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  • : Survie Midi Pyrénées
  • : SURVIE est une association (loi 1901) qui poursuit 3 objectifs : La réforme de la politique française de coopération : Survie milite pour le démantèlement de la « Françafrique » et pour l'établissement de relations franco-africaines équitables, transparentes et démocratiques. La lutte contre l'impunité et la banalisation du génocide. La promotion des biens publics mondiaux : Survie milite en faveur de l'accès de tous, au Nord comme au Sud, aux biens publics.
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NOUVELOBS.COM | 02.07.2008 | 18:57


L'association Survie dénonce la visite de Bongo à l'Elysée



Pour l'association, la visite du président gabonais Omar Bongo, au pouvoir depuis 41 ans, illustre le manque de cohérence de la diplomatie française puisque son homologue zimbabwéen Robert Mugabe est considéré comme "infréquentable" par Bernard Kouchner.

Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, le 27 juillet 2007 à Libreville

Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, le 27 juillet 2007 à Libreville (c) AFP

L'association Survie dénonce mercredi 2 juillet dans un communiqué la visite à l'Elysée du président gabonais Omar Bongo, au pouvoir depuis 1967. Nicolas Sarkozy a reçu son homologue à 14h30 à l'Elysée ce même jour. La structure, qui milite pour un assainissement des relations entre la France et l'Afrique, rappelle que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré lundi que le dictateur Robert Mugabe, à la tête du Zimbabwe, n'était pas "fréquentable".

"Considération d’intérêts particuliers"

La structure exige "que cette règle de morale s’applique sans exception avec la même vigueur à tous les potentats". L'association constate "une fois de plus que la politique africaine de la France est établie non sur des principes de morale politique bien définis mais sur la considération d’intérêts particuliers". L'association indique que le président gabonais a interdit de sortie de territoire Marc Ona Essangui le 6 juin dernier alors qu'il s'apprêtait s'envoler aux Etats-unis pour une conférence sur la transparence des contrats en Afrique.
Le communiqué rappelle également qu'Omar Bongo soutient Robert Mugabe, réélu le 27 juin président du Zimbabwe, sur un score de 90,2%. Le scrutin avait pourtant été boycotté par l'opposant Morgan Tsvangirai en raison des violences, alors qu'il était arrivé en tête au premier tour avec 47%. Le dirigeant gabonais a déclaré lundi en marge du 11e sommet de l'Union Africaine que Robert Mugabe "a été élu, il a prêté serment, il est là avec nous, alors il est président".

Page issue de:
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20080702.OBS1224

Communiqué de Survie, le 2 juillet 2008


Bongo plus fréquentable que Mugabe

Prime à la Françafrique !



Aujourd’hui, 2 juillet, le Président français Nicolas Sarkozy reçoit à l’Elysée le Président du Gabon, Omar Bongo. Ce dernier, interviewé par RFI en marge du 11ème Sommet de l’Union Africaine (qui s’est achevé hier en Egypte), vient de déclarer à propos du président zimbabwéen Robert Mugabe, dont l’élection est contestée par la communauté internationale en raison des violences qui l’ont accompagnée : « Il a été élu, il a prêté serment, il est là avec nous, alors il est président ; on ne peut pas lui demander plus. Ils ont fait des élections, je crois qu'il les a gagnées ». Bongo a ajouté « Les Africains sont capables de décider par eux-mêmes. Nous avons même accueilli Mugabe comme un héros ».

Ce soutien appuyé à Robert Mugabe vient probablement d’une solidarité entre présidents africains demeurant au pouvoir indéfiniment par tous les moyens, notamment des élections largement frauduleuses. Les exemples sont nombreux et le scandale le plus souvent passé sous silence quand il s’agit de l’aire francophone.

C’est donc avec intérêt que nous avons entendu le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner s’en prendre en termes exceptionnellement sévères, le dimanche 22 juin, à Robert Mugabe « qui se croit désigné par Dieu et que Dieu doit maintenir à son poste, [et] n’est rien qu’un escroc et un assassin ». Il a ajouté « nous sommes déterminés non seulement à ne pas accepter un résultat éventuel d’élection truquée, scandaleuse et sanglante, mais à tout faire pour s’opposer à M. Mugabe », désignant cette élection comme « le plus grand déni de démocratie que l’Afrique ait connu ».

Si pour donner la palme du déni de démocratie en Afrique nous pouvons hélas hésiter (tant les candidats sont nombreux dans l’histoire des dernières décennies, arrivés et maintenus au pouvoir par l’assassinat, le coup d’Etat, les élections truquées, les massacres), nous prenons acte que de tels personnages sont désormais déclarés « infréquentables » par le chef de la diplomatie française.

Nous exigeons que cette règle de morale s’applique sans exception avec la même vigueur à tous les potentats qui, jusqu’à présent, ont bénéficié de l’assentiment complice des dirigeants français.

