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Survie Midi Pyrénées

Pour l’audit des créances européennes de la Tunisie!

24 Octobre 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

5 octobre 2011


Pour l’audit des créances européennes

de la Tunisie!

 

Depuis 1970, les régimes de Bourguiba puis de Ben Ali ont entraîné la Tunisie dans la spirale de la dette, livrant le pays aux banques et institutions financières internationales qui ont prêté sans compter au « meilleur élève du FMI » selon la formule de l’ex-directeur de cette institution. Pour répondre à leurs exigences, les entreprises publiques ont été privatisées et vendues, l’avenir du pays a été hypothéqué.


Aujourd’hui comme hier, c’est le peuple tunisien qui paye la dette au prix fort. Depuis le 21 janvier 2011, le gouvernement de transition contracte en toute illégalité de nouveaux emprunts pour rembourser le service de la dette, en violation de ses obligations envers les besoins fondamentaux de la population et en violation de l`article 34 de la Constitution tunisienne.


La révolution en marche depuis le 17 décembre 2010 a soulevé un grand espoir. Mais pour que l’aspiration du peuple tunisien à la démocratie et au progrès social devienne réalité, il doit pouvoir décider librement de son avenir et disposer des moyens politiques et économiques nécessaires. Aujourd’hui, cette dette est un obstacle à la réalisation de cette aspiration.


En Tunisie, une campagne internationale a été lancée au lendemain de la Révolution par le RAID ATTAC CADTM, afin d’appeler à un moratoire du remboursement du service de la dette en attendant les résultats d’un audit avec la participation de la société civile.

 

Cette campagne est relayée en France et en Europe par le collectif ACET (auditons les créances européennes envers la Tunisie), créé en mai 2011, et dont Survie fait partie. Le Collectif a pour objectifs d’abord la mise en place d’un audit des créances françaises et européennes envers la Tunisie et l’annulation des parts illégitimes et odieuses de celles–ci. Elles sont illégitimes quand elles découlent de prêts illégitimes, à savoir des prêts qui dissimulent, financent ou entraînent des mécanismes qui attentent au développement de la vie digne des individus et violent les droits humains. Elles sont odieuses quand elles ont été contractées contre l`intérêt de la population, sans son consentement et en toute connaissance de cause des créanciers. Les créances concernées peuvent être détenues par tous les Etats européens, par des institutions gouvernementales de ces Etats, par des institutions de l’UE comme la BEI ou la BERD ainsi que par des institutions privées résidentes dans un ou plusieurs pays de l’UE.


Deuxième objectif : le soutien des efforts accomplis en Tunisie par des mouvements citoyens appelant à un audit de la dette publique de la Tunisie et l’abolition de la part indue de celles-ci.


A ce jour, plus de 100 parlementaires ou europarlementaires ont déjà signé l’appel lancé par le réseau CADTM, appelant à la suspension immédiate du remboursement des créances européennes envers la Tunisie (avec gel des intérêts) et la mise en place d’un audit de ces créances associant des représentants de la société civile. Pour les créances françaises, la demande est d’instaurer une commission parlementaire d’audit des créances françaises envers la Tunisie et la publication de tous les contrats de prêt et contrats commerciaux qui fondent la dette tunisienne (bilatérale et multilatérale).

 

La conférence de presse du 15 Septembre à l’Assemblée Nationale a lancé officiellement la campagne en France. A cette occasion, Fathi Chamkhi, porte parole du RAID CADTM ATTAC (lire son interwiew dans Billets d’Afrique n°205, septembre 2011), a rappelé que la Tunisie vivait un moment historique, que l’audit de la dette est une question de souveraineté du peuple tunisien : « aujourd’hui la question de l’indépendance se pose. On avait rendez- vous avec elle en 1956 mais ce rendez-vous a été raté du fait de l’échec des élites nationales qui ne l’ont pas prise en charge et qui ont délégué l’avenir de la Tunisie aux Institutions financières Internationales et aux gouvernement du Nord. Ce système que l’on veut sauver est maintenu sous perfusion grâce à la dette depuis les années 1980. »

 


 

Selon Pascal Franchet, du CADTM France, « le clan Ben Ali et les créanciers internationaux sont de fait débiteurs du peuple tunisien et non l’inverse, pour les profits engrangés sur son dos. Nous trouvons scandaleux que les grandes entreprises européennes et tout particulièrement françaises ont, grâce à la complicité bien rémunérée du dictateur Ben Ali et de son clan, pu engranger pendant de nombreuses années de juteux bénéfices et mettre à sac le pays grâce aux plans d’ajustement structurel, conditionnalités des contrats de prêts ».

