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Survie Midi Pyrénées

Sommet France-Afrique. N. Sarkozy annonce la fin de la Françafrique.

31 Mai 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

le 31 mai 2010


Sommet France-Afrique.
N. Sarkozy annonce la fin de la Françafrique.


PDF - 1.6 Mo
A l’occasion du 25ème Sommet des chefs d’Etat de France et d’Afrique, le président français Nicolas Sarkozy a créé la surprise en annonçant vouloir « en finir avec 50 ans la Françafrique » et de faire de l’année 2010 « la véritable année de la décolonisation ». Une annonce qui correspond aux promesses déjà émises par le président français en 2007.

C’est dans le numéro spécial du quotidien gratuit 50 ans Cétro (http://www.afrique2010.fr/agir/article/numero-special-du-journal-cetro) que cette réforme en profondeur de la politique de la France en Afrique est présentée en détail.
En voici les principaux volets :
-        un business mieux encadré, avec l’obligation pour les entreprises françaises de respecter les principes de responsabilité sociale, environnementale et fiscale,
-        une refonte de l’aide au développement, plus transparente et axée sur la promotion des biens publics,
-        la suspension des relations diplomatiques avec les régimes ne procédant pas d’élections démocratiques et auteurs de violations des droits humains,
-        la fermeture des bases militaires françaises et l’instauration d’une véritable contrôle parlementaire sur les opérations extérieures de la France.

L’information est diffusée aujourd’hui dans les rues de Nice par les distributeurs du journal gratuit aux cris de « Cétro édition spéciale. Nicolas Sarkozy met fin la Françafrique : 50 ans que les Africains attendent ça ». Les crieurs nous apprennent aussi que « Furieux, les dictateurs Sassou Nguesso, Bongo et Déby quittent le Sommet de Nice », que « l’action de Total et celle d’Areva perdent 10 points à la bourse de Paris » ou encore que « L’armée française quitte l’Afrique. 10 000 soldats réclament leur prime ». Les crieurs annoncent également « en Afrique, la rue fête cette nouvelle décolonisation ».

L’association Survie, qui milite depuis des années pour une telle réforme, pourrait se satisfaire de ces nouvelles annonces. Mais il n’en est rien puisque cette réforme n’existe pas.
En effet, notre association diffuse à l’occasion du Sommet de Nice, l’édition spéciale d’un faux journal gratuit titré « 50 ans. Françafrique. Cétro ».
Par cette opération, notre association entend interpeller l’opinion, les médias et les décideurs français sur le fait qu’une autre relation France-Afrique est possible, à savoir une relation fondée sur la promotion de la démocratie et de l’état de droit, sur la défense des droits humains et la lutte contre la corruption au profit du développement du continent.
Or ces sujets, pourtant cruciaux pour les populations africaines, ne sont pas à l’ordre du jour du Sommet de Nice. Celui-ci est en grande partie consacré aux questions économiques, reflétant la conception toute élyséenne des relations franco-africaines que l’association Survie qualifie de « coopération business ». Survie dénonce particulièrement le dévoiement de l’aide publique au développement (APD) au profit du secteur privé et notamment des entreprises françaises.

Ces revendications rejoignent celles émises aujourd’hui par une quarantaine de personnalités françaises et africaines (historiens, parlementaires, juristes, journalistes, militants associatifs, écrivains, artistes, etc.) dans un appel intitulé « Libérons nous de 50 ans de Françafrique » et publié dans le quotidien L’ Humanité et sur la page : http://www.afrique2010.fr/agir/article/appel-2010-liberons-nous-de-50-ans

Le faux journal gratuit sera notamment distribué ce lundi soir 31 mai vers la place de la Libération à Nice à l’occasion d’un « Carnaval de la Françafrique » organisé par l’association Survie et de la manifestation qui réunira à 18h30 une quarantaine d’organisations locales et nationales au sein du collectif « ChasséEs ici. PilléEs là-bas ».
Odile Biyidi, présidente de Survie, Brice Mackosso, coordinateur de la coalition « Publiez ce que vous payez » - Congo Brazzaville et André Afanou du CACIT-Togo (Collectif des Associations contre l’impunité au Togo) ainsi que d’autres intervenants participeront à un grand débat en plein air à partir de 20h30 place de la Libération.

Contact presse :
Stéphanie Dubois de Prisque, chargée de communication de Survie
06 89 31 17 18 / 06 31 18 27 65

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29 Mai 2010: Forum Toulousain du 50aire des indépendances africaines.

