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Survie Midi Pyrénées

Articles avec #debats, films et conferences tag

le Mardi 4 Octobre: soirée "Découvrons la Françafrique"

3 Octobre 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

le Mardi 4 Octobre à parti de 20H15 au CIDES (derrière la boutique des Artisans du monde) 1, rue Joutx Aigues, 31000 Toulouse, métro Carmes ou Esquirol.

 

SURVIE Midi Pyrénées vous invite à une soirée:

 

"Découvrons la Françafrique de

De Gaulle à Sarkozy"

  Ou de Foccart à Bourgi?

 

Découvrons ensemble la face cachée de la politique de la France en Afrique à partir de petites vidéos, extraits de Jt, de films documentaires, qui montrent l'évolution de la françafrique des années 1960 à nos jours. Une soirée découverte des grands et très grands scandales de cette realtion très particulière de la France avec ses anciennes colonies.

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Génocide au Rwanda : des tueurs parmi nous ? Mardi 28 juin 2011 vers 22h40

21 Juin 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Génocide au Rwanda : des tueurs parmi nous ?

 

 

Le documentaire de Manolo d’ARTHUIS sur le génocide des Tutsi au Rwanda et plus particulièrement sur les activités du CPCR et la présence de présumés génocidaires rwandais sur le sol français sera diffusé sur France 2 le

 

Mardi 28 juin 2011 vers 22h40

 

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 Durée : 70 mn

Le documentaire sera suivi d’un plateau d’une vingtaine de minutes animé par Nicolas POINCARE, avec la participation de son Excellence Jacques KABALE, ambassadeur du Rwanda en France, de Filip REYNTJENS, constitutionnaliste et politologue belge, de Maria MALAGARDIS, journaliste et d’Alain GAUTHIER, président du CPCR (Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda).

 

Communiqué du CPCR:

Agathe KANZIGA HABYARIMANA veut s’opposer à la diffusion d’un documentaire sur France 2

 

Etrange destin réservé au documentaire de Manolo D’ARTHUIS (Tony Comiti Productions) intitulé : « Génocide au Rwanda : des tueurs parmi nous ? » dans la série La Grande Traque.

 

Programmé sur France 2 le 31 mai dernier, ce documentaire de 70 mn consacré à la poursuite des présumés génocidaires rwandais présents sur le sol français s’est vu voler la vedette par l’arrestation de Mladic. La diffusion du film de Manolo D’ARTHUIS, initialement fixée au 31 mai, a été reprogrammée pour le mardi 28 juin. Mais il est des personnes qui ne l’entendent pas de cette oreille. Agathe KANZIGA HABYARIMANA, une des « acteurs » du documentaire, par l’entremise de son avocat, a déposé un référé auprès du Tribunal de Paris pour en faire interdire la programmation. Non contente d’être la sans papiers la plus célèbre de France, sous le coup d’une demande d’extradition qui sera examinée le 29 juin, madame KANZIGA ne cesse de faire parler d’elle. Sa demande sera examinée le 20 juin et nous espérons fortement, en nous appuyant sur la jurisprudence en la matière, qu’elle sera rejetée. Un autre « acteur » du documentaire, Marcel BIVUGABAGAGO, ex lieutenant colonel des Forces Armées Rwandaises, Toulousain d’adoption, a à son tour saisi la justice, avec la même intention que l’ex première dame du Rwanda. Accueillis avec beaucoup de complaisance dans notre pays, accusés d’avoir participé au dernier génocide du XXème siècle, au lieu de se contenter de vivre dans la discrétion pour se faire oublier, voilà que nos hôtes quelque peu encombrants saisissent à leur tour la justice. Gageons qu’ils ne seront pas entendus.

