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Survie Midi Pyrénées

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Emeutes à Kédougou (Sénégal), tribune à l'association Coeur métis

22 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

Mardi 20 Janvier 2009


Tribune à Muriel Biton,

Vice-présidente de l'association Cœurs Métis en France et fondatrice du GIE KEUR METIS à Kédougou.

Les émeutes de Kédougou (sénégal)


Kédougou, petite ville du bout du goudron dans le Sénégal Oriental, à 750 km de Dakar, 30 km de la Guinée et 80 km du Mali. Ville carrefour et cosmopolite (Peuls, Malinkés, Dialonkés, Bassaris, Bedicks... nouvellement Wolofs, Sérères, Diolas, Maures...), zone riche en minerais (or, marbre, fer...) Érigée en Région depuis 2008 alors que jusque-là, elle n'était qu'un département de la région de Tambacounda où il y avait le bagne !



L'arrivée depuis quelques années des sociétés minières, donne beaucoup d'espoir aux habitants de la zone, mais les retombées sociales sont ridicules: énormes problèmes d'eau en saison sèche (50° pendant 4 mois), et peu d'évolution dans les domaines de la santé, l'éducation et l'emploi. Les tensions montent, les étudiants demandent à organiser une manifestation pacifique pour exprimer leur mécontentement, elle leur est refusée trois fois. C'est donc sans encadrement qu'ils manifestent le 23 décembre dernier et que suite à la mort du jeune Sina Sidibé (tué d'une balle dans la tête par les militaires), le drame se produit : trois morts, de nombreux blessés, la disparition d'armes et des dégradations matérielles considérables. S'en suit une chasse aux sorcières, 44 personnes arrêtées, 21 personnes jugées le 9 janvier 09, condamnées à des peines allant de 5, 7 à 10 ans de prison ferme.


Voilà le contexte, ce qu'a été l'évènement du 23 décembre et les conséquences dramatiques, dans une région où les problèmes ne font que commencer, puisque les tensions ne sont justement pas retombées suite à ce procès injuste et arbitraire.


Les étudiants de Kédougou expriment très bien leurs revendications dans la lettre adressée au président Mr Wade. Après avoir essuyé trois refus des autorités pour organiser cette manifestation, ils l'ont quand même faite.

La lettre des étudiants écrite au président de la république : http://www.kedougounews.com/voir_news.php?id_news=105

 



Condamné à 10 ans de prison ferme suite aux événements de Kédougou !

Mais qui a peur d'Ithiar Paulin Boubane ?



Comment un étudiant sénégalais, pacifiste, visionnaire, acteur bénévole du développement pour le Sénégal Oriental a-t-il pu être condamné à 10 ans de prison ferme ?


L'histoire d'un étudiant généreux et ambitieux :

Ithiar Paulin Boubane (23 ans) est originaire de Egatch, dans la région de Kédougou. C'est un jeune de la brousse, une des ces brousses si éloignées de la capitale. Après un véritable parcours du combattant, il réussit brillamment ses études, empoche le bac à 18 ans, dans la ville de Kédougou, puis avec le soutien financier de sa communauté, part étudier à Dakar. Nouvelles études brillantes qui lui permettent d'intégrer en 2008 le Master Tourisme à la prestigieuse école supérieure IAM de Dakar. Car depuis le départ, Ithiar sait ce qu'il veut, étudier et apprendre pour retourner dans sa région et la développer. Il croit à un tourisme solidaire et écologique, qui bénéficierait d'abord aux populations, tout en préservant l'une des plus belles régions du Sénégal.


Mais ce n'est pas tout, conscient des difficultés paysannes et de scolarisation dans sa région, Ithiar Paulin Boubane s'est très tôt engagé bénévolement pour le développement du Sénégal Oriental :

- Depuis 4 ans, il participe à des actions utiles et solidaires dans les domaines de l'agriculture, de la scolarisation et du tourisme solidaire avec le GIE KEUR METIS à Kédougou. En 2008, il devient secrétaire du GIE KEUR METIS, et principal correspondant de l'association Cœurs Métis en France.

- Parallèlement, il crée et préside l'Association Nationale des Elèves et Etudiants Bassaris, l'ANEEB. Il s'agit d'une structure d'entraide et de relais pour le soutien scolaire et l'hébergement des élèves de brousse qui étudient à Kédougou, Tambacounda et Dakar.