On ne peut pas, en effet, dire tout et son contraire, suivant l’opportunité. Nous constatons une fois de plus que la politique africaine de la France est établie non sur des principes de morale politique bien définis mais sur la considération d’intérêts particuliers. En recevant aujourd’hui le président Bongo, soutien de M. Mugabe, alors que l’un des principaux responsables de la société civile gabonaise, Marc Ona, a récemment été empêché de se déplacer aux Etats-Unis du fait de sa liberté de parole dans la lutte contre la corruption dans son pays, le pouvoir français démontre à l’opinion africaine qu’il est d’autant plus attaché à la morale que ses intérêts sont le moins en jeu.

Juin 2008 Nouvelle Brochure de Survie.

Biens mal acquis des dictateurs africains en France.

L’association Survie publie une nouvelle brochure pédagogique qui décode les dessous de la criminalité économique de la Françafrique à travers les mécanismes des biens mal acquis. La restitution des fonds aux populations spoliées serait un signe fort pour tous ceux qui réclament une réforme de la politique de la France en Afrique.




Brochure de 52 pages, vendue 3€ (4,5€ avec les frais de port pour la France, autres destinations nous consulter) est disponible à Survie sur commande auprès d’Alexandre au 01 44 61 03 25 ou à alexandre.picheral(at)survie-france.org


Présentation :



« Bien mal acquis ne profite jamais », voudrait le proverbe. La réalité prouve le contraire. Les dictateurs et leurs familles profitent en toute impunité des milliards qu’ils ont volés dans les caisses publiques et placés à l’étranger. Ils érigent ainsi la corruption en horizon indépassable et signent la condamnation du développement économique de leurs pays qu’ils maintiennent dans la dictature.


Les soutiens étrangers dont bénéficient la plupart de ces dictateurs et l’opacité qui règne autour de l’acquisition de leurs biens immobiliers font des pays du Nord - et tout particulièrement la France - des complices, en toute connaissance de cause, de l’enrichissement personnel de « dictateurs amis » protégés au plus haut niveau.


C’est pour lutter contre cette criminalité économique que trois associations, dont Survie, ont porté plainte en 2007 contre plusieurs chefs d’Etats africains pour « recel de détournement d’argent public ». Véritable défi lancé au droit international, cette procédure judiciaire s’est trouvée confrontée à la raison d’Etat : l’enquête préliminaire a été classée sans suite, alors que les informations réunies permettaient l’ouverture d’une information judiciaire.


Une mise au placard qui révèle une décision éminemment politique et plonge la justice française dans les méandres de la Françafrique, en contradiction totale avec les engagements officiels de la France en faveur de la restitution des biens détournés.


Déterminée à ne pas laisser enterrer ce scandale, Survie entend poursuivre son travail en sensibilisant et interpellant sur le sujet.


Tel est l’objet de cette brochure qui, au moyen d’exemples concrets, propose le décryptage d’un enjeu majeur dans la lutte contre la corruption et l’impunité des dictateurs africains. Au-delà de la saisie des biens immobiliers et de leur restitution aux populations spoliées, il s’agit de mener un combat pour faire avancer la justice internationale en s’attaquant à la criminalité économique dont les relations franco-africaines se nourrissent voracement.


Sommaire :

1 Les biens mal acquis : quand l’argent public devient fortune personnelle
-  Les biens mal acquis... qu’est-ce que c’est ?
-  Les biens mal acquis : comment ça marche ?

2 Les biens mal acquis, symptômes d’une corruption qui ronge le développement
-  Un fléau contre le développement économique et démocratique
-  Palmarès des dictateurs kleptocrates : le face-à-face avec les populations

3 La France, une terre de refuge pour les biens mal acquis
-  La Françafrique : une criminalité économique organisée
-  Petit catalogue des biens mal acquis de la Françafrique
-  La perpétuation et la défense d’un système

4 Restituer les biens mal acquis : beaucoup de mots pour très peu d’actes
-  Un arsenal de textes juridiques : des tigres de papier ?
-  Les étapes vers la restitution : le parcours du combattant
-  Restituer les biens mal acquis, c’est possible

5 Mobilisés ensemble contre les biens mal acquis
-  Les mobilisations au Nord
-  Les mobilisations au Sud

6 Et moi... que puis-je faire ?

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Nantes, du 2 au 5 juillet


Après l’économie solidaire en 2000, le développement durable en 2002, les droits économiques, sociaux et culturels en 2004 et le droit au développement en 2006, la prochaine Université d’été de la solidarité internationale proposera aux militants de se former et d’échanger sur la question des partenariats et alliances entre acteurs sociaux. Elle se déroulera à Nantes du 2 au 5 juillet 2008.

 Téléchargement du dépliant de présentation et d’inscription


Le thème de l'édition 2008 est "Quels partenariats pour quelles solidarités ?".

