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Survie Midi Pyrénées

Articles récents

"Madagascar 1947" : censure d’Etat pour une pièce de théâtre

12 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

13 décembre 2008

Censure 47

47 de Raharimanana / mise en scène Thierry Bedard / notoire de l'étranger(s)

Lettre au Ministre des Affaires Étrangères


Objet :
spectacle 47 / Raharimanana / mise en scène Thierry Bedard
créé le 19 septembre 2008
au Centre Culturel Français Albert Camus / Antananarivo / Madagascar
présenté le 26 septembre 2008
au Festival des Francophonies en Limousin, puis en tournée en France.


Le 15 novembre 2008

à Monsieur Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères et Européennes,


En septembre dernier, une équipe française et malgache a créé un spectacle intitulé 47, qui traite de l’insurrection malgache contre la colonisation française. Un spectacle qui “nous interroge sur les rapports entre colonisés et colonisateur, entre pouvoir actuel et passé, sur le silence de part et d’autre, sur l’écriture de l’histoire par le Nord et la nécessité d’interroger cette histoire par le Sud”.

Un spectacle, comme l’ont souligné tous les critiques, qui ne présente aucun manichéisme, et traite avant tout du silence effroyable qui pèse sur cette tragédie oubliée. Que ce travail soit porté par des français et des malgaches, amène un "sensible" qui a bouleversé les spectateurs aussi bien à Antananarivo qu'en Métropole …

Le 5 novembre 2008, à Addis Abeba, a eu lieu une Réunion régionale annuelle de programmation culturelle et artistique pour la zone de "l’Afrique Australe Orientale et de Océan Indien", qui a succédé à une réunion présidée par la Directrice générale de la DgCID, Mme Anne Gazeau-Secret, réunissant les conseillers de coopération et certains directeurs de CCF et Alliances françaises, ainsi que des représentants de l'Etat (Ministère de la Culture) à Mayotte et à La Réunion. 

A la demande de la “direction politique” (?) de la DgCID, le spectacle 47, soutenu dès l’origine par Culturesfrance, et ayant reçu un avis favorable pour une tournée dans l’Océan Indien, a été retiré des propositions de programmation.

Nous souhaiterions donc urgemment connaître les raisons qui ont justifié ce retrait inacceptable.

A Madagascar, une grande partie de la "société civile", nous a rendu hommage, et l'ensemble des historiens (en particulier des jeunes historiens) proches de Lucile Rabearimanana, cette grande historienne spécialiste de l'histoire contemporaine, était en accord avec notre démarche. Cette personne était présente aux deux représentations et a organisé une rencontre à l'Université. Elle a dit publiquement l'importance de l'accord entre des artistes et des scientifiques - c'est rare -, car notre travail traitait avec justesse de ce rapport complexe entre la mémoire et l'Histoire. Et en particulier, de l’Histoire de France. Il nous semble que le texte travaillé, d’après Madagascar 1947 publié en 2007, est "en ordre" sur cette question. Une question de plus en plus “lourde” en France ...

Un sujet qui a immédiatement rencontré un public important en Métropole, un sujet qu’il nous semble absolument nécessaire de “porter”, dans les Centres Culturels Français.

Nous aimerions donc connaître votre sentiment – c’est certainement le bon terme -, et votre position sur ce sujet.

Est-il impossible de revenir sur l’histoire commune, en ce cas, de nos deux pays ? Tel que l’avait en particulier proposé le Président de la République Jacques Chirac, en 2005. Soixante ans après un drame qui a fait des dizaines de milliers de victimes, pour la plupart civiles. Drame qui a une portée en Afrique, comme vous le savez, très importante.

Est-il impossible de présenter notre travail, exemplaire, sous la responsabilité “morale” du Ministère des Affaires Etrangères ?

Ou, plus benoîtement, est-ce que la “question culturelle” est encore une question importante au sein de votre Ministère ?

Dans le cas de notre démarche, nous souhaitons insister encore une fois sur le caractère de cette rencontre entre des artistes malgaches et français, qui n’hésitent pas à se confronter à leur histoire commune aussi violente soit elle. Ce que de nombreux artistes et intellectuels des deux continents énoncent actuellement comme nécessaire, sans parler de l’urgence de telles rencontres …

Nous ressentons donc évidemment l’interdit de présenter notre travail comme une “Censure d’Etat”. Rare et incompréhensible. Censure contre laquelle nous sommes près à nous opposer.

En attente de votre réponse, Monsieur le Ministre, veuillez agréer l’expression de nos salutations distinguées.