Des projets utiles pour 2009

Cofinancer la fabrication de charrues pour encourager l'autosuffisance alimentaire, faciliter la scolarité de nombreux enfants en écoles de brousse et développer le tourisme solidaire en relation avec des partenaires français, tels sont les principaux objectifs des nombreux projets concrets que Ithiar Paulin Boubane comptait conduire en cette année 2009.



Une manifestation qui tourne mal

Décembre 2008, Ithiar Paulin Boubane revient à Kédougou pour passer les vacances de fin d'année en famille, et organiser ses actions avec le GIE KEUR METIS. Il retrouve ses amis et frères les étudiants de Kédougou, et d'autres jeunes, plus ou moins en galère, et dont l'avenir est incertain : ils se demandent en effet « Comment rester dans notre région natale si l'on n'y trouve pas d'emploi ? La migration vers Dakar d'abord puis l'émigration sur les pirogues ensuite sont-elles une fatalité ? Pourquoi les promesses de nos gouvernants ne sont-elles jamais tenues ? Pourquoi les sociétés minières recrutent-elles en masse du personnel étranger et pas nous ? Nos sœurs sont tentées par la prostitution, nos pères par la corruption, nos terres sont bradées, nos valeurs bafouées...Nous devons nous faire entendre car nous avons des droits... » En tant que grand frère, Ithiar Paulin Boubane s'implique dans l'organisation de la manifestation pacifique du 23 décembre et il m'écrit : «(...)Suite à une marche que nous, étudiants de Kédougou, avons organisé pour revendiquer et dénoncer certains fléaux comme le chômage et la propagation du SIDA, nous avons été contraints par la brigade et les militaires ! (...) ». Oui ! La manifestation déborde, des coups de feu, des blessés et même un mort...


Victime de sa générosité et de son intégrité ?

Peu après, Ithiar Paulin Boubane est cueilli dans son village à 80 km de Kédougou, puis emprisonné à Tambacounda. Il a été jugé vendredi 9 janvier 2009 et condamné avec d'autres jeunes Kedovins à 10 ans de prison ferme !

C'est vrai que Ithiar Paulin Boubane aurait mieux fait de ne penser qu'à sa réussite personnelle et s'assurer sa place au soleil...C'est vrai que Ithiar Paulin Boubane aurait mieux fait d'abandonner sa misérable région et d'aller remplir les pirogues de la honte... C'est vrai aussi qu'il aurait dû faire de la politique politicienne, égoïste et corruptrice... NON ! Ithiar Paulin Boubane a choisi d'être solidaire de sa région et des siens. Il a des convictions profondes : étudier dans son pays pour rester libre de vivre chez lui, en toute dignité. Voilà probablement pourquoi il a été condamné à 10 ans fermes. Jeune homme intègre, doux et généreux, jeune homme épris de justice, juste un peu indigné par ce qui se passe dans sa région... Jeune homme qui manifeste et qui paie pour les autres, parce qu'un jeune homme qui réfléchit et qui s'investit dans le bien être de sa communauté, c'est un jeune homme dangereux...10 ans fermes !!!!!


« Lorsqu'il faut choisir entre liberté et érudition, qui ne dira que l'on doit mille fois préférer la première à la seconde ? ».


C'est sûrement cet adage de Gandhi qui aura valu 10 ans fermes à Ithiar Paulin Boubane.

Mais aujourd'hui, où sont les preuves que Ithiar Paulin Boubane a participé aux dégradations et aux vols d'armes commises à Kédougou suite à la mort du jeune Sidibé ? Aujourd'hui, comment maintenir l'espoir de plusieurs générations si on emprisonne aussi facilement ceux qui arrivent à mener tant bien que mal leurs études, ceux qui s'impliquent personnellement dans le développement social de leur région ? Comment ne pas craindre que cela continue, que le sentiment d'injustice l'emporte et que la situation ne s'aggrave ?


Il faut libérer immédiatement Ithiar Paulin Boubane, Fatim Ba, Issa Diallo, Aliou Monekhata et leurs amis. Tous ces jeunes leaders associatifs, d'Ong, d'amicales sont les forces vives du futur de la région de Kédougou, ils sont engagés pour leur avenir, celui de leurs communautés. Ils sont embastillés à cause de leurs engagements ! Mais qui a peur d'eux ??