SURVIE, aux côtés de la plate-forme France-Afrique, est chef de file du module :
« Contre la Françafrique, un partenariat pour une réforme de la politique de la politique de la France en Afrique ».


Pendant les trois matinées du 3, 4 et 5 juillet, les thèmes de la démocratie et des droits de l’Homme, de la coopération militaire, des relations économiques entre la France et l’Afrique seront décortiquées par :


-des intervenants de la Plate-forme France Afrique :

Jean Merckaert (CCFD),

Fabrice Tarrit (Survie),

Richard Banégas (chercheur à Paris 1),

Grégoire Niaudet (Secours Catholique),

Raphaël Granvaud (Survie),

Sebastian Alzerreca (Survie)


-et des partenaires africains :

Delphine Dijraïbé (Tchad),

Gilbert Maoundonodji (Tchad),

Jean-Claude Katende (RDC),

Raphaël Kasongo (RDC)


Cette Université est ouverte à tous, nous vous y attendons !

C'est un lieu de formation, de réflexion et de débats stratégiques, mais aussi un espace d'échange et de convivialité entre personnes aspirant à un monde meilleur.

Le programme complet et toutes les informations sur cette Université d’été sont disponibles ici : http://universite2008.crid.asso.fr.

 

Festival Africajarc du 24 au 27 Juillet 2008

Des concerts, des conférences, des débats, un village associatif...
et puis un stand de Survie Midi Pyrénées...


Programme musical

vendredi 25 juillet
la Cie punta negra
Manu Dibango
papa noel


samedi 26 juillet
jean racine
Tiken Jah Fakoly
jimmy oihid


dimanche 27 juillet
Gabriela Mendes
Dobet Gnahore
Adan et Kayi

Programme complet sur :http://www.africajarc.com/

22 au 26 août 2008


Université citoyenne d’Attac à Toulouse


Survie est un des membres fondateurs d'ATTAC en 1998, et inspire un certain nombre d'ateliers proposés cette année lors de l'université d'été, en particulier autour des biens publics à l'échelle mondiale (D. Benamrane, F. Lille). Nous serons aussi présents par une table de presse sur le site... 


La neuvième édition de l'université se tiendra à Toulouse, Université du Mirail. A l’occasion des 10 ans d’Attac, nous aurons le plaisir de nous rassembler du 22 au 26 août autour du thème « l’altermondialisme aujourd’hui » mais aussi de partager une soirée festive et militante le 22 août au soir au Bikini de Ramonville St Agne.

L’une des nouveautés de cette année s’intitule « l’altermondialisme, héritier des mouvements sociaux » ; elle sera, entre autres, composée de films, d’archives et de documentaires. Bref, beaucoup de surprises à venir pour ce grand moment d’éducation populaire ! Réservez d’ores et déjà vos vacances !

 


 

 

  • Filière 1 : L’altermondialisme, héritier des mouvements sociaux
  • Filière 2 : Des bien publics mondiaux pour un autre monde
  • Filière 3 : Pensées critiques et enjeux altermondialistes
  • Filière 4 : Contre les inégalités, des espaces de résistances
  • Filière 5 : Nouvelles phases du capitalisme, du néolibéralisme
  • Filière 6 : Ecologie et société
  • Filière 7 : Quelle autre Europe ?
  • Filière 8 : La démocratie sous toutes ses formes
  • Filière 9 : Enjeux Internationaux
  • Filière 10 : Fondements et approfondissements


Plénières :

  • samedi 23 - 14h00-16h30 : les crises (financière, écologique, alimentaire, sociale)
  • dimanche 24 - 14h00-16h30 : l’altermondialisme (I)
  • lundi 25 - 14h00-16h30 : l’altermondialisme (II)
  • mardi 26 - 14h00-16h30 : les campagnes de la rentrée


Programme et infos sur : http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique1065

24 au 30 août 2008 - Ouagadougou - Burkina Faso

Etrange Rencontre de la jeunesse Europe-Afrique

 

L’Etrange rencontre est une rencontre pas comme les autres, un forum social autogéré en Afrique, réunissant pendant 6 jours la jeunesse consciente des deux continents, et même au delà.... Une rencontre d’acteurs militants associatifs d’Europe et d’Afrique en luttes, en résistances, à la recherche d’alternatives pour un autre monde possible.


Une rencontre pour échanger, créer des dynamiques communes autour de trois axes : "Jeunesse, et monde universitaire", "Usages militants des Nouvelles technologies" (Internet et Radios) et "Lutte contre la pauvreté et construction d’alternatives".


Après une première édition au Bénin en août 2007, portée et construite autour d’un noyau dur informel de militants africains et français, qui se sont connus en Afrique au cours de forums sociaux et contre-sommets, la seconde édition, du 24 au 30 aout 2008 à Ouagadougou, devrait voir s’élargir la dynamique dans un contexte burkinabè très intéressant sur le plan politique avec une forte mobilisation de la société civile, autour d’une nouvelle plateforme revendicative contre la vie chère...


