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Survie Midi Pyrénées

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En attendant l’indépendance : retour sur l’histoire des décolonisations françaises, Par Odile Tobner / BIyidi

16 Février 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

16 février 2010 par Odile Tobner

En attendant l’indépendance : retour sur l’histoire des décolonisations françaises

A partir du XVIe siècle l’Europe occidentale lance à son profit la mondialisation. Ses vaisseaux sillonnent bientôt toutes les mers du globe. Elle s’empare de l’Amérique, puise des esclaves en Afrique pendant quatre siècles, avant de s’emparer des territoires africains à la fin du XIXe siècle. Cette histoire de l’Afrique est encore aujourd’hui enseignée à partir de la vision du seul conquérant, présenté comme donnant naissance à « toute une partie de la planète qui n’existait pas jusque là », simplement parce qu’elle n’existait pas pour les Européens. L’histoire précolombienne en Amérique, l’histoire précoloniale en Afrique, sont des appendices de la préhistoire, traitées par les anthropologues et les ethnologues avec une suffisance paternaliste.


Au XXe siècle, au faîte de sa puissance, l’Europe se dévore elle-même en deux guerres mondiales abominables qui sonneront le glas de sa prééminence. La colonie anglo-américaine, qui s’était précocement détachée de la métropole à la fin du XVIIIe siècle, prend au XXe siècle le relais de la puissance européenne dans la domination mondiale, tandis que l’appendice eurasiatique des empires russe et chinois résiste à l’abri du socialisme.

À l’issue de la deuxième guerre mondiale les grands empires coloniaux sont ébranlés. L’implosion de l’Europe autour du noyau dur allemand a été à l’origine de la grande recomposition de la seconde moitié du XXe siècle. L’émancipation des colonies se fait sur fond d’affrontement idéologique et impérialiste Est Ouest. Le feu des guerres coloniales embrase ce qu’on appelle désormais le Tiers Monde.

 

En France, au mythe de la colonisation civilisatrice succède celui de la décolonisation pacifique

L’exaltation et l’orgueil nationaux survivent à l’échec de l’une et de l’autre, dans un effort de dissimulation pathétique, qui nous vaut à l’heure actuelle des débats aussi anachroniques que celui sur l’identité française, au lieu d’effectuer une radicale et salutaire clarification de l’histoire entre vainqueurs et vaincus destinés, paraît-il, à cohabiter dans l’égalité. Nous en sommes loin. Le geste magistral et profanatoire de Cheikh Anta Diop, reprenant possession de l’histoire de son continent, dès les années cinquante, a été puni d’un ostracisme résolu et persistant. L’histoire doit toujours être faite par les anciens maîtres, qui entendent le rester coûte que coûte.


Le fameux discours de Brazzaville du général de Gaulle, le 30 janvier 1944, s’en tient seulement à proposer une adaptation de la domination. Avec la conviction d’une grande magnanimité il préconise d’admettre l’indigène à partager son propre gouvernement. Après la deuxième guerre mondiale, le gouvernement provisoire de la France, par une ordonnance du 22 août 1945, établit que les élections auront lieu dans l’Empire français au double collège, celui des citoyens, français métropolitains, et celui des autochtones. En avril 1946 l’assemblée constituante abolit le code de l’indigénat avec le travail forcé et la justice indigène spéciale. La loi Lamine Gueye accorde théoriquement la citoyenneté aux habitants des colonies. La constitution de la IVe république, ratifiée le 27 octobre 1946, institue l’Union Française, qui remplace l’Empire français. Les anciennes colonies deviennent des territoires ou des départements d’Outre Mer. Les anciennes colonies allemandes sous mandat de l’ONU, Togo et Cameroun, sont intégrées à l’Union française. Mais les massacres de Sétif le 8 mai 1945, le jour même de la capitulation de l’Allemagne, la répression de l’insurrection de Madagascar en 1947 puis le déchaînement des terribles conflits indochinois, de 1946 à 1954, et algérien, de 1954 à 1962, montrent la réalité et la détermination de l’ambition impériale qui subsiste intacte sur le fond.


Les aspirations des colonisés à une légitime émancipation ont toujours été considérées comme des agressions injustifiées contre la puissance française

Traque des syndicalistes, poursuites contre les nationalistes autochtones, interdictions des partis et des publications anticolonialistes sont le pain quotidien des futures ex-colonies. Les concessions sont accordées chichement. En 1956 la loi Defferre, du nom du ministre de l’Outre-Mer, dite aussi loi-cadre parce qu’elle n’édicte rien mais laisse toute latitude au gouvernement de légiférer par décrets, met en place, un semblant d’autonomie.


De Gaulle, arrivé au pouvoir en mai 1958, propose au référendum, en octobre 1958, la constitution de la Ve république prévoyant, dans son titre XIII, une structure rassemblant la France et ses anciennes colonies dans une Communauté qui se substitue à l’Union française. Seule la Guinée, sous l’impulsion de Sékou Touré, répond « non » à ce référendum et accède immédiatement à l’indépendance. La communauté sera éphémère. En 1960 la nécessité d’une indépendance nominale pour les anciennes colonies s’impose. Le tour de passe-passe gaulliste consiste à prendre la tête d’un mouvement inévitable et à instituer des indépendances telles que la souveraineté politique, économique et militaire de la France demeure sur ses anciennes colonies. Les conseillers français sont présents partout. Le Franc de la Communauté Française d’Afrique est géré par le Trésor français, l’armée française est garante de l’ordre dans les nouveaux Etats. La nouvelle situation présente même bien des avantages en faisant faire à la France l’économie de l’administration coloniale tandis que les instruments de l’exploitation restent intacts. L’accès aux matières premières et l’alignement diplomatique sont garantis. Tous les contrevenants seront punis par des coups d’État ou des assassinats, alors que les fidèles seront défendus contre les mouvements populaires. L’histoire de la Françafrique à la Foccart s’ouvre pour un demi-siècle.


Un simple rappel des faits permet de réfuter le tableau officiel idyllique de l’accès à l’indépendance des pays subsahariens, tel qu’il est peint par Jacques Toubon : « Une décolonisation réussie, parce que c’est une décolonisation qui s’est faite par consentement mutuel, la volonté de ces pays de ces territoires, après la loi cadre de 1957, après la marche vers l’autonomie de 1958, après la constitution que le général de Gaulle a fait adopter en 1958, d’accéder à l’indépendance pleine et entière d’états souverains, secondés par la France, à ce moment-là, et soutenus par elle tout au long de ces 50 années ». La réalité est tout autre et le résultat de cette collaboration est hélas très visible.


1er janvier 1960, l’indépendance du Cameroun est proclamée

Le premier président est Ahmadou Ahidjo, qui avait été ministre de l’intérieur puis premier ministre sous le régime d’autonomie interne instauré en 1956. Installé au pouvoir par le gouverneur Jean Ramadier, il conduisit la répression contre l’UPC, parti indépendantiste, traduite par une guerre féroce, avant et après l’indépendance, avec un corps expéditionnaire français, de 1956 à 1971, qui fit plusieurs centaines de milliers de morts. Ahidjo quitte le pouvoir en 1982 en faveur de son premier ministre Paul Biya qui s’est succédé à lui-même depuis en réprimant dans le sang une tentative de coup d’Etat militaire, en 1984, et plusieurs mouvements de revendications populaires, en 1992 et en 2008.


