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Survie Midi Pyrénées

Sarkozy, Guaino et l'Afrique: où est la rupture? Par Rue 89

29 Juillet 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Par David Servenay | Rue89 | 27/07/2008 |



Sarkozy, Guaino et l'Afrique: où est la rupture?



Henri Guaino est une plume orgueilleuse. Un an après le très controversé discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, voici que le conseiller spécial du président de la République justifie dans Le Monde ces mots prononcés en juillet 2007 dans un amphithéâtre devant un parterre d’étudiants sénégalais.


Visiblement, il n’a pas digéré l’accusation de « racisme » formulée plus tard par Bernard-Henri Lévy, en pleine promotion de son livre. On le comprend. Mais, à trop vouloir donner des leçons, on attire les moralistes.


Personne n’a sérieusement songé à taxer Henri Guaino de raciste patenté


Passons sur la discussion de salon, Hegel, Senghor, Lévi-Strauss, Mounier et Braudel. Là où Henri Guaino se trompe, c’est que personne n’a sérieusement songé à le taxer de raciste patenté. La (re-)lecture du discours de Dakar, fort bien tourné, en apportera d’ailleurs une confirmation à ceux qui doutent. Pourquoi Henri Guaino, le « gaulliste social », le concepteur de la « fracture sociale » de 1995, le laudateur de Jaurès et de Blum en 2007, serait devenu subitement un partisan des infâmes théories de Gobineau? Henri Guaino fait mieux, il nous invite à discuter son point de vue:


« Toute l’Afrique n’a pas rejeté le discours de Dakar. Encore faut-il le lire avec un peu de bonne foi. On peut en discuter sans mépris, sans insultes. Est-ce trop demander ? Et si nous n’en sommes pas capables, à quoi ressemblera demain notre démocratie ? »


D’accord, alors relisons. Voici la citation complète du passage incriminé, qui ne s’arrête pas à la première phrase retenue dans Le Monde :


« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

« Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.

« Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance.

« Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. »


A chacun de juger, mais aujourd’hui encore, pour qui vit l’Afrique au quotidien, la description est anachronique. Tous les jours, l’Afrique et les Africains inventent la modernité. Regardez un peu ce qu’en pensent les Chinois, qu’Henri Guaino n’a pas pris la peine de citer à Dakar.


La suite relève surtout du cliché: l’Africain est un « paysan », le continent est déchiré par « les guerres sanglantes », mais il a heureusement un « imaginaire merveilleux » et une « sagesse ancestrale ». Jusqu’à l’apogée sur la colonisation, les « routes », les « ponts », l’Européen qui « féconde les terres vierges », qui pouvait être « méchant » ou « bon ». Quel mouvement dialectique ! Mais la réalité, où est-elle ?


Cinq raisons de douter de la « politique des réalités »


Si cette question se pose aujourd’hui, c’est précisément parce qu’un an après ce discours de Dakar appelant à une « politique des réalités », il est temps de dresser un état des lieux de la « rupture » tant vantée du printemps 2007.


D’abord, contrairement à ce qu’avance Henri Guaino, la presse africaine a immédiatement mal reçu ce message. Qu’on relise donc les éditos de la presse sénégalaise. Ou encore les analyses des Africanistes qui, avec un peu de recul en février 2008 à l’occasion du voyage en Afrique du Sud, regardaient Dakar avec la même méfiance. Pourquoi ? J’y vois au moins cinq raisons réalistes:


La nucléarisation incontrôlée du continent. L’histoire est connue entre l’ex-madame Sarkozy et les infirmières bulgares, la France a vendu une centrale nucléaire au colonel Khadafi dans des conditions encore troubles.


Le maintien d’une politique de défense incohérente. Depuis l’affaire tchadienne, où Paris soutient à bout de bras un président fatigué mais jugé irremplaçable, Nicolas Sarkozy n’a pas encore réalisé la promesse de révision des accords de défense annoncée au Cap.


L’allégeance aux circuits de corruption internationaux. Comment considérer autrement le limogeage brutal du secrétaire d’Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui avait osé critiquer le sage Omar Bongo, recordman toutes catégories de la longévité présidentielle (quarante ans au pouvoir) et des placements patrimoniaux ?


La faiblesse chronique des crédits de la coopération. L’aide publique au développement (APD) pour 2008 n’atteint toujours pas l’objectif intermédiaire de 0,5% du Revenu national brut pour 2010 ; tandis que seul 1% de cette aide transite par les ONG, contre 8,5% au Royaume Uni et 11% en Allemagne ; sur ce sujet, la France est le pays européen le plus mal classé de l’OCDE.


L’oubli des engagements particuliers. En entrant en fonction, le président Sarkozy a pris soin de multiplier les gestes symboliques en recevant Elisabeth Borrel, Osange Silou-Kieffer, la famille Ben Barka… Depuis, qu’a-t-il fait de plus que son prédecesseur ? Pire, serait-on tenter de répondre, car le temps fait son oeuvre.