Muriel Biton, mbcoeursmetis@yahoo.fr

Vice-présidente de l'association Cœurs Métis en France et fondatrice du GIE KEUR METIS à Kédougou http://www.cœurs-metis.org


Informations supplémentaires sur:

 kedougounews.com.

et le blog du collectif kédovins de France http://kedovinsdefrance.over-blog.com 

 

Et un article écrit par Gilles Labarthe,(auteur du Dossier Noir sur "l'or africain") qui s'était rendu à Kédougou l'an dernier, pour faire le point sur la situation des sociétés minières de Sabodala :

http://www.datas.ch/article.php?id=551


 

 

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Forum social toulousain, 24 janvier 2009

22 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Débats, films et conférences

24 janvier 2009


Forum Social Toulousain - UTM Mirail


Survie Midi Pyrénées s'associe au collectif qui propose un forum social Toulousain le Samedi 24 Janvier à l'université du Mirail (Arche). Nous animerons, en compagnie de représentants d'ATTAC, de RESF, du CCFD, de la Cimade, du CRAN, et de personnes intéressées. l'atelier portant sur les migrations postcoloniales en France (à 10H00).


Présentation du forum:

La crise financière et bancaire qui a éclaté aux Etats-Unis en août 2007 trouve son origine dans un excès de profits au détriment d’une partie importante de la population qui s’est appauvrie. Elle s’est accompagnée d’une crise énergétique avec l’augmentation du prix du pétrole, d’une crise alimentaire résultant de la hausse des prix agricoles, d’une crise monétaire avec la chute du dollar, et finalement d’une crise économique avec un début de récession dans la plupart des pays développés.
PDF - 1.4 Mo
Programme du forum
Présentation de l'atelier du samedi 24 Janvier de 10H à 12H00

DES PONTS, PAS DES MURS!

LES MIGRATIONS POSTCOLONIALES EN FRANCE: CHASSES ICI, PILLES LA BAS!


Intervenants: Pierre GRENIER (Cimade/RESF), Fausto GIUDICE (SURVIE)
Modérateur: Patrice CUPERTY(ATTAC)


Nous proposons un atelier de construction d'un grand rendez-vous sur le thème des migrations post-coloniales d'ici la fin 2009. Les formes et le fond de cet évènement sont à discuter avec tous ceux qui sont intéressés à y participer. Pourquoi pas des débats, prises de parole, concerts, expositions, pièces de théâtre, lecture de textes... Nous y développerons notre réflexion sur la double hypocrisie suivante : comment la France refuse, chasse ou exploite les migrants d'un continent qu'elle contribue grandement à maintenir dans la misère.



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La Guinée en transition

18 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Paris, Françafrique - #2 la Guinée en transition


Au vu des récents événements en Guinée,  l'émission radio Paris Françafrique s’intéresse à ce pays méconnu : depuis son accès aux indépendances, et la période Sékou Touré, suivie d’une nouvelle période sombre sous le régne de Lansana Conté, qui s’achève dans une ambiance survoltée avec de nombreuses « révoltes de la misère » qui ne sont pas loin d’en finir avec ce régime. C’est finalement la mort qui a emporté le vieux Conté, et une nouvelle prise du pouvoir par les militaires, sous l’égide du CNDD et de son premier responsable, le jeune officier Moussa Dadis Camara.


Nous parlerons de ce pays en compagnie de nos invités : Abdoulaye Diallo, et S. Camara, deux guinéens du site guinee58.com, ainsi que d’un artiste guinéen : le « Général Prophet Gee », grand monsieur du hip-hop Guinéen (sous réserve de confirmation pour le moment).

Cette émission sera présentée et animée, entre autres, par Ardiouma Sirima, membre du CA de Survie, et président du Collectif de France Affaire Norbert Zongo (Cofanzo)

Au programme également : un entretien avec Raphael de Benito, rédacteur en chef de Billets d’Afrique et d’Ailleurs, qui présentera cette revue mensuelle de l’association Survie.

 

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Décès de jean carbonare, ancien président de Survie

18 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.