 

 



 

Auditer les créances françaises et européennes – et en annuler celles qui sont illégitimes ou odieuses, c’est la meilleure façon de soutenir la révolution tunisienne aujourd’hui, car c’est respecter la souveraineté économique du peuple tunisien ; c’est aussi la meilleure façon, pour les dirigeants, d’assumer leur part de responsabilité dans le soutien au régime despotique de Ben Ali. Quelques jours cette conférence de presse, une manifestation nationale se tenait, le 25 septembre, à Tunis, contre la ‘dictature de la dette’ et pour appeler à suspendre le paiement du service de la dette avec pour échéance septembre 2011.


Des organisations, syndicats et partis politiques tunisiens et français constituent le collectif, notamment Attac, le CADTM-France, Europe –Ecologie les Verts, la FASE, la FTCR, le NPA, le PCOF, le Parti de Gauche, Survie, Sud Solidaires.

Contact : collectif-audit-dette-exterieure-tunisienne@googlegroups.com

 

Plusieurs parties de ce texte sont directement extraites de la Charte du Collectif pour l’audit des créances européennes envers la Tunisie.

 

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Radio Françafrique n° 33 "la Françafrique se porte bien, merci" 2011

16 Octobre 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

 Dimanche 16 octobre à 17h et rediffusée le samedi 29 octobre 2011  à 9h 


sur Campus FM (94FM)
 Radio Françafrique n° 33
"la Françafrique se porte bien, merci"

 

Etat des lieux 2011

Françafrique n°33, l’émission radio de l’association SURVIE sur la Françafrique, cette relation particulière de la France avec ses anciennes colonies, reprend ce mois ci l'enregistrement de la rencontre débat début juin 2011 au festival Afrique'à Muret avec Odile Biyidi -Tobner. A partir d'enregistrements récents (extraits issus de la télévision, de la radio,...), nous réagirons aux propos de ceux qui font la françafrique, nous ferons le point sur l'actualité de la françafrique : ici ou de l'autre côté de la Méditérranée. Le fameux "savoir faire français" en matière de coopération policière et militaire cher à M. Alliot Marie trouve  en effet d'ardents défenseurs parme certaines des pires dictatures du continent...

Professeur agrégé de Lettres, auteur et épouse de l’écrivain Mongo Beti, Odile Tobner a réalisé avec lui, de 1978 à 1991, la revue bimestrielle "Peuples Noirs, Peuples Africain". Elle s’occupe, depuis 1993, de la Librairie des peuples Noirs à Yaoundé, Cameroun... Elle a présidé l'association Survie de 2005 à 2011.

Pour écouter l'émission en ligne: http://www.afriradio.net/auteur51.html 

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17 octobre 1961 : contre l'oubli ( commémoration à Toulouse)

15 Octobre 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Manifestations, commemorations

 lundi 17 octobre 2011 à 18h30    Toulouse, Pont neuf (côté Esquirol)

 

17 octobre 1961- 17 octobre 2011 :

50ème anniversaire - Vérité et Justice

contre l'oubli

 

17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, Préfet de police de Paris. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes, jetés dans la Seine, perdirent la vie aux mains des forces de police, suivant les ordres de leurs supérieurs.                                                                                                                                                                                                                  

Depuis, ce crime commis par l’État a été occulté, et ceux qui l’ont organisé n’ont jamais eu à rendre compte ni de leurs décisions ni de leurs actes.

50 ans après, la Vérité est en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, - en particulier la Guerre d’Algérie - non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. Certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des "bienfaits de la colonisation", célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République et le pouvoir encourage les nostalgiques de l’Algérie Française et de l’OAS.

 

RASSEMBLEMENT AU PONT NEUF (coté Esquirol)

le 17 Octobre à partir de 18h30

  • Pour obtenir la reconnaissance, par les autorités politiques de ce pays, qu’un crime contre l’humanité a été commis par l’État les 17 et 18 octobre 1961,

  • pour que soit créé un lieu du souvenir à la mémoire de ceux qui furent assassinés

  • -pour exiger le libre accès aux archives concernant cette période.