Faut-il donner raison à ceux qui disent que Nicolas Sarkozy ne s’intéresse pas à la politique étrangère et encore moins à l’Afrique ? Que le « développement partagé », les « projets communs », la « stratégie commune dans la mondialisation » et la « politique d’immigration négociée ensemble » resteront lettre morte ?


Un doute sur la sincérité de l’engagement africain d’Henri Guaino


Pourtant, les dirigeants africains n’ont pas été avares en compliment sur la démarche présentée lors d’un discours qualifié de « révolutionnaire » par le président ivoirien Laurent Gbagbo. Je veux parler du discours du Cap, en février 2008 devant le parlement sud-africain, bien plus novateur que celui de Dakar. Mais Henri Guaino a-t-il écrit ce texte ? Il serait l’oeuvre d’une plume plus discrète. Pourtant, là encore, la rupture est infiniment lente.


Enfin, on peut avoir un doute sur la connaissance du terrain africain et sur la sincérité de l’engagement d’Henri Guaino. En relisant le discours de Dakar, une phrase m’a sauté aux yeux (mea culpa, elle avait échappé à la première lecture), car elle reprend les pires antiennes de l’ère Mitterrand-Pasqua-Balladur. Je veux parler de cette allusion au Rwanda, glissée au détour de ce passage consacré à la responsabilité de la France dans l’histoire africaine:


« La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution. »


Fort bien. Mais pourquoi parler « des génocides » ? Quels sont-ils ces « génocides » ? En existe-t-il d’autres que celui qui se déroula du 7 avril à la fin de l’année 1994 dans les collines rwandaises, ainsi que le définit le texte de reconnaissance officielle de l’ONU ? Je n’en vois pas.


En revanche, je sais que la confusion est savamment entretenue depuis la conférence de presse finale de François Mitterrand au sommet franco-africain de Biarritz, en novembre 1994. Le président français avait, le premier, joué de l’ambiguïté, accusant les forces du FPR (Front patriotique rwandais) de commettre, eux aussi, le pire contre les vrais génocidaires que l’armée française protégeait dans les forêts du Kivu.


Depuis, Hubert Védrine, Dominique de Villepin et d’autres ont publiquement repris l’expression. J’ai aussi noté que nos relations avec Kigali n’ont pas vraiment évolué depuis un an. Alors, de quelle « rupture » parle-t-on ?


Dernier détail: lorsqu’Henri Guaino parle « d’Eurafrique », comme d’un horizon d’espoir à la nouvelle politique française, il ne fait que reprendre une expression utilisée par… Pierre Messmer, en 1959, lors d’une conférence devant les stagiaires de l’Ecole supérieure de guerre. Une trace de gaullisme dans la rupture, sans doute…

 

Page originale et ses nombreuses réactions sur le site de rue 89:

http://www.rue89.com/2008/07/27/sarkozy-guaino-et-lafrique-ou-est-la-rupture


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Survie apporte son soutien aux auteurs et éditeur de "Noir Canada"

28 Juillet 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Survie apporte son soutien aux auteurs et éditeur de "Noir Canada" et dénonce le SLAPP qu’ils subissent



Six millions de dollars. Rien de moins. Pour une petite maison d’édition cela fait beaucoup. C’est pourtant la somme réclamée par Barrick Gold, immense groupe minier canadien, à Ecosociété éditrice du livre d’Alain Deneault Noir Canada. Après être passé outre les menaces de B. Gold, le livre fut finalement édité à Montréal le 15 avril. Aussitôt après une “poursuite baillon”, (pour libellé diffamatoire) est intentée par le groupe qui réclame à titre de “dommages et intérêts punitifs” cette somme exorbitante. Puis le mois dernier, le groupe Banro, cité dans l’ouvrage, réclame à son tour 5 millions de dollars. En l’occurrence, au gré du jugement, c’est l’avenir de l’éditeur qui est en suspens, mais bien plus encore.


En effet, le lecteur de Noir Canada aura vite compris qu’avec cette affaire et d’autres dans le monde se trouve en jeu l’existence même des enquêtes citoyennes au long cours, pourtant l’un des derniers remparts d’un journalisme d’investigation digne de ce nom, fondateur même de l’idée démocratique. Ainsi est apparu depuis quelques années, le mot “Slapp” (Stratégic Lawsuit Against Public Participation) résumant la défense moderne élaborée par ces grands groupes qui nous gouvernent contre les attaques de simples citoyens au gré de quelques publications remettant en cause le fondement du commerce international tel qu’il est pratiqué, au regard de la morale.