Renseignements, participation, toutes les informations sur : http://www.etrangerencontre.org

Samedi 28 juin 08

 

AG de Survie Midi Pyrénées

 

Comme tous les ans, Survie Midi-Pyrénées organise son assemblée générale. C’est le moment des bilans de l’année passée, et des projets pour l’année suivante. Nous espérons également que cette assemblée générale soit un moment de rencontres et d’échanges, entre les personnes ayant participé activement à la vie de l’association, et celles qui se sont investies selon leurs possibilités et celles qui souhaiteraient s’impliquer l’année prochaine.

Les adhérents de Survie Midi Pyrénées sont invités pour ce temps fort de la vie de l’association.

 

survie.midipyrenees@free.fr       

25 juin 2008. Communiqué de presse de la plate forme citoyenne France Afrique


Indignation des ONG suite aux propos d’Alain Joyandet. Le profit est-il la seule ambition de la France en Afrique ?

 

Les ONG de la plate-forme citoyenne France-Afrique [1] s’indignent de la multiplication des dérapages verbaux du secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, qui démontrent une conception cynique et dévoyée de l’aide au développement.

 

Alain Joyandet a remplacé Jean-Marie Bockel au poste de secrétaire d’Etat à la Coopération il y a 3 mois, après que ce dernier ait été écarté de ce poste pour avoir voulu en finir avec la « Françafrique ». Depuis, il multiplie les déclarations à l’emporte-pièce. Des déclarations qui ont le mérite de la franchise, après des décennies d’hypocrisie, mais qui révèlent la véritable nature de l’aide française au développement. Il ressort clairement des propos d’Alain Joyandet une absence d’ambitions de la France en terme de solidarité internationale, puisque l’ « aide au développement » est mise au service exclusif des intérêts économiques et politiques de la France, notamment pour faire barrage à la Chine. Le développement des plus pauvres, la défense des droits et de la démocratie passeront après.

 

Plus grave encore, dans le prolongement du discours décrié de Nicolas Sarkozy à Dakar, le 27 juillet 2007, Alain Joyandet renvoie l’image d’une France qui méprise profondément l’Afrique et les Africains. Les propos du secrétaire d’Etat à la Coopération, qui s’apparente de plus en plus à un ministre du Commerce extérieur délégué à l’Afrique, ôtent toute crédibilité au discours de la France en matière de développement. Ceci est particulièrement grave à la veille d’une présidence française de l’Union européenne marquée par d’importantes échéances internationales pour le développement des pays du Sud (Conférence de l’OCDE à Accra sur l’efficacité de l’aide début septembre, Conférence des Nations unies à Doha sur le financement du développement fin novembre...).

 

Les organisations de la plate-forme citoyenne France-Afrique ont fait de la démocratie, du respect des droits de l’Homme et de la lutte contre la corruption les fondements d’une politique de la France en Afrique responsable et transparente qu’ils appellent de leurs voeux [2]. Elles s’offusquent aujourd’hui de voir ces thèmes majeurs absents des 8 propositions émises par Alain Joyandet lors de sa conférence de presse du 19 juin. Un « oubli » d’autant plus inquiétant que quelques semaines auparavant, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme Rama Yade avait décliné une demande d’audition de notre plateforme, en précisant que le secrétaire d’Etat à la Coopération serait l’interlocuteur des associations sur ces sujets.

 

L’abandon manifeste de ces principes par la diplomatie française, loin de n’être que du ressort des secrétaires d’Etat, s’inscrit dans la longue liste des renoncements du gouvernement français, et des compromissions avec les dictatures [3].

 

Malgré le discours rassurant tenu sur ce point par Alain Joyandet à nos associations quelques jours après sa nomination, cette succession de provocations et de dérapages présidentiels ou ministériels sont bien les signes d’une « rupture dans la rupture » avec la Françafrique. Si tant est que la volonté de rompre avec ce système ait jamais existé au sein de l’exécutif français. Les organisations des sociétés civiles françaises et africaines ne baissent pas les bras, et sont de plus en plus mobilisées sur ce thème.

 

Extraits des déclarations de A. Joyandet :

  • « L’implantation des entreprises françaises en Afrique est l’une de mes priorités », interview à lejdd.fr, 20 mai 2008.
  • « J’ai des convictions mais je veux aussi défendre notre pays et ses parts de marché », propos rapporté par lejdd.fr, 19 juin 2008.
  • [Le détournement d’argent public en Afrique ?] « Ce sont vraiment des sujets qui ne me semblent pas devoir être au cœur de (...) notre expression », interview à France 24, 20 juin 2008.
  • « Si nous ne sommes pas les partenaires économiques privilégiés, alors on ne pourra plus défendre nos valeurs », Interview à France 24, 20 juin 2008.
  • « Il ne faut pas qu’on se fasse prendre notre place par des puissances émergentes ». « On veut aider les Africains, mais il faut que cela nous rapporte », Interview à Libération, 24 juin 2008.
  • « J’ai créé ma première boîte à 24 ans, sans un rond, c’était bien plus compliqué de faire cela que de s’occuper de l’Afrique ! », interview à Libération le 24 juin 2008.
  • « C’est nous qui allons envoyer des cerveaux », réponse à France 24 le 20 juin 2008 suite à une question sur l’immigration choisie.