27 avril 1960, le Togo accède à l’indépendance

En 1958 le parti indépendantiste avait remporté les élections. Son leader Sylvanus Olympio devient le premier président. Il est renversé et assassiné dans un coup d’Etat le 13 janvier 1963. Nicolas Grunitzky lui succède, sera lui-même chassé en 1967 et mourra dans un accident à Paris en 1969. L’artisan des coups d’Etat de 63 et 67, l’ex sergent de l’armée française Gnassingbé Eyadema prend le pouvoir, instaure un parti unique le RPT et réprime toute opposition. Il reste au pouvoir jusqu’à sa mort le 5 février 2005. Son fils Faure Gnassingbé lui a succédé lors d’une élection contestée qui a provoqué des dizaines de morts.


26 juin 1960, la république de Madagascar est instaurée

La grande révolte de mars 1947, écrasée dans le sang de dizaines de milliers de Malgaches, a durablement marqué les esprits. Le premier président Philibert Tsiranana, protégé de la France ne surmontera pas l’hostilité de la population et quitte le pouvoir en 1972 en faveur d’un militaire chargé de faire l’Union nationale. En 1975, après l’assassinat du populaire général Rasimandrava, le capitaine de corvette Didier Ratsiraka instaure un régime autoritaire se disant révolutionnaire, à la fois pro soviétique et non aligné. Il se maintient jusqu’en 1993. Après un intermède parlementaire jusqu’en 1996, Ratsiraka est réélu. En décembre 2001 Marc Ravalomanana l’emporte mais ne peut faire reconnaître sa victoire qu’en juillet 2002, après six mois de manifestations populaires. Réélu en décembre 2006, Ravalomanana se heurte en 2008 à l’opposition du maire de Tananarive. Il est contraint à quitter le pouvoir qui est confié à un comité militaire.


1er août 1960 : Le Dahomey devient indépendant

Hubert Maga est son premier président. Il est poussé à démissionner en 1963 par le colonel Christophe Soglo, qui le remplace d’abord par Sourou Migan Apithy et prend le pouvoir lui-même en 1965 jusqu’en 1967. Alphonse Amadou Alley, Emile Derlin Zinsou, Paul-Emile De Souza se succèdent au pouvoir. Hubert Maga revient de 1970 à 1972. Le capitaine Mathieu Kérékou prend alors le pouvoir et engage le régime dans la voie marxiste. En 1975 le Dahomey devient le Bénin. Kérékou échappe à plusieurs tentatives de coup d’Etat mais ne tombe jamais dans la répression. En 1977 un débarquement de mercenaires menés par Bob Dénard, parti du Gabon pour renverser le régime échoue. En 1990 le Bénin est le premier pays à organiser une conférence nationale. En 1991 Nicéphore Soglo est élu président. Mathieu Kérékou revient au pouvoir en 1996, est réélu en 2001. En 2006 c’est l’économiste Yayi Boni qui gagne l’élection présidentielle. Le Bénin, pauvre en ressources, a, semble-t-il évolué de façon relativement autonome.


3 août 1960 : Le Niger devient indépendant

Il est présidé de 1960 à 1974 par Hamani Diori, un des fondateurs de la francophonie. En 1970 on découvre l’importance des gisements d’uranium au Niger. La COGEMA française, devenue AREVA les exploite à partir de 1971. En 1974 Hamani Diori veut indexer le cours de l’uranium sur celui du pétrole. Un ancien sergent de l’armée française Seyni Kountché, le chasse par un coup d’Etat le 15 avril 1974 et demeure au pouvoir jusqu’à sa mort en 1987. Après des progrès démocratiques dans les années 90, l’actuel président Mamadou Tanja vient de créer une crise politique en changeant les institutions pour se maintenir au pouvoir.


5 août 1960 : La Haute Volta, cette région qui avait fait partie de la Côte d’Ivoire puis en avait été séparée, accède à l’indépendance

Le premier président Maurice Ouédraogo s’associe, dans le Conseil de l’Entente, à la Côte d’Ivoire au Dahomey et au Niger. En 1966 le colonel Sangoulé Laminaza prend le pouvoir et s’y installe comme président jusqu’au coup d’Etat du colonel Saye Zerbo en novembre 1980. En septembre 81 le capitaine Thomas Sankara devient secrétaire d’Etat chargé de l’information. Il démissionne en 82. Le 7 novembre 82 le médecin commandant Jean-Baptiste Ouédraogo prend le pouvoir. Le très populaire Sankara devient premier ministre en janvier 83. Il est arrêté en mai. Libéré sous la pression populaire il proclame le CNR (Conseil National de la Révolution le 4 août 1983. Le 4 août 84 le pays devient le Burkina Faso. Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné. Blaise Compaoré prend le pouvoir, qu’il détient toujours. Le pays est avant-dernier mondial à l’indice de développement humain.


7 août 1960 : La Côte d’Ivoire devient indépendante

Son histoire est marquée, avant et après l’indépendance, par la personnalité de Félix Houphouët Boigny. Anticolonialiste dans sa jeunesse militante, Houphouët devint le plus francophile des dirigeants africains. Sa longue présidence de la Côte d’Ivoire, de 60 jusqu’à sa mort en 1993, ne fut pas tout à fait paisible. Il réprima de nombreuses contestations intérieures, ourdit plusieurs complots contre des dirigeants africains, tels que Sékou Touré, Kwame N’krumah et passe pour avoir fomenté l’assassinat de Thomas sankara. Il soutint la sécession désastreuse du Biafra, le coup de force raté contre le Bénin progressiste et entretint des relations avec l’Afrique du sud raciste dont il reçut les dirigeants. Le fameux « miracle ivoirien » de l’explosion économique se révéla un trompe l’œil, avec une croissance sans développement, profitable aux seuls capitaux étrangers. Le règne de ce partisan de l’ordre se termina dans le scandale et le chaos. Il laissa une fortune personnelle colossale et un État fragile. Son successeur Konan Bédié fut chassé par le général Robert Gueï. Les élections qui suivirent mirent au pouvoir l’opposant Laurent Gbagbo. La crise politico-militaire de 2002, avec la tentative de coup d’État, la partition de la Côte d’ivoire et l’intervention de l’ONU, n’est toujours pas résolue. Le pari sur l’avenir qu’on dit avoir été lancé par Houphouët à N’krumah en 1958 – l’un choisissant une pleine indépendance, l’autre la coopération avec la France – a été largement gagné par le Ghana. Dans le dernier classement selon l’indice de développement humain fait par l’ONU, la Côte d’Ivoire est 166e sur 177 et le Ghana 135e.


11 août 1960 : Le Tchad accède à l’indépendance sous la présidence de François Tombalbaye, cornaqué par le Commandant français Gourvenec qui s’occupe de sa sécurité

Le Dr Outel Bono, opposant, sera assassiné en France en août 1973. Tombalbaye sera lui-même assassiné en 1975. Le général Malloum lui succède avant que le rebelle nordiste Goukouni Oueddei ne prenne le pouvoir en 1979 avec l’aide des Libyens. Ce dernier est renversé à son tour en 1982 par l’ex-rebelle Hissène Habré aidé par les Français. En 1990 Idriss Déby, adjoint de Hissène Habré, le supplante au pouvoir, qu’il a gardé depuis. La France a toujours été militairement présente au Tchad, où elle possède une base à l’aéroport de Ndjaména, anciennement Fort-Lamy. Peu peuplé, avec moins de 10 habitants au km2, le Tchad bénéficie depuis 2003 d’une rente pétrolière considérable. Il n’en reste pas moins placé 170e sur 177 à l’indice de développement humain en 2008.


