervention militaire.

Le Mouvement de la Paix
Saint Ouen, le 5 janvier 2011  

Contacts :pierre.villard[at]mvtpaix[dot]org - 06 82 92 29 46
Presse : catherine.rio[at]mvtpaix[dot]org - 01 40 12 72 35
 
 LE MOUVEMENT DE LA PAIX

MAISON DE LA PAIX, 9 rue Dulcie September – 93400 Saint-Ouen Tel : 01 40 12 09 12 - Fax : 01 40 11 57 87
Site web : www.mvtpaix.org - mail : national[at]mvtpaix.org
Agréé Association Nationale de la Jeunesse et d’Education Populair

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Côte d’Ivoire : la France pyromane ne doit pas jouer au pompier

2 Janvier 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Communiqué de Survie, 23/12/2010


Côte d’Ivoire : la France pyromane ne doit pas jouer au pompier



L’association Survie rappelle que la France porte une grande responsabilité dans la crise qui secoue la Côte d’Ivoire depuis 8 ans. Malgré ce que prétendent l’ONU et les puissances occidentales, les conditions n’étaient pas réunies pour éviter une large fraude, particulièrement au Nord du pays. La seule issue semble désormais l’apaisement entre les deux camps et non l’affirmation de la victoire de l’un sur l’autre. La France doit procéder au retrait de son opération militaire au profit de troupes internationales sous commandement onusien.


Pour la première fois de leur histoire, les citoyens ivoiriens ont voté dans une élection présidentielle véritablement pluraliste et ouverte. Malgré des conditions extrêmement défavorables, la participation fut massive. Mais depuis trois semaines, la Côte d’Ivoire est séquestrée par « deux présidents ». Tandis que l’un, Laurent Gbagbo, se crispe sur son pouvoir, la « communauté internationale » est en passe d’imposer l’autre,Alassane Ouattara, aux Ivoiriens.
Pour cerner l’immense responsabilité de la diplomatie française dans l’impasse que vit actuellement la Côte d’Ivoire, il est nécessaire de poser quelques jalons historiques.


À l’automne 2002, l’Élysée refuse l’application des accords de défense à une Côte d’Ivoire en proie à une rébellion armée approvisionnée par un pays voisin. Au contraire, un cessez-le-feu est imposé, entérinant la partition du pays.


En janvier 2003, lors des accords de Marcoussis, la diplomatie française impose l’entrée des rebelles dans le gouvernement ivoirien. À Abidjan, des manifestants refusent que les portefeuilles de la Défense et de l’Intérieur soient confiés aux rebelles, comme le prévoyait l’exécutif français.


En novembre 2004, un engrenage tourne au drame. Au cours d’une offensive aérienne de l’armée ivoirienne sur les zones rebelles, neuf soldats français de l’opération Licorne et un civil américain trouvent la mort. Craignant un putsch orchestré par l’armée française après qu’elle a détruit l’aviation militaire ivoirienne, des manifestants envahissent certains quartiers d’Abidjan.L’armée française tire sur des manifestants, faisant plus de soixante morts.


Les accords de Pretoria d’avril 2005 calquent la structure de la Commission Électorale Indépendante (CEI) sur le plan de table des négociations de Marcoussis, aboutissant à une surreprésentation des rebelles, assurant aux partis d’opposition une large majorité [1]. Dans la foulée, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) est créé à Paris, réconciliant deux anciens ennemis [2], Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, autour d’un accord électoral destiné à assurer la victoire de l’un des deux sur Laurent Gbagbo. L’Union Européenne impulse, à travers les Nations Unies, un Programme d’Appui aux Processus Électoraux dont la CEI est le principal bénéficiaire. Le descriptif de ce programme [3] laissait déjà augurer un passage en force :
« Pour les prochaines échéances électorales, il est à prévoir que le problème de confiance se posera avec une acuité encore plus grande et exigera le recours à des pouvoirs décisionnels exceptionnels pour contrecarrer l’incapacité d’atteindre des consensus politiques en temps utile. »


Début 2007, depuis Ouagadougou, Michel de Bonnecorse, chef de la cellule africaine de l’Élysée sous Jacques Chirac, annonce que la fin de la rébellion n’est pas un préalable aux élections [4]. Quelques semaines plus tard, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, leader de la rébellion, et Blaise Compaoré, président du Burkina, signent les accords de Ouagadougou : Guillaume Soro devient premier ministre. Fin 2007, un accord complémentaire a pour unique objet de confier à la société française Sagem Sécurité le volet technique de l’élaboration des listes électorales [5].