Jean Luc Raharimanana, écrivain,
Thierry Bedard, metteur en scène, et toute l’équipe du spectacle 47,
Jutta Hepke, Éditions Vents d’ailleurs.

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L’UNICEF ne doit pas cautionner le pillage de l’Afrique !

10 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

mardi, 9 décembre 2008

L’UNICEF ne doit pas cautionner le pillage de l’Afrique !



Le 24 octobre dernier, l’UNICEF-France a signé un partenariat avec la Compagnie Fruitière, autour du slogan « 1 kilo de fruits acheté = 1 sourire pour un enfant en Afrique ». Il s’agit en effet pour cette grande entreprise de reverser, pour chaque kilogramme de fruits vendu en France, 2 centimes d’euros à l’UNICEF pour financer des actions, notamment en faveur de la scolarisation des filles au Sénégal. En échange l’UNICEF autorise la Compagnie Fruitière, grande entreprise d’importation de fruits tropicaux (bananes, mangues, ananas, etc…), à communiquer largement sur ce partenariat, en utilisant notamment le logo du Fonds des nations unies pour l’enfance.


Nous pourrions nous réjouir de ces fonds supplémentaires pour financer l’action de l’UNICEF en faveur des enfants africains. Mais le poids politique de ce partenariat doit se mesurer à la lueur des conditions sociales et environnementales de production dans les plantations de la Compagnie Fruitière ou de ses filiales comme la PHP :


• ouvriers agricoles sous-payés (exemple : 25 000 F CFA au Cameroun, soit moins de 38€/mois, jusqu’aux émeutes de février dernier)


• conditions de travail inacceptables et discipline de fer (Mgr Christian Tumi, archevêque de Douala, témoigne : « les droits fondamentaux des gens ne sont pas respectés » )


• recours à l’appareil répressif local pour étouffer les revendications de la société civile (exemple : emprisonnement du maire de Njombe Penja, au Cameroun, qui avait averti les autorités que « les sociétés [dont PHP] ne payaient pas d’impôts ni de taxes depuis trente ans » , n’acceptant pas que sa commune continue à être « une zone très riche avec des populations très pauvres » )


• pratiques agricoles au mépris de l’environnement local et de la santé des travailleurs (exemple : dans les plantations de Côte d’Ivoire, emploi d’un pesticide hautement toxique, le DBCP, interdit aux USA)


« nous ne sommes pas des esclaves ! »

Hélas les exemples ne manquent pas et il nous serait impossible de les énumérer tous ici.


Pour ces différentes raisons nous pensons que la Compagnie Fruitière porte le plus souvent une lourde responsabilité dans le fait que des enfants africains aient « perdu le sourire » . Pour mémoire, rappelons que la jeunesse camerounaise s’en est prise, lors des « émeutes de la misère » de février dernier, aux sociétés françaises dont la PHP, au cri de « nous ne sommes pas des esclaves ! » .


Le partenariat signé avec cette institution permet donc à la Compagnie Fruitière non seulement de dissimuler cette terrible réalité, mais également de délivrer une publicité quasi-mensongère à faible coût. En effet, les dons qu’elle effectue pour cette action, contrepartie à l’utilisation de la notoriété et du logo de l’UNICEF, sont fiscalement déductibles pour l’entreprise.


Nous demandons donc à l’UNICEF de renoncer urgemment à ce partenariat et de le dénoncer par voie de presse, afin de ne pas cautionner davantage ce scandale. La direction pouvait ne pas en avoir conscience lors de sa signature, mais aujourd’hui elle sait ; nous demandons donc qu’elle agisse.


Note : Pour soutenir cette action, rendez-vous sur le site Internet cyber@cteurs, pour envoyer un courrier type à l’UNICEF.
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Ingénieurs Sans Frontières - Journées Nationales à Toulouse

7 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

13 et 14 décembre 2008

Ingénieurs Sans Frontières -

Journées Nationales à Toulouse



L'association Ingénieurs Sans Frontières vous invite à ses Journées Nationales, qui auront lieu à Toulouse dans les locaux de l'ENAC les 13 et 14 décembre 2008. Il s'agit du séminaire annuel de la fédération, réunissant 300 personnes, étudiants et professionnels aussi bien membres d'ISF que de l'extérieur, et qui sera intitulé cette année : « L'argent de la Solidarité Internationale : les dessous du développement ».


Deux conférences et de nombreux ateliers interactifs aborderont donc les modèles de développement induits par les différents types de financement de la solidarité internationale, et les autres thèmes chers à la fédération (accès à l'eau, sobriété énergétique, développement agricole) seront également approfondis au cours de ce week-end.