 

Pour éviter ce genre d’anecdote, il serait plus que temps que la justice de notre pays ouvre enfin des procès que les victimes appellent de leurs vœux. Condamnée en juin 2004 par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour « retard apporté à rendre la justice « dans l’affaire Munyeshyaka, prêtre rwandais qui officie à Gisors dans le diocèse d’Evreux, la Justice française traîne toujours les pieds. Et cette situation nous est plus qu’insupportable. Plus de dix-sept ans après le génocide des Tutsi perpétré au Rwanda, il est inadmissible qu’aucun présumé génocidaire vivant en France n’ait encore été jugé. Et il faudrait maintenant que ceux qui sont soupçonnés d’avoir d’une façon ou d’une autre participé à ce crime cherchent à faire taire les médias et tous ceux qui souhaitent éclairer la conscience de nos concitoyens et de ceux de la communauté des hommes ? Cette pensée nous est aussi intolérable.

 

Espérons que le 28 juin France 2 puisse diffuser librement ce documentaire qui en apprendra probablement beaucoup aux téléspectateurs qui auront le courage de veiller et d’attendre patiemment la deuxième partie de soirée.

 

Fait à Reims le 12 juin 2011

 

Alain GAUTHIER, président du CPCR

Contact : 00 33 (0)6 76 56 97 61

 pour voir l'émission en ligne:


 

 

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Jeudi 09 juin 2011, rencontre avec Gilles Labarthe : Sarko l'Africain.

7 Juin 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Jeudi 09 juin 2011 à 19h à la librairie Terranova, 18 rue Gambetta 

 

 Survie Midi Pyrénées et la librairie Terranova vous proposent une



Rencontre avec Gilles Labarthe à l'occasion de la parution du livre  

Sarko l'Africain



Décrypter les relations sulfureuses, voire schizophrènes que l’homme de pouvoir Sarkozy entretient avec ses homologues des anciennes colonies, au sud du Sahara, s’avère édifiant pour qui veut comprendre la formidable ascension à la tête de l’État, puis le maintien au pouvoir de « l’homme le mieux informé de France ».

Bien des spécialistes ont présenté Nicolas Sarkozy comme une « page blanche » en évoquant ses relations avec l’Afrique. Ce fils d’immigré hongrois aurait été le seul président français, depuis le général De Gaulle, a pouvoir enfin aborder le continent noir sans préjugés. Sans dette ni compromission avec les potentats locaux. Sans amitié pour les dictateurs sanguinaires. Sans réseau personnel. Un décideur qui pourrait enfin incarner la rupture, le changement…

En réalité, le jeune gaulliste Nicolas Sarkozy a été « formé » dès les années 1970 par les meilleurs praticiens RPR de la de la France-à-fric.

Un essai d’investigation qui lève le voile sur cette mystification et s’emploie à décortiquer le rôle joué par les principaux mentors politiques et financiers du nouveau président. Contrairement au discours officiel, ce dernier a poursuivi avec d’autres acteurs la tradition gaulliste sur le continent noir.
Ce retour sur « l’initiation au monde noir » de l’actuel président explique les secrets de sa formidable ascension à la tête de l’État, fournit des clefs de lecture essentielles pour appréhender sa conception de la politique étrangère, si contestée aujourd’hui, au Nord comme au Sud, et révèle enfin – mieux que tout autre domaine, les failles de « l’omni-président », de celles qui ressurgissent dans toute situation de crise.

Gilles Labarthe est un ethnologue et journaliste d’investigation suisse.
Il a effectué de nombreux séjours en Afrique, notamment pour des enquêtes et reportages sur les questions du développement, du trafic des matières premières et de la fuite de capitaux.
Correspondant freelance à Paris pendant quatre ans (de 2002 à 2006) pour divers titres de la presse d’information suisse, il s’est intéressé aux scandales politico-financiers des années Chirac, et a fondé une agence de presse spécialisée et indépendante, DATAS.

 

 

Une interview de l'auteur sur TV5 Monde le 31 mars 2011
 

 

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Vendredi 20 mai, Rencontre avec Jean-François Dupaquier

17 Mai 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences


Vendredi 20 mai 2011 à 19h00

à la librairie Terra Nova, 18, rue Gambetta à Toulouse


Rencontre avec Jean-François Dupaquier à l'occasion de la parution du livre L’Agenda du génocide, aux éditions Karthala.