Télécharger le communiqué

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[1] La plate-forme citoyenne France-Afrique regroupe une dizaine d’ONG françaises : ATTAC, Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-France), Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID), Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), Cedetim/Ipam, Mouvement de la paix, Oxfam France - Agir ici, Peuples Solidaires, Réseau Foi et Justice Afrique Europe (Antenne France), Secours Catholique / Caritas France, Survie

[2] La plateforme a publié en février sur ce thème un Livre Blanc assorti de nombreuses propositions qui ont été défendues devant l’Elysée, les cabinets ministériels, des parlementaires et la presse française et africaine.

[3] Visites à Omar Bongo, réception de Muhamar Kadhafi, rallonges budgétaires accordées au Congo de Denis Sassou Nguesso, sauvetage militaire du régime tchadien, enterrement d’une plainte visant les biens mal acquis de certains chefs d’Etat africains, etc.

VIDEO Foccart est mort, vive Joyandet
Néocolonialisme décomplexé à la française, par la cellule françafrique:
 www.cellulefrancafrique.org

Le nouveau secrétaire d’Etat à la coopération, Alain Joyandet, refuse le terme "Françafrique" au motif qu’il daterait des années 60. Certes, l’épouvantail agité par Paris n’est plus le bloc soviétique, mais la Chine. A cette réserve près, le père du néocolonialisme français, Jacques Foccart, aurait pu tenir, mot pour mot, le même discours que le petit soldat africain de Sarkozy. Jugez-en plutôt.


La tête de Bockel tombée pour plaire à Bongo, Sarkozy a voulu le maire de Vesoul. Et on a le maire de Vesoul - pour paraphraser le grand Jacques. Deux semaines après sa nomination, le premier fait d’arme de Joyandet, que nous avions célébré gaiement, était prometteur : visite de courtoisie au mollah Omar pour le remercier d’avoir libéré la place.


3 mois après, Alain Joyandet présente son programme, qui tient en 8 chantiers pour l’Afrique. Huit confirmations que si Sarkozy a promis la rupture, eh ben... on l’aura pas.


Déjà, au cours de la conférence de presse, il fait peu de cas de la démocratie et du respect des libertés fondamentales par certains chefs d’Etats africains. Interrogé par un journaliste africain, il répond sans ambage : "Je porte le message d’une France attachée à la démocratie et à la transparence. Mais est-ce que cela doit être notre seule préoccupation ? Il ne faut pas faire de ces valeurs notre seule expression."


Sur France 24, quelques heures après, le secrétaire d’Etat Alain Joyandet nous offre un florilège de sa pensée et de ses projets pour l’Afrique. Continent, rappelons-le, qu’il a découvert il y a trois mois. La Cellule Françafrique en a sélectionné pour vous quelques extraits... pour vous mettre l’eau à la bouche :

 

- "le détournement d’argent public en Afrique ? Ce sont vraiment des sujets qui ne me semblent pas devoir être au cœur de (...) notre expression"
-  "c’est nous qui allons envoyer des cerveaux"
- "je souhaite plus d’influence française, j’ose le mot, plus d’influence française"
- "si nous ne sommes pas les partenaires économiques privilégiés, alors on ne pourra plus défendre nos valeurs"


OXFAM FRANCE - AGIR ICI   Paris, 19 juin 2008

 

Misère, Misère…
Oxfam France – Agir ici s’indigne des propos d’Alain Joyandet sur la coopération française

 

Les  huit chantiers pour la coopération française présentés aujourd’hui par Alain Joyandet, Secrétaire d’Etat à la Coopération et la francophonie, ne répondent aucunement à l’urgence de la lutte contre la pauvreté dans le monde, affirme Oxfam France – Agir ici.

 

La lutte contre la pauvreté est un contrat passé entre les pays riches et les pays pauvres en 2000 aux Nations unies. En refusant le moindre effort budgétaire pour augmenter l’aide publique au développement, la France rompt aujourd’hui ses promesses.

 

De retour de trois mois « d’observation » sur le terrain, notamment en Afrique, Alain Joyandet a notamment réussi l’exploit de ne pas prononcer une seule fois le mot « pauvreté » dans son discours. Rien non plus sur les « objectifs du Millénaire pour le développement ».

 

« Avec pour seules priorités affichées l’influence culturelle de la France et le développement économique, sans vision, Joyandet met à la trappe le développement social et tire un trait sur les efforts entrepris ces dernières années pour lutter contre la pauvreté en Afrique », regrette Sébastien Fourmy, directeur du plaidoyer à Oxfam France – Agir ici.