Décès de Jean Carbonare, ancien Président de Survie.


Bien chers amis, Jean nous a quittés hier soir [17 janvier 2009] dans son sommeil. Il était depuis dix jours à l'hôpital de Montélimar. Cette nuit, nous sommes allés le voir et il reposait sur son lit d'hôpital, paisible, les traits détendus, délivré, enfin apaisé. Lui, le grand voyageur, aspirait depuis quelque temps à ce dernier grand voyage et nous pouvons lui dire, comme le psaume 121 : « Oui, le Seigneur te gardera de ton départ à ton arrivée, dès maintenant et à jamais »


Marguerite Carbonare, ses enfants et ses petits enfants.

Militant des droits de l'Homme qui a présidé l’association Survie de 1988 à 1994, Jean Carbonare nous a quittés le 17 janvier.

"Nous pouvons-faire quelque chose" était son mot d'ordre. Il refusait la fatalité de la misère, la fatalité économique, la fatalité de la guerre, la fatalité de la mésentente. Il détestait les mensonges politiques.


Il est l'un des rares français à avoir tenté d'inverser la mécanique génocidaire au Rwanda plus d'un an avant son déclenchement. Son intervention au journal télévisé de Bruno Masure sur Antenne2 à 20h le 24 janvier 1993 a représenté un moment fort dans son engagement humaniste : http://www.dailymotion.com/video/x1ed31_rwanda-quand-survie-alertait-le-mon_events




"Quand on place un dollar en Afrique, il en revient trois chez nous" nous expliquait-il quand il était notre président avant 1994.


Ce chrétien engagé refusait qu'on se croise les bras. Il consacra toute sa vie à mener des projets de développement dans divers pays africains. Après le génocide des Tutsi au Rwanda, alors âgé de presque 70 ans, il avait mis ses compétences dans le développement en Afrique au service du Rwanda pour aider les Rwandais à reconstruire leur pays en travaillant sur des projets de coopération technique (notamment la construction de logements pour les veuves du génocide et la mise en production de zones marécageuses) que lui avait confié le Président Bizimungu. Pour lui c'était un engagement logique.


C'est à ce moment là qu'il quitta la présidence de Survie, en juillet 1994, démission actée à l'Assemblée Générale qui a fait suite (mars 1995). Vers 1996, il se retira dans son village du sud de la France, Dieulefit, où il vient de mourir à l'âge de 83 ans. C'est un grand acteur du développement qui s'éteint, un infatigable interpellateur des consciences citoyennes, un exemple citoyen.


Odile Biyidi

Association Survie
210, rue St Martin
75003 Paris
http://survie.org


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Emission radio campus sur les touaregs au Niger

13 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Samedi 17 janvier à 13h.


Emission radio sur Campus FM 94

Touaregs au Niger


Avec les témoignages de: François Bergeron (réalisateur indépendant : documentaires sur le groupe Désert Rebel entre autres), Moussa Tchangari (journaliste nigérien) et Issouf Ag Maha (Touareg nigérien) .


 

"Les pouvoirs publics pénalisent violemment toute tentative d’information par quelque média que ce soit. Les populations subissent continuellement des répressions sauvages. Elles sont dépossédées de leurs territoires ancestraux à cause de la présence d’uranium dans le sous-sol (pays 3° producteur mondial). L’exploitation de cet uranium par les grandes puissances et essentiellement par la France (AREVA) se fait au détriment des Touaregs et sans la moindre mesure de précaution sanitaire et environnementale."

 


Site de Radio Campus

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Billets d'Afrique et d'ailleurs - janvier 2009

9 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Billets d'Afrique et d'ailleurs

Nuages sur l'An Neuf
 

On change d’année dans un climat qui a rarement été aussi délétère. La crise financière, largement prévisible mais que personne n’avait prévue parmi ceux qui nous chantaient les louanges du libéralisme comme horizon indépassable du monde où nous vivons, la recrudescence des conflits sans issue, comme des plaies qui ne pourront jamais se fermer parce que trop d’intérêts et de rancoeurs les maintiennent ouvertes irrémédiablement, assombrissent nos pensées.