 

Premiers signataires : RESF31, LDH, FSU, AL, ATTAC Toulouse, Collectif de soutien au peuple algérien, Le CRI31, Convergence & Alternative, EELV, ETM31, GU, LO, Maison de Quartier de Bagatelle, Mouvement de la Paix(Comité 31), MRAP, NPA, Parténia, Partit Occitan Pais Tolosan, PG, PS, Solidaires, Survie MP

http://survie.org/francafrique/colonialisme/article/17-octobre-1961-17-octobre-2011

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Cameroun : « l’inacceptable » soutien militaire français à la dictature

14 Octobre 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

 

13 octobre 2011, communiqué de SURVIE
Cameroun : « l’inacceptable » soutien militaire
français à la dictature

 

 

Le Ministre des Affaires Etrangères Alain Juppé vient de qualifier d’« acceptables » les conditions dans lesquelles s’est déroulée l’élection présidentielle au Cameroun, malgré les nombreuses fraudes signalées et le large boycott des électeurs camerounais, scandalisés de voir un chef d’Etat au pouvoir depuis 29 ans se représenter à eux. A contretemps de l’Histoire et des promesses hypocrites faites après les révolutions tunisienne et égyptienne, la diplomatie française se compromet à nouveau avec une des dictatures les plus archaïques du continent.


Dimanche 9 octobre, Paul Biya s’est présenté pour la sixième fois devant les Camerounais après 29 ans de règne sans partage. Comme dans les précédentes élections présidentielles et à l’instar d’autres dictatures françafricaines, la préparation en amont n’a laissé aucune chance de parvenir à un changement de pouvoir. Le régime a une nouvelle fois organisé sa tacite reconduction, avec une élection présidentielle à un tour préparée en seulement six semaines afin de prendre de court et écarter une partie de l’opposition, déjà largement divisée ou corrompue par le régime. La tension est montée d’un cran quelques jours avant le scrutin, avec l’arrestation mardi 4 octobre d’un syndicaliste étudiant et de 17 militants d’un parti d’opposition dont, pour certains, on est toujours sans nouvelles. Alors que les résultats officiels seront données par la Cour Suprême au plus tard le 24 octobre, les principaux partis d’opposition documentent les fraudes et demandent l’annulation du scrutin.


Dans ces conditions, il est totalement scandaleux que le gouvernement français, par la voix d’Alain Juppé devant l’Assemblée nationale ce 11 octobre, ait estimé les conditions de ce scrutin « acceptables » reconnaissant ainsi à l’avance l’élection frauduleuse de Paul Biya. Nicolas Sarkozy n’avait-il pas avoué lui-même le 31 août dernier devant les ambassadeurs français, qu’autour « du mot « stabilité », la France [avait] eu des rapports avec des régimes qui n’étaient pas des exemples de démocratie », reconnaissant explicitement la nécessité de sortir de cette doctrine ?


Alors que Michèle Alliot-Marie qui avait proposé au régime de Ben Ali « le savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité » avait dû démissionner, il est aujourd’hui inacceptable qu’un Ministre français balaie ainsi d’un revers de main les revendications démocratiques d’un pays qui n’a connu que deux présidents depuis son indépendance. Un pays qui a connu en février 2008 une insurrection populaire cristallisée autour du refus de la non-limitation du nombre de mandats présidentiels, matée dans le sang grâce au savoir-faire et au matériel français, causant 100 à 150 morts.


Comme pour la Tunisie, les relations de la France avec le Cameroun reposent sur une coopération policière et militaire qui permet de préserver les intérêts économiques et stratégiques français.


Le Ministère des Affaires Etrangères français affiche ainsi fièrement que « le Cameroun est notre premier partenaire dans le monde en matière de coopération militaire », qui s’élève à « près de 4 millions d’euros » par an d’après le député UMP Michel Terrot et qui se maintient dans le cadre du nouveau partenariat de défense entre la France et le Cameroun. Cette coopération, qui trouve son origine dans les atrocités de la guerre d’indépendance qu’y mena secrètement l’armée française [1], comporte aussi un volet important d’enseignement aux techniques de « maintien de l’ordre ».