Analyses et controverses se succèdent sur le génocide des Tutsi et le massacre des Hutu démocrates au Rwanda en 1994, mais souvent loin des réalités du terrain.
Cet ouvrage est au contraire le résultat d'une enquête qui nous livre un document de première importance sur l'agenda de ces crimes de masse.
Avec le témoignage de Richard Mugenzi, recruté dès le mois d'octobre 1990 comme espion par les Forces armées rwandaises, nous sommes au coeur de la machine politico-militaire préparant le génocide, par lequel des groupes extrémistes espérainet conserver et même renforcer leur emprise -jusque-là san spartage - sur le Rwanda. Les explications de cet ancien agent de renseignement de l'armée rwandaise rappellent que les massacres ont suivi une logique militaire et politique, et que les machettes des miliciens s'appuyaient aussi sur des armes modernes et sur un pouvoir sophistiqué.

Jean-François Dupaquier est historien et journaliste,et expert auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda.

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Colloque: RWANDA, LE DERNIER GENOCIDE DU XXE SIECLE

17 Mai 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

SAMEDI 21 MAI 2011- de 13h00 à 17h00

Amphi MB II à la Manufacture des Tabacs
21, allée de Brienne 31015 Toulouse
Métro : ligne B (station Compans-Caffarelli)


 17 ème commémoration du génocide au Rwanda, organisé par le Gerca (Groupe d'études et de recherches sur le continent Africain) et l'association Diaspora Rwandaise de Toulouse (D.R.T)


COLLOQUE: RWANDA, 

LE DERNIER GENOCIDE DU XXE SIECLE

 

  

 

Le programme :

- Le Négationnisme par J.F Dupaquier (journaliste-ecrivain /expert auprès du TPIR Arusha).

- La Justice Gacaca ou tribunaux populaires au Rwanda par Helene Dumas (Historienne a l'EHESS/IRD).

- Le processus de transformation des gens ordinaires en meurtriers génocidaires par J.Luc B.Galabert (psychologue)

- Le bilan des procédures judiciaires des présumés génocidaires en France par Alain Gauthier ( Président du Collectif des parties civiles Rwandaises-CPCR)  

- Le témoignage d'un rescapé du génocide des Tutsi au Rwanda par Alain Ngirinshuti (Vice Pdt d'Ibuka France)

 

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Rencontre à Toulouse: Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971,

10 Mai 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

 Mercredi 11 mai 2011 à 19h à la librairie Terranova, 18 rue Gambetta à Toulouse

Survie MPet la librairie Tarranova vous proposent une

 

Rencontre avec Manuel Domergue à l'occasion de la sortie du livre  

 

Kamerun ! Une guerre cachée aux

origines de la Françafrique, 1948-1971

 

 

Pendant plus de quinze ans, de 1955 à 1971, la France a mené au Cameroun une guerre secrète. Une guerre coloniale, puis néo-coloniale, qui a fait des dizaines de milliers de morts, peut-être davantage.

Une guerre totalement effacée des histoires officielles.
En France, où l'on enseigne toujours que la décolonisation de l'" Afrique française " fut exemplaire et pacifique.
Et au Cameroun, où il est encore risqué aujourd'hui d'évoquer ce terrible conflit qui enfanta une redoutable dictature...

C'est dire l'importance de ce livre, qui retrace pour la première fois l'histoire de la guerre menée par les autorités françaises contre l'Union des populations du Cameroun (UPC), le parti indépendantiste créé en 1948, et tous ceux pour qui la liberté et la justice s'incarnaient en un mot : « Kamerun ! »
Pendant quatre ans, les auteurs ont enquêté en France et au Cameroun. Ils ont retrouvé de nombreux témoins : militaires français et camerounais, combattants nationalistes, rescapés des massacres...
Et ils montrent comment l'administration et l'armée françaises, avec leurs exécutants locaux, ont conduit pendant des années une effroyable répression : bombardements des populations, escadrons de la mort, lavage de cerveau, torture généralisée, etc.