« C’est un véritable pas en arrière. Pour le gouvernement français, l’aide au développement n’est envisagée qu’au service de intérêts de la France : contrôle de l’immigration, lutte contre le terrorisme, promotion des intérêts commerciaux et du rayonnement culturel français », ajoute-t-il.


La seule annonce chiffrée concerne un milliard supplémentaire de prêts via l’Agence française de développement (AFD), soit de nouvelles dettes pour les pays pauvres.

 

« La France a justement annulé les dettes de plusieurs pays pauvres. Mais ces annulations ont été utilisées pour gonfler artificiellement le montant de son aide publique au développement. Maintenant qu’elle ne peut plus avoir recours à de tels subterfuges comptables, elle s’apprête à rendetter les pays africains pour donner l’illusion de tenir ses engagements internationaux », s’indigne Sébastien Fourmy. « Aucun nouvel effort budgétaire n’est donc véritablement envisagé pour le moment. C’est proprement scandaleux. »

 

« Quand ils s’agit de trouver en quelques jours des milliers de milliards de dollars pour sauver leurs propres banques, les pays riches trouvent les fonds en moins de temps qu’il n’en faut pour poser le problème ! Quand il s’agit de mettre la main au portefeuille pour lutter contre la pauvreté dans les pays en développement, ils s’empressent de regarder ailleurs... », conclut-il.

 

La réalité nous le rappelle cruellement : dans les prochaines 24 heures, 8 000 personnes mourront du VIH/sida parce qu’ils n’ont pas les moyens de se procurer les traitements dont ils ont besoin et 1 400 femmes perdront la vie, faute de soins, des suites de leur grossesse ou de leur accouchement.

 

=> Oxfam France – Agir ici lance avec la communauté en ligne Avaaz une action urgente en direction du président Sarkozy (en ligne sur www.oxfamfrance.org et www.avaaz.org).

=> Oxfam France – Agir ici appelle Nicolas Sarkozy à tenir les engagements internationaux de la France :

-          augmentation de l’APD : 0,56% du RNB d’ici à 2010 et 0,7% du RNB d’ici à 2015 ;

-          doublement de l’aide à l’Afrique d’ici à 2010 ;

et à présenter un calendrier clair d’augmentation annuelle de l’APD française pour atteindre ces objectifs européens. 

Mardi 17 Juin 2008 à 20H30 au Caméléon

19, rue du Pont St Pierre, quartier St Cyprien à Toulouse.

 

Discussion-débat sur la "Françafrique"



Discussion avec des membres de l’association Survie pour présenter :

   - la 'Françafrique' de 1958 à nos jours avec plusieurs cas concrets 

   - les objectifs de l'Association Survie en mettant à disposition plusieurs ouvrages et documents sur le sujet.

L'intervention sera suivie d'un débat sur la Françafrique avec le public…

 

Image
 

Le Caméléon, café associatif du MAAADS, a ouvert ses portes en juillet 2007.


Il fut lancé sous la forme d’un salon de thé ouvert tous les jours de la semaine. On pouvait y consommer des repas complets le midi, jus de fruits frais, tartes ou cafés. S’y sont également déroulés expositions, ateliers, concerts, évènements en partenariat avec d’autres associations. Fort de ses expériences, le MAAADS met aujourd’hui l’accent sur le développement d’une vie associative.

Site du MAAADS : http://www.maaads.org

Vendredi 13 juin à partir de 19H, au Bikini

 

CONCERT DE SOUTIEN RESF 31 



 

Les billets sont disponibles à la Cimade, 3 rue Orient, 31000 Toulouse, au prix de 12 euros, les Mardi et Mercredi de 14H à 18H (code d'accès 3842).

RESEAU EDUCATION SANS FRONTIERES 31

Le Réseau Éducation Sans Frontières 31 est constitué par des organisations syndicales et associatives, des collectifs, est soutenu par des organisations politiques et regroupe des personnels de l’Éducation Nationale, des parents d’élèves, des militants et des élèves qui militent pour aider à la régularisation des jeunes sans papiers scolarisés sur l’agglomération toulousaine. Il fait partie du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) qui s’est crée en juin 2004 et qui regroupe des collectifs sur la France entière. Ce réseau est constitué et soutenu par une centaine d’organisations, associations, syndicats, collectifs.

http://www.truc.abri31.org/-resf31

 Resf31@abri31.org

11 juin 2008. Communiqué de la Coalition française pour la CPI


Cour pénale internationale. Une "compétence universelle" vidée de sa substance.


Une « compétence universelle » vidée de sa substance :


Après le vote au Sénat, la France reste une zone d’impunité pour les auteurs de crimes internationaux commis à l’étranger



Le Sénat a adopté la nuit dernière le projet de loi adaptant notre droit pénal à l’institution de la Cour pénale internationale. Par un amendement de dernière minute déposé par le rapporteur, il a adopté le principe de la compétence universelle aux juridictions françaises, pour poursuivre et juger les auteurs de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à l’étranger.