Il est très amer de constater que les grandes puissances, frappées dans leurs banques et leurs entreprises financières par le désastre engendré par les spéculations sans frein, voire les escroqueries de leurs héros traders, ne se sont pas vu imposer par le FMI et la Banque Mondiale des Plans d’Ajustements Structurels. Ces fameux plans avaient été sévèrement imposés aux pays sous-développés surendettés, avec les mesures drastiques qui ont étranglé leurs économies et jeté sur la route de l’exil des masses de miséreux, tout cela au nom de la saine gestion. La vertu prêchée par ces saintes institutions est à usage exclusivement des petits et des pauvres, comme on le sait depuis qu’il y a des religions. Celle de la finance ne fait pas exception à la règle.


L’ensemble de la dette des pays sous-développés est de 2800 milliards de dollars. Quand on éponge quelques centaines de millions par ci par là, cela fait l’objet de commentaires extasiés sur la « générosité » des créanciers mais les pays qui en bénéficient doivent en retour offrir à la privatisation les secteurs rentables de leurs services publics. En revanche les USA vont débourser sans barguigner 700 milliards de dollars et les autres pays développés ne seront pas en reste pour parer aux destructions de capitaux qui ruinent en cascade leurs économies. Mais, en contre-partie, il n’y a pas d’assainissement sévère de prévu, comme de supprimer les paradis fiscaux. Plutôt que de reconnaître et de purger les vices du système, on va tout faire pour le sauver avec ses tares, parce que ce système financier mondial n’est pas destiné à favoriser la prospérité de tous les Etats mais à garantir les privilèges exorbitants de quelques uns.


Les guerres, dont la spéculation financière se nourrit et qu’elle alimente ont donc de beaux jours devant elles. L’année 2008 a vu flamber des conflits latents et tout d’abord le plus sanglant d’entre eux, celui qui ne cesse de ravager l’Est du Congo. On a pu parler de guerre du Coltan pour ce conflit interminable dont l’aliment et l’enjeu sont l’exploitation de minerais hautement stratégiques car indispensables à l’industrie des outils de communication. En dix ans, quatre rapports de l’ONU ont dénoncé les acteurs de cette exploitation, sans aucun résultat. La population, soumise à la terreur, se jette sur les routes pour échapper aux travaux forcés, aux viols et aux massacres. Depuis trois mois quelque 250 000 personnes sont venues augmenter le nombre des personnes déplacées à l’intérieur de la RDC, promises à un sort misérable. L’impuissance des 17000 soldats de l’ONU (MONUC) présents en RDC à protéger les populations est un scandale supplémentaire.

Cette inefficacité est due à l’absence de volonté et de cohésion dans la direction des opérations. Elle révèle l’hypocrisie des puissances qui dominent l’ONU. Les décisions vertueuses prises en haut lieu restent lettre morte sur le terrain, où l’on ferme les yeux sur la réalité des trafics et des exactions. Les enfants du Congo continueront cette année à creuser des galeries sommaires, qui s’écrouleront parfois en les ensevelissant, ils remueront des tonnes de terre pour extraire quelques grammes du précieux métal et pour quelques sous. Au dessus d’eux toute une chaîne de spéculation fera se multiplier la richesse de ceux qui tiennent les armes et des multinationales qui négocient, transforment et utilisent cette matière première. La seule véritable urgence c’est de secourir les actions qui baissent.

Odile Tobner

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GABON Coup de filet contre les militants anti-corruption.

7 Janvier 2009 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

6 janvier 2009: Communiqué de Survie


GABON Coup de filet contre les militants anti-corruption. 


Omar Bongo le 13 mars 2008 à Dakar (Finbarr O'Reilly/Reuters)


L’association Survie, extrêmement préoccupée par la nouvelle de l’arrestation de plusieurs représentants d’organisations de la société civile gabonaise dénonçant la corruption du régime d’Omar Bongo, tient à condamner cette tentative d’intimidation à leur égard et appelle les autorités gabonaises à procéder à leur libération immédiate.