Ce 2 décembre 2010, le Conseil Constitutionnel ivoirien, essentiellement favorable à Laurent Gbagbo, constate l’expiration du délai imparti à la CEI pour annoncer les résultats provisoires. En effet, la CEI a échoué à trouver un consensus sur l’ampleur d’irrégularités dans le scrutin. Le président de la CEI Youssouf Bakayoko se rend alors au Golf Hôtel, où se trouvent déjà Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara, Guillaume Soro, le représentant du secrétaire général de l’ONU et les ambassadeurs français et américain. Ces derniers lui promettent protection jusqu’à l’aéroport, en échange de la proclamation de résultats. Bakayoko annonce la victoire de Alassane Ouattara devant les caméras occidentales. Le lendemain, le Conseil Constitutionnel annonce l’invalidation du scrutin dans sept départements de la zone contrôlée par les rebelles et la victoire de Laurent Gbagbo.

 

Pays déchiré, par Noémi, thepot

Prétendre organiser une élection satisfaisante sans mettre fin à la partition du pays [6] était absurde. On s’étonne qu’aucune autorité internationale ne l’ait exigé sérieusement. Malgré les énormes moyens mis en œuvre, le scrutin n’a pas offert les garanties brandies par l’ONU.
Croire que l’élection présidentielle sortirait la Côte d’Ivoire de la crise était un leurre. Aucun des candidats du second tour ne sera capable à lui seul de guérir la société ivoirienne de ses plaies. Ni Alassane Ouattara, l’économiste libéral qui a fait carrière dans les grandes institutions financières internationales, l’adepte des privatisations, des coupes dans les budgets sociaux et autres plans d’ajustement structurel, l’ami très apprécié de l’Élysée. Ni Laurent Gbagbo, le socialiste devenu rapidement allié des grands groupes français, le nationaliste souvent - et sans doute volontairement - ambigu.


Il est urgent que les initiatives d’apaisement soient privilégiées [7]. Si la « communauté internationale » a une once de bon sens, c’est dans cette voie qu’elle doit pousser les acteurs de cette crise et non dans le refus de voir la réalité et dans l’illusion qu’on peut imposer une solution de force à un pays divisé. Le risque est de plonger la Côte d’Ivoire dans la violence.


Nous demandons que tout soit fait, à commencer par le retrait de l’opération Licorne au profit d’un renforcement de l’ONUCI, pour la réconciliation des Ivoiriens et non pour assurer la victoire d’un camp sur l’autre, ce qui serait lourd de menaces pour l’avenir de la Côte d’Ivoire.


Contact presse :
Stéphanie Dubois de Prisque - Chargée de communication
stephanie.duboisdeprisque(a)survie.org
01 44 61 03 25
06 89 31 17 18
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 Rawlings préconise une approche pacifique à la crise ivoirienne

par Nicole Bancouly, Notre Voie
L’ancien président ghanéen, Jerry John Rawlings, a réitéré son appel pour une retenue extrême dans la gestion de la crise en Côte d'Ivoire. Dans un message publié jeudi, trois jours après qu'il a réclamé de la retenue et de la maturité de la part de tous les acteurs de la crise, le Président Rawlings a dit que la situation en Côte d' Ivoire n'était pas un simple conflit électoral, mais un enchevêtrement des complexités ethniques et politiques qui devaient être gérées avec tact et diplomatie plutôt que par des allusions ouvertes à l’usage de la force. L'ancien Président a déclaré que les résultats contestés indiquent clairement que la Côte d'Ivoire est abruptement divisée en lignes ethniques, fait dont devrait se préoccuper les parties prenantes telles que la CEDEAO, l'UA et l'ONU au moment où elles étudient des options pour résoudre l'impasse.