13 août 1960 : La République Centrafricaine, ancien Oubangui Chari à l’époque coloniale devient indépendante

Un an avant l’homme politique exceptionnel qu’était Barthélémy Boganda, qui conduisait le pays, était mort dans un accident d’avion. David Dacko lui succède. Il est renversé en 1965 par le capitaine Jean-Bedel Bokassa, ancien officier de l’armée française qui imposera un régime extravagant et sanguinaire jusqu’en 1979, où il est évincé par les services français eux-mêmes, qui ramènent David Dacko. En 1982 ce dernier est chassé du pouvoir par le général André Kolingba. En 1993 Ange-Félix Patassé remporte la première élection multipartite. Il est renversé par un coup d’Etat du général Bozizé en 2003. Comme au Tchad la présence militaire française a été constante et reste déterminante. L’État centrafricain est lui en totale déréliction.


15 août 1960 : Le Congo-Brazzaville devient indépendant, sous la présidence de l’abbé Fulbert Youlou, soutenu par le colonat local et par l’armée française

Les 13, 14 et 15 août 1963 des manifestations populaires, protestant contre la corruption du régime, le poussent à la démission. De Gaulle n’ayant guère de sympathie pour ce prêtre défroqué et polygame la France n’intervient pas. Alphonse Massamba Debat, réputé pour son intégrité est élu président. Il gouverne jusqu’en septembre 1968 où il est renversé par le commandant Marien Ngouabi qui établit un régime marxiste et un parti unique le PCT (Parti Congolais du Travail) jusqu’à son assassinat en 1977. Peu après l’ancien président Massamba Debat est arrêté et exécuté. La présidence du comité militaire est assurée par le général Yhombi Opango. Le 8 février 1979 le comité central du PCT dissout le comité militaire et nomme le colonel Denis Sassou Nguesso président du parti et du pays. En 1990 le pays prend le tournant du multipartisme. L’élection présidentielle qui suit, en 1992, est remportée par Pascal Lissouba. Mais le pays est livré aux milices. La guerre civile fait rage en 1997 et Sassou Nguesso remporte la victoire par les armes contre l’État légal. Il se proclame président le 25 octobre 1997. Il a depuis conservé le pouvoir. La politique congolaise est dominée par l’exploitation du pétrole, découvert en 1970, exploité depuis 1972, essentiel depuis 1974. L’ascension de Denis Sassou Nguesso, dans l’ombre de Marien Ngouabi, suit la même courbe.


17 août 1960 : Le Gabon accède à l’indépendance présidé par Léon Mba, mis en place par les forestiers français

L’armée française le rétablit au pouvoir lorsqu’en 1964 il est chassé par Jean-Hilaire Aubame. Aucun pays n’a été aussi directement lié à Paris qui en a fait sa base africaine d’intervention. Second du pouvoir dès 1965, Albert Bongo succède à Léon Mba en 1967 et conserve le pouvoir jusqu’à sa mort à Barcelone le 8 juin 2009. Il a su corrompre ses opposants mais le plus valeureux, Germain Mba, a été assassiné en 1971. Le fils de Bongo, Ali Bongo, vient de lui succéder dans une élection douteuse. Depuis les années 70 le pétrole représente l’essentiel de l’économie gabonaise. La rente pétrolière n’a pas servi au développement du pays qui est resté sans infrastructures ni équipements, mais à l’enrichissement du clan Bongo et des ses alliés français, hommes politiques et hommes d’affaires.

 


20 août 1960 : Le Sénégal proclame son indépendance

La fédération du Mali, formée du Sénégal, du Soudan français, n’aura duré que quelques mois, après que la Haute-Volta et le Dahomey l’ont quittée dès ses premiers jours, sabotée, dit-on, par Houphouët Boigny. Le président est Léopold Sédar Senghor, écrivain, très attaché à la France, père de l’institution de la francophonie. Il réprimera durement des mouvements étudiants et syndicaux. L’assassinat du brillant Omar Diop Blondin en prison entache son pouvoir. Senghor démissionne en 1980 au profit de son premier ministre Abdou Diouf. Ce dernier est président jusqu’en 2000, où il est battu à l’élection présidentielle par Abdoulaye Wade.

 


22 septembre 1960 : L’ancien Soudan français devient indépendant sous le nom de l’ancien empire du Mali

Il est dirigé par Modibo Keita, homme politique progressiste et panafricain, un des pères de l’OUA en 1963. Celui-ci est renversé par un coup d’Etat militaire en 1968, par le général Moussa Traoré qui impose une dictature féroce. En 1977 Modibo Keita meurt en détention de façon suspecte. En 1992 après la répression sanglante de la revendication de démocratisation, un coup d’Etat militaire mené par le colonel Amadou Toumani Touré le chasse et organise la première élection multipartite remportée par Alpha Oumar Konaré, réélu en 2007. Amadou Toumani Touré lui succède en 2002 et est réélu en 2007.


28 novembre 1960 : La Mauritanie accède à l’indépendance

Le premier président est l’avocat Moktar Ould Daddah. Il mène une politique d’indépendance nationale, créant une monnaie, l’ouguiya, dénonçant les accords avec la France, nationalisant la Miferma société d’exploitation des mines de fer. La guerre contre le front Polisario, qui revendique l’indépendance du Sahara occidental, mine le régime qui est renversé en 1978 par un coup d’Etat militaire. Le comité militaire qui lui succède prend fin en 1984 avec la prise de pouvoir du colonel Ould Taya. En 1989 les violences contre les négro-mauritaniens se déchaînent. Plus de 120 000 sont déportés au Sénégal. En 2005 Ould Taya est chassé du pouvoir par un putsch militaire mené par le colonel Ely Ould Vall. L’élection présidentielle de 2007 est remportée par Ould Cheikh Abdallahi. Le 6 août 2008 un coup d’Etat porte au pouvoir le général Ould Abdel Aziz.


Sur ces 14 pays, 5 figurent dans les dix derniers au classement mondial de l’indice de développement humain. Ce sont le Tchad, la Centrafrique, le Mali, le Niger et le Burkina-Faso. Pour la Centrafrique et le Niger cette place est scandaleuse au regard des immenses richesses qui ont été exploitées sur leur territoire. Les pays qui comparativement sont mieux classés sont ceux qui se sont le plus affranchis, économiquement et politiquement, du lien néocolonial. La Mauritanie, pays désertique est 137e sur 177. Le Bénin, sans autre ressource que le coton est 163e.


Le mythe de la tranquillité est contredit par les répressions et les assassinats qui ont sévi dans des pays dits stables ; celui de la croissance est contredit par l’absence générale de développement qui frappe plus particulièrement les pays d’Afrique sahélienne et équatoriale francophones. Politiquement le respect de la démocratie est un échec presque partout et surtout dans les pays riches en ressources, où chaque élection constitue un scandale par un mépris absolu des règles élémentaires d’un scrutin honnête. Pour la plupart de ces pays le cinquantenaire de l’indépendance peut se résumer en cinquante ans pour rien, sinon l’enfoncement dans la misère. Il n’y a pas là de quoi pavoiser.


L’Afrique du XXIe siècle reste ce qu’elle a toujours été pour l’Europe – sauf qu’elle l’est aussi maintenant en plus pour le reste de la planète : Ẻtats-Unis, Ẻtats émergents, Chine – un réservoir de richesses. Ce qui est convoité ce sont les matières premières, mais aussi les terres et les hommes pour les travailler. Le sort de l’Afrique, comme au temps de la conférence de Berlin, est décidé dans les institutions internationales, financières et commerciales, avec leurs puissants acteurs. Le même dépeçage est fait par les multinationales qui se répartissent l’exploitation des ressources et la gestion des équipements. On ne voit pas pour l’instant où pourrait bien être le point d’appui pour le levier qui soulèverait le poids de d’une oppression aux multiples chaînes, idéologiques, religieuses, économiques et libérerait le géant ligoté. On sent seulement comme une fermentation sourde qui court souterrainement et éclate ça et là en révoltes sans lendemain ou en luttes fratricides. Un jour, qu’on espère proche, l’indépendance ne sera plus un vain mot mais une décision des peuples d’exercer enfin leur puissance et leur souveraineté.