D’après les informations relayées en fin de semaine dernière par des organisations françaises et africaines, les forces de sécurité gabonaises ont arrêté le mercredi 31 décembre 2008 Grégory Gbwa Mintsa, plaignant gabonais dans l’affaire des biens mal acquis en France par des chefs d’Etat africains (dont Omar Bongo), Marc Ona Essangui, Président de l’ONG Brainforest et coordonnateur de la coalition Publiez ce que vous Payez Gabon (relais local de la campagne mondiale éponyme pour la transparence des industries extractives) ainsi que Georges Mpaga, président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG). Les bureaux de Publiez ce que vous Payez Gabon et de l’ONG Brainforest ont été saccagés et les ordinateurs de ces organisations saisis.


La veille, le mardi 30 décembre, Gaston Asseko, journaliste et directeur technique à Radio Sainte-Marie et Léon Dieudonné Koungou, du journal Tendance Gabon, avaient déjà été arrêtés suite à leur convocation au bureau des services de renseignements de l’armée gabonaise.


Bruno Ben Moubamba, porte parole des Acteurs Libres de la Société Civile Gabonaise, qui a publié le 8 décembre 2008 une lettre ouverte demandant des comptes au Président Bongo sur sa gestion financière du pays, serait quant à lui activement recherché par les autorités gabonaises.


Les interpellés sont à ce jour toujours détenus dans les locaux de la police judiciaire gabonaise, sans qu’aucun motif n’ait été donné. L’état de santé de Grégory Gbwa Mintsa serait jugé préoccupant.


Survie condamne fermement cette opération coup de poing qui s’apparente à une tentative d’intimidation et à une prise d’otage dirigée contre des responsables de la société civile gabonaise qui ont eu le courage de lancer des initiatives citoyennes contre la corruption de leurs autorités, bravant ainsi un régime particulièrement répressif à l’encontre de ses adversaires.


L’organisation de ce coup de filet coordonné et le choix des cibles atteste de la fébrilité des autorités gabonaises, confrontées à une société civile de plus en plus lassée d’un régime figurant parmi les plus corrompus au monde et les moins à même d’assurer la prospérité de sa population, malgré des revenus pétroliers très confortables.


Cette répression est à mettre en parallèle avec le harcèlement subi en 2007 par Brice Mackosso et Christian Mounzéo, responsables congolais de la campagne Publiez ce que vous Payez, victimes d’un harcèlement judiciaire instrumentalisé par le pouvoir de Denis Sassou Nguesso, qui se voyait lui aussi reprocher la gestion des revenus pétroliers de son pays.


Survie appelle à la libération immédiate des détenus et demande aux autorités françaises, d’habitude si promptes à réagir pour démêler les entourloupes diplomatiques franco-gabonaises (cf la visite de Claude Guéant et Alain Joyandet à Libreville en avril 2008 suite à l’enquête de la justice française sur les biens mal acquis du dictateur gabonais en France et à l’éviction de Jean-marie Bockel), de condamner fermement cette violation manifeste des droits de l’Homme dans ce pays présenté comme « ami » de la France.


Le mutisme des autorités françaises dans cette affaire serait une preuve supplémentaire du renoncement de notre pays à la défense des droits de l’Homme lorsque des intérêts stratégiques sont en jeu, renoncement clairement annoncé par Bernard Kouchner dans son allocution du 10 décembre 2008. L’absence de réaction du secrétariat d’Etat de Rama Yade constituerait quant à elle une nouvelle preuve à charge de l’inutilité d’une institution, qui n’a jamais émis le moindre positionnement sur les violations des droits de l’Homme commises dans les pays dominés par des dictateurs africains amis de la France.


Contact presse : Olivier THIMONIER olivier.thimonier(at)survie.org Tél. : 01 44 61 03 25


Voir l'article de RUE 89 :

Meilleurs voeux de Bongo au Gabon: cinq opposants en prison

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Collectif pour la défense des terres malgaches - Affaire Daewoo

26 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Actualités françafricaines, communiqués, archives.

le 23  décembre 2008 - communiqué du


Collectif pour la défense des terres malgaches

Affaire Daewoo

 

Nous avons appris le 19 novembre dernier, par la presse internationale, les déclarations du directeur financier de Daewoo Logistics, Shin Dong-hyun, annonçant la signature d’un bail emphytéotique de location pour 99 ans, entre cette société et les autorités malgaches, de 1,300 millions d’hectares de terrains arables. Les détails du contrat sont préoccupants et sans précédent :

- La surface louée représente l’équivalent de la moitié de la Belgique , et correspond à la moitié des surfaces cultivables à Madagascar.