Mais les allégations d’Alain Deneault, tout comme celles qu’ont pu formuler FX Verschave ou Denis Robert ne sont rien d’autre que le fruit d’un travail intense, circonstancié, très professionnel. Il n’aura échappé à personne que l’impact des révélations de chacun de leurs ouvrages fut jusqu’ici limité. Pourtant, il faut croire que le danger est réel pour les grandes structures mises en cause, car, loin de s’abriter derrière l’amorphie des opinions, elles préfèrent détruire une fois pour toute ces rabat-joie, cette fois en se servant de la justice des Etats concernés. Mais c’est d’un droit universel dont il s’agit, tout simplement d’un droit de regard et de la liberté d’informer les opinions publiques, dernier rempart solide contre une mainmise idéologique et économique sur le monde, un monde, celui de l’immense majorité : les pauvres.


Avec 11 millions de dollars cumulés réclamés, dorénavant il faudra être sacrément riche pour pouvoir l’ouvrir. Mais en général, les nantis ne font pas d’esclandre, ils achètent de l’or, produit par Barrick Gold.


A l’heure où Denis Robert annonce "raccrocher", il y a dans ce type de comportement quelque chose de beaucoup plus que choquant : un déni démocratique, l’expression d’une nouvelle dictature qui se cache. Bien entendu cela prendra un tour légal, puisque la justice s’en mêle, mais dans le cas d’Alain Deneault (auteur de Noir Canada), cette somme est rédhibitoire, on s’en doute.


Cette démarche d’intimidation apporte cependant aussi de l’eau au moulin du livre du fait qu’elle confirme parfaitement les pratiques des puissances d’argent pour museler toute information à leur sujet, hors celle qu’elles répandent elles-mêmes par leurs cellules de « communication » pour lesquelles elles ne lésinent pas sur les moyens d’investir les médias.


Recension de Noir Canada

Depuis les ouvrages pionniers de F.X. Verschave dans les années 90, les enquêtes sur l’exploitation de l’Afrique par l’Occident se sont accumulées. Il devient cependant évident que le modèle Françafricain, loin d’être effacé n’est plus exclusif, les logiques post-coloniales des Etats se dissolvant dans celles de grands groupes privés, désormais transnationaux. Mais, dans cette nouvelle donne imposée par la globalisation des économies, les Etats n’ont pas dit leur dernier mot.


C’est à partir du cas canadien qu’Alain Deneault aidé de Delphine Abadie et de William Sacher éclaire les mécanismes de la « mafiafrique ». Au sein du collectif « Ressources d’Afrique », créé pour étudier à la loupe les réseaux Canado Africains, Alain Deneault a pu collecter une somme d’informations qui, organisées dans une méthode proche de celle de Noir silence, auquel l’ouvrage fait référence, éclaire de façon édifiante le fonctionnement des grands groupes, principalement miniers, œuvrant tranquillement à l’abri de l’apparente bonne réputation morale dont jouit le Canada. Paradis fiscaux, contrats léonins en RDC ou Tanzanie, enrichissement notoire de gouvernants, rôle de la bourse de Toronto (centre mondial de l’exploitation minière), Noir Canada, implacable ne laisse rien au hasard et décrypte de façon exemplaire les rouages du pillage moderne du sous-sol africain. Malgré quelques expressions discutables, (un génocide « involontaire »), la rigueur de l’enquête effectuée et livrée dans un style très soigné pour le genre en question, n’accorde aucun crédit à une théorie de la conspiration mais démontre bien que la pauvreté entretenue du continent, n’est que la conséquence d’un système complexe, à l’exact centre des champs diplomatique, politique, militaire, et désormais commercial, Dans ce concept de la « mafiafrique », l’enrichissement de quelques uns sur le dos d’une Afrique toute entière laissée à l’abandon n’a jamais cessé.


Un livre fondamental.

Plus d’infos

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Africajarc 2008

22 Juillet 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Festivals, concerts, théâtre,...

Festival Africajarc du 24 au 27 Juillet 2008

Des concerts, des conférences, des débats, un village associatif...
et puis un stand de Survie Midi Pyrénées...

Tiken Jah Fakoly sur le stand de Survie

Programme musical

vendredi 25 juillet
la Cie punta negra
Manu Dibango
papa noel


samedi 26 juillet
jean racine
Tiken Jah Fakoly
jimmy oihid


dimanche 27 juillet
Gabriela Mendes
Dobet Gnahore
Adan et Kayi

Programme complet sur :http://www.africajarc.com/
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La RDC doit-elle seulement nous rapporter ? Communiqué de Survie

16 Juillet 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

16 juillet 2008. Communiqué de Survie


REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO. La RDC doit-elle seulement nous rapporter ?  [1]


 

Dans les relations avec la République Démocratique du Congo, il ne faut pas oublier la question essentielle d’une population livrée sans défense à l’impuissance gouvernementale et aux exactions des armées ethniques, pour ne s’occuper que des liens d’affaires comme seul horizon politique.


Aujourd’hui 16 juillet 2008, le président de la République française Nicolas Sarkozy, reçoit en visite d’Etat le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila.