Il y aura notamment un atelier sur le thème "Diplomatie, Business et Dictature" animé par un administrateur de Survie, Fausto Giudice, le samedi de 16h à 17h30.


Pour plus d'information, le programme, et les inscriptions : rendez-vous sur notre site internet !

http://www.bde.inp-toulouse.fr/clubs/isf/


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Madagascar, Daewoo et le néocolonialisme

4 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Mercredi 3 décembre 2008


Dénonçons la course aux terres agricoles, nouvelle pratique de « néocolonialisme » : le cas de Madagascar


Depuis le 19 novembre dernier, l’attention de la presse et de l’opinion publique internationales se focalise sur Madagascar à la suite de l’annonce par un ministre sud-coréen de la signature d’un contrat de ‘location’ de 1,300 millions d’hectares de terrains arables pour 99 ans par une société sud-coréenne Daewoo Logistics en vue de la culture de maïs et de palmiers. Les détails du contrat révélé par la presse internationale, suite aux déclarations faites par le directeur financier de Daewoo Logistics, Shin Dong-hyun, lundi 17 novembre à la presse sud-coréenne sont préoccupants et sans précédent :


- La surface louée représente l’équivalent de la moitié de la Belgique. Ou encore de la moitié des surfaces cultivables à Madagascar.


- Daewoo plantera du maïs sur 1 million d’hectares dans la zone Ouest et du palmier à huile à l’Est sur 300 000 hectares. Les semences de palmiers seront importées d'Indonésie et du Costa Rica, celle de maïs des Etats-Unis (Le Monde du 20 novembre 2008). La récolte brute sera envoyée en Corée du Sud.


- Les termes du contrat ressembleraient seraient plutôt à ceux d’un projet d’extraction puisque l’accord ne prévoit pas de versement d’argent à l’Etat malgache, les investissements dans les infrastructures nécessaires à la mise en place du projet tiendraient lieu de ‘prix de location’.


- Daewoo Logistics utiliserait essentiellement de la main d’oeuvre sud-africaine selon le Financial Times cité par l’AFP.


Les principaux ministres malgaches concernés ainsi que les représentants de Daewoo à Madagascar « démentent » en insistant sur le fait que le projet en est seulement au stade de prospection de terrains et de négociations. La presse maintient l’existence du projet car la société sud-coréenne aurait effectivement effectué plusieurs missions à Madagascar au cours de l’année 2008.


L’opinion publique malgache, informée par la presse internationale, est particulièrement en alerte car plusieurs grands projets déjà en cours à Madagascar démontrent la réalité de contrats dont les termes conjuguent une exploitation drastique des richesses du pays par les investisseurs étrangers avec des bénéfices insignifiants pour la nation et les populations malgaches. En effet, l’une des particularités des nouveaux contrats établis par rapport aux échanges inégaux qui ont toujours existé entre les investisseurs étrangers et les autorités malgaches successives réside dans la venue et l’utilisation de travailleurs et ouvriers d’origine étrangère en quantité plus que conséquente. Le bénéfice potentiel en termes de créations d’emplois locaux, n’est donc plus avéré. L’autre problème crucial dans la lutte pour la survie des paysans pauvres et des familles malgaches démunies réside actuellement dans le changement du système de propriété foncière, dont nous pourrons parler dans un prochain article.


La recherche de terres cultivables par les grands groupes internationaux dans les pays pauvres du Sud est une tendance rencontrée dans le monde actuellement. Les articles relatifs au projet Daewoo à Madagascar ont souvent cité le cas similaire de l’Angola et rappelé l’alerte déclenchée par le système des nations unies publié dans un rapport du FAO qui avait mis en garde les pays en quête de terres à cultiver à l'étranger contre un système assimilé à du " néocolonialisme ".

Mais le cas malgache serait « le contrat, le plus important de ce type jamais conclu » (Financial Times du 19 novembre) et les conséquences négatives sur les paysans et sur la nation entière d’un tel projet sont inestimables. Comme l’ont noté justement certains observateurs, « même si ce contrat n’a pas été encore signé, en tout cas il est en marche, et ni la surface de 1,3 millions d’hectares, ni la durée de 99 ans et ni la gratuité n’ont été contesté par les autorités malgaches ».


Aussi, le soutien international spontanément provoqué par la divulgation de ce contrat devrait se poursuivre par une mobilisation internationale pour soutenir les paysans malgaches et les organisations locales qui luttent pour la défense de leur patrimoine, en coordination avec les dénonciations de cette tendance mondiale de nouvelle colonisation des terres évoquée par les Nations Unies. Seule cette action pourra empêcher la signature du contrat, si elle n’a pas encore eu lieu, ou fera reculer ceux qui ont osé le signer derrière le dos des citoyens malgaches et au détriment des générations futures.