- Les termes du contrat  ne prévoient pas de versement d’argent à l’Etat malgache, les investissements dans les infrastructures nécessaires à la réalisation du projet tiendraient lieu de ‘prix de location’.

 

Les principaux ministres malgaches concernés ainsi que les représentants de Daewoo à Madagascar ont démenti en insistant sur le fait que le projet en est seulement au stade de prospection de terrains et de négociations. Mais différents témoignages venant du terrain montrent que les protagonistes de cette affaire sont déjà passés à l’acte dans différentes régions : Madagascar Futur Entreprise Group, représentant de Daewoo sur place, a déposé des demandes d’acquisition de terrains et a parfois déjà obtenu l’autorisation pour 94 182 hectares dans le district de Brickaville, 33 767 hectares dans le district de Toamasina II,  40 000 hectares dans le district de Vatomandry, plus de 50 000 ha dans le district de Maintirano. De vastes terrains dans la région SAVA seraient déjà également en cours de transfert de propriété.

Ces informations parues dans la presse sont confirmées par les populations locales qui ont vu ou entendu parler d’Asiatiques effectuant des mesures de terrains avec les autorités régionales en vue de l’acquisition de terrains. Ainsi 

-       des responsables locaux sont complices,

-       certains ont peur d’en parler par peur de représailles,

-       d’autres n’avaient pas compris les tenants et les aboutissants de ces « opérations » sur le terrain, pensant qu’il s’agissait d’une opération qui apporterait des bienfaits à la localité ou à la région,

-       Les transactions se déroulent en l’absence de transparence de la part des autorités.

 

Cette « location » de terres est particulièrement inacceptable car

-       la location pour 99 ans - renouvelable - porte sur des superficies immenses réparties dans plusieurs régions et porte atteinte à l’existence future d’une patrie pour l’ensemble des Malgaches qui considèrent les terres de leurs ancêtres comme un bien « sacré » ;

-       cette location pour 99 ans spoliera de nombreuses familles, et à terme la majorité des paysans, des terres où elles vivent et travaillent pour vivre et survivre ;

-       elle a été faite dans le dos des populations malgaches, « dans le secret » sans respect des procédures habituelles, alors qu’elle engage des parties importantes du territoire et donc la souveraineté nationale ;

-       la contrepartie ‘gratuite’ entretient de gros soupçons sur la vente du patrimoine national pour l’enrichissement d’un petit nombre d’individus au détriment des générations futures ;

-       Le traitement des dossiers des terrains convoités par Daewoo bénéficie de faveur particulière dans sa rapidité alors que les paysans et tous les citoyens malgaches rencontrent des difficultés insurmontables dans la lenteur des procédures pour acquérir des titres de propriété ;

-       Les plantations programmées et effectuées par Daewoo inquiètent gravement car les récoltes sont destinées à être exportées immédiatement pour l’alimentation des Coréens, et non pour celle des Malgaches. Par ailleurs, les informations diffusées par la presse internationale parlant de culture de maïs dans la partie ouest de l’île – le maïs est réputé pour dessécher les terres de culture -, les semences de maïs seraient importées de Costa Rica et des Etats-Unis – ne s’agira-t-il pas de maïs transgénique ? La partie Est de l’île serait destinée à la plantation de palmiers à huile dont les semences viendraient d’Indonésie : certains palmiers à huile cultivés dans ce pays sont pourtant célèbres pour tuer toute la végétation environnante et détruire la biodiversité (« l’huile tueuse »).

 

Tenant compte de tous ces éléments,  

Nous, membres du Collectif pour la Défense des Terres Malgaches, avons décidé de nous regrouper et d’agir pour


-       Exiger des responsables qui participent à tous les niveaux à cette location d’arrêter immédiatement toutes les actions et toutes les procédures engagées afin de réviser les termes du contrat,

-       Demander aux autorités malgaches de faire preuve de transparence et de donner à la population malgache et aux populations du monde toutes les informations sur cette affaire,

-       Exiger des autorités et responsables qu’ils respectent les lois et procédures en vigueur, notamment les formalités de publicité visant l’information des voisins et opposants éventuels,