28 Mai 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Forum Toulousain du 50aire des indépendances africaines.

http://perspectives-africaines31.blogspot.com

 

PA31_Affiche-copie-1.jpg

http://4.bp.blogspot.com/_UxIUo5RmkjY/S-ljqFP8sFI/AAAAAAAAAEk/jH8mW1V8khc/s1600/Programme+forum.jpg

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Rencontre débat: Élection et démocratie en Afrique,le cas du Togo

24 Mai 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Jeudi 27 mai à partir de 18H30 à l’IEP de Toulouse (amphi Jaurès)

 

Le  collectif  Perspectives africaines pour le cinquantenaire des indépendances africaines,  a le plaisir de proposer une rencontre débat :


Élection et démocratie en Afrique,

le cas du Togo 

Les sociétés civiles africaines et leur lutte pour la démocratie

et le respect des droits de l’homme.

 

Avec André AFANOU, Juriste et journaliste, militant togolais de défense des droits de l’homme, membre du CACIT (Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo).

 

André Afanou reviendra sur la lutte menée depuis 2005 sur les démarches entreprises par les victimes des crimes commis lors de la répression des manifestations post-électorales en 2005 (plus de 500 morts), ainsi que sur le déroulement de l’élection présidentielle de 2010 au Togo. Plus globalement, il s’agit de mettre en lumière l’affirmation des sociétés civiles africaines dans leur lutte pour plus de démocratie et de justice.

   

Le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) est un réseau d’associations de la société civile togolaise œuvrant dans la lutte contre l’impunité. Né au sein de la diaspora togolaise en France, il s’est ensuite installé au Togo et s’est illustré par l’assistance juridique et judiciaire aux victimes des violences politiques en 2005.

 

Plus d’informations sur André Afanou et le CACIT :

http://survie.org/billets-d-afrique/2009/186-decembre-2009/article/andre-kangni-afanou-le-cacit

http://www.togocity.com/article.php3?id_article=5472

http://www.cacit.org  

Logo-Perspectives-Africaines.png

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Le Jeudi 27 mai 2010 : Luttes syndicales en Afrique : les combats de la CGT-B au Burkina Faso

24 Mai 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Le Jeudi 27 mai 2010 à 20h30 
au local de la CNT 31- 18 avenue de la Gloire


Luttes syndicales en Afrique :
les combats de la CGT-B au Burkina Faso
Débat et rencontre avec Bassolma Bazié,
secrétaire adjoint de la CGT-B(Burkina Faso)

Tournée en France, organisée par le SI de la CNT, de Bassolma Bazié secrétaire adjoint de la CGT du Burkina Faso.

La CGT- B, créée en 1988, se revendique du syndicalisme révolutionnaire.

Elle contribue à la lutte pour de meilleures conditions de vie et de travail et pour les libertés. Aujourd’hui elle est présente sur tout le territoire et dans la plupart des champs professionnel. Elle participe à l’Unité d’Action syndicale et à la coalition contre la vie chère. Non seulement elle lutte par la grève pour défendre les travailleurs-euses et le service public, mais elle gère aussi une école démocratique populaire et se mobilise contre les OGM. Enfin elle vise à soutenir et populariser les luttes des autres travailleurs-euses de par le monde.

Cette rencontre est l’occasion de discuter de la situation sociale et des luttes au Burkina Faso : – Luttes contre la vie chère et la dernière grève contre la Taxe de Développement Communal – Luttes contre les actions du gouvernement et la corruption – Luttes contre les multinationales comme en 2009 contre Total.

http://www.cnt-f.org/international/
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Radio Françafrique n° 24: "Valdiodio N'Diaye, L'indépendance du Sénégal"

14 Mai 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Samedi 15 mai à 13H00 sur Campus FM 94 mhz

 

Radio Françafrique n°23

"Valdiodio N'Diaye,

L'indépendance du Sénégal"

 

http://www.seneweb.com/news/artimages/news/valdiodio_ndiaye.jpg

 

 Ce mois ci, l'émission françafrique n° 23, l’émission radio de l’association SURVIE sur la Françafrique, cette relation particulière de la France avec ses anciennes colonies, revient sur sur le  cinquantenaire des indépendances africaines et particulièrement sur celui du Sénégal. Le 2 avril dernier à Carcassonne au cinéma Le Colisée un débat animé par la réalisatrice du film Amina Leclerc-N'Diaye, son frère Guibril N'Diaye, Boubacar Sagna (historien sénégalais), Malick Niang (Sénégalais) et Fausto Giudice (journaliste, écrivain, membre de Survie) tentait de restituer la vérité sur l'histoire de Valdiodio N'Diaye ministre de Léopold Sedar Senghor emprisonné durant 12 années.