A cette occasion, Survie tient à rappeler à la situation précaire que vit l’immense majorité des soixante trois millions d’habitants de ce pays et celle, particulièrement insupportable au regard des droits de l’Homme, que subissent ceux des provinces du Nord et du Sud Kivu. Depuis cinquante ans jusqu’à maintenant, le sort du Congo a été voué au chaos, à la dictature, aux guerres ethniques, en même temps qu’au pillage de ses richesses qui était la cause principale de ses maux.


Les Congolais ont payé un prix exorbitant, en nombre de victimes, en paupérisation, pour l’enchaînement qui les a menés de l’odieuse dictature de Mobutu aux guerres civiles qui depuis quinze ans sont la conséquence du génocide perpétré au Rwanda voisin.


L’assassinat de Laurent Désiré Kabila, tombeur de Mobutu, jamais élucidé mais pour lequel des inculpés ont été condamnés sans preuves, dont plusieurs sont toujours détenus dans des conditions inhumaines [2], l’arrivée au pouvoir de son fils Joseph Kabila, sous l’égide des puissances occidentales, qui n’a guère amélioré le sort des populations, marquent les épisodes de la rivalité des appétits des puissances locales et mondiales à l’égard de l’exploitation des richesses du Congo.


Nous demandons que cette course aux richesses du Congo ne se fasse pas sur le dos des populations, dans l’indifférence hypocrite de la communauté internationale à l’égard des innombrables victimes qui aujourd’hui encore payent le prix du cynisme des grandes puissances. Avant de se préoccuper de savoir qui aura accès au grand bradage des ressources congolaises, le devoir des Etats qui prétendent se fonder sur le respect des droits de l’Homme est de se préoccuper en priorité de la sécurité des Congolais et du respect de leurs droits selon les conventions fondant l’existence de l’ONU et des organismes chargés de poursuivre les crimes contre l’humanité.


Nicolas Sarkozy représentant à la fois les intérêts de la France et de l’Europe, en restera-t-il aux ambitions coloniales au mépris des enjeux de civilisation ?


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[1] Selon le mot de M. Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la coopération

[2] L’attention des autorités de Kinshasa et de la communauté internationale a été à plusieurs reprises attirée sur le sort de ces détenus, en vain

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Prolongation des travaux de la Mission d’information parlementaire sur les relations France-Afrique

11 Juillet 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

11 juillet 2008.


Prolongation des travaux de la Mission d’information parlementaire sur les relations France-Afrique : un sursaut salutaire qui doit se confirmer. Communiqué du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, Survie, Secours catholique, Réseau Foi et Justice Afrique Europe (Antenne France), Mouvement de la Paix, Peuples solidaires



Le Rapport de la mission d’information parlementaire sur la politique de la France en Afrique qui devait être rendu public le mercredi 9 juillet n’a pas été validé par les députés, qui ont décidé de prolonger les travaux de la mission de 6 mois. Cette décision est le résultat du caractère parcellaire et « orienté » d’un rapport qui aborde la relation France-Afrique quasi-exclusivement sous l’angle économique et occulte les aspects politiques ou militaires de la politique de la France sur le continent.


En tant que membres de la plate-forme citoyenne France - Afrique, nos associations se félicitent que les relations entre la France et l’Afrique suscitent un vif débat parlementaire jusqu’au sein même de la majorité. Ceci montre également que la stratégie exclusive de défense des intérêts commerciaux français prônée par le Secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, ne fait pas l’unanimité.


Dès la création en septembre 2007 de cette mission d’information sur les relations franco-africaines, la Plateforme citoyenne France-Afrique [1] a accueilli avec satisfaction le fait que le Parlement s’empare du sujet. Une première sous la Vème République, même si les réserves étaient de mise quant aux pouvoirs limités dont dispose une mission d’information parlementaire.


A la lecture du rapport soumis au vote le mercredi 9 juillet, force est de constater que l’ambition de promouvoir la démocratie et les droits de l’Homme (que la Plate-forme citoyenne France - Afrique a défendue lors de son audition devant la mission en avril [2]), risquait de céder définitivement la place à la protection de l’influence et des intérêts français. Le mot « investissement » apparaît ainsi 30 fois dans le texte, tandis que les mots « dictature » et « corruption » n’apparaissent jamais. Le mot « démocratie » est toujours cité pour souligner les avancées, jamais les manquements, alors que la France a soutenu et soutient encore des régimes autoritaires et/ou corrompus. Nos associations sont rassurées qu’une majorité des députés de la mission aient refusé de valider un texte qui fait fi du rôle joué par la France sur les plans politique, économique et militaire.