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"France-Rwanda : la démocratie à l'épreuve du génocide"

11 Février 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos


"France-Rwanda : la démocratie à l'épreuve du génocide"

Extraits du colloque organisé à l'Assemblée Nationale par l'association Survie le 8 avril 2009, à l'occasion des 15e commémorations du génocide des Tutsi au Rwanda de 1994.


"
France-Rwanda : la démocratie à l'épreuve du génocide"
Extraits du colloque organisé à l'Assemblée Nationale par l'association Survie le 8 avril 2009, à l'occasion des 15e commémorations du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.

Intervenants : Odile Biyidi-Awala (présidente de Survie), Raphael Doridant (Survie), Linda Melvern (auteur de Conspiracy to Murder. The Rwandan Genocide and the International Community), Patrick de Saint-Exupéry (journaliste, auteur de L'inavouable. La France au Rwanda), Géraud de la Pradelle (professeur émérite de droit international), Alain Gauthier (président du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda), Patrick Baudouin (président d'honneur de la FIDH), Pierre Brana (ancien député, co-rapporteur de la Mission parlementaire de 1998 sur le rôle de la France au Rwanda)

Modérateurs : Olivier Thimonier (Survie), Jean-François Dupaquier (écrivain, journaliste), Fabrice Tarrit (Survie)


suite sur:

http://www.dailymotion.com/video/xc7axa_colloque-la-france-au-rwanda-assemb_news

http://www.dailymotion.com/video/xc7ao3_colloque-la-france-au-rwanda-assemb_news

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Togo : Election présidentielle du 28 février 2010, une nouvelle mascarade en perspective

9 Février 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

mardi 9 février 2010

Togo : Election présidentielle du 28 février 2010, une nouvelle mascarade en perspective

par Cedetim, Collectif de solidarité avec les luttes sociales et politiques en Afrique*, Mouvement de la paix, Peuples solidaires, Survie, 9 février 2010



Dans la perspective de l’élection présidentielle, les organisations signataires appellent l’Union européenne et la France à ne pas cautionner une élection qui ne serait pas démocratique et transparente et à prendre des mesures afin de prévenir toute dérive violente du régime en cas de contestations.

Depuis la mort, en 2005, du général Eyadéma resté 42 ans au pouvoir, les Togolais sont appelés aux urnes pour la deuxième fois. La précédente élection, en avril 2005, avait intronisé Faure Gnassingbé (fils du précédent), à l’issue d’un coup d’Etat électoral et d’une répression féroce, faisant selon l’ONU entre 400 et 500 morts et environ 40 000 réfugiés.

La signature, en août 2006, sous la pression de la communauté internationale, d’un Accord politique global (APG) avec les principales formations politiques, avait permis la reprise de la coopération de l’Union européenne, suspendue depuis 1992 pour « déficit démocratique ». Jusqu’ici, aucune des réformes préconisées par l’APG n’a vu le jour. En outre quasiment aucune mesure n’a été prise par le régime pour poursuivre les auteurs des crimes commis en 2005, à part la création en février 2009 d’une Commission vérité, justice et réconciliation qui pour le moment n’a pu travailler ni mener à bien sa mission.

C’est ce même régime qui organise aujourd’hui l’élection présidentielle. Or celui-ci met tout en œuvre afin que Faure Gnassingbé se maintienne au pouvoir. En effet, les conditions d’organisation du scrutin n’offrent manifestement pas toutes les garanties d’une élection démocratique et transparente avec :

- une Commission électorale (CENI) et une Cour constitutionnelle acquises au régime qui, pour des motifs fallacieux et sur ordre du régime, a écarté un des principaux concurrents à la magistrature suprême ;
- un scrutin uninominal majoritaire à un tour, à l’avantage de Faure Gnassingbé qui peut ainsi être élu sans bénéficier de la majorité des suffrages exprimés [1] ;
- une révision des listes électorales bâclée et un fichier électoral fortement contesté ;
- des achats de voix observés.

A cela s’ajoute une dérive autoritaire et sécuritaire du régime à l’approche du scrutin avec :

- une recrudescence des intimidations afin de créer un climat de peur au sein de la population ;
- la nomination du major Kouloum Bilizim à la tête de la milice des Groupes de réflexion et d’appui au parti RPT (GRAP) alors qu’il est cité dans plusieurs rapports comme instigateur et présumé auteur de nombreux actes de violences en 2005 [2] ;
- la nomination du Lieutenant-colonel de gendarmerie Yark Damehane à la tête de la Force Sécurité Election présidentielle 2010 (FOSEP) alors que, selon un témoignage, cet officier “ a dirigé les séances de torture au cours des interrogatoires [pendant la répression de 2005] [3].
L’UE, principal financeur de l’élection dans le cadre d’un “ Projet d’Appui aux Processus Électoraux ” (PAPE), porte une grande responsabilité dans l’organisation et la supervision de celle-ci mais aussi dans les risques de dérive sécuritaire. En effet c’est également elle qui finance le volet « sécurisation de l’élection », mis en œuvre par l’Agence Française de Développement (AFD). En formant et en organisant l’équipement de la FOSEP, la France, indéfectible soutien politique et policier de la dictature Eyadéma depuis plus de 40 ans, conforte quant à elle une position pour le moins trouble.

Les organisations signataires appellent donc l’UE :

- à prendre les mesures nécessaires auprès des autorités togolaises afin de garantir une élection libre, démocratique et transparente, et en cas contraire de suspendre sa coopération ;
- à renforcer les moyens du contingent des 130 observateurs afin d’assurer une observation crédible des 6 000 bureaux de vote ;
- à exiger la révocation du major Kouloum Bilizim et du Lieutenant-colonel Yark Damehane.
En outre, les organisations signataires exigent des autorités françaises :
- qu’elles s’impliquent véritablement dans l’organisation d’une présidentielle démocratique et transparente, et non pas seulement dans sa supervision et sa “ sécurisation ” ;
- qu’elles suspendent toute coopération, bilatérale et multilatérale dans le cadre du PAPE, avec les organes de police et de gendarmerie (notamment la FOSEP) dès lors qu’ils seraient manifestement impliqués dans des violations des droits de l’Homme ;
- qu’elles dénoncent et condamnent toute dérive violente du régime, si tel était le cas.

L’élection présidentielle togolaise constitue une occasion pour les autorités françaises de rompre avec une politique de validation d’élections frauduleuses ou de prise de pouvoir anti-démocratique comme elles l’ont fait durant l’année 2009 avec le coup d’État à Madagascar, l’élection d’un putschiste en Mauritanie, l’élection présidentielle truquée au Congo Brazzaville, le coup d’État électoral au Gabon ou encore le coup d’État constitutionnel au Niger.

Cette année 2010, durant laquelle les autorités françaises entendent achever la rénovation des relations entre la France et l’Afrique, ne peut s’ouvrir sur une nouvelle validation d’un coup d’État électoral au Togo.