Pour écouter l'émission en ligne: http://www.afriradio.net/auteur51.html 


 

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Colloque: 16 ans après le génocide des Tutsi, comment contribuer ensemble à la Reconnaissance, la Justice, la Reconstruction ?

12 Mai 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Jeudi 13 mai et Vendredi 14 Mai 2010

Espace René Cassin - Route de Montrabe à Saint-Jean ( 31240 Banlieue de Toulouse)


Initiatives Solidaires Internationales, Union des Jeunes Rescapés du Génocide des Tutsi, Échanges et Savoir - Mémoire Active, Groupe d’Études et de Recherche sur le Continent Africain), Par la main, Survie Midi-Pyrénées, France-Rwanda Génocide, Justice et Réparation, Mpore, Cercle de Vie de Bruxelles, Communautés Rwandaises de France et de Suisse proposent:


16 ans après le génocide des Tutsi, comment contribuer ensemble à la Reconnaissance, la Justice, la Reconstruction ?

    « Rwanda, 15 ans après » : Exposition photographique de Julie Pudlowski :


Jeudi 13 Mai de 13 heures à 19 heures


Colloque : Reconnaissance, Justice, Réparations, Reconstruction 16 ans après le génocide des Tutsi, où en sommes nous ?

 

À partir de 19h. 30 Soirée festive rwandaise Igisope Mets, chants, musique, danses rwandaises (inscription nécessaire)

 

Vendredi 14 Mai 10h à 12h30 et de 14 h à 17 h00

 

Débats, tables rondes : Enjeux de la reconstruction du Rwanda Présentation de projets de solidarité et ateliers d’échanges de pratiques


Pour tout renseignement, inscription, hébergement, contacter Jean-Luc ou Jeanette 06 84 64 40 52 ou 06 75 77 56 19 ou 09 66 81 25 66 jeanluc_iradukunda@yahoo.fr


 

Jeudi 13 Mai de 13 heures à 19 heures

 

Colloque : Reconnaissance, Justice, Réparations, Reconstruction 16 ans après le génocide des Tutsi, où en sommes nous ?

 
- 13 h. Accueil des participants au colloque


- 13 h. 30 Le génocide des Tutsi en 1994 n’était pas inévitable Yves Cossic, [Philosophe, écrivain, auteur de Théorie du mensonge, animateur d’une initiation à la philosophie politique à la MJC de Pamiers]


- 13 h 50 Projection du Film Complicités, documentaire réalisé par Survie synthétisant les éléments de complicité de crime de génocide des autorités françaises


- 14 h. 30 La contribution de l’État français au génocide des Tutsi Jacques Morel [ingénieur, auteur de La France au coeur du génocide des Tutsi du Rwanda, L’Esprit Frappeur - Izuba Éditions]


- 15 h. Débat


- 15 h 40 Pause


- 16 h. Impacts de la reconnaissance et du déni du Génocide sur les rescapés Tito Mugrefya [Psychologue fondateur de l’association Mpore]


- 16 h. 30 Commémorer la vie pour faire barrage à la mort


- 17 h. Eugénie Mukamugema [Assistante sociale, Rescapée du génocide co-fondatrice de Avega Agahozo au Rwanda et des Cercles de vie à Bruxelles]


- 17 h. 30 Quel avenir pour la génération d’après ? Michel Affortit [Fondateur de l’Association Par la main, partenaire de l’association Umuseke, qui anime des programmes d’éducation à la paix au Rwanda]


- 18 h. Débat


- 18 h. 45 Conclusion de la Journée par Jean-Luc Galabert


- À partir de 19h. 30 Soirée festive rwandaise Igisope Mets traditionnels, chants, musique, danses rwandaises (inscription et participation aux frais nécessaire)


Vendredi 14 Mai 10 heures à 12h30 et de 14 h à 18h30

 

Ateliers de réflexion et tables rondes Que faire pour le Rwanda d’aujourd’hui ? Actions solidaire, éducation à la paix et dialogue


- 10 h 30 Accueil des participants aux ateliers / Présentation du déroulé de la journée


- 10 h 45 Les actions en cours – Animé par Jean-Luc Galabert. Demande de justice, actions solidaires, partenariats techniques…, aujourd’hui, de nombreuses associations s’engagent et contribuent à la reconstruction du Rwanda. Tour de table des différentes dynamiques portées au niveau local et européen. Échanges de pratiques et débats sur les synergies associatives possible. Associations invitées Appui Rwanda, Main dans la Main, Par la main, ISARAU, Mpore, Cercles de vie de Bruxelles... Toutes association ou personne, menant ou intéressée par des projets de solidarités avec le Rwanda est la bienvenue.