Toutefois, ce sursaut parlementaire ne sera salutaire que si la dynamique ainsi enclenchée permet d’aborder pleinement les sujets primordiaux qui caractérisent la relation entre la France et les pays africains. C’est pourquoi nos associations réitèrent leur désir de voir émerger de ce travail :


  • un regard critique sur le passé de ces relations. Un tel regard est en effet incontournable pour pouvoir formuler des recommandations solides. Une étude de cas pays (comme le Tchad, le Gabon, le Cameroun ou le Congo Brazzaville) semble indispensable pour aborder à la fois les aspects militaires, diplomatiques, monétaires (Franc CFA) et commerciaux. Le rôle des grandes entreprises françaises (Elf puis Total, Areva, Bouygues, Bolloré, ...) dans les relations diplomatiques doit être impérativement traité,

  • des propositions concrètes de réforme de la politique de la France en Afrique pour une politique transparente, contrôlée par le Parlement et soumise au débat public, fondée sur les principes du respect des droits de l’Homme, la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance, et au service du développement socio-économique du continent. Nous insistons aussi sur la nécessité que les députés s’emparent des rares espaces de débats existant sur la politique extérieure et en particulier qu’ils pèsent de tout leur poids dans le débat sur la renégociation des accords de défense et exigent qu’un bilan des interventions et des accords passés soit réalisé,

  • une attention toute particulière envers les revendications portées par les sociétés civiles africaines ; la Plate-forme continuera d’insister pour que la mission rencontre des représentants de la société civile de plusieurs pays africains, ce qui n’a été fait qu’à de rares exceptions.

Afin que l’ensemble des propositions du rapport final puisse efficacement être mis en œuvre, il est primordial qu’un réel contrôle parlementaire et citoyen s’exerce en France et dans les pays africains, un contrôle démocratique qui passe par un soutien affirmé de la France aux processus démocratiques et de lutte contre la corruption, seule alternative imaginable aux régimes autoritaires et/ou corrompus.


La mission s’est donnée une deuxième chance, à charge maintenant aux députés de corriger le tir.


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Document PDF - 67.2 ko


[1] La plate-forme citoyenne France-Afrique regroupe une dizaine d’ONG françaises : ATTAC, Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-France), Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID), Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), Cedetim/Ipam, Mouvement de la paix, Oxfam France - Agir ici, Peuples Solidaires, Réseau Foi et Justice Afrique Europe (Antenne France), Secours Catholique / Caritas France, Survie.


[2] A l’occasion de cette audition, la Plate-forme citoyenne France-Afrique a émis un certain nombre de recommandations issues de son Livre blanc pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente (L’Harmattan), publié en novembre 2007.

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10 Juillet 2008, relance de la plaine sur les biens mal acquis

10 Juillet 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

10 juillet 2008.

Transparence International France et Sherpa relancent une plainte visant les biens mal acquis détenus en France par cinq dictateurs africains


Veuillez trouver ci-dessous le commmuniqué de presse des associations Transparence international (France) et Sherpa relatif au dépôt d’une nouvelle plainte visant plusieurs chefs d’Etat africains pour les biens (notamment immobiliers) qu’ils auraient acquis en France grâce au détournement d’argent public dans leur pays.


Survie se réjouit de voir qu’à la suite de la première plainte déposée par elle avec Sherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora en 2007, cette procédure est aujourd’hui relancée par des contribuables congolais et gabonais (qui peuvent se prévaloir d’un préjudice) ainsi que par Transparence International dont le mandat est spécifiquement la lutte contre la corruption.



Communiqué de Presse de Transparence International (France) et de l’Association Sherpa



TRANSPARENCE INTERNATIONAL (France) et l’Association SHERPA indiquent qu’a été déposée mercredi 9 juillet au Parquet de PARIS, une nouvelle plainte simple visant les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par Messieurs Denis SASSOU NGUESSO, Omar BONGO, Téodoro OBIANG, Blaise COMPAORE, Eduardo DOS SANTOS ainsi que les membres de leur entourage.


Déposée par TRANSPARENCE INTERNATIONAL (France) et des ressortissants gabonais et congolais représentés par Maître William Bourdon, cette plainte vise exactement les mêmes faits que ceux dénoncés dans une plainte déposée l’année dernière par les associations SHERPA, Survie et la Fédération des Congolais de la Diaspora. Malgré les résultats très probants d’une première enquête préliminaire, cette dernière a fait l’objet d’un classement sans suite.


Le nouveau dispositif issu de la loi du 5 mars 2007 fait obligation aux nouveaux plaignants - qui envisagent par la suite de se constituer partie civile - de déposer une nouvelle plainte simple. Ceux-ci espèrent qu’une information judiciaire sera ouverte dans les plus brefs délais. En effet, la première enquête de police avait révélé l’existence d’un patrimoine considérable. La plupart des informations réunies dans la plainte initiale avaient en outre été confirmées.


Il n’y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n’a pu être acquis grâce aux seuls salaires et émoluments des personnes visés. Il existe de plus pour certains d’entre eux de très sérieuses présomptions d’être ou d’avoir été les instigateurs d’importants détournements de biens publics. Il appartiendra au Juge d’instruction de déterminer dans quelles conditions ce patrimoine immobilier a été acquis et celles dans lesquelles les très nombreux comptes bancaires identifiés par les services de police ont été alimentés. Il conviendra également de tirer toutes les conséquences du concours prêté par certains intermédiaires à la réalisation des opérations litigieuses.