Contact presse : Survie : Stéphanie Dubois de Prisque. Tél : 01 44 61 03 25.
stephanieduboisdeprisque(a)survie.org

*
Collectif regroupant Assez de coup d’Etat, Afrique en luttes (NPA), Cédétim, Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD), Les Verts, Survie, Union des Populations du Cameroun (UPC)].

[1] Bien qu’accepté par les forces politiques d’opposition, ce mode de scrutin est contraire aux dispositions de l’accord politique global du 20 août 2006.
[2] Rapports de l’ONU, de la FIDH, de la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH).
[3] Rapport de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) présenté au Comité contre la torture des Nations unies en mai 2005

Lire aussi

Togo : Présidentielle du 28 février 2010 : un œil sur la France, par
Comi Toulabor, Billets d'Afrique, février 2010

A écouter:
interview de Comi Toulabor chercheur au CEAN (Centre d’Étude d’Afrique Noire), enseignant à l’IEP (Institut d’Études Politiques) et ancien président de Survie Gironde, sur le contexte électoral avant les élections présidentielles togolaises du 28 février 2010. 45 min
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émission radio "Françafrique" n°21

4 Février 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Samedi 6 fevrier 2009 à 13H00

 

sur Campus FM (94FM)
émission "Françafrique" n°21

Etranger? Français? d'ici? d'ailleurs?

Nationalité.... citoyenneté.....


http://detentions.files.wordpress.com/2008/10/des-ponts-pas-des-murs.jpg

 

Françafrique 21 l’émission radio de l’association SURVIE sur la Françafrique, cette relation particulière de la France avec ses anciennes colonies, revient sur le débat mené sur  la place et la reconnaissance des migrants,  tenu à Toulouse,dans le cadre de la semaine de la SSI, (semaine de la solidarité internationale du 12 au 27 novembre 2009. La table ronde était présentée et modérée par Mehdi ALIOUA sociologue, membre du GADEM. Intervenant: Fausto GIUDICE journaliste, écrivain, membre de SURVIE.

Pour écouter l'émission en ligne: http://www.afriradio.net/auteur51.html
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Togo: Présidentielle du 28 février 2010 : un oeil sur la France

4 Février 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.



Togo : Présidentielle du 28 février 2010 :
un oeil sur la France


par Comi Toulabor

Focus sur la scène politique togolaise et l’action de la France à l’approche de la présidentielle. Coopération bilatérale et « sécurisation électorale », les vieux démons de la Françafrique ne sont jamais très loin.


S’il y a un domaine où la communauté internationale dit souvent son mot, c’est bien l’élection présidentielle. Cet être éthéré qu’est la communauté internationale, dans le cas du Togo, a le visage bien concret de la France, de l’Allemagne, des États-Unis, de l’Union européenne (UE) et du PNUD. Les délégués et les représentants de ces pays et organisations internationales forment le Comité de pilotage, appelé aussi G5, qui se réunit régulièrement. Il a élaboré un document intitulé « Projet d’appui au processus électoral, PAPE » soumis à la signature du gouvernement togolais le 24 décembre 2009. C’est dans ce cadre que l’UE a accordé six milliards de francs CFA (neuf millions d’euros) pour soutenir la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en vue d’organiser « des élections libres, équitables, transparentes et paisibles, conformément aux standards internationaux » selon le communiqué de Patrick Spirlet, chef de la délégation de la Commission de l’UE à Lomé. Principal bailleur de fonds, l’UE est aussi le catalyseur en principe des réformes dans les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) au titre des Accords de Cotonou de juin 2000 qui posent les conditionnalités de son aide, à savoir la bonne gouvernance, le respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’État de droit, la gestion transparente et responsable des ressources humaines, etc. : un volume de bons principes et de bons sentiments non exécutoires, surtout si l’Etat ACP dispose d’un parrain puissant et ienveillant en mesurede plaider sa cause devant les instances internationales. C’est le cas du Togo du général Eyadéma sous les présidents de la Ve République. Par le PAPE, l’UE s’engage à suivre de près la totalité du processus électoral du 28 février, ce qui englobe les activités préélectorales telles que la révision des listes électorales, le scrutin lui-même et les activités postélectorales avec le suivi des résultats et les éventuels contentieux. Patrick Spirlet a annoncé l’arrivée au Togo pour janvier de 120 à 130 observateurs électoraux de l’UE pour bien montrer « l’investissement d’ampleur de l’UE dans le cadre de l’élection présidentielle ». Chiffre assez dérisoire par rapport aux 5 930 bureaux de vote et probablement plus, réels ou fictifs, disséminés à travers le territoire. Mais le suivi européen de la présidentielle tarde à venir et reste pour le moment d’ordre purement intentionnel.


Dans son rapport adressé récemment à Pascal Bodjona, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, en somme ministre de l’Intérieur, la CENI relève plusieurs manquements. Elle émet de sérieux doutes sur la compétence de la société belge ZETES, fournisseur des kits électoraux et sa capacité à accompagner convenablement la CENI tout au long du processus électoral. Le rapport indique entre autres que « les travaux de reconditionnement ont révélé l’absence, sur les kits, de plusieurs composants ou matériels nécessaires au bon fonctionnement de plus de la moitié des kits ; les caractéristiques électriques des kits n’étaient pas aux normes, les diodes intervenant dans l’alimentation des kits fondent après un certain temps de fonctionnement ; les imprimantes connaissent également quelques difficultés ». Il met sur le compte de la ZETES, choisie par Bodjona, les ratés constatés lors de la révision des listes électorales dans les fiefs de l’opposition et note que sur les 1 275 kits plus de la moitié ne fonctionne pas [1]. En dépit de ces manquements graves qu’elle a elle-même soulevés et les protestations de l’opposition, la CENI continue ses travaux comme si de rien n’était pour ne pas déplaire aux autorités de tutelle. Pendant ce temps, les ambassadeurs des Etats-Unis, d’Allemagne et de France ainsi que le chef de la délégation de la Commission de l’UE au Togo se contentent d’exprimer uniquement leurs « vives préoccupations ». Il faut lire méticuleusement entre les lignes de ces « préoccupations » pour y repérer une once d’injonction de mieux faire.


La France qui en a vu des vertes (présidentielles) et des pas mûres en Françafrique


Le Comité de pilotage permet à la France de multilatéraliser ses relations bilatérales avec le Togo, notamment au niveau du financement de sa politique africaine, caractérisée par son « informalisation » et ses doxas contradictoires en concurrence avec ses intérêts. Le Comité de pilotage lui permet de jouer sur plusieurs tableaux, et le cas échéant de s’en servir comme un paravent. Ici, elle s’est alignée sur les positions minimalistes de ses pairs occidentaux alors même qu’on peut s’attendre à la voir entraîner les autres membres du G5 à s’immiscer d’avantage, sur la base du PAPE, dans les préparatifs de la totalité du processus électoral. C’est que de l’assassinat du premier président togolais Sylvanus Olympio, en janvier 1963, dont la France serait le commanditaire présumé au soutien de la dictature quadragénaire des Gnassingbé en passant par la validation des fraudes électorales, le contentieux entre les deux pays est si lourd que la France donne l’impression d’être gênée aux entournures et préfère sur certains dossiers faire profil bas.