Vololona. R.


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Rencontre avec Vincent Ouattara et diffusion du film "sankara, l'homme intègre" à la salle du Sénéchal

4 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Jeudi 4 décembre à 20H30, salle du sénéchal

L’association Survie vous invite à une

Soirée commémorative pour les
10 ans de l'assassinat de Norbert Zongo
au Burkina Faso :

Crimes politiques et résistances au Burkina Faso
-
Projection de
« Thomas Sankara, l'homme intègre »
de Robin Shuffield


Sankara.jpeg
Suivi d'une rencontre
avec Vincent Ouattara auteur de
"L’Ere Compaoré, crimes, politique et gestion du pouvoir"


A l’heure où pléthore de lobbyistes ou politiciens au service de la « Françafrique » tentent de réhabiliter M. Blaise Compaoré, c’est de l’intérieur du Burkina Faso, où la justice locale n’a toujours pas condamné les assassins du journaliste Norbert Zongo, que nous arrive cet ouvrage courageux. Précis, froid, parfois acerbe – mais non sans pointes d’humour –, l’auteur raconte comment le président du pays et les anciens gauchistes qui l’entourent, convertis au libéralisme, ont assis leur pouvoir à force d’assassinats, de compromissions, d’achat de conscience, de complicité avec la chefferie, de chantage, de corruption, de manœuvres politiciennes.


Universitaire confirmé, Vincent Ouattara analyse en profondeur ce qu’il appelle les « fondements socio-anthropologiques du pouvoir ». Ce travail nous éclaire sur les ressorts de la construction hégémonique actuelle rendant l’« alternance impossible ». Il se termine par la description, exemples à l’appui, de la « faillite d’un système de gestion » quand d’autres présentent le Burkina comme un modèle de réussite économique. Le résultat en est un livre rigoureux et intelligent, mais aussi un appel aux consciences.

Bruno Jaffré

En attendant, visitez le site internet dédié, et signer la pétition :

http://norbertzongo10ans.net/

http://www.lapetition.be/en-ligne/j&hellip ;

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Concert Tiken Jah Fakoly

4 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Festivals, concerts, théâtre,...

Jeudi 4 décembre 2008:

Concert de

 

TIKEN JAH FAKOLY à Tournefeuille (Le Phare)
 

Tiken Jah Fakoly a rejoint l'association Survie il y a quelques années, et les paroles de ses chansons sont pour certaines directement tirées des thématiques de Survie...

Paroles de "L'Afrique doit du fric" tiré de l'album "coup de gueule"

Ainsi donc l'Afrique doit du fric !
Afrique esclavagisée, colonisée, martyrisée, dévaluée !
Ainsi donc l'Afrique doit du fric !
Les montagnes de fric volées par la Françafrique,
les tyrans complices
les gardent dans leurs comptes en Suisse,
les pots de vin de Sirven, les crédits de Déby
Ainsi donc l'Afrique doit du fric !
Afrique mal dirigée, tyrannisée, manipulée, dévaluée !
Ainsi donc l'Afrique doit du fric !
La solde des mercenaires et les armes des tortionnaires, des milliards de francs volés à des peuples souffrants, les coups de fouet d'Houphouêt, les sales sous de Sassou
Ainsi donc l'Afrique doit du fric !

Est-ce que l'Afrique doit encore ? Non !
Après 400 ans d'esclavage, plusieurs années de travaux forcés, des milliers, des milliers d'entreprises qui pillent !
Les complots du FMI et les blagues de la Banque Mondiale, des milliers d'euros volés par des bandes d'escrocs, les faux comptes de Conté, les sales sous de Sassou.
Ainsi donc l'Afrique doit du fric !

Les montagnes de fric volées par la Françafrique, les présidents africains sont complices de ces trafics, les coups de fouet d'Houphouêt, les gombos de Bongo.

Ainsi dont l'Afrique doit du fric !

Tiken Jah Fakoly
Site officiel
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"Du rôle de la société civile dans les conflits en Afrique"

3 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Mercredi 3 décembre 2008- 18h - Salle 46


Le GERCA, dans le cadre de son cycle de conférences, a le plaisir de recevoir :

Hugo Moudiki Jonbwe, Juriste-Directeur d'Avocats Sans Frontières France 

et

Moda Dieng, politologue, ATER à l'Université de Toulouse I 

sur le thème


"Du rôle de la société civile dans les conflits en Afrique

 
 

 La conférence sera suivie des questions ouvertes de la salle.