- 12h30 Pause


- 14 h. Projection du film Au nom du père, de tous, du ciel Documentaire de Marie-Violaine Brincard La parole donnée à cinq Justes. Des Hutu ayant caché des Tutsi. Témoignages sans fioritures d’une prise de position que l’on oublie parfois et qui dans le contexte du génocide a permis de sauver nombre de vies. - 15 h. Débat


- 15 h30 Atelier : Quel dialogue au sein de la diaspora ? Aujourd’hui les Rwandais de la diaspora se parlent peu. Les blessures des rescapés, la peur, le négationnisme, la défiance réciproques entre héritiers d’une histoire à vif sont autant de d’obstacles au dialogue. Au Rwanda, le travail d’une association comme l’Institut de Recherche et Dialogue pour la Paix montre que les sujets les plus sensibles peuvent être débattus entre Hutu et Tutsi. En Belgique et en Suisse, des groupes d’échanges ont déjà vu le jour pour faire évoluer la situation et les regards croisés. Comment déconstruire les idées reçues ? Comment les enfants « d’après » peuvent-ils ne pas être prisonniers de l’histoire de leurs parents ? Comment nouer un dialogue pour avancer, ensemble, dans la reconstruction et se déprendre du « piège ethnique » ?


- 16 h 30 Pause


- 17 h. Atelier : Les outils d’éducation à la paix – Animé par Michel Affortit La paix est une construction de chaque jour. Elle s’enseigne, dès le plus jeune âge. Les moins de 18 ans représentent 52% de la population rwandaise. Ils sont l’avenir. Ce que nous vivons dépend des choix cumulés de chaque individu. Et c’est précisément dans les vingt premières années d’une vie que se forgent la personnalité et la construction des relations aux autres. Autant dire une étape décisive dans la construction de l’identité de chaque être humain. Nous reviendrons sur l’importance de la démarche, les outils existants, le champ des possibles… Comment mettre en place un colloque sur les outils d’éducation à la paix à l’horizon 2011 ou 2012 ?


- 18 h30 Conclusion de la journée


 Guide d’accès pour accéder au Centre René Cassin Route de Montrabe à Saint Jean

PDF - 139.1 koProgramme complet en PDF
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SORTIE DU DOCUMENTAIRE : "Sur les Traces de Thomas Sankara, Héritages en Partages..."

11 Mai 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

SORTIE DU DOCUMENTAIRE réalisé par BARAKA :
"Sur les Traces de Thomas Sankara, Héritages en Partages..."
LIBRE DIFFUSION SUR INTERNET
 
 En 2008 au Burkina Faso à Ouagadougou, nous participons au Forum Social « Etrange rencontre », qui rassemble des jeunes du monde entier, pour échanger expériences de luttes et alternatives concrètes...
Ce fut pour nous l’occasion de marcher sur les traces de Thomas Sankara, avec pour seuls bagages une caméra et nos cœurs en bandoulière.
 
Nous avons rencontré des acteurs de la révolution, témoins du passé mais aussi des jeunes, qui luttent en s’inspirant des idées de  Thomas Sankara.
 
De retour du Burkina nous avons continué nos interviews, en France mais aussi au Sénégal, avec l’idée de partager ce que nous avions appris à travers un documentaire.
 
Nous espérons que  ces images vous donneront l’envie d’en savoir plus sur la révolution Burkinabé. Pour connaitre le passé, mieux comprendre le présent, et préparer le futur.
 
LE COMBAT CONTINUE
 

PARTIE 1 : "Sur les traces de Thomas Sankara..." :

 

 

PARTIE 2 : "Héritages en Partages..." :

 

 

 
 Ce documentaire n’est pas destiné à être vendu, il est diffusé librement sur internet.
DOCUMENTAIRE PIRATE !!! PILLAGE AUTORISE :  Nous vous incitons  largement à copier, diffuser, projeter, envoyer ce documentaire !
Il est libre de droit, pour projection publique nous contacter :
barakaweb@hotmail.fr
, et nous vous enverrons un dvd
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C’est pas sorcier, l’émission pédagogique de France 3 vire au publireportage pour les compagnies forestières.