Plus de cinquante ans après la pseudo-indépendance accordée au Cameroun le 1er janvier 1960, cette histoire reste d'une brûlante actualité. Car c'est aussi celle de la naissance de la Françafrique, fruit du consensus colonial de la IVe République, puis de la diplomatie secrète de la Ve République.

 


 

 

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Commémoration Rwanda: projection et rencontre autour de "Au nom du Père, de tous, du ciel"

29 Avril 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Mardi 10 mai à 20h00 au cinéma ABC, Toulouse

 

Projection et rencontre autour de 

"Au nom du Père, de
tous, du ciel"

Les "justes" du Rwanda

 
de Marie-Violaine Brincard, 

 

 

  D’avril à juillet 1994 au Rwanda, quelques hutu résistent à la terreur génocidaire et décident d’accueillir et de sauver des tutsi. Quinze ans plus tard, malgré des tentatives symboliques de reconnaissance, ils sont toujours marginalisés : traîtres pour certains et tueurs potentiels pour d’autres. Joseph, Joséphine, Léonard, Augustin et Marguerite racontent comment, au péril de leur vie, ils ont caché des tutsi et les ont aidés à s’enfuir. Leurs paroles résonnent dans les lieux où ils ont résisté, des collines de Nyanza  aux rives du lac Kivu, et rendent ainsi sensible l’humanité dont ils ont fait preuve.


Ce film a été sélectionné dans la catégorie «Premiers Films» au Festival du Réel 2010.

Marie Violaine Brincard a été présidente de Survie Midi Pyrénées entre 2003 et 2005

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Boubacar Boris Diop à Terranova (Toulouse)

14 Avril 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

 Jeudi 21 avril 2011 à 19h à la librairie Terranova, 18 rue Gambetta 

à l'occasion de la 17° commémoration du génocide des Tutsi du Rwanda,

 Survie Midi Pyrénées et la librairie Terranova vous proposent une

 

Rencontre avec Boubacar Boris Diop

à l'occasion de la réedition de son livre

 

"Murambi, le livre des ossements"

 

Construit comme une enquête, avec une extraordinaire lucidité, le roman de Boubacar Boris Diop nous éclaire sur l’ultime génocide du xxe siècle. Avant, pendant et après, ses personnages se croisent et se racontent, s’aiment et se confessent. Jessica, la miraculée qui sait et comprend du fond de son engagement de résistante ; Faustin Gasana, membre des Interahamwe, la milice des massacreurs du Hutu Power ; le lumineux Siméon Habineza et son frère, le docteur Karekezi ; le colonel Perrin, officier de l’armée française ; Cornelius enfin qui, de retour au Rwanda après de longues années d’exil, plonge aux racines d’une histoire personnelle tragiquement liée à celle de son peuple.

 

Boubacar Boris Diop

Romancier et essayiste, Boubacar Boris Diop est né à Dakar en 1946. Après avoir travaillé pour plusieurs journaux sénégalais, il continue de collaborer à des titres de la presse étrangère. La résidence d’auteurs « Rwanda : écrire par devoir de mémoire » lui a permis de prendre en 1998 toute la mesure du génocide des Tutsi. Né de cette expérience, Murambi, le livre des ossements a été traduit en plusieurs langues.

   
 
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Projection débat à Toulouse: Le peuple sahraoui : une république en exil

11 Avril 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Jeudi 14 avril 2011 à 20h au Cinéma Utopia Toulouse 

Tickets en vente à partir du 7 Avril au Cinéma utopia

 

Projection débat:

"Le peuple sahraoui : une république en exil"

Film de Cheikh Djemai

avec  le réalisateur et une représentante sahraouie

 

Ce film donne la parole aux jeunes et habitants des campements sahraouis. Un petit peuple de plus de 3OO OOO personnes qui vivent dans le plus grand des déserts, mais aussi un des derniers peuples nomades à se sédentariser...et à n'avoir pas eu son indépendance.