-       Se rapprocher des citoyens et paysans malgaches pour leur manifester notre soutien et les encourager dans les luttes qu’elles mènent pour la défense de leurs terres,

-       Lancer un appel à tous nos compatriotes au pays et à l’extérieur pour être vigilants, et dénoncer toute décision ou tentative de priver les populations malgaches progressivement des terres de leurs ancêtres au nom d’un libéralisme aveugle,

-       Alerter l’opinion internationale sur les agissements dangereux de cette sorte dans notre pays et appeler le soutien et la solidarité de tous,

-       Appeler les ressortissants des pays qui subissent déjà la même situation, à travailler ensemble pour que cette nouvelle forme de néocolonialisme qui se développe dans plusieurs pays, cesse immédiatement grâce à la coordination de nos actions.

 

L’opinion publique malgache, informée par la presse internationale, est particulièrement en alerte car plusieurs grands projets déjà en cours à Madagascar démontrent la réalité de contrats dont les termes conjuguent une exploitation drastique des richesses du pays par les investisseurs étrangers avec des bénéfices insignifiants pour la nation et les populations malgaches.

 

 

LE COLLECTIF POUR LA DÉFENSE DES TERRES MALGACHES

 

Est un collectif d’individus d’origine malgache, déterminés à unir leurs forces et à travailler ensemble pour s’opposer à la spoliation des paysans et des citoyens malgaches de leurs terres.

 

Son objectif est de rassembler les Malgaches sans discrimination aucune, prêts à s’investir pour la réalisation de cet objectif.

 

Ses actions dans le court terme consisteront notamment à :

-       Défendre les terres malgaches en collaboration avec les populations et organisations au pays,

-       Diffuser des informations sur la situation à Madagascar auprès des populations et organisations  dans le monde pour qu’elles soutiennent les paysans malgaches dans leur lutte pour la défense de leurs biens et de leurs terroirs,

-       Diffuser des informations auprès des Malgaches de toutes les régions sur ce qui se passe dans le monde et sur les objectifs, méthodes et risques liés à des opérations telles que celle-ci, pour qu’ils soient vigilants et sachent se défendre,

-       Echanger et collaborer avec les populations des autres pays victimes des prédateurs similaires pour défendre leurs paysans et leurs terres.

 

 

Paris, le 23  décembre 2008

 

Si vous souhaitez nous rejoindre, nous soutenir, envoyer des messages et propositions, contactez-nous à l’ adresse e-mail : patrimoinemalgache@yahoo.fr

 

Vous pouvez aussi signer la pétition:

Pétition « Affaire DAEWOO » Défense des Terres Malgaches

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Rediffusion des émissions radio "francafrique"

21 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

Du 22 Décembre au 5 Janvier

Tous les jours à 11h sur Campus FM (94FM)
Rediffusion des émissions "francafrique"

Rapport Mucyo - "Nicolas Sarkozy et la Françafrique décomplexée " - L'affaire Borrel - Entretien avec Odile Tobner (Biyidi) -  "Que fait la france au Tchad"- "l'or africain" - Brice Mackosso - Tiken Jah Fakoly -  Thomas Sankara - Discours de Dakar - Privatisation du Dakar Bamako - etc...

Venez (re)
découvrir les émissions de Survie Toulouse depuis 2 ans sur les ondes de radio Campus Toulouse...

Pour écouter les émissions en ligne:
 http://www.afriradio.net/auteur51.html 

 


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Clip: Artistes Unis pour Norbert Zongo

17 Décembre 2008 , Rédigé par survie.midipyrenees@free.fr Publié dans #Documents audios et vidéos

"Norbert Zongo: dossier classé ?"



Tiken Jah Fakoly, Ismaël Isaac, Didier Awadi, Smockey, Sams'K le Jah, faso Kombat, Sana Bob, Obscur Jaffar, Slam et Miss Safia rendent un vibrant hommage à Norbert Zongo, journaliste assassiné il y a dix ans au Burkina Faso.

info: www.norbertzongo10ans.net


Signez la pétition internationale !


Pour signer la pétition demandant la réouverture du dossier Norbert Zongo :

Cliquez ici et laissez vos nom et prénom(s), vos nationalité et lieux de résidence, votre profession et, éventuellement, un commentaire.


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