TRANSPARENCE INTERNATIONAL (France) considère qu’il est urgent de faire progresser les droits à réparation des victimes de la corruption. La restitution des avoirs détournés par les dirigeants indélicats est l’une des toutes premières priorités de Transparency International qui a beaucoup œuvré pour que ce principe figure dans la convention des Nations unies contre la corruption (convention dite de Mérida, 2003). Les populations les plus défavorisés sont toujours les premières victimes de ces détournements.


La restitution des avoirs détournés constitue le chapitre de la convention autour duquel existe le plus fort consensus parmi les pays signataires, tant au Sud qu’au Nord. L’Etat français, qui a, à plusieurs reprises, réitéré son soutien à ce principe, doit s’assurer que l’argent de la corruption n’est pas recyclé au travers d’investissements réalisés sur son territoire.

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Rencontre avec Issouf ag MAHA, par TV Bruits

8 Juillet 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

vendredi 4 juillet 2008, par Tv Bruits



Rencontre autour de la rebellion touareg

au Niger - Issouf ag MAHA


Pour mieux comprendre la situation politique du Niger et les enjeux de la guerre qui s’y déroule, Oxfam France - Agir ici et Survie Midi Pyrénées ont invité (le 28 mai 2008), à la librairie Terra Nova à Toulouse, Issouf Ag MAHA, ancien maire de Tchirozérine (située au nord d’Agadez) et chargé de la communication Cellule Politique du Mouvement Nigérien pour la justice (MNJ) en Europe. Il nous parle des raisons de cette nouvelle révolte qui a repris depuis plus d’un an dans l’indifférence générale des gouvernements et des médias internationaux.


Depuis février 2007, le nord du Niger est le théâtre de graves affrontements opposant le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) au pouvoir central.  L’état d’urgence a été décrété en août 2007 dans la région d’Agadez et sans cesse reconduit donnant ainsi les pleins pouvoirs à l’armée : exécutions sommaires ciblées, arrestations arbitraires, destruction des moyens de subsistance des nomades, populations déplacées, ONG interdites, et, radio et presse muselées sur l’ensemble du Niger.


Issouf MAHA nous interpelle aussi sur les conditions dans lesquelles la France, par le biais de la société nucléaire Areva, exploite leur terre depuis 40 ans pour y retirer l’uranium. Un dossier chaud puisqu’il s’agit de la politique énergétique de la France et de ses ventes à travers le monde d’EPR.


Aujourd’hui environ 150 concessions pour exploité l’uranium ont été vendues à différents pays, sur une superficie qui représente deux fois l’Aquitaine. Pollution (radioactive) et destruction, d’une économie, de toute une culture dans cette région du Nord Niger. Une bonne partie des centrales nucléaires françaises est alimentée par l’uranium du Niger.

Issoug ag Maha est auteur du livre "Touareg du XXIe siècle", paru aux éditions Grandvaux.


Pour voir le film avec le lecteur flash, 31’16’’ :


Page issue de:http://tvbruits.org/spip.php?article977

Pour en savoir plus :

Le site du MNJ

Collectif Tchinaghen

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Billets d’Afrique et d’ailleurs n°171 (juillet août 2008)

8 Juillet 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Billets d'Afrique et d'ailleurs

Billets d'Afrique et d'ailleurs:n° 171 (juillet août 2008)


Salauds de pauvres (Edito)


Le parlement européen vient d’adopter, le 18 juin 2008, ce qu’on appelle la « directive de la honte ». Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale on légalise des pratiques directement attentatoires aux droits de l’homme. En France, la lutte contre les migrants a été le point du programme politique de Nicolas Sarkozy qui a le plus contribué à son élection à la présidence de la République. C’est aussi le point qu’il a mis le plus de zèle à mettre en œuvre par la création d’un ministère de l’immigration confié à Brice Hortefeux. Dénommé également ministère de l’identité nationale, ce qui n’a pas empêché un certain nombre de personnalités dites « de gauche » ou spécialisées dans les droits de l’homme de collaborer au gouvernement qui a instauré une appellation aussi douteuse, ce ministère et son titulaire s’illustrent depuis un an par des pratiques et des déclarations scandaleuses qui ne scandalisent pas grand monde, démontrant le caractère illusoire des grands principes invoqués à tort et à travers dans les discours.


Brice Hortefeux n’a pas fait pas mystère de sa volonté de s’attaquer aux droits de la famille, s’agissant des migrants. Depuis un an, chaque jour apporte des exemples d’atteintes à la famille et à la personne : épouses ou époux, pères ou mères arrachés à leurs proches à leur domicile et à leur travail. Comble de l’hypocrisie on prétend protéger les enfants en les mettant en détention avec leur famille et en les expulsant du territoire auquel ils ont droit. La volonté de « faire du chiffre » a mis en pleine lumière la stigmatisation de gens vivant normalement, parfaitement intégrés par la langue, les liens familiaux et l’activité, mais qui n’ont pas la bonne couleur de peau et qui deviennent de ce fait indésirables. Un dérapage verbal lors de l’émission Capital du 25 novembre 2007, a même vu Brice Hortefeux suggérer que les étrangers sans papiers ne seraient pas des « citoyens honnêtes et propres ». La vidéo de cette émission a été censurée sur le net. Le même Hortefeux défend l’appellation « français de souche », qui devrait normalement être proscrite, contre toute atteinte qui pourrait la ridiculiser.