Institut d'Etudes politiques de Toulouse, 2 ter rue des Puits Creusés 31000 Toulouse

 

Le GERCA

www.gerca.eu

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"Comprendre la nouvelle immigration et les harragas"..... pour de nouveaux rapports Nord-Sud !

3 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

Dans le cadre de l'anniversaire de la déclaration des droits de l'homme:

Conférence-débat le 3 déc au Sénéchal, r de rémusat à 20h30
"Comprendre la nouvelle immigration et les harragas"..... pour de nouveaux rapports Nord-Sud !
 
"Plutôt être mangés par les poissons que par les vers de terre"...disent-ils,et toute leur intelligence,tout leur énergie à vivre, leurs espoirs,les portent de l'autre côté de la méditerranée.
"Ils", ce sont les harragas, ceux et celles- de tout âge- qui "brûlent" les frontières.Cent mille chaque année.Les disparitions sont nombreuses, les corps ne sont pas tous rendus par la mer, et le calvaire des familles sans limites car sans recours; des deux côtés, au Nord comme au Sud, ces nouveaux migrants dérangent à l'heure où l'europe "forteresse" se construit face au Sud.
Comment alors interpeler élus et communauté européenne, refuser la criminalisation des migrants, vouloir "des ponts, pas des murs" et la démocratie ici... et là-bas?
 
Pour en parler, deux invités:
 
 Kamel Daoud, membre du comité directeur de la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l'Homme et
              Patrice Cuperty, membre du conseil scientifique d'Attac.
Le documentaire "l'écho des stades" (32 mn) ,tourné récemment à Alger, sera projeté en première partie.
 
Proposé par Egalité Toulouse mirail et Comité Paix Civile et Démocratie en Algérie/ tél:06 20 38 24 79.
Soutien de la LDH.
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Pour la restitution des avoirs illicites de Mobutu en Suisse à la population congolaise

2 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.


2 décembre 2008.


Des ONG congolaises et internationales réclament la restitution des avoirs illicites de Mobutu en Suisse. Communiqué de presse

Onze ans après la chute du dictateur congolais Mobutu, sa famille est sur le point de se voir restituer, le 15 décembre prochain, 8,3 millions de francs suisses, soit environ 5,5 millions d’euros d’avoirs saisis en Suisse depuis avril 1997. Le motif invoqué par les autorités suisses est que le gouvernement congolais (RDC) n’a pas soutenu la procédure d’entraide judiciaire qui aurait permis la restitution des fonds à l’Etat.


Nous, organisations de la société civile congolaise et internationale, exhortons la Suisse et la RDC à utiliser tous les moyens possibles pour restituer les avoirs de Mobutu à la population congolaise. Reverser cet argent illicite à ses héritiers serait vécue comme une nouvelle injustice infligée au peuple congolais, victime de trente-deux années de dictature soutenue par les puissances occidentales.


Malgré une mobilisation sans précédent de la société civile congolaise [1] pour réclamer la restitution des fonds Mobutu et des demandes plusieurs fois réitérées de la société civile internationale auprès du gouvernement congolais, l’argent devrait retourner à la famille de l’ex-dictateur, qui a déjà pu profiter en toute impunité de la fortune de ce dernier. La Banque Mondiale, qui a financé le régime de Mobutu pendant toute la guerre froide, estime sa fortune à plus de 6 milliards de dollars.

Alors que la Suisse avait été un des rares pays à geler les fonds de l’ex-dictateur [2], elle remet ainsi en cause sa volonté, ainsi que celle de la communauté internationale, de lutter contre la corruption, consacrant l’impunité pour les crimes économiques et financiers (commis par les chefs d’Etats et de gouvernements). C’est en effet, plus de 20 à 40 milliards de dollars qui fuient chaque année des pays du Sud à cause de la corruption ; ce qui représente 20 à 40% des chiffres affichés d’aide publique au développement. Alors que la Convention des Nations unies contre la corruption de 2003 fait de la restitution des avoirs détournés un principe du droit international, ces avoirs restitués ne représentent qu’encore 3% des montants détournés au niveau mondial… [3]


La Suisse et la République démocratique du Congo pourraient, en utilisant tous les instruments légaux et politiques pour restituer les avoirs de Mobutu au peuple congolais spolié, montrer qu’elles font de la lutte contre l’impunité une priorité.


C’est pourquoi nous exhortons :


- les autorités congolaises à désigner immédiatement un plénipotentiaire pour mener à bien la restitution au profit de la population de RDC.