En revanche, la France retrouve son élément naturel en s’investissant dans le volet « sécurisation électorale » financée en partie par l’Agence française de développement. C’est à elle en effet que sont revenus, dans le partage du travail au sein du G5, la formation et l’entraînement de la « Force sécurité élection présidentielle (Fosep) » créée le 11 novembre dernier. Composée de 6 000 gendarmes et policiers, sa mission est de « garantir d’une part la sécurité avant, pendant et après l’élection et de préserver, d’autre part, un climat de paix et de sérénité sur l’ensemble du territoire national ». Elle est placée sous la supervision de la CENI, mais sous le commandement opérationnel du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Atcha Titikpina, de sinistre réputation. C’est un autre tortionnaire reconnu, le lieutenant-colonel Yark Damehame, qui la dirige. La société France Coopération internationale a raflé le marché sous-traité à une autre, Protecop, pour équiper la Fosep en casques et boucliers de protection, treillis, Rangers et bâtons, tandis que radios fixes et portables sont fournis par la société toulousaine Soicex Electronique, et que la CFAO Motors la dote en véhicules 4x4, le tout pour la coquette somme de 500 000 euros (La Lettre du continent du 7 janvier 2010). Tous les observateurs prédisent une élection à l’opposé des proclamations officielles de présidentielle transparente et pacifique, mais Faure Gnassingbé, qui n’a rien à perdre, se prépare, lui, en conséquence.


Faure Gnassingbé : à la fois DAB et DAV


Comme son père chez qui il a appris, Faure Gnassingbé s’est métamorphosé en un véritable DAB (distributeur automatique de billets) ambulant crachant généreusement des billets de banque tout chauds à qui-veut-n’en-veut-pas, dotant comme le pays d’infrastructures et d’équipements lui manquaient cruellement. A l’allure où se déroule sa politique publique électorale, le Togo dépasserait sûrement les pays développés en moins d’une décennie si les élections devenaient mensuelles ou hebdomadaires. Mais Faure a aussi une autre identité en réserve : celle d’un DAV, un distributeur automatique de violence latent dont les ingrédients se mettent en place, au nez et à la barbe du PAPE européen, conformément à sa proclamation de foi où il se dit prêt à reconduire la violence d’avril 2005 : « Je le referais. Même si je déplore les violences qui, hélas, ont assombri le processus de transition de février à avril 2005. Si je n’avais pas répondu présent à l’appel que les forces armées, puis l’Assemblée nationale m’avaient lancé, le pire était presque sûr » (Jeune Afrique du 25 décembre 2006).


En effet, il est en train de réactiver les trois piliers de la violence politique. D’abord, à la suite de l’affaire Kpatcha en avril 2009 qui n’a toujours pas trouvé son épilogue, il a changé de chef d’état-major des armées et celui de l’armée de terre où des hommes plus fiables ont remplacé d’autres fidèles jugés tièdes. En juillet dernier, ce sont treize corps ou unités spécialisées qui ont changé de têtes. Il a néanmoins gardé son beau-frère, Félix Kadangah, à la direction de la redoutable FIR, l’unité anti-émeute urbaine de l’armée. Il se trouve que certains promus sont des auteurs présumés de crimes contre l’humanité et cités dans les rapports des organisations de défense des Droits de l’homme.


Des milices pro-Faure

Ensuite au côté du Haut Conseil des associations et mouvements étudiants (HACAME), la plus connue des milices paramilitaires, qui a joué un rôle capitale dans toutes les violences électorales, d’autres structures similaires sont en train de sortir de leur hibernation ou en voie de se créer. Ainsi dans un communiqué du 11 septembre 2009, la Jeunesse de l’UFC accuse le major Bilizim Kouloum, gendarme à la retraite, pointé du doigt par différentes organisations de défense de droits de l’homme lors de l’élection d’avril 2005, d’installer dans les préfectures et les sous-préfectures des milices dénommées « Groupe de réflexion et d’appui au parti [RPT] »).

Il convient de rappeler que l’un des hommes forts du régime de Faure Gnassingbé se trouve être précisément Pascal Bodjona, ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, qui a été fondateur et responsable du HACAME au début des années 1990. Enfin, la chute en 2005 de Robert Montoya, ancien gendarme du GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) pour trafics d’armes, et de son entreprise de gardiennage, la Société africaine de sécurité-Togo, qui équipait les forces sécuritaires (menottes, matraques, bombes lacrymogènes, gilets pare-balles, cagoules, etc.) a laissé le champ libre à l’Optimal Protection Services. Cette société appartient à Germain Meba, un quadragénaire mais déjà multimillionnaire, et ami personnel de Faure Gnassingbé à qui il doit en partie sa fortune rapide en rapport avec le trafic de drogue et d’or et dont il soutient avec force la candidature en créant l’Association des bénévoles pour la victoire du candidat Faure.


Le clan Gnassingbé mobilisé pour sa survie


Militaires, miliciens et vigiles travaillent en symbiose lors des présidentielles ressenties comme des moments douloureux de remise en cause du pouvoir du clan Gnassingbé. C’est pour conjurer la perte du pouvoir et les conséquences désastreuses qu’elle induit que tous les membres du clan se mobilisent pour sa défense. Pendant qu’en face, le Mouvement citoyen pour l’alternance, association proche de l’UFC regroupant des jeunes, constamment harcelé et intimidé par la soldatesque du pouvoir, se dit déterminé à aller jusqu’au « sacrifice suprême » si la victoire du 28 février venait à être volée. Faut-il pour autant partager les inquiétudes et les craintes ambiantes exprimées par le journaliste Tino Kossi qui suggère « l’intervention d’une force militaire étrangère » afin d’anticiper l’explosion de la violence annoncée par tous les oracles ? Il est peut-être plus raisonnable, comme le réclament certains partis et organisations de la société civile, de reporter cette présidentielle pour la mieux préparer dans le calme et la sérénité avec une implication plus grande de l’UE conformément au PAPE.


Car la CENI, à l’image de toute l’administration publique, n’est pas techniquement armée pour mener à bien une telle opération électorale d’envergure qui la dépasse. Prétendre le contraire c’est pratiquer la politique de l’autruche en se voilant la face.


Comi M. Toulabor
Centre d’études de l’Afrique noire -
Sciences Po Bordeaux

[1] www.mo5-togo.com, Sophie Lawson
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Rencontre débat: A la veille du cinquantenaire des indépendances Espoirs et craintes pour la démocratie en Afrique de l'Ouest - Le cas du Togo

2 Février 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Mercredi 3 février 2010
à 17H00 à l'IEP de Toulouse - Amphi Bobin


Survie 31, le GERCA et So acte vous propose une

Conférence-débat

A la veille du cinquantenaire des indépendances
Espoirs et craintes pour la démocratie en Afrique de l'Ouest - Le cas du Togo

présentée par

M.  Comi TOULABOR
Directeur de recherche à la fondation nationale des sciences politiques
Chercheur aux Centre d'Etude de l'Afrique Noire (CEAN) de Sciences Po Bordeaux
2010 constituera sans aucun doute une date clé pour l'Afrique subsaharienne. A l'heure où 14 pays de l'ex empire colonial français vont fêter de cinquantenaire de leur indépendance, et au moment même où de nombreux pays relevant de la "Françafrique"  connaissent une régression démocratique et une série d’élections plus que douteuses (Gabon, Congo, Niger, Mauritanie…), nous recevons Comi Toulabor, Chercheur au CEAN de Bordeaux et membre de l'association Survie..."
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TV bruits: 50 ans sans Lumumba

1 Février 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Lundi 1er février 2010

TV Bruits 

La République démocratique du Congo aura

cinquante ans le 30 juin de cette année. 