“Les deux hommes au centre du conflit ont indiqué leur volonté d’accepter un recompte ou une revérification des résultats par des observateurs neutres. Y a-t-il une raison cachée à ne pas vouloir accepter l’offre faite par les deux parties ?
Il est également important que nous ne nous précipitions pas dans aucune forme d'intervention de force. Cela ne garantira pas une résolution définitive de la crise et peut au contraire exacerber une situation déjà volatile qui pourrait résulter en une guerre civile complète avec des effets désastreux sur les populations de toute la sous-région.
Les tentatives de recueillir du soutien pour une intervention militaire ne sont pas fondées et exposeront plutôt l’hypocrisie de l'ONU, la CEDEAO et l'UA.
Des résultats d'élection plus outrageants ont eu lieu sans intervention. Comment pouvons-nous justifier une intervention dans ce cas, quand les résultats sont si serrés et divisés selon des lignes ethniques ? Laissez-nous étudier toutes les options de paix disponibles plutôt qu'une intervention militaire, qui ne peut pas aboutir à une transition politique pacifique en Côte d'Ivoire.
La situation est certainement embarrassante pour l’Afrique, mais tout aussi inquiétant est le fait que les médias internationaux ont fait l’impasse sur beaucoup d’éléments. Des rapports de certains principaux observateurs des élections condamnant la conduite des élections dans plusieurs parties du pays ont été totalement ignorés par les médias internationaux. Dans certaines régions, le nombre de suffrages exprimés est plus élevé que le nombre total de votants. Dans une région, il y a 159.788 suffrages exprimés pour 48.400 votants. Ceci, additionné au fait que dans certaines régions, le personnel de la commission électorale et certains agents électoraux n'ont pas été autorisés à contrôler le processus, appelle à ce qu’une enquête appropriée soit instamment diligentée. Il y a tant de questions cruciales sans réponse. Les détails du rapport de l’envoyé de l’Union africaine, le Président Thabo Mbeki, devraient être rendus publics pour aider à mieux comprendre la nature de la situation.
Il est également impératif que la CEDEAO convoque une réunion d’urgence pour inviter les deux parties au centre de la crise ainsi que des représentants de toutes les missions d'observation qui ont couvert les élections à présenter leur cas. C'est ce qui a été fait par le passé et cela nous fera avancer d’un grand pas dans la recherche de la solution.
Nous devons agir avec précaution pour le bien des populations de Côte d'Ivoire qui sont les vraies victimes de cette tragédie. J'invite la CEDEAO et les autres institutions internationales impliquées dans la crise à analyser la situation avec la plus grande attention et à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour la résoudre d'une façon pacifique», a dit le Président Rawlings.

 

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Radio: "La Françafrique se porte bien, merci !" Etat des lieux 2009-2010,

10 Décembre 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

 Dimanche 12/12/10 à 17h00; rediff samedi 25/12/10 à 9h00

 

sur Campus FM (94FM)
émission "Françafrique" n°20 (rediffusion)
"la Françafrique se porte bien, merci"

 

Etat des lieux 2009-2010

Françafrique 20 l’émission radio de l’association SURVIE sur la Françafrique, cette relation particulière de la France avec ses anciennes colonies, reprend ce mois ci l'enregistrement de la rencontre débat début décembre avec Odile Biyidi -Tobner, présidente de l'association Survie. A partir d'enregistrements récents (extraits issus de la télévision, de la radio,...) où nous entendrons certaines des personnes qui nous dirigent, nous ferons le point sur l'actialité de la françafrique depuis l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy en 2007. Nous parlerons du Niger, du Cameroun, du Gabon, de la Guinée, des biens mal acquis des dictateurs africains … mais aussi et surtout de ceux qui ici font la politique africaine de la France : Sarkozy, Guéant, Bourgi, et de… Toubon, chargé de préparer l’année 2010, « année de l’Afrique ».


Professeur agrégé de Lettres, auteur et épouse de l’écrivain Mongo Beti, Odile Tobner a réalisé avec lui, de 1978 à 1991, la revue bimestrielle "Peuples Noirs, Peuples Africain". Elle s’occupe, depuis 1993, de la Librairie des peuples Noirs à Yaoundé, Cameroun...

Pour écouter l'émission en ligne: http://www.afriradio.net/auteur51.html 

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Survie est l’une des rares associations françaises engagées contre le néocolonialisme en Afrique. Soutenez-la !!!

9 Décembre 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr

Mercredi 8 décembre 2010

Appel à dons - Les dons sont déductibles des impôts à 66%

Survie est l’une des rares associations françaises engagées contre le néocolonialisme en Afrique. Soutenez-la !!!