Il est urgent que cesse cette hypocrisie criminelle et que le gouvernement français mette un terme définitif à son soutien inconditionnel au régime camerounais. L’Union Européenne, dont l’appui aux processus électoraux au Togo en 2010 et au Tchad début 2011 avait déjà servi à soutenir des dictateurs inamovibles, doit également cesser d’apporter sa caution au maintien de cette dictature : en finançant « Elections Cameroun » (ELECAM), l’organisme inféodé au régime pourtant censé organiser un scrutin impartial, elle offre une légitimité usurpée au nouveau doyen de la Françafrique.


L’association Survie demande donc :

  • la condamnation officielle par les autorités françaises et européennes de cette parodie d’élection ;
  • la cessation immédiate de toute coopération militaire et policière avec le Cameroun et la déclassification des archives militaires françaises concernant la guerre d’indépendance camerounaise, ainsi que la création d’une commission d’enquête parlementaire sur l’ensemble de la coopération militaire et policière française en Afrique.

En complément, téléchargez le dossier de presse :

PDF - 167 ko




Election présidentielle du 9 octobre 2011 au Cameroun : Urgence contre la dictature !

[1] Les méthodes actuelles de répression sont en effet inspirées de celles de l’armée francaise contre les indépendantistes camerounais, comme le montre le récent ouvrage « Kamerun !, Une guerre cachée aux origines de la Françafrique – 1948-1971", de Manuel Domergue, Thomas Deltombe et Jacob Tatsitsa (Ed. La Découverte, 2011).

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Jeudi 20 octobre - rencontre avec Gus Massiah à Toulouse le 18 octobre 2011

12 Octobre 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

 

Jeudi 20 octobre - 18h  _ Toulouse - rencontre avec Gus Massiah


Le collectif des associations pour la Semaine de la Solidarité Internationale

 

sur l’aire urbaine toulousaine en partenariat avec : ATTAC, Les Amis du Monde diplomatique

 

Vous invitent à rencontrer

Gus Massiah, Economiste, Membre du Conseil Scientifique d’Attac et du Conseil International du Forum Social Mondial

Jeudi 20 octobre à Toulouse

à 18h à la librairie Ombres Blanches

pour la présentation de son dernier ouvrage :  « Une stratégie altermondialiste »

à 20h30 à la salle du Sénéchal

pour une Conférence-débat :
"Le basculement du monde,  dangers et opportunités de la période"

Entrée libre...

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Hommage à Thomas Sankara - Samedi 15 oct à Toulouse 14h

10 Octobre 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Manifestations, commemorations

Samedi 15 oct   • Toulouse • Place des Tiercerettes à Arnaud Bernard     14h-18h

 

Hommage à Thomas Sankara

Affiche A3 coul Sankara day

SIGNER LA PETITION: JUSTICE POUR THOMAS SANKARA, JUSTICE POUR L'AFRIQUE

De nombreux témoignages, souvent en provenance d’anciens compagnons de Charles Taylor, mettent en cause Blaise Compaoré dans l’assassinat de Thomas Sankara, avec la complicité d’Houphouët Boigny, mais aussi de la France,...

En avril 2006, le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, saisi par le Collectif Juridique de la Campagne internationale Justice pour Thomas Sankara (CIJS) au nom de la famille, donnait raison aux plaignants et, demandait à l’Etat burkinabé d’élucider l’assassinat de Thomas Sankara, de fournir à la famille les moyens d’une justice impartiale, de rectifier son certificat de décès, de prouver le lieu de son enterrement, de compenser la famille pour le traumatisme subi, et de divulguer publiquement la décision du comité....

 

[Lire la suite et signer la pétition]

 

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Projection-débat 12 octobre« Zambie : à qui profite le cuivre ? »

10 Octobre 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Projection-débat organisée par Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées

Mercredi 12 octobre 2011 – 20h30

salle du Sénéchal, 17 rue de Rémusat, Toulouse – entrée libre

 

« Zambie : à qui profite le cuivre ? »

(production Yami 2 et France Télévisions-2011-52 mn)

zambie-a-qui-profite-le-cuivre.jpg 

« Comment un pays riche en matières premières peut-il être pauvre ? »

« La mondialisation profite-t-elle aux plus pauvres ou se fait-elle au détriment de leur santé et de leur environnement ? »

« Comment une firme transnationale de négoce de matières premières (Glencore) engrange-t-elle des profits records en s’affranchissant des lois fiscales, sociales et environnementales des Etats ? »

« Pourquoi la Banque européenne d’investissement (BEI) accorde-t-elle des prêts (48 millions d’euros ) à Glencore qualifié de «patron voyou» en France dans l’affaire Metaleurop ? »

Le documentaire « Zambie : à qui profite le cuivre » apporte des réponses claires et très concrètes à ces questions importantes et démonte une fois de plus le mythe de cette fameuse « mondialisation heureuse » qui n’existe décidément que dans la tête de nos « grands » économistes.