- les autorités suisses à maintenir le blocage de ces avoirs car une restitution au profit du clan Mobutu le 15 décembre prochain serait en contradiction avec son intention de réviser la loi suisse d’entraide judiciaire pour faciliter les restitutions aux Etats spoliés.


- tous les Etats à ratifier la Convention des Nations unies contre la corruption, que la Suisse et bon nombre des pays du Nord n’ont d’ailleurs pas ratifiée [4]. En se dotant de cet instrument juridique, la Suisse et les autres pays comme la France et la Belgique auraient ainsi l’obligation de restituer la totalité des avoirs détournés par Mobutu (art 51) après avoir levé le secret bancaire (article 40).


- enfin, à l’ensemble de la communauté internationale d’annuler totalement et sans condition la dette odieuse des dictatures comme celle de Mobutu et de lutter contre les paradis fiscaux et judiciaires qui permettent en toute opacité la fuite illicite de capitaux, près de 1 000 milliards de dollars selon la Banque mondiale, dont la moitié vient des pays du Sud.


Dépêche AFP

Suisse : les fonds gelés de Mobutu doivent revenir au peuple congolais (ONG)

02 déc. 08 - 18h15


PARIS, 2 déc 2008 - Une dizaine d’ONG, notamment de République démocratique du Congo, "exhorte" Berne et Kinshasa à utiliser "tous les moyens possibles" pour verser les avoirs de l’ex-dictateur Mobutu à la population congolaise, dans un communiqué diffusé mardi.


Les fonds gelés en Suisse de l’ex-président du Zaïre (ancien nom de la République démocratique du Congo, RDC) pourraient être débloqués d’ici le 15 décembre et les héritiers de Mobutu pourront faire valoir leurs droits.

"Nous, organisations de la société civile congolaise et internationale, exhortons la Suisse et la RDC à utiliser tous les moyens possibles pour restituer les avoirs de Mobutu à la population congolaise", écrivent ces ONG.

Parmi ces organisations figurent Plateforme Dette et développement de RDC (composé de 53 organisations de la société civile), ou encore le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM).


"Reverser cet argent illicite à ses héritiers serait vécue comme une nouvelle injustice infligée au peuple congolais, victime de 32 années de dictature soutenue par les puissances occidentales", poursuit le texte. Depuis la chute de Mobutu en 1997, quelque 8 millions de francs suisses (5,2 millions d’euros) sont bloqués dans la Confédération mais le gel des avoirs de l’ancien président pourrait prendre fin d’ici le 15 décembre, faute d’un prolongement de la procédure.


Avec l’expiration de la procédure, les héritiers de Mobutu pourront automatiquement accéder à ces fonds.

Les ONG appellent Kinshasa à "désigner immédiatement un plénipotentiaire pour mener à bien la restitution au profit de la population de RDC", et Berne à maintenir, pour l’heure, le blocage des avoirs.


La Suisse, selon les ONG, doit ensuite ratifier la Convention des Nations unies contre la corruption, ce qui l’obligera à "restituer la totalité des avoirs détournés par Mobutu".


Joseph-Désiré Mobutu s’était emparé du pouvoir par un coup d’Etat en 1965.


Il a plongé son pays dans une longue crise économique marquée par la corruption de l’Etat, les détournements de fonds et le lancement de travaux pharaoniques ruineux (course spatiale, palais de marbre en pleine forêt tropicale…)


Son fils Nzanga Mobutu est ministre dans le gouvernement de Joseph Kabila.


Voir la liste des États parties à la Convention des Nations unies sur la corruption

infos article URL : http://www.cadtm.org


Signataires : - Plateforme Dette et Développement de RDC (composé de 53 organisations de la société civile congolaise) - DEDQ (Détectives Experts pour les Droits au Quotidien – RDC) - CADTM Lubumbashi (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde) - Action Place financière - CCFD-Terre Solidaire (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) - Déclaration de Berne - CADTM Belgique - Survie France - CADTM France - CADTM Suisse - CNCD Belgique (Centre National de Coopération au développement) - le FNDP Côte d’Ivoire (Forum National Dette et Pauvreté - membre du CADTM International) - RPC Mauritanie (Réseau pour la Promotion de la Citoyenneté – membre du CADTM International) - PAPDA Haïti (Plate-forme haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif – membre du CADTM International)


Document PDF - 22 ko


[1] En 2007 et 2008, la société civile congolaise a fait des déclarations par voie de presse, des pétitions, des séminaires sur les biens mal acquis, deux requêtes au Procureur général de la RDC ; deux lettre ouvertes envoyées à Gizenga et à Kabila , un sit-in devant la primature de la magistrature le 14 novembre dernier…

[2] Rapport de la Banque Mondiale, Stolen Asset Recovery (StAR) Initiative : Challenges, Opportunities, and Action Plan, septembre 2007.