Cher-e-s ami-e-s et sympathisant-e-s,

vous connaissez Survie à travers ses campagnes, ses publications ou ses prises de position. Vous pouvez également soutenir ce travail en devenant adhérent, en faisant un don ou en vous abonnant à notre revue mensuelle Billets d’Afrique et d’ailleurs.


Sur un plan financier notre situation est toujours très précaire, d’autant plus que nous sommes confrontés à la diminution des aides sur les postes salarié-e-s.

Nous avons par ailleurs fait de nombreux efforts afin de réduire nos dépenses avec notamment le déménagement du siège de l’association pour un loyer moindre.


Mais dans l’ensemble, les finances restent fragiles et l’avenir de l’association continue de dépendre pour l’essentiel des contributions de ses adhérents et de ses donateurs, garantes de son indépendance (hormis les aides sur les contrats salariés, Survie ne reçoit pas de subventions de l’Etat, ni d’entreprises). C’est la raison pour laquelle nous profitons de cette fin d’année pour vous rappeler les dispositions fiscales liées aux dons. Ces dispositions vous permettent en effet de déduire 66% de ceux-ci du montant de vos impôts. Ainsi, à titre d’exemple, si le cumul actuel de vos dons pour l’année 2010 s’élève à 52 € (montant de l’adhésion), votre contribution effective s’élève en fait à 18 € après déduction d’impôt de 34 €.

Luttez contre la Françafrique ! Soutenez Survie !

 

(...) Lire la suite http://survie.org/qui-sommes-nous/presentation/agir-et-soutenir/article/survie-est-l-une-des-rares

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"Françafrique": film documentaire sur France 2 les 9 et 16 décembre

4 Décembre 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

"Françafrique": film documentaire sur France 2 les 9 et 16 décembre

 

Par quels moyens le Général de Gaulle a-t-il préservé les intérêts de la France en Afrique, comment a-t-il pu garantir l’indépendance énergétique nécessaire au développement et à la modernisation des années 60 dans l’hexagone ?

 

"Françafrique" sera diffusé sur France 2 en deuxième partie de soirée :
1er épisode : "La raison d'état" le 9 décembre 2010. 23h10
2ème épisode : "L'Argent roi" le 16 décembre 2010. 22h50

 

Il y a 50 ans, en 1960, les quatorze colonies françaises d'Afrique noire devenaient indépendantes. Mais, indépendance ne signifie pas liberté : le général de Gaulle confie à Jacques Foccart la mise en place d'un système qui vise à garder, par tous les moyens, légaux et illégaux, le contrôle de nos anciennes colonies dont les matières premières sont vitales pour la France. Ce système va s'appeler la Françafrique...

 

Extrait de "Françafrique"

 


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Conférence débat: Faut-il augmenter l’aide publique au développement ?

26 Novembre 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Mercredi 1er décembre 2010 à 20H00 à l'IEP de Toulouse

Amphi Bodin, 2 ter, rue des puits creusés, métro Capitole ou Compans Cafarelli.

 

Survie MP, So acte, le CROSI et le collectif de la Semaine de la solidarité internationale vous proposent:

 

Faut-il augmenter l’aide publique au développement?

De l'aide aux biens publics à l'échelle mondiale
   
 

Avec Thomas Noirot (Association Survie),

co-auteur du "Petit guide de la Françafrique" (2010)

 

 

En France, l'APD (aide publique au développement) est un agrégat comptable dont la composition interpelle : aide liée (à la réalisation du marché par une entreprise française), bourses d'étudiants étrangers, allègements d'une dette pourtant illégitime, assistance technique militaire , et même une partie des frais engendrés par la politique française de gestion des flux migratoires... Quant à l'aide multilatérale, elle est souvent conditionnée à des réformes de libéralisation de l'économie qui ne favorisent pas l'accès du plus grand nombre aux biens publics (éducation, santé, alimentation..).

Alors, aide collective des citoyens français ou instrument d'influence au services de quelques intérêts ? On peut légitimement s'interroger sur l'impact d'une augmentation de l'APD qui n'aurait pas au préalable été profondément réformée. Le débat mérite d'être ouvert.

 

Déroulement:

- Introduction par Michel Henry, coordinateur de la SSi sur Toulouse, pdt du CIDES (20H00)

- Prise de parole de Gérard Onesta, Vice-Président de la région Midi Pyrénées en charge des relations internationales, de la coopération décentralisée.