Le débat qui suivra la projection sera animé par Anne-Sophie Simpère (Amis de la Terre France - Chargée de campagne « Responsabilité des acteurs financiers ») qui intervient également dans le film.


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Article du monde: La guerre coloniale du Cameroun a bien eu lieu

5 Octobre 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Point de vue | LEMONDE | 04.10.11 | 13h09   • 

La guerre coloniale du Cameroun

a bien eu lieu

 

par Thomas Deltombe, Manuel Domergue, Jacob Tatsitsa, François Gèze, Ambroise Kom, Achille Mbembe et Odile Tobner

 

A moins d'un improbable coup de théâtre, Paul Biya, 78 ans, président du Cameroun depuis 1982, sera "réélu" pour un nouveau septennat le 9 octobre prochain. Malgré les fraudes électorales, les journalistes emprisonnés, les opposants menacés et une corruption omniprésente, il aura droit aux félicitations de Paris, comme cela a toujours été le cas depuis trente ans.


Paul Biya est arrivé au pouvoir sans jamais avoir été élu, ni s'être jamais présenté à la moindre élection. Il a simplement été désigné par son prédécesseur Ahmadou Ahidjo, qui gouverna lui aussi son pays d'une main de fer. A l'origine de ce demi-siècle de dictature, on trouve une guerre. Une terrible guerre coloniale menée par l'armée française, une guerre cachée et encore taboue aujourd'hui, qu'il nous appartient à nous, Camerounais comme Français, de regarder en face.


Avant et après la proclamation officielle de l'indépendance de ce pays, le 1er janvier 1960, Paris a tout essayé pour briser les mouvements qui, portés principalement par l'Union des populations du Cameroun (UPC), réclamaient une indépendance réelle respectant la souveraineté populaire. Dans ce territoire placé sous la tutelle de l'ONU en 1946 - mais administré par la France et le Royaume-Uni -, la IVe République, sous les ordres de François Mitterrand, Gaston Defferre ou Pierre Messmer, a déclenché une véritable guerre au milieu des années 1950. Bâillonnement de l'opposition, création de milices sanguinaires, torture à grande échelle, déplacement des populations, guerre psychologique, assassinats : les méthodes de la "guerre révolutionnaire" - et parfois les hommes chargés de les appliquer - sont les mêmes que celles mises en oeuvre au même moment en Algérie.


La Ve République du général de Gaulle a poursuivi la même politique de répression après l'"indépendance" confiée au candidat choisi par Paris, le président Ahmadou Ahidjo. En accentuant encore la guerre à l'ouest du pays à l'aide de bombardements intensifs, qui mirent à feu et à sang toute la région "bamiléké". Combien de morts ce terrible conflit a-t-il provoquées ? De 61 000 à 76 000, comme l'estimait l'ambassade du Royaume-Uni en 1964 ? 120 000, comme le rapportait deux ans plus tôt André Blanchet, alors journaliste au Monde ? Davantage, comme l'affirment certains commentateurs ?


Dénoncée depuis des décennies et aujourd'hui largement documentée, cette guerre reste un tabou français. Le mot lui-même, pourtant utilisé à l'époque par les militaires pour décrire leur action, est banni du vocabulaire officiel, qui ne retient que les mots de "troubles", d'"émeutes", de "guerre civile" et, parfois, d'affrontements "ethniques". En 1972, la France de Pompidou interdisait Main basse sur le Cameroun (éd. Maspero), l'essai de l'écrivain camerounais Mongo Beti, qui dénonçait déjà ces atrocités et la responsabilité de Paris.