[3] CCFD-Terre Solidaire, Biens mal acquis… profitent trop souvent. La Fortune des dictateurs et les complaisances occidentales, Document de travail, avril 2007

[4] Parmi les membres du G8, l’Allemagne, l’Italie, le Japon n’ont pas ratifié cette convention Voir la liste des Etats parties à la Convention des Nations unies sur la corruption


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Grands lacs: La french connexion ou la double inconstance

2 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Billets d'Afrique et d'ailleurs

Billet d'Afrique et d'ailleurs n°17, décembre 2008 



Région des Grands Lacs
La French connexion ou la double inconstance

 

 


Alors que son influence est diminuée au Kivu, la France est prête à tout pour y reprendre pied. Quitte à se rapprocher d’un de ses ennemis jurés, le président rwandais, Paul Kagamé. Avec en arrière-plan, toujours le même objectif : le pillage des richesses de l’Afrique.

Ah Non ! Ah ça, Non ! Depuis 15 ans, le président rwandais, Paul Kagamé nous est présenté par les colporteurs du discours Elyséen comme le « pire criminel en exercice en Afrique », le dictateur omnipotent de des Grands Lacs, le deus ex machina du génocide, le « khmer Noir » et voici que l’on découvre que notre diplomatie est prête à tout pour se rapprocher de lui. 


Si l’on suit pas à pas cette logique, la France, une fois de plus, s’apprête à soutenir un tyran. Et c’est bien tout le problème que doivent affronter Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner : se défaire de ce discours, renier la doctrine passée, et d’abord mettre à bas ces maudits « mandats Bruguière », dont Paul Kagamé a fait un préalable rédhibitoire. Il faut dire que la France est en demande. Car en 2008, son influence et les dividendes afférents se trouvrent en grande perdition dans la région des Grands Lacs. De fait, Joseph Kabila semble prendre quelques libertés et l’annonce de la signature d’un contrat minier de 10 milliards de dollars avec la Chine a eu l’effet d’un tremblement de terre dans la vieille mécanique occidentale du pillage du Congo. 


Voici que les dogmes tombent et des alliances impensables se forment pour faire front.
La France au côté des Anglais ! En effet, la présence de David Miliband, ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, aux côtés de Bernard Kouchner lors de sa tournée d’urgence dans la région, n’avait rien à voir avec un quelconque covoiturage. Il va falloir repenser l’avenir. Quoi qu’il en soit, pour se rapprocher, il faut au moins que l’autre ne s’éloigne pas. 


En l’occurrence Paul Kagamé sait parfaitement qu’il n’a rien à gagner à pérenniser la rupture. Au contraire, il a beaucoup à tirer d’un rapport de force qui lui est somme toute très favorable en ce moment. Il apparaît donc en ce mois de novembre que le ping-pong « mandat Bruguière/commission Mucyo » pourrait bien n’avoir été qu’une totale instrumentalisation de l’accusation de complicité de génocide. Du reste de nombreux éléments incitent à douter de la réelle volonté de Kigali de traîner en justice les responsables français largement impliqués dans la collaboration franco-rwandaise de 1990 à 1994. 


En réalité, Paul Kagamé connaît parfaitement les limites du jeu qu’il pratique. En ce sens, pour lui aussi la complicité française n’est qu’un levier de négociation, en plus d’une posture destinée à alimenter aux yeux de son peuple une image d’indépendance et d’intransigeance face à l’Occident. Mais en 2008, pour Paris et Kigali, « l’important » est ailleurs : au Kivu.

 


Coltan City

Très peu de zones du globe peuvent rivaliser avec ce qu’est devenu le Kivu. Une terre de non-droit, où, dés que l’on s’éloigne des quelques grandes villes (Kalémie, Uvira, Bukavu, Goma, Rutshuru…) l’état est en faillite totale et l’insécurité permanente. Si les populations en souffrent à un degré inimaginable, (l’Indice de développement humain officieux de la région Kivu est considéré comme le plus faible du monde), les affairistes de toutes sortes s’en réjouissent. Ici, on creuse dans de petites exploitations très artisanales, pour des minerais à très forte valeur ajoutée comme le coltan, l’or ou la cassitérite. Dans la jungle équatoriale, nul besoin des grosses infrastructures du Katanga pour exfiltrer vers les pays voisins de grandes quantités de ces minerais. Le Rwanda de Paul Kagamé l’a parfaitement compris, qui exporte chaque année plus de cinq fois sa production nationale de Coltan (à Kigali, le quartier de Nyarutarama est même surnommé « Coltan City »).