-Conférence de Thomas Noirot

-Questions de la salle et débat.

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Ciné débat: VALDIODIO N’DIAYE et l’Indépendance du Sénégal

26 Novembre 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Jeudi 2 décembre à 20h30 à Utopia Toulouse

 

VALDIODIO N’DIAYE et l’Indépendance du Sénégal

Amina N’Diaye Leclerc et Eric Cloué

- documentaire France 2000 52mn -

 

Soirée débat dans le cadre du Cinquantenaire des indépendances Africaines. En collaboration avec l'association SURVIE et l'association Occitanie-Casamance. Séance unique suivie d'un débat avec la réalisatrice, Amina N'Diaye Leclerc et Thierno Ibrahima DIA, enseignant en cinéma à l'Université de Bordeaux 3.

VALDIODIO N’DIAYE et l’Indépendance du Sénégal   En 1957, avec la Loi Cadre, Valdiodio N’Diaye devient Ministre de l’Intérieur du premier gouvernement du Sénégal formé par le Président du Conseil, Mamadou Dia tandis que Léopold Sédar Senghor est le Président de la République. C’est un régime parlementaire et Senghor a un pouvoir très limité.

Le 26 août 1958, alors que Mamadou Dia et Senghor ont préféré s’absenter, Valdiodio N’Diaye, avec courage et conviction, affronte le Général de Gaulle venu proposer son référendum sur la Communauté Française. Il plaide haut et fort pour l’indépendance immédiate. Senghor reviendra pour faire sournoisement campagne contre l’indépendance, en coalition avec les marabouts.
Le 4 avril 1960, c’est l’indépendance. Mamadou Dia et Valdiodio N’Diaye portent l’espoir de tout un peuple et, jusqu’en 1962, ils bâtissent une nation en affirmant leur volonté de préserver les intérêts nationaux. Très vite, la France soutient le Président Senghor, son fidèle allié et le pousse à éliminer ses adversaires. Ainsi, en 1962, deux ans après l’indépendance, le destin de Valdiodio N’Diaye et de ses compagnons bascule dans la tragédie.

Le film interroge avec force sur l’élimination systématique de certains leaders africains et nous aide à mieux comprendre aujourd’hui de quelle façon l’indépendance a été confisquée à de nombreux pays. Au Sénégal, comme ailleurs en Afrique, ce sont ceux-là même qui ne voudront pas de l’indépendance qui s’en proclameront les pères. (Senghor, Houphouët-Boigny, Yaméogo, Eyadéma, Bongo... ).


Amina N’Diaye Leclerc co-réalise avec Eric Cloué un film tenu de bout en bout par la rigueur et l'émotion. Ils analysent avec distance la violence symbolique des mensonges d'État, nous laissant toujours le loisir de juger les faits par nous-mêmes. L’historien Mamadou Diouf retrace l’histoire de l’Afrique et de la conquête coloniale tandis que Robert Badinter et certaines personnalités sénégalaises apportent leur témoignage, instaurant ainsi une contre-écriture de l’histoire, dans toute sa vérité.


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Burkina Faso : des imposteurs valident la nouvelle imposture électorale de Blaise Compaoré

26 Novembre 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Communiqué de Survie,  le 26 novembre 2010

 

Burkina Faso : des imposteurs valident la nouvelle imposture électorale de Blaise Compaoré

 

Alors que le Burkina Faso vient de connaître une des pires parodies électorales de son histoire, la France et l'Union Européenne observent un silence complaisant et laissent des observateurs illégitimes valider le sacre d'un des meilleurs gardiens des intérêts français dans la sous-région.


Blaise Compaoré, qui a renversé Thomas Sankara en 1987 avec la bienveillance de la France puis a installé son régime dans la répression des journalistes et opposants, se succède à lui-même en remportant la pseudo-élection présidentielle du 21 novembre dernier. Une nouvelle fois, cette élection est entachée d’irrégularités. Le tribunal administratif, saisi par les partis d’opposition, a jugé non conforme au code électoral la carte d’électeur. La suite sera donnée par le Conseil Constitutionnel qui pourrai décider d’annuler le scrutin. Sentant que l’élection était jouée d’avance, seule la moitié des 7 millions d'électeurs potentiels s'était inscrite sur les listes électorales, et seulement 1,7 millions d'entre eux se sont rendus aux urnes. Cette mascarade prend une signification d’autant plus particulière que Blaise Compaoré entend modifier la constitution pour pouvoir se représenter indéfiniment à la présidence, à l'instar de son ami camerounais Paul Biya. C’est pourtant sans complexe que le président du Burkina Faso va endosser ce dimanche son costume de médiateur pour aller donner des leçons de paix et de démocratie aux Ivoiriens lors du deuxième tour de la présidentielle, alors que par ailleurs des soupçons de soutien matériel aux rebelles pèsent sur lui.