 


La majorité sénatoriale a vidé la compétence universelle de l’essentiel de sa substance,

  • en la réservant aux personnes résidant habituellement dans notre pays ; la Commission des Lois avait pourtant, le matin même, voté que la simple présence du suspect en France devrait suffire à engager des poursuites contre lui, comme c’est le cas pour le crime de torture ; ainsi, alors qu’un « tortionnaire » peut être, en l’état actuel des textes, arrêté et poursuivi à l’occasion de son passage en France, un véritable criminel contre l’humanité pourra circuler librement tant qu’il n’a pas l’idée de s’installer durablement ;

  • en privant les victimes du droit de provoquer les poursuites, qui leur est pourtant ouvert pour le moindre délit de droit commun mais leur est ici retiré pour les crimes les plus graves : la possibilité pour les citoyens de déclencher une enquête pénale par une plainte avec constitution de partie civile initiale est un remarquable acquis de la procédure pénale française depuis le début du XXème siècle et a permis de lutter efficacement contre l’inertie des parquets, subordonnés, par leur statut et par leur pratique, au pouvoir exécutif ;

  • en subordonnant la compétence des juridictions françaises à la condition que les crimes soient punissables dans leur pays d’origine ; ainsi, le génocide ne serait pas punissable si la loi du pays où il est commis ne le prévoit pas ;

La Cour pénale internationale ne peut juger que les dossiers les plus graves et les plus emblématiques. Pour tous les autres, les plus nombreux, son Statut l’énonce en toutes lettres : « il est du devoir de chaque État de soumettre à sa juridiction criminelle les responsables de crimes internationaux ». C’est un principe fondateur d’un espace de droit international que la France, pourtant signataire de ce Statut en 1998, viole par une législation interne réductrice et favorable aux auteurs des crimes internationaux.


Depuis 10 ans de plus en plus d’Etats, en Europe mais aussi sur d’autres continents, ont mis leurs législations en conformité avec ce principe. Beaucoup d’entre eux sont d’ores et déjà en mesure d’arrêter et de poursuivre, s’ils viennent sur leur territoire, les responsables des plus grands massacres et des violations massives des droits de l’homme commises dans un pays quelconque de notre planète.


Pas la France : avec le texte voté par le Sénat, les Pinochet de ce siècle éviteront de voyager en Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis et dans des dizaines d’autres pays, mais pourront trouver refuge dans notre pays s’ils veillent à ne pas y résider durablement.


La CFCPI dénonce un texte complaisant, qui marque une incompréhensible résistance de la France à participer avec le reste du monde à la constitution d’un système de justice pénale international, protecteur des crimes les plus graves, ceux qui touchent à l’essence même de l’humanité.


44 ONG, barreaux, syndicats, sont membres de la Coalition française pour la Cour pénale internationale :

Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), Action Contre la Faim, Agir ensemble pour les droits de l’Homme, Amnesty International France, Avocats sans frontières, Barreau de Paris, Barreau des Hauts de Seine, Centre Nord Sud du Conseil de l’Europe, CIMADE, Comité d’aide aux Réfugiés, Compagnons de la Fraternité Edmond Michelet, Confédération Nationale des Avocats, DIH - Mouvement de Protestation Civique, ELENA - réseau d’avocats sur le droit d’asile, Ensemble contre la Peine de Mort (ECPM), Fédération Internationale de l’ACAT (FIACAT), Fédération Internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes, Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats (FNUJA), Fondation Terre des Homme Lausanne, France Libertés, France terre d’Asile , Handicap international, Juristes sans Frontières, Justice et Paix France, Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen, Magistrats Européens pour la Démocratie et les Libertés , Médecins du Monde, Médecins sans Frontières, MRAP, O.I.D.B.B., Organisation Française de la Communauté Baha’ie, Reporters sans frontières, Ruptures, Solidarité avec les mères de la place de Mai (SOLMA), SOS Attentats, Survie, Syndicat de la Magistrature, Syndicat des avocats de France, Union Chrétienne des Déportés et Internés, Union pour l’Europe Fédérale, UNSA-Education.

http://www.cfcpi.fr/spip.php?article235

Communiqué de Survie et du CPCR (Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda), le 12 juin 2008 :


La France, terre de villégiature des criminels internationaux ?



A l’occasion de l’adoption par le Sénat du projet de loi adaptant le droit pénal français à l’institution de la Cour Pénale Internationale, un amendement voté par la majorité sénatoriale vide la compétence universelle de sa substance. Si cet amendement était entériné par l’Assemblée Nationale, la France deviendrait l’un des rares pays à permettre aux criminels contre l’humanité, criminels de guerre et responsables de génocide de circuler en toute liberté sur son territoire.