On retrouve cette négation, officiellement exprimée, dans la bouche de François Fillon en mai 2009. Interrogé sur ces "événements" et, notamment, sur l'"assassinat par l'armée française de certains nationalistes camerounais", le premier ministre osa dire que "tout cela" relevait "de la pure invention". L'armée française a pourtant, d'après ses propres archives, assassiné Ruben Um Nyobé, secrétaire général et leader charismatique de l'UPC, en septembre 1958. Ses services secrets ont, comme l'ont avoué plusieurs de leurs responsables, fait empoisonner à Genève Félix-Roland Moumié, président de l'UPC, en octobre 1960. L'aviation française a, toujours d'après les archives françaises, tiré à l'ouest du Cameroun des centaines de milliers de cartouches entre décembre 1959 et septembre 1960... Que M. Fillon aille vérifier par lui-même : les archives françaises regorgent de "pures inventions" de ce type.

 

Si, encore aujourd'hui, le gouvernement français ment aussi effrontément, c'est parce que ce passé reste d'une actualité brûlante. M. Biya, formé à l'Ecole nationale de la France d'outre-mer au moment où la répression battait son plein au Cameroun, avant d'entrer au cabinet d'Ahidjo, de devenir son secrétaire général puis son premier ministre, est toujours au pouvoir aujourd'hui.


Soutenu à bout de bras par la France malgré une répression aussi sournoise que permanente des mouvements populaires, il a autoritairement modifié la Constitution camerounaise en 2008 pour briguer un nouveau septennat. Au même moment, alors que la jeunesse camerounaise se soulevait contre ce coup d'Etat constitutionnel et contre la misère entretenue par le régime, son armée et sa police noyaient la révolte dans le sang, faisant plus d'une centaine de morts. Sans aucune réaction ou presque de la communauté internationale.


Nicolas Sarkozy martèle depuis des années que la France ne doit plus se "repentir". "Nul, affirmait-il dans son fameux discours de Dakar en 2007, ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères." Mais personne ne demande cela. Ce dont il s'agit, c'est d'en finir avec la falsification de l'Histoire : la France de 2011 doit admettre qu'elle a mené une guerre au Cameroun. Elle doit ouvrir entièrement ses archives, soutenir les travaux des chercheurs français et camerounais qui veulent connaître leur histoire, et participer, avec les autorités camerounaises, à la sauvegarde des archives de ce conflit, qui pourrissent à grande vitesse au Cameroun.


En février 2005, l'ambassadeur de France en Algérie a reconnu la "tragédie inexcusable" des massacres de Sétif et Guelma en 1945. La même année, Jacques Chirac est allé à Madagascar reconnaître la responsabilité de la France dans la terrible répression de 1947. Qui ira au Cameroun pour dire - simplement dire - une réalité historique : la France y a mené une guerre ? Cette démarche impliquera sans doute de reconnaître que cette guerre a enfanté une dictature implacable, c'est-à-dire une autre forme de guerre, permanente, contre un peuple entier. Mais à l'heure où les dirigeants français prétendent promouvoir la démocratie dans le monde arabe, ne serait-il pas cohérent de reconnaître la responsabilité majeure de la "patrie des droits de l'homme" dans la guerre qui a embrasé le Cameroun et y a installé depuis cinq décennies une dictature sanglante typique de la Françafrique ?



Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, auteurs de "Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971)" (La Découverte, 2001) ; 

François Gèze, PDG des Editions La Découverte ; 

Ambroise Kom, professeur des universités ; 

Achille Mbembe, professeur de science politique à l'université du Witwatersrand (Johannesburg) ; 

Odile Tobner, écrivain, association Survie.

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le Mardi 4 Octobre: soirée "Découvrons la Françafrique"

3 Octobre 2011 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

le Mardi 4 Octobre à parti de 20H15 au CIDES (derrière la boutique des Artisans du monde) 1, rue Joutx Aigues, 31000 Toulouse, métro Carmes ou Esquirol.

 

SURVIE Midi Pyrénées vous invite à une soirée:

 

"Découvrons la Françafrique de

De Gaulle à Sarkozy"

  Ou de Foccart à Bourgi?

 

Découvrons ensemble la face cachée de la politique de la France en Afrique à partir de petites vidéos, extraits de Jt, de films documentaires, qui montrent l'évolution de la françafrique des années 1960 à nos jours. Une soirée découverte des grands et très grands scandales de cette realtion très particulière de la France avec ses anciennes colonies.

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