Après avoir hypocritement célébré le cinquantenaire des indépendances de ses anciennes colonies d’Afrique subsaharienne, la France ne s'émeut nullement de cette situation, pas plus que lors des récentes successions dynastiques au Gabon et au Togo. Rappelons au contraire qu'elle n'a eu de cesse d'accompagner le régime en place, par exemple en augmentant régulièrement son aide budgétaire aux autorités burkinabé (4 millions d'euros en 2008 contre les 2,5 provisionnés, et 19,5 millions sur la période 2009-2011). Le nouvel ambassadeur de France dans le pays est sans doute plus préoccupé par les questions sécuritaires que par les questions démocratiques: le général quatre étoiles Emmanuel Beth, routier des bases africaines de l'armée française et frère du commandant des troupes d'élites du COS (Commandement des Opérations Spéciales), a été nommé à Ouagadougou cet été, juste en amont du discret redéploiement de troupes françaises dans le pays au titre de la « lutte contre le terrorisme ».


L’Union Européenne n’a pu envoyer d’observateurs, une place vite prise par  l'Observatoire Européen pour la Démocratie et le Développement (OEDD). Cette fumeuse association, cofondée entre autres par Pierre Messmer, a envoyé sur place une douzaine d’observateurs qui disent avoir constaté «le sérieux, la courtoisie, la discipline, l’ordre et la maturité » des Burkinabè lors du scrutin, alors que seuls les représentants du candidat Compaoré et les forces de l'ordre étaient présents dans les bureaux de vote visités. Dans cette délégation « européenne » composée aux trois-quarts de Français, souvent liés aux réseaux françafricains, on retrouve notamment Jacques Godfrain (ancien ministre de la Coopération de Jacques Chirac), Jacques Perget (général français, contrôleur général des armées), Françoise Casano (Vice-Présidente des Femmes de l’UMP), Michel Voisin (député UMP, Vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées), Fouad Benhalla (Président de Havas Médias International, lié au groupe Bolloré).


L'association Survie dénonce le soutien officieux des autorités françaises et l’absence de réactions des autorités européennes à la tacite reconduction de la dictature de Compaoré. Survie dénonce également cette parodie d'observation qui ne vise qu'à offrir une légitimité usurpée à un chef d'Etat criminel.


Contact presse : 

Stéphanie Dubois de Prisque, chargée de communication

stéphanieduboisdeprisqueatsurvie.org

Tél. : 01 44 61 03 25

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Table ronde: Les crises politiques dans la région des Grands Lacs Le cas du Burundi

23 Novembre 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Jeudi 25 novembre 2010 à 17h30 
Salle des Thèses, Université Toulouse 1 ( 2 rue du Doyen-Gabriel-Marty)


Le GERCA, Groupe d'Études et de Recherches sur le Continent Africain    propose uneTable-ronde :

 

 
Les crises politiques
dans la région des Grands Lacs
Le cas du Burundi

 
Par Christine DESLAURIER,
Historienne, chargée de recherche à l'IRD, rattachée au Centre d'études africaines (Ceaf)
et Alexis SINDUHIJE, Journaliste burundais

 

Près de cinquante ans après son retour à la souveraineté nationale, le Burundi est aujourd’hui englué dans une situation politique difficile, qui rappelle à quel point l’instauration d’une démocratie pluraliste est une gageure dans un pays où les crises violentes se sont enchaînées sans répit depuis l’indépendance.

 

Confiscation du pouvoir par des minorités élitaires, usage et abus de l’identification politique et des solidarités dites « ethniques » depuis 1960 pour garder ce même pouvoir... Autant d’ « événements » passés qui ont contribué à dessiner les lignes actives de clivage ou de partage des positions politiques dans la société burundaise contemporaine.

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