8 Mai 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Billets d'Afrique et d'ailleurs

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C’est pas sorcier, l’émission pédagogique de France 3 vire au publireportage pour les compagnies forestières.

Le 14 avril, France 3 a programmé, à 20 heures 35, une émission exceptionnelle de 110 minutes de « C’est pas sorcier » sur la forêt du bassin du Congo, assez justement intitulée « En route pour la jungle ». Cette émission a été financée principalement par l’AFD (Aide Française au Développement). Elle a été tournée entièrement sur la concession de la CIB (Congolaise industrielle du bois) en République du Congo (Congo Brazzaville). L’un des objectifs des réalisateurs était « d’enquêter sur la CIB ». L’AFD étant l’un des financeurs de la CIB [1], à laquelle il a accordé un prêt de 7 millions d’euros en 2005, il n’est pas difficile de comprendre que cette « enquête » était en fait destinée à faire la publicité de la CIB.


La conclusion ne nous étonnera donc pas : « Nous avons aussi confronté nos six mois d’enquête à la réalité du terrain, et transformé le regard que nous posons sur ce joyau de la planète. Le constat est clair  : l’exploitation du bois est une ressource vitale pour les États de la région, et offre des emplois à des milliers de personnes parmi les plus pauvres de la planète. Nous ne pouvons donc pas mettre cette forêt sous cloche, décider de ne plus y toucher pour la préserver à tout prix ! L’exploitation du bois doit se poursuivre… » [2]


Pour apprécier le sel de cette déclaration, précisons que la CIB a en concession au Congo 1,3 million d’hectares, ce qui en fait l’une des premières exploitations du bassin du Congo. Elle y emploie en tout et pour tout 1500 personnes. Elle vient du reste d‘en licencier 665 en raison de la crise mondiale. Dans le documentaire une vingtaine de personnes apparaissent Une dizaine d’Européens, presque exclusivement des Français, désignés respectivement comme chercheur, biologiste, spécialiste de la chimie des plantes pour les laboratoires Pierre Fabre, coordinateur de projet, directeur de production de la CIB etc. La dizaine de Congolais qui apparaît compte un couple de deux pygmées, un chef de patrouille des éco-gardes, un chef abatteur, un communicateur social etc.

Après cinquante ans d’indépendance la structure du personnel est toujours typiquement coloniale. Les Congolais ne dirigent rien dans l’exploitation de leur bois et dans la recherche pharmaceutique sur leurs plantes.


Ils n’en reçoivent pas non plus les bénéfices. Dans un rapport de 2004 effectué sur cette même exploitation de la CIB au Congo [3], Greenpeace observe que le pays ne s’est absolument pas développé depuis un demi-siècle, seuls les dirigeants se sont enrichis en bradant les ressources, que le secteur forestier est un secteur très rentable qui préserve un secret jaloux sur ses bénéfices : « Dans un contexte où la transparence reste absente et où la structure réelle des profits des compagnies forestières reste inconnue, la CIB a reçu une quantité importante de financements externes [...] Les bailleurs de fonds investissant actuellement des fonds dans des activités aidant les compagnies forestières à améliorer leurs opérations devraient commander des audits, transparents et indépendants, des structures de coûts et de profits des compagnies forestières opérant dans le bassin du Congo. [Des financements publics] presque exclusivement alloués aux grands exploitants forestiers privés. »


Des constantes durables

Aider les riches est une entreprise philanthropique trop méconnue. La fondation Chirac ne pouvait manquer de venir elle aussi au secours de la communication de la CIB. Elle a financé la radio communautaire Biso na Biso qui permet de diffuser aux populations la bonne parole des exploitants forestiers [4], à l’égard desquels Chirac a toujours eu une sollicitude particulière. Les habitants de la forêt ne sont pas près de menacer cet ordre centenaire, qui s’est mis au langage à la mode du développement dit durable.