Si des naïfs peuvent croire aux bonnes intentions de Brice Hortefeux qui affirme que son action vise à protéger la population française ou même celle, de plus en plus triée sur le volet, qui vit en France, contre la venue des indésirables, on ne peut que s’interroger sur la complaisance qu’il montre à l’égard des pouvoirs qui, par leur incurie notoire jamais sanctionnée, sont directement à l’origine de l’exil de leurs concitoyens. Comment se fait-il qu’il accepte de s’exhiber dans la célébration de la fête nationale du Cameroun le 20 mai, aux côtés du dictateur local, qui, il y a quelques semaines, faisait tirer sur sa population révoltée, et de se faire décorer par lui en grande pompe. Toute cette mascarade avait pour but d’obtenir sa collaboration dans les mesures de réadmission et d’interdiction de sortie visant les indésirables. On ne peut que constater que la seule politique mise en œuvre à l’égard de populations privées de tous droits, où qu’elle soient, consiste à les parquer de force en subventionnant leur garde-chiourme et non à lutter contre les causes des migrations qu’on prétend déplorer.


Le secret, bien gardé, de cette situation qui nous oblige, à notre corps défendant, à transgresser nos sacro-saints principes est que c’est grâce à la spoliation des populations africaines, maintenues sous le joug de pouvoirs complices, que nous pouvons avoir à la fois des milliardaires et un minimum de paix sociale. A cela, il n’est pas question de rien changer et toute la force nécessaire sera utilisée pour maintenir le statu quo.


Odile Tobner


Billets d’Afrique et d’ailleurs - n°171 - juillet-août 2008


Au sommaire de ce numéro



-  Mauritanie Le jeu dangereux du terrorisme

Si les réseaux salafistes mauritaniens liés à la branche d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (BAQMI) ont été démantelés après les attentats terroristes qui ont frappé le pays en décembre dernier, le terreau économique et social ayant permis leur éclosion demeure.


-  Algérie Le retour en force du religieux

Dans un contexte social catastrophique, le pouvoir algérien fait, une nouvelle fois, diversion avec la question religieuse.


-  France Les huit plaies d’Alain Joyandet

La France n’a pas fini de se déconsidérer après les propositions de son secrétaire d’Etat à la coopération, Alain Joyandet. Entre portes ouvertes enfoncées et réaffirmation d’une politique calamiteuse pour l’Afrique, c’est un vrai programme de recolonisation qu’il a avancé.


-  Djibouti Une partie à quatre

Le récent conflit frontalier entre Djibouti et l’Erythrée révèle une stratégie complexe dans la Corne de l’Afrique. Quatres puissances y interviennent : la France, les Etats-Unis, l’Erythrée et l’Ethiopie.


-  Burkina Faso Les faux habits de Blaise

Comment l’association de l’amitié franco-burkinabé présidée par l’ancien « monsieur Afrique » de François Mitterrand, Guy Penne, se démène pour donner un visage respectable à Blaise Compaoré.


-  Mali Trains facultatifs

Au Mali, comme ailleurs, il ne fait pas bon dénoncer la destruction des services publics. La récente arrestation de Tiecoura Traoré, ingénieur ferroviaire et syndicaliste du rail malien en témoigne.


-  France Nigeria Une coopération à courte vue

A l’occasion de la visite à Paris, le 12 juin dernier, du président nigerian Umaru Yar’adua, la France et le Nigeria ont signé un partenariat stratégique. Une coopération qui concernera sept secteurs prioritaires : pétrole, gaz et énergie, transports, sécurité, agriculture, éducation et environnement. Avec une préférence marquée pour le pétrole, le nucléaire et la sécurité.


-  Rwanda Jeu de dupes

Le rapport d’enquête rwandais sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi rwandais devrait être publié début juillet. Son contenu est devenu un élément des négociations secrètes que mènent Paris et Kigali.


-  A fleur de presse :

Au Tchad, « neutralité française » se dit « discrets mercenaires »


-  Brèves d’Afrique et d’ailleurs

-  Tête-à-tête nocif
-  Devinette congolaise...
-  Souvenir à gogos
-  La Chine attaque
-  Les fantasmes déferlent
-  Bongo s’énerve
-  Une libération pour mille
-  L’aide au développement... des paradis fiscaux !


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Nouvelobs: L'association Survie dénonce la visite de Bongo à l'Elysée

3 Juillet 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

NOUVELOBS.COM | 02.07.2008 | 18:57


L'association Survie dénonce la visite de Bongo à l'Elysée



Pour l'association, la visite du président gabonais Omar Bongo, au pouvoir depuis 41 ans, illustre le manque de cohérence de la diplomatie française puisque son homologue zimbabwéen Robert Mugabe est considéré comme "infréquentable" par Bernard Kouchner.

Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, le 27 juillet 2007 à Libreville

Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, le 27 juillet 2007 à Libreville (c) AFP

L'association Survie dénonce mercredi 2 juillet dans un communiqué la visite à l'Elysée du président gabonais Omar Bongo, au pouvoir depuis 1967. Nicolas Sarkozy a reçu son homologue à 14h30 à l'Elysée ce même jour. La structure, qui milite pour un assainissement des relations entre la France et l'Afrique, rappelle que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré lundi que le dictateur Robert Mugabe, à la tête du Zimbabwe, n'était pas "fréquentable".

"Considération d’intérêts particuliers"

La structure exige "que cette règle de morale s’applique sans exception avec la même vigueur à tous les potentats". L'association constate "une fois de plus que la politique africaine de la France est établie non sur des principes de morale politique bien définis mais sur la considération d’intérêts particuliers". L'association indique que le président gabonais a interdit de sortie de territoire Marc Ona Essangui le 6 juin dernier alors qu'il s'apprêtait s'envoler aux Etats-unis pour une conférence sur la transparence des contrats en Afrique.
Le communiqué rappelle également qu'Omar Bongo soutient Robert Mugabe, réélu le 27 juin président du Zimbabwe, sur un score de 90,2%. Le scrutin avait pourtant été boycotté par l'opposant Morgan Tsvangirai en raison des violences, alors qu'il était arrivé en tête au premier tour avec 47%. Le dirigeant gabonais a déclaré lundi en marge du 11e sommet de l'Union Africaine que Robert Mugabe "a été élu, il a prêté serment, il est là avec nous, alors il est président".

Page issue de:
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20080702.OBS1224
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Bongo plus fréquentable que Mugabe, Prime à la Françafrique

2 Juillet 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Communiqué de Survie, le 2 juillet 2008


Bongo plus fréquentable que Mugabe

Prime à la Françafrique !



Aujourd’hui, 2 juillet, le Président français Nicolas Sarkozy reçoit à l’Elysée le Président du Gabon, Omar Bongo. Ce dernier, interviewé par RFI en marge du 11ème Sommet de l’Union Africaine (qui s’est achevé hier en Egypte), vient de déclarer à propos du président zimbabwéen Robert Mugabe, dont l’élection est contestée par la communauté internationale en raison des violences qui l’ont accompagnée : « Il a été élu, il a prêté serment, il est là avec nous, alors il est président ; on ne peut pas lui demander plus. Ils ont fait des élections, je crois qu'il les a gagnées ». Bongo a ajouté « Les Africains sont capables de décider par eux-mêmes. Nous avons même accueilli Mugabe comme un héros ».

Ce soutien appuyé à Robert Mugabe vient probablement d’une solidarité entre présidents africains demeurant au pouvoir indéfiniment par tous les moyens, notamment des élections largement frauduleuses. Les exemples sont nombreux et le scandale le plus souvent passé sous silence quand il s’agit de l’aire francophone.

C’est donc avec intérêt que nous avons entendu le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner s’en prendre en termes exceptionnellement sévères, le dimanche 22 juin, à Robert Mugabe « qui se croit désigné par Dieu et que Dieu doit maintenir à son poste, [et] n’est rien qu’un escroc et un assassin ». Il a ajouté « nous sommes déterminés non seulement à ne pas accepter un résultat éventuel d’élection truquée, scandaleuse et sanglante, mais à tout faire pour s’opposer à M. Mugabe », désignant cette élection comme « le plus grand déni de démocratie que l’Afrique ait connu ».

Si pour donner la palme du déni de démocratie en Afrique nous pouvons hélas hésiter (tant les candidats sont nombreux dans l’histoire des dernières décennies, arrivés et maintenus au pouvoir par l’assassinat, le coup d’Etat, les élections truquées, les massacres), nous prenons acte que de tels personnages sont désormais déclarés « infréquentables » par le chef de la diplomatie française.

Nous exigeons que cette règle de morale s’applique sans exception avec la même vigueur à tous les potentats qui, jusqu’à présent, ont bénéficié de l’assentiment complice des dirigeants français.

On ne peut pas, en effet, dire tout et son contraire, suivant l’opportunité. Nous constatons une fois de plus que la politique africaine de la France est établie non sur des principes de morale politique bien définis mais sur la considération d’intérêts particuliers. En recevant aujourd’hui le président Bongo, soutien de M. Mugabe, alors que l’un des principaux responsables de la société civile gabonaise, Marc Ona, a récemment été empêché de se déplacer aux Etats-Unis du fait de sa liberté de parole dans la lutte contre la corruption dans son pays, le pouvoir français démontre à l’opinion africaine qu’il est d’autant plus attaché à la morale que ses intérêts sont le moins en jeu.

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