Repoussés par le Maroc qui occupe le Sahara Occidental "utile" suite à la Marche Verte, les sahraouis sont aujourd'hui répartis des deux côtés d'un long mur de défense militaire: ceux des territoires occupés ont récemment organisé un vaste campement de plus de dix mille tentes à El Ayoün la capitale, sauvagement réprimé par la nouvelle puissance coloniale.

Intimidations, arrestations, disparitions:les droits de l'homme et la liberté sont toujours refusés aux sahraouis!

Au moment d'un printemps au Maghreb, la demande d'autodétermination des sahraouis, soutenue par l'ONU, mais en butte aux intérêts des Etats, pourra-t-elle trouver un écho et surtout un aboutissement pacifique?
 

Tous contacts :
tél 06 20 38 24 79

·         Le collectif 31 d'associations pour les droits de l'homme au Sahara Occidental:

CROSI Midi-Pyrénées, Cides, ETM 46-31, LDH Toulouse, Survie Midi-Pyrénées , Nedjma....

 

Soutien de : Alternative Libertaire, Alternatifs, FSU 31, Sud-Education/Solidaires,...

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Le Performatif Projection du documentaire de Camille de Vitry sur la Françafrique

10 Avril 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

 

"On ne veut plus être colonisés"

 

Mardi 29 mars en amphi Montesquieu (IEP Toulouse) avait lieu une projection du documentaire "Kasanda", en présence de la réalisatrice Camille de Vitry. A l’heure de la commémoration des 50 ans de l’indépendance de 14 anciennes colonies africaines de la France, les associations organisatrices Survie et So Acte ont ainsi choisi de rappeler les relations opaques encore entretenues par la France et de nombreux états africains.

AFRIQUE
 

La Françafrique [1] se porte bien, merci. A l’heure des discours stigmatisants les immigrés, rappeler la responsabilité de la France dans l’entretien de la dépendance de pays africains envers l’Hexagone ne peut pas faire de mal. Dans ces courts-métrages, Camille de Vitry décrit le lien entre les phénomènes de pillage des ressources en Afrique et d’immigration clandestine en France.


La première scène se déroule à l’ambassade de France à Dakar, où des dizaines de sans-papiers attendent des visas. « Ce n’est qu’une probabilité » soupire l’un deux. Scène suivante : le père d’un sénégalais à qui on vient de refuser le visa lance : « C’est la France qui nous a colonisés ! » « Vous voulez que je vous chante la Marseillaise ? », ajoute-t-il, très sérieux. C’est ensuite au tour d’un sans-papiers malien d’expliquer qu’il a été agent de sécurité et qu’il travaillait avec les papiers de quelqu’un d’autre. « Il faut que les dirigeants changent, il faut qu’il y ait des révolutionnaires », estime-il, en pointant « la corruption et l’injustice » qui règne dans son pays. Tout est dit.


"Ca va mal tourner"

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Carte du Mali

La réalisatrice s’est intéressée à la mine d’or de Sadiola, véritable symbole des mécanismes néo-coloniaux encore en place. Construite en 1996 à l’ouest du Mali, dans la région de Kayes (voir carte), elle est un des plus grands gisements aurifères au monde. Le Mali reste toutefois un des pays les plus pauvres du globe. Comment expliquer ce décalage ? Il s’avère que la mine a été financée aux deux-tiers par des prêts de banques publiques (allemandes, françaises, hollandaises...) et internationales (des aides publiques au développement donc). La Banque Mondiale détient en outre 6% des actions de la SEMOS, société qui exploite la mine. Les compagnies privées qui exploitent la mine reçoivent cet argent, le Mali ne touchant que 20% dans la société minière. [2]