 

http://tvbruits.org/local/cache-vignettes/L256xH192/arton1367-2aa87.jpg

 

Ce territoire quatre fois plus grand que la Belgique, avait d’abord été conquis par le roi Léopold II en 1885 à titre privé. L’Etat belge, lié à son roi par les principes d’une monarchie constitutionnelle, n’était en effet pas très chaud pour l’exploration de cette partie de l’Afrique délaissée par les autres puissances. Financée par emprunts à des banques et à l’Etat belge, avalisée par la conférence de Berlin comme servant un intérêt humanitaire - libérer les noirs des trafiquants d’esclaves zanzibarites… -, le Congo léopoldien s’établit très vite comme l’un des plus cruel système coloniaux du moment. Les autochtones, que l’on prétend affranchir de l’esclavage, sont la proie d’une guerre de conquête et immédiatement mis au travail forcé pour l’exploitation du caoutchouc dans les conditions que relate Joseph Conrad dans Au cœur des ténèbres.

 

L’Angleterre, pour des raisons diverses, est le seul pays où est ouvertement dénoncé la réalité du Congo léopoldien, notamment les mutilations infligées aux congolais, fameuses mains coupées, qui symbolisent encore aujourd’hui la cruauté du régime. Pour faire taire les anglais, Léopold ouvre le capital des industries congolaises dont il demeurait principal actionnaire puis se défait peu à peu de son emprise sur le Congo jusqu’à le céder à son créancier, l’Etat Belge, en 1908. Au caoutchouc, s’ajouteront bientôt l’exploitation de la palme, du coton, du cacao, du cuivre, puis de tous les minerais dont regorge encore aujourd’hui l’Est congolais. Toujours recouvert par l’alibis humanitaire -élever les noirs à la dignité du travail…-, la domination coloniale enrichie la Belgique et n’y fait guère débat.

 

Au Congo, la résistance à l’oppression rencontre les obstacles de la dispersion. Parce que l’église offre son principal appui à la colonisation belge, c’est du côté d’une hérésie protestante qu’il faut chercher les premiers jalons significatifs de la lutte. La condamnation à mort du messie Simon Kimbangu en 1921 et la dispersion de ses fidèles dans des camps de concentration sur tout le territoire congolais contribuera plus tard à constituer une base nationale à l’ascension politique d’un jeune journaliste : Patrice Emery Lumumba.

 

C’est l’assassinat de celui-ci, qui donnera lieu le 17 janvier 2011, à un autre anniversaire, celui de cinquante ans de non-indépendance, suite logique à 75 ans de colonisation.

 

Le schéma est connu qui est aussi bien celui de la fameuse Communauté proposée par De Gaulle aux pays de l’AOF à la même période : Tout changer pour que rien ne change. La Belgique accorde sans aucune bienveillance un vernis d’indépendance politique à sa colonie pour y conserver ses prérogatives en matière économique. Lumumba, qui, le 17 juin 1960, lors de la cérémonie officielle de déclaration de l’indépendance à Bruxelles, envoie à la face du roi Baudoin, non seulement le souvenir du servage colonial mais la promesse de changements politiques radicaux est immédiatement suspecté de sympathie communiste, déstabilisé dés les brefs débuts de son mandat de premier ministre et, enfin, éliminé sur décision conjointe des Etats-Unis et de leur vassal belge.

 

Des conditions monstrueuses de cet assassinat, longtemps falsifié en lynchage villageois, un fait significatif retient l’attention : c’est dans une cuve d’acide servant à l’exploitation du cuivre du Katanga qu’est engloutie la dépouille de l’homme qui portait le projet d’une véritable indépendance politique et économique du Congo.

 

Après 36 ans de dictature mobutiste qui, avec le soutien de la plupart des pays occidentaux et des institutions financières internationales, lègue au pays une dette de 12 milliards de dollars (dette qualifiée d’odieuse par le droit international en raison des conditions mêmes de sa constitution cf. http://www.cadtm.org/Dette-illegiti...) dont 8 milliards de fortune personnelle de Mobutu, l’un des pays les plus naturellement riches du monde est encore celui qui jouit le moins de sa richesse. Son unité, sa souveraineté, ses marges de manœuvres sont entièrement conditionnées par les convoitises internationales que suscitent ses terres (la palme congolaise par exemple est toujours exploitée par Unilever) et son sous-sol riche en diamants, uranium (celui qui a servi pour les bombes d’Hiroshima et Nagasaki), coltan (que tout un chacun porte dans son téléphone portable)… Liste incomplète de ces trésors qui ne laissent aux dirigeants congolais que l’alternative entre la corruption ou la mort violente.

 

Autant dire que le Congo constitue aujourd’hui un cas d’école en matière de domination néo-coloniale et que les faits d’histoire qui devraient cette année faire l’objet de gentilles célébrations de réconciliation belgo congolaise pourraient aussi servir à désigner les héritages et les continuités dont souffrent quotidiennement les citoyens congolais.

 

La connexion du combat mémoriel avec les enjeux contemporains et internationaux qui caractérise le travail du collectif Mémoires coloniales en Belgique force le respect, a fortiori lorsqu’on les considère d’une France où l’on a semble-t-il réussi à enfermer des causes similaires dans les faux débats de la repentance ou de l’identité nationale.

 

 

 Discours de Patrice Lumumba devant devant le roi des Belges, Axel Marie Gustave Baudoin, le 30 juin 1960.

http://www.afrocentricite.com/wp-content/uploads/2009/07/lumumba-parlant.jpg

" Congolais et Congolaises,

Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux,

Je vous salue au nom du gouvernement congolais.

 

A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.

Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.

Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant, exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers.

Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions nègres. Qui oubliera qu’à un noir on disait « tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « vous » honorable était réservé aux seuls Blancs ?

Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n’était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même.

Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillottes croulantes pour les Noirs, qu’n Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du blanc dans sa cabine de luxe.

Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation ?

Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréé pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. La République du Congo a té proclamée et notre pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entière. Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles.

Nous allons mettre fin à l’oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens jouissent pleinement des libertés fondamentales prévues dans la Déclaration des droits de l’Homme.

Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu’elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudront sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays. Nous allons faire régner nos pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des cœurs et des bonnes volontés.

Et pour cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses, mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu’elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu’elle soit. Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l’histoire, n’a pas essayé de s’opposer à notre indépendance, est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d’être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette coopération, j’en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis .

Ainsi, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, le Congo nouveau, notre chère République, que mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous demande de m’aider de toutes vos forces. Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger.

Je demande à la minorité parlementaire d’aider mo n gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques. Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise. Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République ; si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays. L’indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain.

Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de race, mes frères de lutte, ce que j’ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre indépendance complète et souveraine. Notre gouvernement fort, national, populaire, sera le salut de ce pays.

J’invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants, à se mettre résolument au travail en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique.

Hommage aux combattants de la liberté nationale !

Vive l’indépendance et l’Unité africaine !

Vive le Congo indépendant et souverain ! "

P.-S.

* L’appel de Mémoire coloniale

http://www.cadtm.org/A-Bruxelles-un-monument-Patrice

* Le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde (à l’initiative du collectif Mémoire colonial)

http://www.cadtm.org/Francais .
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24 au 29 janvier 2010 à Toulouse: Festival International du Film des droits de l’Homme

25 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

 24 au 29 janvier 2010 à Toulouse

Festival International du Film des droits de l’Homme


4 documentaires,7 projections-débat pour
découvrir et comprendre :

· le rôle de la Cour Pénale Internationale, 

· la République Démocratique du Congo et le viol utilisé comme tactique de guerre, 

· la lutte anti-terroriste au Pérou, 

· la vie quotidienne des migrants à Calais

Tout le programme sur : www.friture.net

Quatre organisations de solidarité internationale (Amnesty International, CCFD-Terre solidaire, le Secours Catholique et Survie), organisent pour la troisième année consécutive un Festival International du Film des Droits de l’Homme à Toulouse et sa région avec le soutien de nombreux partenaire.