Mais il y a des constantes, tout aussi durables. Par exemple le regard porté sur la communauté des pygmées Baaka par Fred, l’un des animateurs de l’émission de France 3, vaut son pesant de Sapelli  : « Ils n’ont d’ailleurs pas la notion du temps [...] Qu’est-ce qu’ils sont habiles en plus ! Ils marchent pieds nus tout le temps, voient des choses que nous on ne peut absolument pas voir et montent aux arbres avec facilité. Tout leur paraît simple, ils connaissent la forêt sur le bout des doigts, c’est très surprenant. » Quelle surprise en effet, ils n’ont même pas attendu qu’on vienne les instruire sur l’intérêt du bois !


Du bonheur de manier la tronçonneuse

Mais il faudra bien pourtant leur apprendre à se passer de leur forêt. Fred insiste « Il y a une chose qui est essentielle et qu’il faut dire, parce que j’ai l’impression que les gens ont du mal à comprendre ça, il est important d’exploiter cette forêt parce c’est la deuxième ressource pour les populations du pays après le pétrole. Les discours qui consistent à dire « il faut mettre cette forêt sous cloche », tenu par des gens qui vivent richement dans nos pays occidentaux, sont totalement déplacés et manquent de respect pour ces populations. » C’est vrai enfin, priver les Congolais du bonheur de manier la tronçonneuse et conduire des grumiers pour un salaire mirifique qui doit bien atteindre les 80 euros mensuels, c’est manquer de reconnaissance pour les malheureux dirigeants et actionnaires qui se dévouent en touchant leurs pauvres rémunérations et dividendes.


Odile Tobner

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XXVe sommet Afrique-France ChasséEs d’ici, pilléEs là-bas !

6 Mai 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr

Nice, 31 mai et 1er juin 2010 :


XXVe sommet Afrique-France

ChasséEs d’ici, pilléEs là-bas !


 

Nice accueille, les 31 mai et 1er juin, le XXVe Sommet des chefs d’État de France et d’Afrique, un moment essentiel de la politique africaine de la France. Ces sommets réguliers, qui offrent à des chefs d’État souvent criminels et corrompus l’occasion d’asseoir leur impunité, ont pour objectif de renforcer les liens politiques, économiques et militaires entre la France et ses anciennes colonies africaines, ainsi qu’avec les pays extérieurs à son traditionnel « pré-carré ». Celui-ci sera en particulier l’occasion de favoriser les « affaires », avec plus de 200 entreprises françaises et africaines invitées...


Cette politique françafricaine encourage le pillage des ressources naturelles et humaines par le contrôle monétaire du franc CFA, la dette, la dérèglementation et la casse des services publics réclamées par les institutions multilatérales, le détournement massif de capitaux via les paradis fiscaux... Mais aussi par le recours à l’immigration choisie et le soutien à des gouvernements qui méprisent démocratie et droits humains.


Cette politique françafricaine est l’un des moteurs d’une émigration qui ne pourra qu’augmenter, stimulée par le changement climatique, le saccage environnemental et social qui accompagne le pillage des ressources et la concurrence déloyale des exportations agricoles des pays riches ou émergents. Pour des millions de personnes, la seule possibilité est l’exode vers l’Europe où elles enrichissent pays d’accueil et entreprises par leur travail, leurs cotisations, leurs impôts même si souvent sans papiers, elles sont privées de leur droits légitimes.


La France, dans une Europe forteresse, dénonce hypocritement l’afflux de réfugiés économiques et climatiques qu’elle contribue à créer plutôt que d’agir directement sur les causes, qu’une aide au développement trop souvent détournée de ses objectifs ne parviendra jamais à combattre efficacement.


Nous dénonçons la double dimension de la politique de la France vis à vis de l’Afrique :


- Une politique extérieure, prédatrice au niveau économique, destructrice de l’environnement et contraire à l’intérêt des peuples africains et français.
- Une politique migratoire, qui désigne des boucs-émissaires quand il faudrait aider et régulariser.


Nous, réseaux militants et simples citoyen-ne-s, nous nous sommes rassemblé-e-s pour proposer en amont et pendant ce sommet officiel le maximum d’événements publics en vue d’informer et de mobiliser sur ces thèmes.


+ d’infos : http://local.attac.org/attac06/


Premiers signataires : ADN, Artisans du Monde-Nice, ATTAC France, Cantine Piedanlepla, Collectif Anarchiste des Alpes Maritimes (CAAM), COVIAM, Emancipation, Greenpeace-Nice, Jeunes Communistes 06, journal Le Patriote, LDH Nice Cannes-Grasse et région PACA, MRAP-06, NPA 06, PCF-06, PECOS, RESF-06, Sud-Solidaires 06, Survie

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