Les ravages de la Françafrique ne s’arrêtent pas là. L’or est traité au cyanure, or le bassin de boue n’a même pas de revêtement. Cela entraîne des émanations toxiques et contamine les nappes phréatiques. Les ouvriers respirent la poussière, sans masque. Les conséquences sanitaires sont catastrophiques : les habitants souffrent de maladies respiratoires, de maux de ventre, et les fausses couches se multiplient. Beaucoup d’enfants en bas âge décèdent. Camille de Vitry affirme que « les morts sont indénombrables ». Un homme menace : « ça va mal tourner ». L’entreprise veille à entretenir l’opacité. Les non-maliens sont embauchés en priorité, car « les exploitants ne veulent pas que les habitants connaissent les conditions de vie et les dangers », explique la réalisatrice.


"Beaucoup de politiques français sont des pompiers pyromanes"

Nous sommes maintenant en 2000. Le livre Noir Silence de François-Xavier Verschave [3] est sous le coup d’un procès intenté par Omar Bongo, Idriss Déby et Denis Sassou-Nguesso (présidents respectifs du Gabon, du Tchad et du Congo-Brazzaville) pour "offense à chefs d’États étrangers". L’auteur a osé les qualifier de « dictateurs » (il sera relaxé). Une manifestation de soutien est organisée à Paris. Un manifestant africain insiste : « il faut surtout que les Français sachent ce qu’on fait avec leurs sous en Afrique car on leur dit depuis 40 ans qu’on nous aide et on est plus pauvre qu’il y a 40 ans ».

Quelques années après, en 2009. Quartier de la Défense, à Paris, devant le siège de Total, une autre manifestation se déroule. Cette fois-ci, c’est pour dénoncer « le coup d’état électoral sponsorisé par Total et Areva », après l’élection d’Ali Bongo à la tête du Gabon. Les miliciens étrangers ont tiré sur la foule, qui manifestait contre la fraude. « Le soutien aux dictateurs en Afrique et l’immigration, ça va de pair », déclare un manifestant, « beaucoup de politiques français sont des pompiers pyromanes ». Camille de Vitry affirme ainsi que « le FMI met en place le cadre le plus attractif possible pour les investissements étrangers. Une fois ce système mis en place, ils [les africains] n’ont que la possibilité de migrer ». L’avocat qui soutient les manifestants explique que « les seules entreprises qui existent sont des entreprises contrôlées par la famille Bongo (...) Les jeunes n’ont aucun espoir : la seule chose qu’on leur offre, c’est d’être fonctionnaires et corrompus ».


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La réalisatrice Camille de Vitry

La réalisatrice a montré son film aux exploitants miniers. Elle a fait l’objet de plusieurs tentatives d’élimination. Comment changer le système alors ? Elle ne croit pas aux discours de transparence qui ont pu être tenus par les dirigeants français. Selon elle, il faudrait reproduire en Afrique les révolutions du Maghreb : « S’ils ne se révoltent pas, qui va le faire à leur place ? »

A lire

L’or nègre. Polar vrai, Camille de Vitry, Editions Tahin Party, 2009. Téléchargeable gratuitement sur http://tahin-party.org/textes/l-or-negre.pdf

Noir silence, François-Xavier Verschave, Editions les Arènes, 2000.

 



[1] Le néologisme de François-Xavier Verschave, président de l’association Survie jusqu’à sa mort en 2005, est une parodie de l’expression "France-Afrique" de Félix Houphouët-Boigny. Ce mot désigne les relations occultes entre les deux pays, sur le plan politique (mise en place et soutien de dictateurs, trucages d’élections), sur le plan économique (pillage des matières premières, dégradation de l’environnement) et sur le plan militaire (maintien de bases militaires, signature d’accords qui permettent une ingérence).

[2] La réforme du Code minier, faite en 1999 au Mali, a été inspirée par la Banque Mondiale. Elle a limité la participation de l’Etat dans les sociétés minières à hauteur de 20%.

 

http://leperf.net/On-ne-veut-plus-etre-colonises.html

 

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