Créé en 2003, le Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH), se déroule chaque année, au cinéma Action Christine à Paris. Produit et organisé par l’association « Alliance », il encourage la réflexion citoyenne. Avec une vingtaine de films sélectionnés, il est la plus importante manifestation culturelle sur le thème des droits humains en France.

A Toulouse et sa périphérie, du 24 au 29 janvier 2010, le public pourra visionner une partie de la sélection 2009 (quatre documentaires projetés sur 7 séances) et participer aux débats à l’issue des projections. A cette occasion, des spécialistes des questions ou pays présentés dans les documentaires (avocats, responsables de projets, experts thématiques…) ont été invités pour commenter les films et répondre aux questions du public. Une séance supplémentaire animée par Avocats sans frontières est proposée aux lycéens.

Associée à la projection du film sur la République démocratique du Congo, une exposition sur la situation du pays et les actions menées par les partenaires du Secours Catholique sur place sera mise en place au cinéma ABC et au ciné 113 de Castanet.

Pour les organisations participantes, qui effectuent un travail complémentaire sur le terrain, il s’agit d’aborder la question des droits de l’homme dans son sens large et sous des angles très divers lors de ce festival. De montrer que les droits politiques, économiques, sociaux, culturels, d’accès à la santé, environnementaux, pour n’en citer que quelques uns font partie de ce grand ensemble que sont les droits humains. Il s’agit, aussi, de partager avec le public leur expérience de terrain ou le travail de fond effectué au quotidien à travers des exemples riches et concrets.

Programmation du 3ème Festival International

du Film des droits de l’Homme


Dimanche 24 janvier : 10h00 au Cinéma Utopia Tournefeuille
Projection : State of Fear de Pamela Yates
Thème : la lutte anti-terroriste au Pérou
Animé par Flor Tercero, avocate au barreau de Toulouse, ancienne chargée de mission d’Avocats Sans Frontières au Pérou
. Utopia TournefeuilleImpasse du Château 31170 Tournefeuille (Bus 65 arrêt Eglise) Tarif : 4 €


Lundi 25 janvier : 19h00 Inauguration du festival - Cinéma ABC
Projection : Le moment de vérité de Pamela Yates
Thème : le rôle de la Cour Pénale Internationale
Animé par Simon Foreman, Avocat, membre du groupe de travail du secrétariat international d’Amnesty sur la justice internationale. Il préside la Coalition française pour la Cour Pénale Internationale. Avec la participation de Hugo Jombwe, directeur d’Avocats sans Frontières

Cinéma ABC13 rue Saint Bernard 31000 Toulouse (Métro :°Jeanne d’Arc) Tarif : 5,5 € par séance - Pass ABC (4 séances) : 14 €

 

Mardi 26 janvier : 21h00 - Cinéma ABC
Projection : The greatest silence : Rape in Congo de Lisa F. Jackson
Thème : le viol utilisé comme tactique de guerre dans les conflits
Animé par Yves Lefort analyste zone des Grands Lacs au Secours Catholique et Vincent Munié, journaliste et réalisateur, membre de Survie, Cinéma ABC

 

Mercredi 27 janvier : 21h00 - Cinéma ABC
Projection : State of Fear de Pamela Yates
Thème : la lutte anti-terroriste au Pérou
Animé par Flor Tercero, avocate au barreau de Toulouse, ancienne chargée de mission d’Avocats Sans Frontières au Pérou et Fabrice Penasse, chargé de mission service Amérique Latine au CCFD.

 

Jeudi 28 janvier : 21h00 au cinéma ABC
Projection : No Comment de Nathalie Loubeyre
Thème : la vie des migrants dans la « jungle » de Calais et la situation depuis sa fermeture
Animé par Mariam Guerey, animatrice, responsable de l’accueil des migrants au Secours Catholique du Pas de Calais. Avec la participation de Sylvain Laspalles, Avocat au Barreau de Toulouse, membre de l’ADE (Association de Défense des Etrangers)

 

Vendredi 29 janvier : 20h00 à la maison de quartier de Bagatelle
Projection : No Comment de Nathalie Loubeyre Thème : la vie des migrants dans la « jungle » de Calais et la situation depuis sa fermeture
Animé par Mariam Guerey, animatrice, responsable de l’accueil des migrants au Secours Catholique du Pas de Calais. Maison de quartier de Bagatelle11 Impasse Bachaga Boualam, 31100 Toulouse (Métro : Bagatelle) - Participation libre

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Tchad : le silence de la France

25 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Communiqué: 25 janvier 2010 

Tchad : le silence de la France

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Le Sud du Tchad a été attaqué depuis la mi-décembre par l’armée tchadienne sans que notre pays n’en dise mot.


Le 8 janvier, le régime tchadien a annoncé l’arrestation de Djibrine Dassert, le dirigeant du mouvement rebelle sudiste, le MPRD (Mouvement pour la Paix, la Reconstruction et le Développement). La France, bien entendu au courant, n’en a pas parlé. L’arrestation de Dassert a été annoncée, par l’AFP notamment, sur des sites Internet, mais cette information n’a pas été relayée.

Peu après, le gouvernement tchadien a montré Dassert à la presse du pays, menottes aux mains. Depuis il est réputé avoir été envoyé dans le nord du pays sans que l’on sache ce qu’il en est de sa personne. La France reste toujours silencieuse sur la question, alors qu’on doit s’inquiéter du respect élémentaire des droits humains par le régime de Déby.

Djibrine Dassert, ancien compagnon d’Idriss Déby, a aidé ce dernier à renverser Hissène Habré. Par la suite Dassert est entré en rébellion contre le régime tchadien de Déby. Retranché dans le sud du pays, Dassert ne s’est pas lié aux autres forces rebelles.


Un autre silence français


Hassan Fadoul, Tchadien impliqué dans l’affaire des faux dinars de Barhein, n’a pu obtenir un visa pour venir en France au procès dans lequel il était accusé. Il a été arrêté au Togo, où il était réfugié. Dix jours auparavant le Président togolais, Faure Gnassingbé, a rencontré son homologue tchadien Idriss Déby. C’est à la suite de cette rencontre que Fadoul a été arrêté, fin décembre, à Lomé, ce que les autorités togolaises ont confirmé. Il a été envoyé à Kara dans le nord du pays. Un accord entre le Togo, le Tchad, et la France, pour protéger Déby ?

Hassan Fadoul a accusé Idriss Déby d’être le principal commanditaire de l’affaire des faux dinars de Barhein, affirmant avoir demandé en vain un visa pour se rendre à son procès en France, à l’issue duquel 5 ans de prison ont été requis contre lui.

Survie exige des autorités françaises qu’elles s’expliquent sur ces deux affaires dans les plus brefs délais.


Contact presse : Stéphanie Dubois de Prisque, Chargée de communication stéphanie.duboisdeprisque(a)survie.org Tél. : 01 44 61 03 25

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samedi 23 janvier 2010 Les frasques ordinaires d'un fils de dictateur

23 Janvier 2010 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

samedi 23 janvier 2010

Les frasques ordinaires d'un fils de dictateur


Teodoro alias Tedorín Obiang Nguema Obiang Mangue
est le fils de
Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, l'inamovible  narco-pétro-dictateur de la Guinée équatoriale et son successeur dynastique putatif.
Lisez le rapport de Global Witness
La vie cachée d’un accro du shopping, ou comment le play-boy de fils d’un dictateur africain est arrivé à dépenser des millions de dollars aux États-Unis
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