Le principe de la compétence universelle découle du fait que certains crimes sont d’une telle gravité qu’ils ne concernent pas uniquement les victimes elles-mêmes, mais la communauté internationale toute entière. Il en est ainsi des crimes de génocide, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité.

En adoptant le texte porté à notre connaissance, le Sénat français vient de se prononcer pour une loi de compétence universelle au rabais.

En effet, contrairement à la Commission des Lois qui reconnaissait que des poursuites pouvaient être engagées par le simple fait qu’un suspect soit présent sur le sol français, le Sénat a adopté un amendement qui réserverait les poursuites judiciaires aux seuls suspects « résidant habituellement » sur notre territoire. La France pourrait ainsi accueillir des hôtes de passage indésirables qui pourraient prolonger leur séjour à la seule condition de ne pas y résider de façon continue.
D’autre part, la France ne pourrait poursuivre des suspects de crimes relevant de la compétence universelle que si le pays d’origine reconnaît ces crimes.
Enfin, seul le parquet, dont on peut craindre les réticences, pourrait engager des poursuites et non plus les victimes elles-mêmes, ce qui constitue un véritable recul du droit français.

En adoptant un tel texte, la France se démarque de nombreuses démocraties qui reconnaissent que le seul fait de séjourner même brièvement sur leur territoire peut entraîner des poursuites judiciaires.

Nous ne pouvons tolérer une loi de compétence universelle « vidée de sa substance », comme le dénoncent les 44 organisations (dont Survie) membres de la Coalition française pour la Cour pénale internationale (CFCPI). Mobilisée contre l’impunité des crimes les plus graves, et notamment contre celui de génocide, Survie se joint au Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) afin de dénoncer un texte qui marginalise la France et qui laisse entendre que notre pays ne souhaite pas voir se créer un système judiciaire international. A ce titre, les victimes du génocide perpétré au Rwanda en 1994 que représente le CPCR ne comprendraient pas une telle indulgence pour leurs bourreaux.

La France n’a pas vocation à devenir une terre de villégiature pour les auteurs des crimes les plus répréhensibles.
En conséquence, nous demandons à l’Assemblée Nationale de ne pas entériner ce texte qui est un recul manifeste dans l’application de la loi de compétence universelle.

Plus d’informations sur http://www.cfcpi.fr/

11 juin 2008, communiqué de Survie


Paris invite l’assassin présumé de Thomas Sankara.


Quelques jours après avoir reçu la Légion d’Honneur, le chef de la sécurité présidentielle du président burkinabé Blaise Compaoré a participé à Paris, aux frais du contribuable français, à un forum sur le thème « Stabilité et développement en Afrique. » Un exemple de plus, qu’en Françafrique, le coup d’Etat est synonyme de stabilité.


La 8ème session de l’Institut des hautes études de défense nationale sur le continent africain (FICA) s’est tenue à Paris, à l’Ecole militaire, du mercredi 30 mai au dimanche 8 juin. Soixante quinze auditeurs de la plupart des pays du continent africain ont participé à ces travaux sur le thème de « Stabilité et développement en Afrique : quelles synergies en matière de coopération ? ». Parmi ces participants, on a noté la présence du colonel major burkinabé Gilbert Diendjéré, chef d’Etat-major du régiment de la sécurité présidentielle du président Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir à la faveur de l’assassinat de Thomas Sankara, alors chef de l’Etat burkinabé. Le Colonel major Gilbert Diendjéré était l’officier conduisant l’escadron qui a renversé le président Thomas Sankara dans un bain de sang l’après-midi du 15 octobre 1987. Cela n’a pas empêché le directeur de la coopération militaire et de défense du ministère des Affaires étrangères et européennes, le général Emmanuel Beth, de l’élever au rang de chevalier de l’Ordre national de la légion d’honneur française, le 15 mai dernier.


Après la remise de la plus haute décoration française, l’invitation de Gilbert Diendjéré à Paris, aux frais du contribuable français, est à la fois un scandale et une provocation à l’égard de la veuve et des enfants de Thomas Sankara qui attendent toujours que l’on juge ses assassins. C’est une insulte à l’ensemble des Burkinabé qui, après avoir commémoré massivement, en 2007, les 20 ans de cet assassinat, maintiennent depuis des mois une forte mobilisation « contre la vie chère » mais aussi et surtout contre l’impunité dont jouissent les membres et proches d’un pouvoir, dont l’affaire Thomas Sankara demeure le crime fondateur.


Après l’admission scandaleuse du Burkina Faso de Blaise Compaoré à la Commission des droits de l’Homme de l’ONU, qui semble se satisfaire de minuscules progrès dans l’instruction du dossier judiciaire Sankara, ces honneurs faits à Gilbert Diendjéré constituent un déni de justice et une prime à l’impunité.


Survie déplore que la France privilégie en Afrique, encore et toujours, la stabilité par la force et l’impunité.

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