Certaines fortunes rwandaises se sont bâties sur ce commerce, tel Alexis Makabuza, un des principaux contributeurs financier du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda. En effet, pour ce petit commerce, il est indispensable d’annexer des zones minières. C’est ce qui se passe au Kivu. C’est donc une autre grille de lecture du conflit que le sempiternel raccourci occidental de l’opposition Hutu/Tutsi. La prédation du sous-sol kivutien se fait sous la tutelle des deux « parrains », Jospeh Kabila et Paul Kagamé. Dans ce schéma, eux-mêmes traitent par rebellions interposées - CNDP, FDLR, Mai Mai, etc…- laissant des seigneurs de guerre administrer en toute impunité des zones entières du territoire. Un regard distancé oblige à dire que depuis la fin de la seconde guerre du Congo en 2003 et les élections de 2006, et malgré les accords de Nairobi (novembre 2007) et de Goma (janvier 2008), rien n’a vraiment changé au Kivu. Pourtant sur un plan militaire, les forces en présence sont dérisoires. Mais de tout côté, il semble qu’un arrangement tacite ait été trouvé. Les bases des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et leur région d’implantation sont connues. De même, leur nombre et leur valeur combattante ne peuvent être un obstacle à leur désarmement par la force. Les 5000 hommes de Laurent Nkunda, avec parmi eux beaucoup de Rwandais, ne sont pas non plus une « menace militaire », au sens des capacités combattantes occidentales. En revanche, le pouvoir de nuisance sur les civils de ces groupes est considérable et leurs exactions restent systématiquement impunies. Dans ce paysage, l’armée nationale congolaise (FARDC) ne jouent pas un rôle moins politique, consacrant l’échec du processus d’intégration des diverses rebellions dans l’armée promu par l’accord de Sun City en 2003. Sur le terrain la population sait bien qu’il y a autant à redouter des soldats de l’armée nationale que des rebelles, comme en témoignent encore les massacres de Kiwanja, début novembre.


Kagamé, futur membre de la Françafrique ?

Il est certain que depuis cinq ans, jamais la communauté internationale ne s’est vraiment préoccupée de suivre et de soutenir le processus de paix dans la région. Ainsi, la MONUC, objet de toutes les critiques du moment, n’alignait dans le Nord Kivu, jusqu’à cet été, que 3900 hommes, dont 2400 combattants équipés, sur un territoire impénétrable de 60 000 km2 ! Loin des 17000 hommes, en fait ventilés sur les 2 500 000 km2 de la RDC.


Comme toujours l’hypocrisie internationale est immense. La reprise des combats de Laurent Nkunda, l’accélération du rapprochement de la France avec le Rwanda, l’absence de volonté de rétablir l’ordre au Kivu - une litote -, les touches maladroites de Bernard Kouchner envisageant d’envoyer des troupes tricolores à Goma, la présence ou l’absence de soldats angolais pour venir en aide à un Joseph Kabila de plus en plus distant alors même que Nicolas Sarkozy s’est entretenu à plusieurs reprises avec le président Eduardo Dos Santos, il se tisse, dans la région des Grands lacs, une toile d’araignée de plus en plus en plus complexe, autour d’un objectif éternel, le pillage des richesses de l’Afrique. Le cynisme des dirigeants occidentaux est tel que la contradiction ne leur fait pas peur. Il est vrai que les médias sont rares à relever l’inconstance du discours. Paul Kagamé est certainement un criminel de guerre et son usage de la menace FDLR, son soutien du RCD Goma lui octroient indiscutablement une place dans la famille des mauvais génies d’Afrique, au côté des Sassou, Biya, Eyadema, Déby, Compaoré, Bozizé et consorts. Il lui restait à rentrer dans le cercle Françafricain. Avec l’assistance de Bernard Kouchner cela va être fait, et l’on peut compter sur le French doctor pour l’emballage émotionnel de l’opération.


Mais ce contre-pied évident ne signifie aucunement la plus petite remise en question de la Françafrique, tout juste une nouvelle alliance au mépris des peuples. Très bientôt, peut être, verrons-nous Paul Kagamé appeler de ses vœux une intervention militaire européenne, fusse-t-elle française, sous un mandat quelconque, au Kivu. Pour contrer Kabila, il faudra bien ça.


Dans ce contexte nouveau, on se doute bien que les grands commis de l’état, impliqués dans le génocide de 1994 se frottent les mains : si Kagamé devient un ami, ceux qui continueraient à insister sur la complicité ne pourraient être que de mauvais esprits…


Vincent Munié

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